Avec la Tesla Model 3, Tesla va lancer la voiture électrique grand public

Rédigé le 14 avril 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Arthur Vernassière

Le constructeur automobile Tesla Motors a inauguré sa nouvelle voiture 100% électrique le 31 mars dernier, la Tesla Model 3. Avec un prix évoluant entre 31 000 € et 37 000 €, selon les options choisies, Tesla ouvre le secteur de l’industrie automobile électrique au marché du grand public.

Une révolution et un pari sur l’avenir, ou plutôt sur un futur proche. En l’espace de 24h, 180 000 commandes ont été recensées, alors que sa mise en circulation est prévue pour fin 2017.

Model 3 de Tesla La nouvelle voiture 100% électrique de Tesla Motors a pour objectif de révolutionner le secteur Crédit : DR

Est-ce enfin le grand début de la voiture électrique ? Depuis l’introduction de la technologie électrique dans les moteurs automobiles, aucune voiture n’arrive à tirer son épingle du jeu.

L’essence reste encore très largement dominatrice. Les voitures électriques peinent à démarrer dans la course à la part des marchés du secteur automobile.

Elles calent autour des 1% de part de marché en France. Dans les pays pour qui la conscience environnementale est forte, la greffe prend un peu mieux. La Norvège est le bon élève avec 33% de part totale pour les immatriculations recensées en 2015, les Néerlandais, deuxièmes, se trouvent à des kilomètres de distance avec 5,7%.

L’annonce et la présentation de la Tesla Model 3 devrait changer la donne. Pour démontrer le bouleversement que la société est en train de créer, il faut regarder les chiffres. Plus de 276 000 commandes ont été recensées dès les premiers jours. Or aux Etats-Unis seulement 15 000 véhicules électriques neufs sont en circulation. L’augmentation pourrait donc s’avérer très importante.

Reste à savoir quelle sera la durée des délais d’attente pour les livraisons et si les équipements requis pour utiliser ce modèle suivront.

Les problèmes de l’électrique

Même si une belle dynamique de croissance est enclenchée depuis quelques mois, l’industrie électrique automobile demeure à ce jour très restreinte et cantonnée à une certaine élite.

D’ailleurs, on ne peut que relativiser la croissance présentée par les chiffres. Il est plus facile de croître lorsqu’on part de zéro.

Les véhicules électriques d’occasions sont encore rares alors que le marché de l’occasion, pour ce type de voitures, pourrait être intéressant. Pour se lancer dans l’électrique, un particulier aimerait sans doute la « tester ». Acheter en occasion serait l’occasion idéale pour vérifier si une voiture électrique nous plaît et nous convient. Si elle ne répond pas à nos attentes, le prix à payer en aura été moins important.

L’entretien d’une voiture électrique demande aussi un coût et du temps. Changement de batterie en cas de kilométrage élevé, un rechargement qui s’avère très long alors que l’autonomie d’une batterie demeure inférieure à un plein d’essence et les bornes de recharges sont loin d’être assez nombreuses.

En clair, pour que la bataille soit gagnée ou du moins qu’elle se resserre, il faut que les équipements nécessaires à l’usage de ces véhicules se développent.

La méthode Tesla

Son nom Tesla va déjà à l’encontre des sentiers battus. L’entreprise créée en 2003, reprend le nom d’un scientifique serbe, Nikola Tesla. Ce génie était peu apprécié par ses confrères, et ce, notamment de par ses approches différentes et novatrices. Le choix de ce nom est-il le signe que la société souhaite se démarquer de la concurrence ? Possible.

Tesla baisse les prix de l’électrique pour booster la demande du secteur. Aujourd’hui, la société est le premier vendeur de véhicules électriques au monde. Pour les investisseurs, sachez que l’action Tesla a grimpé de 60% depuis le 9 février 2016.

Tesla se positionne sur la même stratégie qu’Apple qui a innové et qui, à grands coups de marketing et de discours spectaculaires de présentation, a su révolutionner le numérique. C’est lors d’un meeting digne d’un one-man show qu’Elon Musk, le patron de la société, a présenté son nouveau bijou technologique (vous pouvez voir sa conférence ici).

Un marketing théâtral qui a pour objectif de tenir en haleine les futurs clients, car la mise en circulation du véhicule ne devrait pas avoir lieu avant fin 2017, et même 2018 pour l’Europe. Musk a en outre indiqué que des évolutions sont à prévoir sur le modèle présenté.

La Tesla Model 3, une voiture high-tech

La Tesla Model 3 consiste en une berline de la taille d’une Audi A4 (4m71/1m83 et 1m43 de hauteur).

Selon les informations livrées par Tesla, le véhicule 100% électrique disposerait de 350 km d’autonomie et pourrait atteindre les 100km/heure en l’espace de six secondes.

Une famille de cinq personnes peut s’y installer, la voiture est supposée ne pas faire beaucoup de bruit et elle dispose d’un système de guidage. L’aspect intérieur n’a été que très peu dévoilé. L’impression donnée par les rares images transmises laisse entrevoir un design assez simpliste. Un écran tactile fera vraisemblablement partie du tableau de bord.

Faut-il croire en Elon Musk ?

Symbole d’un renouveau, le PDG américano-canado-sud-africain de Tesla, Elon Musk ne laisse pas indifférent.

Elon Musk Elon Musk, le PDG de Tesla, consiste en un personnage aux multiples facettes Crédit : DR

Sa personnalité complexe proche de la mégalomanie pose question. Aussi ambitieux que talentueux, il souhaite se faire passer pour un philanthrope. « Il est urgent d’accélérer la transition énergétique vers des transports écologiques. Chaque année 53 000 personnes décèdent à cause des gaz toxiques », a-t-il déclaré lors de son discours de présentation.

Musk a créé son propre jeu vidéo à l’âge de douze ans. Il a fait fortune avec la création du système de paiement PayPal et désire que l’homme aille sur Mars en développant l’aérospatial avec sa firme SpaceX. Le personnage est assez fascinant. Et ses réussites passées poussent à le prendre au sérieux. [NDLR : SpaceX a récemment fait un pas majeur vers les fusées réutilisables. De quoi bouleverser en profondeur le marché de l’espace comme vous l’expliquait Etienne Henri]

Malgré tout, avec une perte de 889 millions de dollars en 2015 et une production qui devra passer à la vitesse supérieure pour répondre à la demande, Tesla n’a pas encore gagné la course à la démocratisation de l’électrique. Disons seulement qu’il a réalisé un départ fulgurant et prometteur pour la suite. [NDLR : Nouvelle motorisation, voitures sans pilote… le futur de la voiture est à découvrir dans NewTech Insider]

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