Voici les 6 secteurs qui vous permettront de profiter de Trump au pouvoir (2)

Rédigé le 5 janvier 2017 par | Macro éco et perspectives Imprimer

Alors que l’investiture de Trump arrive à grands pas, nous nous intéressons aux six secteurs qui pourraient bénéficier de cette nouvelle présidence. Sur lesquels miser ? Lesquels éviter ? Hier, nous avons passé en revue le secteur de la finance, celui de la santé et celui de la Défense.

Continuons…

4. Le secteur des médias

Lorsque le gigantesque accord potentiel entre AT&T et Time Warner, d’un montant de 85 milliards de dollars, a été annoncé pour la première fois, Hillary Clinton a déclaré : « Je pense que cela soulève des questions et des inquiétudes qu’il conviendra d’examiner ». Ce n’était pas exactement un appel à réduire la position de monopole résultant de cette association.

Trump, en revanche, l’a qualifié de monopole : « Voici un exemple de concentration de pouvoir que je combats : AT&T est en train de racheter Time Warner, et donc CNN, opération que je n’approuverai pas au cours de mon mandat, car il s’agit d’une trop forte concentration de pouvoirs entre trop peu de mains ».

Il s’avère que les républicains ont perçu plus d’argent d’AT&T en 2016 que les démocrates (pourtant, la société a peu contribué à la campagne de Trump). Quant à Time Warner, la société a davantage contribué aux campagnes des démocrates. Et ni l’une ni l’autre ne tablait sur une victoire de Trump.

Mais étant donné le mépris qu’il a exprimé en public à l’égard de cet accord, et sa relation d’amour vache avec les médias, il est peu probable qu’il le soutienne.

Certes, techniquement, ce n’est pas au Président d’approuver ces fusions. C’est du ressort du Département de la Justice, et éventuellement de la Federal Communication Commission.

Mais devinez quoi ? C’est Trump qui nomme les nouveaux dirigeants de ces deux institutions. Cela signifie que même si ces services sont censés agir en toute indépendance, il se pourrait qu’ils penchent pour un rejet du rachat.

NOTRE AVIS > Les entreprises des médias ont tiré parti des fusions, au cours de ces dernières années. Toutefois, le paysage médiatique évolue constamment. Sans l’avantage offert par ces fusions, il sera plus compliqué de réaliser des gains sur les actions des entreprises du secteur.

5. Le secteur de l’énergie

Trump a déclaré qu’il ne croyait pas au changement climatique et qu’il n’était pas favorable au financement de l’énergie solaire, éolienne ou à d’autres types d’énergies renouvelables. Il a soutenu les mineurs des mines de charbon ainsi que le projet d’extension de l’oléoduc Keystone XL.

Juste après sa victoire, Transcanada a annoncé son souhait de revoir le projet Keystone qu’Obama a rejeté en novembre 2015.

A en juger par ses positions concernant les énergies fossiles, les principaux groupes pétroliers pourraient être de grands gagnants, sous le mandat de Trump.

La politique énergétique de Trump consiste à prélever du pétrole en Irak. De plus, il a promis de « libérer les 50 000 milliards de dollars de réserves inexploitées de pétrole de schiste, pétrole et gaz naturel, ainsi que des centaines d’années de réserves de charbon propre ».

Il s’est engagé à « ouvrir des concessions fédérales terrestres et offshore de pétrole et de gaz, et à supprimer le moratoire portant sur les concessions de charbon ».

Les défenseurs des énergies propres ont aussi un espoir. Trump encouragerait l’usage du gaz naturel et d’autres ressources énergétiques américaines. Selon lui, cela réduirait les émissions, et les factures d’énergie, tout en augmentant le rendement économique.

Il se pourrait que les projections de Trump ne fonctionnent pas comme prévu, considérant que de très nombreuses personnes ont perdu leur emploi lorsque les cours du pétrole se sont effondrés, l’an dernier. En 2015, « les créations d’emploi dans le secteur de l’énergie se sont arrêtées net alors que les cours du pétrole, à leur plus-bas, déclenchaient plus de 250 000 licenciements, globalement », rapporte USA Today, en citant une analyse publiée par la firme Graves & Co.

NOTRE AVIS > Nous recommandons d’adopter une approche prudente en ce qui concerne le secteur de l’énergie, qui se débat toujours dans le sillage de l’explosion de son boom, en 2014.

6. Politique du commerce extérieur

Eloignons-nous un peu des marchés actions et souvenons-nous que, pendant sa campagne, Trump a continuellement descendu en flèche les accords commerciaux : du NAFTA au Partenariat transpacifique (PTP).

Cela a suscité des inquiétudes au Mexique et, dans une moindre mesure, au Canada. Le peso mexicain a plongé de 8,2% à l’annonce de la victoire de Trump, après avoir chuté de plus de 13% et atteint un plus-bas lors de la soirée électorale.

Les opinions de Trump concernant le commerce extérieur suscitent également des inquiétudes dans toute l’Asie. Mais l’Asie est déjà en train de prendre ses distances avec les Etats-Unis. Ce réalignement se poursuivra sous le mandat de Trump.

Les liens que Trump établit entre la disparition des emplois américains et les accords commerciaux ont particulièrement bien été accueillis par ses partisans.

Jusqu’à présent, les deux principaux acteurs du PTP ont signé l’accord mais ne l’ont pas ratifié. Le

Japon s’inquiète des opinions de Trump concernant les échanges commerciaux. L’automobile et l’électronique, deux secteurs japonais majeurs, pourraient être durement frappées par une politique protectionniste américaine. Conséquence : l’Indice Nikkei 225 s’est effondré à l’annonce de la victoire de Trump, mais s’est repris le jour suivant.

Selon le journal The Japan Times, « la contribution japonaise au budget militaire américain, nommé ‘Omoiyari Yosan’ [NDR : contribution amicale], a atteint 192 milliards de yens en 2016, soit le montant le plus élevé depuis sept ans].

Le Japon est en train de nouer des alliances économiques et politiques plus étroites avec la Chine, l’Europe et le Royaume-Uni, mais il n’exclut aucune possibilité.

A la suite de la victoire de Donald Trump, une téléconférence de 20 minutes a eu lieu entre Trump et Shinzo Abe, puis ils se sont rencontrés en personne le 17 novembre. Selon The Japan Times, après cette téléconférence, Abe a déclaré qu’il était convaincu que « l’Amérique serait encore plus grande » sous le leadership de Trump.

Après la réunion, il a dit qu’il était « convaincu que M. Trump était un leader en qui il pouvait avoir confiance ». Il y aura peu de renégociations mais, actuellement, je m’attends à ce qu’une version « trumpifiée » du PTP finisse par passer.

Je me suis rendue à Tokyo pendant deux semaines, pour me faire une véritable idée du PTP, des relations américano-japonaises et du changement de stratégie actuel, orienté vers une alliance du Japon et de la Chine. J’y reviendrai dans de prochaines analyses d’Intelligence Stratégique.

Conclusion : le secteur de la défense fait nettement figure de gagnant

Mis à part les objectifs du nouveau gouvernement Trump, de nombreux facteurs extérieurs vont animer les secteurs que je viens d’évoquer.

La Défense est cependant le secteur le plus dépendant des priorités budgétaires du gouvernement.

Et nous pouvons prédire en toute confiance qu’avec une Maison Blanche et un Congrès sous contrôle des républicains, le budget de la Défense va considérablement augmenter.

Le plafonnement des dépenses, lié au mécanisme de séquestre budgétaire entré en vigueur il y a quelques années, sera supprimé. Trump apprécie les projets de construction grandioses, alors il voudra « reconstruire » l’armée à la mesure de son empire immobilier.
[NDLR : Dans le nouveau numéro d’Intelligence Stratégique, Nomi Prins vous propose la recommandation pour profiter du prévisible effet Trump sur le secteur de la Défense. N’attendez pas l’investiture du 20 janvier prochain pour la mettre en portefeuille…]

Nomi Prins, chroniqueuse spécialisée pour Intelligence Stratégique

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