Quand la réalité virtuelle fait marcher les paraplégiques

Rédigé le 22 août 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Les blessures de la colonne vertébrale sont des pathologies dont le pronostic n’est que rarement favorable. Généralement provoquées par les accidents de la circulation, la conséquence la plus fréquente est la paralysie des membres inférieurs. Elles peuvent évoluer positivement dans les semaines ou les mois suivant le traumatisme, mais une paralysie qui s’installe a toutes les chances de devenir définitive. Jusqu’à ce que la réalité virtuelle s’en mêle…

Le corps médical a longtemps considéré les patients sur lesquels la rééducation ne donnait plus de résultats comme incurables. Une étude publiée cette semaine dans Nature, journal de référence, ouvre toutefois la porte à un traitement innovant qui va redonner espoir aux blessés de la colonne vertébrale.

Le nouveau protocole de soin, original dans son approche et utilisant les dernières nouveautés technologiques, a permis de rendre de la mobilité à des patients immobilisés depuis 13 ans ! Voyons aujourd’hui comment ces médecins géniaux ont utilisé une technologie que nous apprécions beaucoup à la Quotidienne…

L’homme est une machine fragile

Pour comprendre l’importance du défi médical dont nous parlons, il faut revenir à la façon dont la nature a décidé de protéger notre système nerveux.

Lorsque nous marchons, nos mouvements sont coordonnés par notre cerveau. Il synchronise les dizaines de muscles impliqués dans la marche au moyen de messages nerveux qui ordonnent la contraction et le relâchement des groupes musculaires.

L’influx nerveux parcourt les nerfs pour arriver jusqu’aux muscles. C’est là que le bât blesse : les nerfs sont des structures fragiles et qui ne se régénèrent que très peu. Notre peau et nos muscles sont capables de grossir et se réparer en cas de blessure. Ce n’est pas le cas des nerfs : en l’absence de chirurgie, leur régénération est quasi-inexistante.

La nature nous a donc dotés d’une colonne vertébrale qui, en plus de supporter notre poids, protège nos nerfs d’une solide carapace osseuse. Cette protection fonctionne très bien pour les activités de tous les jours. Elle pouvait même protéger nos ancêtres combattant les mammouths… mais ne permet pas d’absorber le choc de deux voitures qui se percutent à pleine vitesse. Lors d’un tel accident, si les nerfs sont endommagés, la motricité du bas du corps est réduite (jusqu’à la paralysie dans les cas les plus graves).

Le défi de la rééducation est d’arriver à utiliser les faisceaux nerveux « survivants » pour retrouver au maximum sa mobilité.

La technologie après la kinésithérapie

Une fois la rééducation par kinésithérapie terminée, les malades immobilisés depuis plus d’un an ont peu de chances de voir leur motricité s’améliorer sans intervention chirurgicale. Les progrès de la robotique ont toutefois donné des idées aux chirurgiens du monde entier.

Deux voies de traitement sont étudiées en parallèle.

La première consiste à utiliser l’influx nerveux sortant du cerveau pour stimuler électriquement les muscles. Il s’agit d’une sorte de « déviation » autour de la partie lésée des nerfs.

La seconde voie de traitement est de récupérer l’influx nerveux pour piloter des vérins et moteurs. Plus besoin de muscles humains fonctionnels, l’électromécanique prend le relais !

En 2015, la société Ekso a fait parler d’elle en équipant Mark Pollock d’un de ses exosquelettes. Elle a combiné les deux techniques (stimulation musculaire et assistance électromécanique) pour lui permettre de quitter son fauteuil roulant.

Difficile de croire que l’homme que vous voyez debout à droite de l’image est un aveugle paraplégique !

Ekso - réalité virtuelle
Mark Pollock dans son exosquelette Ekso

Nous aurions pu arrêter là cette Quotidienne au vu des perspectives offertes par cet exosquelette. Pas question bien sûr de courir un 100 mètres, mais pour un patient paralysé depuis des années, faire quelque pas est déjà un bel objectif…

Le corps médical a bien accueilli ces appareils. Des dizaines d’exemplaires sont aujourd’hui testés dans des cliniques de rééducation.

Mais la science ne s’arrête jamais… la réalité virtuelle (VR), encore elle, s’est avérée miraculeuse dans le traitement de la paralysie.

La rééducation par réalité virtuelle, ou comment convaincre le cerveau que vous êtes mobile

L’étude publiée dans Nature ce mois-ci est absolument révolutionnaire dans sa manière d’aborder la rééducation.

Vous avez certainement entendu parler de l’effet placebo. Il permet de faire descendre la fièvre avec un médicament ne contenant aucun principe actif. Dans d’autres expériences, des cobayes qui pensaient prendre du LSD ont eu des hallucinations alors qu’ils avaient en fait ingéré des gélules de… sucre.

On a tendance à associer l’effet placebo au charlatanisme, c’est en fait un moteur thérapeutique puissant. Si la suggestion permet effectivement de participer aux soins, elle a tout à fait sa place dans l’arsenal médical.

C’est d’ailleurs le principe de suggestion qu’ont utilisé les chercheurs en développant une thérapie à base de VR. En plus de la traditionnelle rééducation, les chercheurs ont ajouté une phase d’immersion où les sujets visualisent dans des lunettes 3D un avatar en train de marcher.

première étape - réalité virtuelle
La première étape de la rééducation par VR

En complément des stimuli visuels, des interfaces tactiles simulent les sensations d’appui ressenties durant la marche. Côté sensations nerveuses, le cerveau a tout pour croire que le corps est en train de marcher. La boucle est bouclée avec l’usage d’exosquelettes pour provoquer une marche de manière électromécanique.

etape 5 - réalité virtuelle
Une fois habitué aux stimulations, le patient est équipé d’un exosquelette et se déplace sur un tapis roulant

Des yeux qui voient, une peau qui sent et des articulations qui bougent : il s’agit bel et bien d’une suggestion poussée de mobilité… et les résultats sont incroyables. Après seulement 12 mois de rééducation virtuelle, la paraplégie de quatre des huit patients est passée de totale à partielle.

Plus impressionnant encore : une femme ayant participé à l’étude est aujourd’hui capable de conduire !

Rappelons que, lors du début de l’étude, tous les sujets étaient totalement paralysés – et ce depuis des années. On le sait, le cerveau est capable de se « re-câbler » suite à des sollicitations dirigées. La VR pourrait bien s’avérer utile pour soigner de nombreuses maladies chroniques.

Rendez-vous dans quelques années pour voir si ce type de traitement est devenu banal !

Cette découverte médicale est aussi révolutionnaire que la pénicilline… voire plus !

Les médecins pourraient désormais utiliser cette technologie exceptionnelle pour éradiquer le cancer et effacer les dommages causés par le vieillissement…

Mieux encore : cette innovation scientifique pourrait déclencher une vague de profits sans précédent sur les marchés… et vous faire gagner jusqu’à 2 500% grâce à ces 3 sociétés !

Toutes les explications ici…

Note : Le protocole complet est décrit dans la publication de Nature (en anglais).

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Etienne Henri
Etienne Henri

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

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