Organes artificiels : Investissez sur les pièces détachées de notre corps

Rédigé le 15 février 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

Lundi dernier, nous avons parlé d’organes de rechange. Nous nous sommes intéressé à un nouvel oeil artificiel – une caméra vidéo capable de stimuler directement la rétine des patients.

Aujourd’hui, nous allons poursuivre notre exploration et parler de divers composants synthétiques destinés à remplacer des parties du corps humain… les articulations, par exemple.

Nous aborderons ensuite la bio-ingénierie, une technique qui permet de faire pousser des tissus vivants à l’extérieur du corps, à l’aide d' »échafaudages » construits avec précaution, souvent obtenus en éliminant les cellules d’organes de donneurs.

Allons-y…

Foies artificiels

Les foies artificiels disponibles aujourd’hui sont des machines encombrantes, qui doivent être placées sur une table de nuit. Ils contiennent des cellules hépatiques issues d’un donneur (humain ou animal) sur lesquelles on fait passer le plasma sanguin du patient. Une membrane permet d’éviter que les cellules incompatibles ne se mélangent, ce qui évite toute réaction du système immunitaire.

Ce n’est pas vraiment le genre de chose que vous pouvez utiliser tout en jouant au rugby – ni même en regardant un match.

Mais une version nettement plus petite pourrait être mise sur le marché. L’appareil proposé fait à peu près la taille d’une petite canette. S’il ne peut pas entièrement remplacer votre foie, il permet de donner à l’organe affaibli le temps de se régénérer, ou de maintenir le patient en vie suffisamment longtemps pour qu’il puisse obtenir une greffe.

Entreprise à surveiller : Vital Therapies

Prothèses articulaires

J’ai presque oublié d’en parler, car c’est aujourd’hui une procédure de routine. Mes deux grands-parents paternels ont des prothèses de hanche depuis plus de 10 ans. Mon dernier projet universitaire était un partenariat avec une entreprise de fabrication de prothèses de hanche. Nous sommes également capables de remplacer les genoux et les chevilles depuis des décennies.

Mais même si ce domaine est déjà bien établi, les progrès ne se sont pas arrêtés – et le marché s’étend rapidement avec le vieillissement et l’enrichissement de la population.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur une technologie de pointe, vous pouvez vous tourner vers les entreprises de fabrication de cartilage, qui vont exercer une pression importante sur le marché des prothèses articulaires. L’expansion des soins de santé de pointe dans les pays à revenus moyens devrait néanmoins garantir un bel avenir à ces prothèses dans les décennies qui viennent.

Entreprises à surveiller : Stryker, Biomet, Implantcast, DePuy.

Cornées artificielles

La cornée est la partie extérieure de la pupille – une couche fine et transparente à l’extérieur de l’oeil. Toute blessure ou infection peut l’endommager, et rendre une greffe nécessaire.

Les cornées sont très demandées. Heureusement, c’est l’un des rares organes qui ne se dégrade pas immédiatement après la mort, il est donc moins difficile d’en obtenir. Mais comme pour toutes les greffes, il reste difficile de garantir un approvisionnement suffisant en organes intacts et sains.

Dans l’avenir, nous pourrions être capables de faire pousser des cornées vivantes sur des « échafaudages » (une technique aussi appelée « bio-ingénierie »).

Des essais de Phase 1 sont en cours pour cette technologie, également très prometteuse pour d’autres tissus, comme les os.

Construire de nouvelles « pièces » pour nos yeux n’est pas une idée nouvelle, nous utilisons des lentilles synthétiques depuis des décennies : elles sont couramment utilisées dans les opérations de la cataracte. La différence, ici, est que les nouvelles cornées seraient faites de tissus vivants.

Entreprise à surveiller : Electrospinning Company.

Construction pénienne et vaginale

J’ai toujours été plutôt à l’aise avec mon genre, mais il est de plus en plus évident que de nombreuses personnes dans le monde, ne le sont pas. Plus les résultats des opérations de changement de sexe seront réalistes et naturels, plus il sera facile pour les patients de revenir à une vie normale par la suite.

De tels traitements peuvent sembler non-essentiels, un peu comme un lifting. C’est un point de vue absolument faux. Le taux de suicide impressionnant chez les personnes transgenres montre qu’il s’agit d’un problème de santé très grave. Du point de vue économique, il est important de faire diminuer le taux de suicides – notamment dans la mesure où ceux-ci se produisent souvent au début de la vie économique productive d’un individu.

Les organes connectés et creux (de niveau 3), comme la vessie, sont nettement plus complexes que d’autres. Des vessies construites grâce à la bio-ingénierie ont déjà pu être mises au point et implantées.

Une procédure équivalente est déjà potentiellement disponible pour les hommes : des pénis construits grâce à la bio-ingénierie ont déjà pu être implanté sur des lapins. Nous savons que ces opérations ont réussi : les lapins étant ce qu’ils sont, des générations de lapereaux sont là pour le prouver.

Mais construire un pénis à taille humaine, un organe solide qui comprend des tissus complexes (c’est-à-dire un organe de niveau 4), est difficile.

De plus, le processus nécessite encore un organe de donneur décellularisé, sur lequel les cellules du patient pourront être implantées, et ce n’est pas facile à obtenir, c’est pourquoi des composants du pénis, comme le tissu érectile, seront plus facilement remplacés que l’organe entier. L’approche est semblable à celle dont nous avons déjà parlé pour les valves cardiaques.

Dans une prochaine Quotidienne, nous verrons qu’il nous sera bientôt possible de faire « pousser » des organes de remplacement… Alors à très vite !

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Andrew Lockley
Andrew Lockley

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