OneWeb veut révolutionner la connexion à Internet

Rédigé le 20 décembre 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

Il y a 50 ans et un mois, un frais matin en Floride, une nouvelle page de l’Histoire s’écrivait. La National Aeronautics and Space Administration venait de terminer une étape cruciale pour atteindre l’objectif du président Kennedy : envoyer des humains sur la Lune et les faire revenir sur Terre en toute sécurité.

Sur la plateforme de lancement 39A, au Kennedy Space Center, se trouvait une fusée. La fusée en question, une Saturn V, était la plus puissante jamais construite – un record qu’elle détient encore. Plus haute que la statue de la Liberté, elle pesait 2 700 tonnes et fut mise en orbite sur une première plateforme propulsée par cinq moteurs F-1 capables de générer pendant une brève période plus de puissance que 85 barrages Hoover.

La fusée Saturn V était le joyau de la couronne du programme spatial des Etats-Unis, mais elle ne fut qu’une solution temporaire. Son successeur, la navette spatiale, ne vole plus non plus.

Avec l’augmentation de la dette et des déficits, les Etats-Unis n’ont plus pu envoyer d’humains dans l’espace depuis plus de six ans. Ironie du sort, pour se rendre sur la Station spatiale internationale, les Américains dépendent aujourd’hui de fusées russes.

Beaucoup de nos propres fusées, lancées par des géants de la défense comme Boeing et Lockheed, utilisent d’ailleurs aussi des moteurs russes depuis quelques années.

Cela semble triste, mais pourrait bien se révéler utile. Les contraintes budgétaires ont forcé la NASA à se tourner vers des startups aérospatiales pour garantir ses capacités de lancement dans l’avenir.

Aujourd’hui, lorsque l’agence envoie du ravitaillement ou de l’équipement sur l’ISS, elle utilise des fusées construites par de petites entreprises nouvelles comme SpaceX.

D’autres entreprises, comme Blue Origin, de Jeff Bezos, ou Virgin Orbit, de Richard Branson, cherchent à se faire une place sur ce marché. Ces entreprises permettront bientôt aux humains de faire des voyages dans l’espace.

Ces nouvelles entreprises aérospatiales cherchent à ouvrir un chemin vers l’espace pour une fraction du coût actuel. Une bonne manière de permettre l’exploration spatiale pour les humains, certes, mais aussi une manne pour des secteurs qui ont besoin d’un accès moins cher à l’espace… ce qui inclut une nouvelle génération de satellites de communication à grande vitesse.

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’une manière de profiter des occasions qui se profilent dans le domaine de la connexion à Internet via des satellites en orbite basse.

Combler le « fossé numérique » pour des millions de personnes à travers la planète

Au-dessus de nos têtes, une constellation de satellites effectue toutes sortes de tâches en orbite : ils surveillent le climat ou encore gèrent nos communications.

Le premier satellite de communication commercial, Telstar, a été mis en orbite en 1962. Il a ensuite servi de relais pour le téléphone et le télégraphe, et permis les premières transmissions télévisées transatlantiques. En 1964, Syncom 3 devint le premier satellite géostationnaire. Cette même année, il retransmit aussi les Jeux Olympiques de Tokyo aux Etats-Unis.

Syncom 3 était la concrétisation d’une idée de l’auteur de science-fiction Arthur C. Clarke en 1945. Juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Clarke avait défendu le développement de la technologie allemande de fusées V2, pour pouvoir mettre l’équivalent d’une station de radio en orbite haute. Selon l’idée de Clarke, un satellite de communication à cette orbite, correctement synchronisé avec la rotation terrestre, paraîtrait suspendu au-dessus du même point si on l’observait depuis la Terre. Trois de ces « stations répétitrices » seulement, positionnées à 120 degrés l’une de l’autre, suffiraient à fournir une couverture planétaire.

Aujourd’hui, des centaines de satellites de communication nous permettent de nous connecter à la télévision, à la téléphonie ou à Internet. Il y en aura bientôt des centaines de plus, si les plans de OneWeb, une start-up dans le domaine des satellites, se concrétisent.

Contrairement à la plupart des satellites de communication utilisés aujourd’hui, la constellation satellitaire proposée par OneWeb ne sera qu’à quelques centaines de kilomètres de haut, en orbite basse autour de la Terre.

Ce halo de satellites de communication, en orbite tout autour de la planète, permettra de connecter des millions de personnes à Internet à des vitesses similaires à celle du Wi-Fi.

Cette nouvelle constellation aura un avantage majeur par rapport à de nombreux satellites actuellement : les satellites géostationnaires doivent être à une orbite de 35 000 km pour synchroniser leurs périodes orbitales avec la rotation terrestre. Moins de satellites suffisent ainsi à garantir une couverture planétaire, mais leur utilité est aussi réduite.

Un signal partant d’une tour radio met une demi-seconde pour atteindre un satellite à cette distance – ce qui crée un retard que l’on remarque facilement. Pour certaines applications, comme une émission télévisée, ce n’est pas bien grave. C’est sans doute aussi acceptable pour accéder à une page Internet. Mais pour des utilisations sensibles à ce genre de retard, comme une téléconférence vidéo, c’est un problème.

Les satellites de la constellation en orbite basse lancée par OneWeb n’auront pas le même problème : ils seront nettement plus proches de la Terre. Dans bien des cas, ils pourraient même offrir des connexions plus rapides en réduisant le nombre de sauts qu’un paquet de données doit effectuer entre ses points d’origine et de destination.

Les nouvelles entreprises aérospatiales, à l’avant-garde de nouveaux modèles d’accès à l’espace, participent à rendre cette révolution possible. Lancer tant de satellites coûte cher : cela ne serait sans doute pas possible sans les nouvelles options de lancement moins coûteuses qui sont en train de naître.

Il faut noter que l’objectif de OneWeb n’est pas simplement de rendre disponible un accès rapide aux satellites aux Etats-Unis ; l’entreprise souhaite combler le « fossé numérique » et offrir un accès abordable à Internet à des milliards de personnes qui en sont privées aujourd’hui. C’est une activité nouvelle, à une échelle immense.

Où que vous soyez, OneWeb vous permettra bientôt de vous connecter à Internet. [NDLR : Dans le dernier numéro de NewTech Insider, Ray Blanco vous conseille une entreprise qui travaille en collaboration avec OneWeb pour connecter la planète entière. A découvrir dans NewTech Insider]

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Ray Blanco
Ray Blanco
Rédacteur en Chef de NewTech Insider et FDA Biotech Trader

Ray Blanco était le genre d’enfant qui reste des heures dans sa chambre tous les soirs, programmant des codes dans son ordinateur Timex Sinclair 1000.

Au collège, alors que la plupart des autres gamins étaient dehors à jouer au ballon, Ray était dans sa cave, tentant de construire ce qu’on appelle une « Chambre de Wilson » — un appareil ultra-refroidissant permettant de détecter les particules de radiations ionisantes.Puis il s’est mis à explorer les domaines de la robotique… de l’avionique… de la génomique… de la biotechnologie… Devenir plus intelligent, c’est ainsi que Ray s’amusait.

Et aujourd’hui, il combine sa passion de la technologie avec ses connaissances et son savoir-faire dans les domaines de la finance et des marchés boursiers au sein de la lettre NewTech Insider, dont il est co-rédacteur.

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