Et si le remède miracle se trouvait dans vos gènes ?

Rédigé le 17 avril 2014 par | Nouvelles technologies Imprimer

Au mois de décembre, mes collègues des Publications Agora et moi avons dû faire des prédictions pour 2014.

J’y ai beaucoup réfléchi. Je voulais proposer quelque chose d’immense mais d’encore méconnu… Quelque chose qui se préparerait silencieusement, en coulisses. Quelque chose susceptible de percer et de se faire une place dans tous les esprits dès cette année. En d’autres termes, il me fallait choisir un domaine à la veille d’un événement extrême.

J’avais décidé de faire ma prédiction sur la manipulation génétique chez l’humain, une technologie qui, selon moi, va bientôt tout changer.

En effet, nous manipulons les gènes depuis des années. La biotechnologie est une technologie de l’information basée sur des organismes vivants. Nous l’avons utilisée pour améliorer les récoltes, et avons commencé à réaliser le rêve de Norman Borlaug, héros de la révolution verte et lauréat du prix Nobel de la paix en 1970.

Pourquoi « héros » ? Tout simplement parce que son travail a permis de sauver un nombre incalculable d’êtres humains — notamment sur le développement de nouvelles variétés de récoltes et de nouvelles technique agricoles mais également sur leur transfert vers des régions du monde où les populations souffrent de la faim. Borlaug a sans doute sauvé plus de vies que quiconque dans l’Histoire, certains estiment qu’un milliard de personnes lui doivent la vie.

De nombreux organismes peuvent aujourd’hui aussi être manipulés génétiquement en laboratoire. Une grande partie de la recherche biomédicale ne serait pas possible si nous n’étions pas capables de modifier les gènes. Nous le faisons pour étudier des maladies chez les animaux et les connaissances ainsi acquises sont ensuite utilisées pour traiter ces maladies chez l’humain.

Prenez par exemple la « mutation suédoise » identifiée pour la première fois dans les années 1990 par Michael Mullan et Fiona Crawford. Les humains atteints de cette mutation ont une probabilité nettement accrue de contracter la maladie d’Alzheimer. Nous avons depuis créé des souris dotées de cette mutation génétique, actuellement à la base de la recherche visant à vaincre cette maladie.

Si les travaux de Mullan et Crawford sur ce problème se poursuivent aujourd’hui, ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres : le nouveau médicament capable de vous sauver la vie pourrait bien être mis au point grâce à la manipulation génétique.

Mais qu’en est-il des maladies inhérentes à l’être humain ? Nous savons que beaucoup de pathologies trouvent leur origine dans les gènes mais, pour l’heure, nous n’avons été en mesure de soigner que les symptômes de ce que l’on appelle des « mauvais gènes ».

Finalement, le problème d’origine reste entier. Si les technologies anti-sens ou d’interférence par ARN modifient la manière dont les gènes sont exprimés, elles ne s’attaquent pas non plus à la cause du problème. Et ce, même si elles s’en rapprochent énormément.

Si vous êtes atteint d’une maladie génétique qui peut être traitée en utilisant ce type de technologies, par ailleurs très enthousiasmant, vous devrez prendre le traitement tout le reste de votre vie.

Les erreurs qui figurent dans votre ADN, le « code de la vie », demeurent, et si vous arrêtez le traitement, le problème revient. Une excellente manière de se garantir des ventes constantes, certes, mais sur le long terme, cela ne permet pas de réparer les soucis de codage : ces traitements ne sont qu’une rustine qu’il faudra remplacer encore et encore.

Mais qu’en serait-il si nous pouvions combattre le mal à la racine ? Si nous pouvions, comme des informaticiens, réécrire le code dysfonctionnel au lieu de réparer temporairement ses conséquences ?

L’ensemble du code et des données génétiques figure sur des protéines. En réparant le code inscrit sur ces protéines de manière permanente, peut-être pourrait-on guérir définitivement les patients.

Demain, nous verrons ainsi que la génétique pourrait s’avérer la réponse à certaines maladies ou épidémies, dont le VIH.

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