De l’intelligence artificielle aux robots : du mythe à la réalité

Rédigé le 4 janvier 2012 par | Nouvelles technologies Imprimer

Le futur ? Vous n’avez encore rien vu ! Récemment, un journaliste m’a demandé quels seront les grands changements technologiques à venir. Il est très important de comprendre un aspect de la convergence que beaucoup de gens ignorent…

On voit très bien un aspect de cette idée de convergence actuelle dans l’informatique mobile. Les tablettes numériques, incluant l’iPad, le Kindle Fire d’Amazon ou les variantes d’Androïd, sont au sommet des listes de cadeaux de Noël. Les smartphones les plus récents font aussi l’objet de nombreuses convoitises.

La convergence, cependant, est bien plus grande que ces puissants nouveaux outils qui ont transformé vos téléphones en ordinateurs ou en télévision. Comme le dit le bonimenteur de foire : « vous n’avez encore rien vu ».

Des puces plus rapides et plus petites, combinées avec des flux de données plus rapides et un cloud computing sophistiqué, ouvrent de nouveaux territoires aux entreprises. Un domaine qui n’est pas encore compris par la plupart des gens est l’arrivée des systèmes experts, parfois appelés intelligence artificielle ou IA.

L’intelligence artificielle est un mythe J’ai un problème avec ceux qui prédisent que l’intelligence artificielle va bientôt changer le monde. Ces gens, sans surprise, sont tous des membres de la communauté scientifique qui font montre d’une surprenante carence de compréhension des systèmes biologiques et de conscience.

Vous lirez fréquemment des projections basées sur la loi de Moore. Les gens s’imaginent déjà le jour où les transistors des puces correspondront au nombre des neurones présents dans le cerveau humain. C’est puérilement simpliste.

Certains promoteurs de cette vision sont convaincus que les ordinateurs, lorsqu’ils auront autant de circuits qu’un cerveau biologique, auront leur propre conscience. Je suis sceptique pour un certain nombre de raisons, mais en premier lieu parce que nous commençons seulement à comprendre le cerveau humain. Même chose pour notre ADN. Quasiment tous les ans, une nouvelle couche d’une complexité ahurissante est trouvée dans notre ADN. Plus j’en apprends sur le fonctionnement du génome, plus je me rends compte que nous en savons que très peu.

Nos cellules et l’ADN contrôlant leurs croissances et leurs interactions sont complexes au niveau moléculaire, pas les microcircuits bruts. Rien de ce que font les nanotechnologies ne se rapproche du niveau de précision des molécules. Les protéines, le « truc » qui travaille avec l’ADN, sont capables de se transformer de manière défiant l’imagination. Chaque fois qu’une protéine « se replie », elle présente différents ions et autres particules électroniques avec d’impressionnantes interactions.

Si je pouvais vous montrer un ours en peluche se transformer en hélicoptère, puis en bol de spaghettis avec un très, très bon verre de bordeaux, cela ferait toujours pâle figure en comparaison avec les comportements des gènes.

Les projections concernant des ordinateurs auto-conscients me rappellent certaines croyances religieuses.

Mais les systèmes experts sont déjà une réalité Ces logiciels dits « systèmes experts » incarnent des arbres de décision capables d’intégrer et d’analyser de vastes quantités d’informations et de données. Par exemple, les systèmes experts sont utilisés dans la localisation de gisements miniers à distance quand les ingénieurs et les géologues ne peuvent pas être sur place.

Ces logiciels sont créés par des ingénieurs chevronnés de l’exploitation minière et de la création de logiciels. Le système expert suggère des pistes d’action basées sur des informations et peut même demander des tests spécifiques nécessaires pour améliorer la prise de décision.

Il en existe aussi pour la médecine, un champ dans lequel les programmes de diagnostics incluent des informations hors de portée de tout spécialiste. Ces programmes interagissent avec les médecins et les infirmières pour identifier des états médicaux avec une extrême précision.

Les systèmes experts sont déjà intégrés dans les logiciels de vos ordinateurs. Quand quelque chose ne va pas et que votre système d’exploitation vous suggère une série d’actions, souvent après avoir posé quelques questions, vous traitez avec un système expert.

Les interfaces d’utilisateurs incorporent souvent des logiciels de systèmes experts extrêmement complexes. Ces interfaces pourraient, bien sûr, être beaucoup plus utiles si elles avaient une puissance de traitement plus importante et un accès à plus de données. Les interfaces à langage humain commencent à profiter de la puissance des nouveaux ordinateurs, mais la loi Moore et le cloud vont accélérer les choses.

Et les systèmes experts vont bientôt habiter les robots La robotique est un domaine qui dépend complètement des systèmes experts. Vous voyez un robot plier une serviette, vous voyez une machine cuisiner, nettoyer ou organiser la livraison de vos produits d’épicerie. Cela signifie, bien sûr, que de nombreux emplois deviendront obsolètes. Les restaurants, par exemple, utiliseront des robots fondés sur des systèmes experts intégrant la connaissance des grands chefs.

Les robots, cependant, sont souvent difficiles à reconnaître. Techniquement, les voitures modernes intègrent des dizaines de systèmes robotisés. De plus, les systèmes experts puissants n’ont pas besoin d’un corps physique. La télévision 3D et les écrans d’ordinateurs qui arrivent sur le marché vont accélérer le développement d’avatar de systèmes experts.

Il existe déjà des systèmes experts qui peuvent faire mieux que le technicien d’assistance à la clientèle. Aujourd’hui, il est moins cher d’engager des travailleurs à Manille ou à Bangalore, mais ça ne va pas durer. Les banques et magasins en ligne seront aussi capables d’engager des individus virtuels pour traiter des problèmes courants de la clientèle.

Les bénéfices de la technologie des systèmes experts ne reviendront pas seulement aux entreprises, mais directement au consommateur. J’ai déjà mentionné les tâches ménagères qui vont être reprises par des appareils dirigés par des systèmes experts. Nous aurons également des assistants personnels beaucoup plus utiles et capables de nous aider avec tous les problèmes d’ordonnancement de notre portefeuille personnel ou de notre budget familial.

Il fut un temps où seuls les plus riches pouvaient s’offrir des domestiques qui se chargeaient de tous les petits détails de leurs vies. Bientôt, cependant, la convergence fournira à chacun un équivalent artificiel. En fait, c’est indispensable comme l’ont bien compris les Japonais.

Des robots indispensables à une population vieillissante Tous ceux qui suivent la robotique savent que le Japon domine le monde en matière de développement de robots humanoïdes.

Les Japonais, cependant, préparent un tout autre tsunami. C’est le rapide vieillissement de la population dans un pays à la population déclinante. Il n’y a simplement pas assez de jeunes pour prendre la relève.

Les robots et les avatars de systèmes experts vont faire partie de nos vies. Comme les rois et les reines en d’autres temps, nous n’auront plus besoin de traiter les contrariétés ou de nous laisser absorber par des tâches routinières.

Evidemment, il y aura des opportunités d’investissement dans des industries qui commercialiseront ce type de convergence. Cela aura également de grandes conséquences sur les sociétés existantes qui devront en tenir compte.

« Vous n’avez encore rien vu ! ». [Comment profiter de l’émergence des systèmes experts et des robots ? C’est ce que vous propose de découvrir nos deux spécialistes des nouvelles technologies, Ray Blanco et Patrick Cox. Pour en savoir plus, continuez votre lecture…]

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Addison Wiggin
Addison Wiggin
Directeur du Daily Reckoning

Addison Wiggin est le Directeur du Daily Reckoning, l’équivalent américain de La Chronique Agora. Addison étudie, commente et écrit sur les marchés depuis plus de dix ans. Diplômé d’un master de philosophie de l’université de St John, il adopte un point de vue global et contrarien sur les marchés américains et mondiaux.

Un commentaire pour “De l’intelligence artificielle aux robots : du mythe à la réalité”

  1. Il est bien délicat d’imaginer un ordinateur actuel aussi puissant soit-il prendre en compte les interactions EM dans le cerveau, le nombre de calculs étant + qu’astronomique… Peut-être un ordinateur quantique, mais quand . Difficile à dire. Néanmoins produire un organisme très très simple et ayant une très vague conscience (je dis/écris bien conscience) de son environnement demanderait un nombre de calculs phénoménal. Ajouter à cela que la conscience n’est absolument pas comprise, de personne, je la suppose être une des dimensions de la physique quantique personnellement, qu’importe… Sans ordinateur quantique il est peu probable de produire des I.A. , intelligence au sens intelligent de ce terme donc liée à une conscience de type humain. D’autre part les matériaux pris sur le substrat de la nature et qui permettent la conscience, du moins conscience humaine, peuvent être très limités, alors autant générer bien plus rapidement ce que « la nature » a engendré. Néanmoins ces expériences, ces recherches sont indispensables apparemment, l’être humain est porté vers la recherche de découvertes, sans cesse, indéfiniment, c’est surtout la mort qui nous motive inconsciemment… Nous ne pouvons absolument pas stopper la recherche sur toute la planète Terre, et encore moins pour un pays, un autre ferait la découverte et prendrait le pas sur ce premier. Il existe toujours chez l’être humain la peur de l’impuissance en face d’ autrui et bien au delà du concept d’orgueil, concept un peu dépassé… Alors ainsi il préfère prendre les devant pour se protéger… Mais nous savons que toute découverte est dualiste, nous pouvons tuer un être humain avec n’importe quoi.

    La recherche cachée existe et il serait extrêmement naïf de ne pas penser que certains scientifiques et non scientifiques cherchent du côté biologique à produire une individualité consciente bien au-delà de ce que nous avons-nous (vivons), surement avec des attributs en plus, attributs que nous ne pouvons absolument pas imaginer, et par extension ne pas en imaginer les conséquences.

    Nous sommes à une époque unique en ce sens que si l’être humain n’évolue pas en un être ou ensemble d’êtres ayant de nouveaux attributs, une nouvelle approche de la réalité, même dans une certaine continuation, l’espèce humaine est absolument condamnée à s’éteindre; nous n’avons absolument pas besoin de 21 décembre 2012 pour cela, hallucination collective mineure qui peut prendre de l’ampleur.

    Mais revenons au sujet, Patrick Cox, ce que vous écrivez me semble sain mais incomplet, en fait vous le savez je pense, sans compter l’inconnu de la découverte que vous ne mentionnez pas. Aucun jugement de ma part, les jugements de valeur empoisonnent les gens. Juste dire aussi que le fameux débat que nous avons eu sur les nanotechnologies en France était lamentable, parce que nous n’avons pas prix le temps (des mois, des années aurait-il fallu) de la réflexion, cela avait plutôt le goût d’une publicité politicienne.

    L’accélération, nous sommes nombreux à la ressentir sinon la vivre pleinement, quant-à La Singularité, cette convergence qui se cherche libératrice de nos souffrances, et de notre maladie principale qu’est la vieillesse, risque de tomber nez à nez avec des armes au près desquels Hiroshima, Nagasaki, sont des ours en peluche, même si je n’aime pas écrire de la sorte je me force tout de même à faire comprendre la nature du danger face à la nature de l’évolution vers « une quasi-immortalité » dans ce monde puis ailleurs, qu’importe, pour le moment. Les outils sont des armes et les armes sont des outils, notre petite planète devient de plus en plus petite…

    Il est probable que notre cas se soit vécu sur une infinité de planètes, aux êtres pensants à notre niveau d’évolution, dans cet univers simplement ou dans une infinité d’univers. Il serait précieux de connaître le pourcentage des espèces qui ont eu la chance de traverser cette crise, qui n’est donc absolument pas le propre de l’être humain (l’anthropocentrisme est partout…)

    Sans compter ceux là mêmes des espèces qui n’ont réussies à percer cette partie historique qu’en y laissant la majeure partie de leurs nombre.

    Il reste le problème du pourquoi personne ne vient nous aider, ce n’est absolument pas obligatoirement un manque de vie dans notre galaxie qui sait que nous existons,,, nous pouvons nous demander logiquement pourquoi nous n’avons pas été aidés physiquement et encore moins « spirituellement » durant ces dix dernières affreuses guerres à vomir et plus encore… Et je ne pense pas que nous sommes non plus pestiférés, ce serait idiot de le penser, il existe d’autres raisons, peut-être au-delà des nôtres de raisons.

    Une raison, mais parmi bien d’autres est ainsi évidente, c’est une hypothèse :

    A quoi bon nous aider si les êtres qui nous savent exister savent très bien que la vraie vie est après la mort ? C’est une hypothèse, il en existe d’autres, humaines. Reste des raisons non humaines qui ne seraient absolument pas inhumaines mais hors de nos perceptions actuelles ou limites. Bref ma réponse est surtout de souligner l’importance de ne pas penser comme nous le faisons depuis toujours, une raison anthropocentriste, nous nous réduisons en ne pensant qu’à nous, et la mode est au mot augmentation, c’est pour moi une pensée bien ironique quelque part, même si je n’aime pas l’ironie.

    Amicalement.

    Peu de gens à le temps de réfléchir à ces questions, il n’y aura que peu de réponses, c’est bien dommage que nous soyons tous si handicapés.

    Time is the essence (W.Shakespeare).

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