Et si l’helicopter money était une bonne solution ?

Rédigé le 28 avril 2016 par | Macro éco et perspectives Imprimer

Vous avez été très nombreux à m’écrire au sujet de l’article sur l’helicopter money, paru vendredi dernier. Merci à tous pour vos commentaires. Le sujet vous inspire manifestement, mais aussi nos rédacteurs.

Hier, dans la Stratégie, Simone Wapler revenait sur la possibilité que les banques centrales impriment de l’argent pour le distribuer aux consommateurs. Après avoir longtemps été opposée à cette idée, qui il est vrai est un signe flagrant de l’absurdité de la politique des banques centrales, Simone commence à lui trouver certains charmes… et peut-être même quelques utilités.

Tous ces contrats politiques sont bien loin de nous, en revanche, pouvons-nous redouter ou espérer un largage de monnaie hélicoptère, quelques liasses de 500 € (nous ne serions pas trop regardants sur les coupures) tombées du ciel ?

Dans les colonnes du Financial Times, Francisco Garzarelli de Goldman Sachs estime que cette création monétaire qui court-circuite les banques ne serait pas efficace. Vous me direz que ce monsieur prêche pour sa chapelle mais n’oubliez pas que Mario Draghi est lui aussi un ancien de Goldman Sachs.

M. Garzarelli propose donc que Draghi rachète plutôt des obligations d’Etat ou d’entité supranationales de maturité ultra longues. Il me semble que c’est ce que Mario Draghi fait déjà. Mais probablement que Goldman Sachs percevrait des commissions supplémentaires en conseillant les "émetteurs supranationaux".

Pleine d’espoir, je me penche donc sur l’article au titre prometteur du Wall Street Journal pour savoir combien exactement nous tomberait du ciel. Cet éditorial est signé de David Mackie qui lui fait partie du personnel de JP Morgan.

L’article commence très bien : Mackie dit qu’il faudrait supprimer des impôts et financer le trou budgétaire qui en résulterait par de la création monétaire. Waouh, pour une fois, le contribuable profiterait des tripatouillages monétaires des brasseurs d’argent. Nos impôts baisseraient parce que les hélicoptères décollent !

Hélas, après un développement filandreux et difficilement compréhensible, l’auteur abandonne cette idée et en revient à la solution des rachats d’obligations, le même genre de truc que propose son collègue de Goldman Sachs.

Bref, selon les grandes banques, la création monétaire doit échapper au citoyen ordinaire.

Alors là, non : s’il faut vraiment poursuivre les folies et bien autant que nous soyons arrosés d’abord et tant pis pour GS, JP Morgan, HSBC, Société Générale, BNP Paribas et autres. Zut, chacun son tour !

Ce n’est peut-être pas par hasard qu’on parle de liquidités quand on parle de monnaie. La fausse monnaie profite à ceux qui la touchent d’abord. Il faut être tout près de la source, s’abreuver en premier. Ensuite, ceux qui sont en aval n’ont plus que de l’eau de mauvaise qualité déjà souillée par les premiers buveurs et encaissent l’inflation.

En l’occurrence, avec des belles liasses toutes neuves nous pourrions faire plein d’achats sans crédit bancaire.

Alors, pourquoi pas l’helicopter money ?

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

Un commentaire pour “Et si l’helicopter money était une bonne solution ?”

  1. En l’occurrence, avec des belles liasses toutes neuves nous pourrions faire plein d’achats sans crédit bancaire

    QE pour le peuple:
    des achats chez auchan
    et au bout de deux mois en volume vos achats chez WMT ou lidl seraient identiques
    et les elections seraient manipulées

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