La guerre virtuelle est déclarée, la cyberdéfense en profite

Rédigé le 7 octobre 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Les gens me demandent parfois, « pourquoi utilises-tu encore ton adresse e-mail Yahoo ?! ».

J’essaie (sans y parvenir) de ne pas sourire en coin.

Mon métier est de vous parler de technologies de pointe, mais le nom de domaine de mon adresse e-mail appartient à une entreprise fondée il y a plus de 22 ans… un des premiers grands succès du net, et un des enfants-stars de la bulle des dot.com, dans les années 90.

Mon adresse e-mail a à peu près le même âge. Cela peut sembler incongru. Disons que c’est une question d’inertie… Je l’utilise depuis si longtemps qu’il est difficile de changer. Et puis, après tout, elle fonctionne tout aussi bien que les autres messageries que j’ai testées.

Il est cependant possible que je change d’adresse très bientôt. J’ai récemment dû modifier mon mot de passe après une immense fuite de données. Les informations de 500 millions (!) de comptes Yahoo ont été dérobées par ce que l’on pense être des « acteurs gouvernementaux ». Hum…

Il s’agirait de la plus grande cyberattaque jamais reconnue.

Les temps sont durs pour Yahoo depuis le début de l’année. Des hackers ont vendu des millions de comptes Yahoo compromis sur un site web hébergé sur le « darknet« . Ce ne sont pas des sites simples à trouver. Ils fonctionnent sur des réseaux qui utilisent des protocoles et des cryptages spéciaux afin de permettre un accès anonyme.

Ma réaction peut sembler un peu lente : après tout, le piratage aurait eu lieu en 2014. La réaction de Yahoo l’est plus encore : le groupe a simplement recommandé à ses usagers de changer leur mot de passe. Deux ans après les faits, cela semble un peu dérisoire. De toute manière, je change mes mots de passe régulièrement – vous devriez faire de même !

La guerre d’un nouveau genre

Cette affaire nous rappelle qu’une guerre d’un nouveau genre est déclarée. Les grands acteurs sont des Etats-Nations et des organisations criminelles. C’est un sujet sur lequel je reviens régulièrement dans ma lettre d’investissement sur les nouvelles technologies, NewTech Insider. Etienne Henri est lui aussi revenu sur le sujet, tout récemment, dans la Quotidienne (à lire ici, et ).

Le danger n’est pas nouveau mais il s’aggrave manifestement alors que de plus en plus de sites de renom ont dû avouer des vols de données. Et comme dans beaucoup de guerres, la plupart des victimes sont civiles.

Il ne s’agit pas simplement de pirates qui récupèrent et publient les e-mails des candidats à la présidentielle américaine… ils s’attaquent à vous et à moi.

L’augmentation des cyberattaques a poussé le Président Obama à lancer un plan d’action pour la cyber-sécurité doté d’un budget de 19 milliards de dollars.

Objectif : aider les citoyens, les entreprises et le gouvernement américain à se protéger contre ces menaces.

La raison est simple : notre infrastructure d’information – la manière dont nous stockons et transmettons des données – est un pivot central du fonctionnement de l’économie américaine.

La cyber-sécurité a même été l’un des thèmes du débat présidentiel de cette semaine, et l’un des candidats a déclaré qu’il avait l’intention de lutter contre les cyberattaques par tous les moyens, sans exclure des interventions militaires. Quand je vous disais que cette guerre s’intensifiait…

Une cyber-menace pour l’économie

Les cyber-menaces sont en augmentation et pourraient lourdement handicaper notre économie. La quantité de vols de données a connu une croissance à deux chiffres pendant le premier semestre.

Le problème le plus commun est le vol d’identité. Peut-être parce que les téléchargements de logiciels malveillants ont été multipliés par neuf cette année par rapport à l’an dernier…

Bien sûr, tout cela a des conséquences sur les entreprises. Elles doivent impérativement protéger leurs données, notamment celles qui concernent leurs clients. Si elles n’en sont pas capables, elles violent trompent la confiance de leurs clients.

Ce problème ne se limite pas aux Etats-Unis. Selon un rapport de Lloyd, plus de 90% des entreprises européennes ont déjà été victimes de vols de données.

Les menaces à elles seules ne suffisent pas à expliquer la croissance du marché de la cyber-sécurité. De plus en plus de données et d’appareils doivent être protégés. Des données de plus en plus sensibles sont stockées dans le cloud et transmises partout sur Internet. De plus en plus d’appareils – je pense tout particulièrement aux objets connectés – doivent être protégés d’intrusions malveillantes.

Mais tout problème cache aussi une opportunité.

Un problème aussi gros que la cyber-sécurité peut être une formidable et très profitable occasion pour des entreprises capables de proposer des systèmes de sécurité de meilleure qualité. Les dépenses en la matière ont explosé, et les fabricants capables de mettre au point les meilleures solutions continueront de prospérer dans les mois et les années à venir.
[NDLR : Dans NewTech Insider, Ray Blanco vous recommande les deux entreprises qui disposent des armes suffisantes pour faire la différence dans cette guerre qui s’est engagée contre les cybercriminels. A découvrir dans NewTech Insider]

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Ray Blanco
Ray Blanco
Rédacteur en Chef de NewTech Insider et FDA Biotech Trader

Ray Blanco était le genre d’enfant qui reste des heures dans sa chambre tous les soirs, programmant des codes dans son ordinateur Timex Sinclair 1000.

Au collège, alors que la plupart des autres gamins étaient dehors à jouer au ballon, Ray était dans sa cave, tentant de construire ce qu’on appelle une « Chambre de Wilson » — un appareil ultra-refroidissant permettant de détecter les particules de radiations ionisantes.Puis il s’est mis à explorer les domaines de la robotique… de l’avionique… de la génomique… de la biotechnologie… Devenir plus intelligent, c’est ainsi que Ray s’amusait.

Et aujourd’hui, il combine sa passion de la technologie avec ses connaissances et son savoir-faire dans les domaines de la finance et des marchés boursiers au sein de la lettre NewTech Insider, dont il est co-rédacteur.

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