Effet Trump : l’euphorie boursière peut-elle durer ?

Rédigé le 29 novembre 2016 par | Indices & Actions Imprimer

Chaque fois que le marché boursier atteint de nouveaux plus-hauts, je me dis qu’il n’y a d’autre raison à cette hausse que la peur des investisseurs de rater le train. La hausse s’auto-entretient du fait que des investisseurs – même s’ils étaient sceptiques il y a quelques jours encore – se joignent la fête et achètent lorsque de nouveaux sommets font les choux gras de la presse pour ne pas « passer à côté ».

La politique de Trump est-elle vraiment favorable aux actions ?

Faut-il se joindre aux moutons et acheter la cassure de précédents plus-hauts ? Non, à moins que l’économie américaine n’accélère de façon spectaculaire au cours des prochains mois… et que les bénéfices cessent de diminuer pour se reprendre.

Mais avec les rhétoriques populistes du programme de Donald Trump, il n’y a aucune garantie qu’une économie qui repart serait bonne pour les actions. En effet, une part plus importante des gains serait alors redistribuée à la main-d’oeuvre et non pas au capital.

En outre, la chaîne d’approvisionnement mondiale qui s’est développée à la faveur de la mondialisation pourrait être fortement perturbée par des tarifs douaniers répressifs.

Qu’adviendrait-il des détaillants comme Wal-Mart si, par exemple, une taxe de 20 à 30% était imposée sur les importations chinoises ? Pensez-vous que les bénéfices et les dividendes du groupe ne seraient pas affectés par une telle politique ? Bien sûr que oui. Au-delà des conséquences pour les actionnaires, une taxe à l’importation agirait comme un impôt pour les clients de Wal-Mart. Cette taxe implicite sur le niveau de vie entraînerait de manière inévitable un allégement du code fiscal actuel (par le biais d’un crédit d’impôt plus élevé sur les revenus par exemple) pour compenser la différence.

Les propriétaires et épargnants ont profité de conditions favorables pendant des décennies et presque tout est allé en leur faveur (à supposer qu’ils ont gardé leurs positions boursières et leurs biens immobiliers même pendant les marchés baissiers de 2000-2002 et 2007-2008).

Si les revenus des ménages après impôt augmentent grâce à une croissance plus forte et à une refonte du code des impôts, les revenus des entreprises devraient augmenter. Mais leurs coûts d’exploitation augmenteront également.

Pendant des années, les investisseurs ont considéré comme acquis que les coûts d’exploitation des entreprises (en particulier les salaires) étaient stables, et donc que la croissance additionnelle des revenus allait naturellement et directement améliorer les résultats financiers des sociétés.

Le passage à une politique budgétaire plus populiste et la pression qui va en résulter sur les coûts d’exploitation des entreprises américaines est l’un des nombreux thèmes que nous surveillons.

Le temps presse, certains sont déjà positionnés…

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A l’heure actuelle, les investisseurs sont euphoriques. Mais, en prenant en compte le remue-ménage politique dont je vais vous parler dans un instant, je pense que l’euphorie va bientôt faire place au scepticisme.

Mais au fait… quel programme économique ?

La réalité commence en effet à apparaître. Bon nombre des politiques de Trump, prises séparément, sont favorables à la croissance ; mais lorsqu’on les additionne… ce n’est pas si évident.

L’équipe économique de Donald Trump est un agrégat d’opinions contradictoires. Trump n’est pas à blâmer à ce sujet. C’est un homme d’affaires prospère, pas un économiste. Il a d’autres priorités (choix des membres du Cabinet, immigration, Etat islamique, nominations à la Cour suprême, etc.) avant même de se tourner vers la politique économique.

Les conseillers de Trump tels que David Malpass et Steve Bannon sont en faveur de la renégociation ou de l’annulation des accords commerciaux. D’autres conseillers comme Mike Pence et Larry Kudlow sont pour le libre-échange. Des conseillers comme Steve Moore et Art Laffer veulent des réductions d’impôt. D’autres, tels que Judy Shelton, veulent étudier le retour à un étalon-or ce qui implique des prix plus élevés pour le métal jaune. Mais Malpass et Moore aiment un dollar fort ce qui implique une baisse des prix de l’or. Et cette liste continue ainsi sur des pages… Ces contradictions prendront des mois à être réglées et arbitrées.

Pendant ce temps, Steve Bannon pousse fort pour un plan de dépenses d’infrastructure de 1 000  milliards de dollars en même temps que d’autres veulent des réductions d’impôt. Art Laffer fait valoir que les réductions d’impôt seront autofinancées (la fameuse « courbe de Laffer »). Les réductions d’impôt peuvent être une bonne idée pour la croissance, mais il y a peu de preuves qu’elles peuvent s’autofinancer. Des dépenses importantes et des réductions d’impôts sont la garantie que des déficits énormes viendront s’ajouter à la dette monumentale de 20 000 milliards de dollars déjà en circulation.

La Fed acceptera-t-elle de financer ces déficits supplémentaires avec de l’helicopter money ? Encore une fois, personne ne le sait à coup sûr, mais ma première analyse est que Yellen voudra lutter contre l’inflation en réalisant des hausses de taux préventives commençant dès décembre 2016 et se poursuivant en 2017. Mais… ce cycle de hausse des taux pourrait mettre les Etats-Unis sur le chemin de la récession.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Dans l’ensemble, les marchés semblent exténués. Les actions sont montées trop haut, trop rapidement, pour rien. L’or, les obligations et l’euro sont probablement survendus. Nous surveillons attentivement les signes d’inversion de ces tendances. Ce n’est peut-être pas le moment de faire de gros paris. Nous sommes entre deux eaux : le cash est une meilleure alternative quand il y a autant d’incertitude.

Mais, il peut être intéressant de faire de petits paris contrariens sur les actions, les obligations, l’or et l’euro à partir des niveaux actuels. C’est ce que nous allons surveiller dans les semaines à venir, dans Trades Confidentiels !

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

En savoir plus sur le service d’Intelligence Stratégique.

2 commentaires pour “Effet Trump : l’euphorie boursière peut-elle durer ?”

  1. Malgré toutes les prévisions bien difficile de dire encore aujourd’hui ce que va devenir la Deutsche Bank qui voit son cours stable et qui malgré la chute inévitable de la banque Italienne, ne voit pas son cours baissé et il semble que rien ne se passe comme prévu, alors que faire ?

    Pour l’or il semble aussi que ce soit la même chose mais pour des raisons bien différentes, en attendant la hausse nous subissons la baisse et la question à se poser , N’avons nous pas acheté trop tôt et trop vite ?

  2. A tous et à toute l’équipe Agora
    Tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année et que les petits bonheurs de tous les jours réjouissent toutes vos familles, santé, bonheur et prospérité.

    Merci encore pour toutes ces précieuses recommandations
    A très bientôt
    Cordialement
    ALAIN MESNIL

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