Comment devenir riche grâce au Bitcoin

Rédigé le 9 janvier 2018 par | A la une, Bitcoin et cryptomonnaies, Indices & Actions, Nouvelles technologies Imprimer

Cher lecteur,

Je l’avoue, le titre de cette Quotidienne est légèrement aguicheur… Il m’a été inspiré par une remarque toute ironique d’Etienne Henri qui intervient régulièrement dans ces lignes.

Voici ce qu’il m’écrivait la semaine dernière :

Cécile, A la réflexion, je vous fais part d’une corrélation qui me travaille depuis quelques semaines sur laquelle il y a certainement un coup à jouer.

J’avais un doute jusqu’à ce mercredi, où les mouvements du Bitcoin ont confirmé ma théorie : le cours Bitcoin ne tient que par la publication de la Quotidienne.

Voyez la corrélation directe entre vos périodes de vacances et l’évolution du prix du BTC (réalisée sans trucage, vous pouvez vérifier les dates et les valeurs) :

bitcoin

Corrélation entre le cours du bitcoin et les dates de vacances de la Quotidienne de la Croissance

Voilà la poule aux oeufs d’or de 2018, d’autant que la notion de délit d’initié n’existe pas encore sur le Bitcoin. Il suffit de parier à la baisse lorsque la Quotidienne s’interrompt.

Comme quoi, investir cette année ne sera pas si compliqué !

Etienne

Je vous promets donc, cher lecteur, de vous prévenir bien en avance de mes prochaines vacances pour que vous puissiez parier sur une baisse de la plus célèbre des cryptomonnaies.

Mais trêve de plaisanterie.

Ou pas…

Devenir riche grâce au bitcoin, un rêve à portée de main ?

L’envolée des cryptomonnaies a déclenché une intense fièvre spéculatrice. Chacun veut sa part du gâteau, et certains ne sont pas très regardant sur les méthodes pour l’obtenir.

Prenons l’exemple de Bioptix, une entreprise américaine spécialisée dans le matériel de diagnostic médical à destination des biotech. Elle a récemment annoncé qu’elle allait changer assez radicalement d’activité, pour s’intéresser – ô surprise – aux cryptomonnaies.

Au passage, elle a décidé de modifier son nom, pour devenir Riot Blockchain, ainsi que son ticker (pour « RIOT », soit « émeute » en anglais). Une mue du meilleur goût, vous en conviendrez.

Vous pourriez vous dire qu’une telle – grossière – manoeuvre ne tromperait pas les investisseurs qui éviteraient la trop évidente opportuniste. Que nenni.

Alors que le cours de la nouvelle rebaptisée Riot Blockchain plafonnait sous les 4 $ ces derniers mois, son retour sur les fonts baptismaux a permis à son cours de s’envoler rapidement en direction des 8 $ puis, après avoir annoncé une participation dans une entreprise dédiée à la blockchain, des 40 $.

riot

Cours de Riot Blockchain

Bioptix est très loin d’être la seule entreprise à avoir flairé le bon filon. La britannique On-line, par exemple, est ainsi devenue – pour le plus grand bénéfice de son cours – On-line Blockchain.

Une histoire de noms

Cela pourrait n’être que des exemples amusants illustrant la folie cryptos si ces manoeuvres ne rappelaient pas ce qui s’était passé, à la fin des années 90, alors que la bulle des dot.com prenait de l’ampleur.

Une étude américaine – menée par des chercheurs de l’université Purdue – s’est penchée sur les changements de nom d’entreprises en 1998 et 1999, juste avant l’éclatement de la bulle Internet. 95 entreprises cotées avaient alors fait ce changement, en ajoutant « .com » ou une autre référence à Internet. Un « re-baptême » qui leur a permis, en moyenne, de voir leur cours s’envoler de +74% dans les 10 jours suivants le changement, et la hausse s’est avérée assez durable – du moins jusqu’au krach final.

Aujourd’hui, l’histoire se répète. Les investisseurs se jettent sur toutes les entreprises qui affichent – haut et fort – leurs liens avec la blockchain et les cryptos, sans forcément faire la pourtant nécessaire distinction entre les purs opportunistes et les projets plus sérieux.

Les chiens se mettent aux cryptomonnaies

Un autre exemple ? Le Dogecoin. Cette crypto trouve son origine dans une blague. En 2014, son inventeur, Jackson Palmer, décide de se moquer de l’engouement naissant pour les cryptos en lançant le Dogecoin, qui réplique le Bitcoin. Seules différences ? Son nom (vous allez bientôt comprendre) et son logo, une race japonaise de chiens, les Shiba Inu. D’où le nom (« dog » signifie « chien » en anglais).

ShibaInu

Le Shiba Inu mascotte de Dogecoin

Cette « blague » a vu son cours s’envoler, et sa valorisation dépasser, un moment, les deux milliards de dollars :

dogecoin cours graphique

Evolution du cours du Dogecoin depuis son lancement

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Je sais qu’il est facile de pointer du doigts ces folies – même si elles sont plutôt distrayantes.

Essayons de prendre un peu de recul et de tentons de comprendre ce qu’elles peuvent dire.

Vous connaissez ma position sur les cryptos et la blockchain : elles sont intéressantes, elles sont utiles – et vont l’être de plus en plus – , elles ne vont pas disparaître (même si beaucoup de cryptos ne vont jamais se relever d’une probable et future correction sur le secteur) mais l’engouement actuel est clairement démesuré.

Dans cet environnement de bulle et de frénésie, les exemples que je vous ai cités sont un « memento mori », un rappel du danger que représentent aussi les cryptos. Peut-être plus que tout autre secteur, la prudence est de mise, ne serait-ce parce que les cryptos ne sont absolument pas réglementées.

A la fin des années 90, la SEC et autres autorités de contrôle des marchés n’ont pas fait parfaitement leur travail (c’est peu de le dire) mais un certain encadrement était à l’oeuvre. Aujourd’hui, pour les cryptomonnaies, ce contrôle est complètement inexistant.

Les ICO, l’équivalent « crypto » des introductions en Bourse (IPO) ne sont surveillées, contrôlées ou validées par aucune instance de régulation. Vous pouvez juger que c’est une excellente opportunité pour des investisseurs audacieux et visionnaires mais cela veut aussi dire que parmi les projets valables, il existe de plus en plus de projets qui ne tiennent pas la route, voire qui sont de pures escroqueries.

Ces projets plus que douteux vont se multiplier au fur et à mesure que grandit l’engouement du grand public pour les cryptos, et que s’amplifie la frustration de ceux qui n’avaient pas encore osé investir sur les cryptos. Ces arnaques se nourrissent en outre de l’incompréhension de la plupart des investisseurs pour la blockchain ou même le fonctionnement des cryptos.

Cher lecteur, c’est une bulle. Elle va peut-être encore tenir plusieurs mois, mais même si vous êtes persuadé que les cryptos et la blockchain vont changer la finance, l’argent et les transactions sur Internet, il est difficile de nier que le secteur a besoin de se purger de ses crypto-blagues, ou de ces entreprises opportunistes qui se découvrent une passion pour la blockchain.

Alors, comment devenir riche grâce aux cryptos ? En ne perdant jamais les risques de vue. En étant plus pointilleux que jamais dans le choix des entreprises ou des cryptos dans lesquels vous investissez. Epluchez le projet, les financements, le business plan, l’implication des dirigeants dans leur entreprise, la part de cryptos qu’ils se réservent. Soyez exigeant, cela sera payant.

[NDLR : Cette exigence dans le choix des projets, c’est ce qui a permis à Louis Basenese de réaliser ces dernières semaines des gains de +239%, +182%, +222%, +126%. Pour profitez de ses recommandations, c’est ici …]

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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