2018 : le grand retour des énergies renouvelables

Rédigé le 25 janvier 2018 par | A la une, Matières premières & Energie Imprimer

Le secteur de l’énergie renouvelable commence à reprendre des couleurs. Enfin ! diront les amoureux d’air pur, amateurs de croissance durable et autres investisseurs. Il est vrai que l’attente a été particulièrement longue. Ces dix dernières années, les prix en chute libre du pétrole et du gaz naturel ont rendu les énergies alternatives peu attractives.

Entre 2003 et 2008, avant la crise des subprimes, elles semblaient bien incapables de répondre aux besoins énergétiques insatiables de la croissance mondiale.

Il faut remonter encore plus loin pour retrouver une période où le secteur semblait prometteur.

Coincés entre l’arrivée de l’énergie nucléaire qui devait nous libérer de nos besoins énergétiques pour toujours et le pragmatisme des sociétés occidentales en crise quasi-permanente depuis l’éclatement de la bulle Internet, panneaux photovoltaïques et autres éoliennes n’ont pas fait longtemps rêver les foules.

Pourtant, leur heure de gloire pourrait bien être sur le point d’arriver.

Alors que le prix du pétrole ne cesse de grimper et que le retour des 100 $ par baril avant la fin de l’année ne semble plus impossible, produire plus d’énergie à coût abordable redevient un sujet de société. A ce titre, seules les énergies renouvelables ne présentent pas de risque de pénurie.

En parallèle, de nombreuses estimations chiffrées du coût humain et financier de la pollution deviennent disponibles. Elles donnent aux gouvernements et aux citoyens des points de comparaison quantifiables entre l’emploi de ressources énergétiques fossiles et celui d’énergies renouvelables.

L’énergie verte, un secteur en pleine croissance

Selon l’UNEP, le Programme des Nations-Unies en charge de l’Environnement, ces dernières années ont vu une nette accélération de l’utilisation des énergies renouvelables.

En 2016, les sommes mobilisées pour les énergies renouvelables ont été supérieures à celles investies dans l’extraction d’énergie fossile. Cette inversion de priorité est hautement symbolique dans un contexte de raréfaction continue des énergies non renouvelables qui, par définition, nécessitent des investissements permanents pour maintenir un niveau de production constant.

Sans compter les méga-installations hydroélectriques (qui ne peuvent être multipliées à l’infini sur la planète), une capacité de production d’environ 138 GW d’énergies renouvelables a été installée cette année-là contre 118 GW en 2015.

Le plus intéressant est que cette augmentation de la capacité de production s’est accompagnée d’une diminution quasi-symétrique des coûts. Les industriels ont pu installer plus de centrales en mobilisant moins de capitaux.

La tendance s’est encore accentuée en 2017 avec la baisse du prix de la production photovoltaïque.

Les énergies vertes en chemin vers la rentabilité

Jusqu’ici, les énergies renouvelables ne pouvaient survivre que grâce aux distorsions de concurrence créées par les Etats.

Si le financement de la production énergétique par la collectivité n’est pas une nouveauté (le nucléaire n’a d’ailleurs pas de leçons à donner en la matière), il n’est pas interdit de surveiller avec attention le moment où l’installation de centrales propres sera économiquement viable.

Les investisseurs rechignent en effet à financer des projets dont la survie ne tient qu’au bon vouloir — et à la solvabilité — des pouvoirs publics.

Cela fait quelques années que le recours à la production photovoltaïque ou éolienne est intéressant pour les installations situées loin d’un réseau électrique national (la fameuse grille dont parlent les électriciens).

Depuis 2015, les énergies renouvelables deviennent même financièrement intéressantes en tant que production supplémentaire connectée à la grille dans certaines situations.

Bien sûr, la rentabilité doit être appréciée pays par pays. Dans les pays comme l’Allemagne où la production électrique est particulièrement chère, le recours au photovoltaïques est rentable depuis longtemps. En France, où il existe un socle de production nucléaire, le recours à cette technologie pour de la substitution pure est moins pertinent.

Toutes les situations sont uniques, et chaque territoire (sans même considérer l’effet des subventions publiques) possède son seuil de rentabilité.

Ce qui est certain, c’est que le prix de la production d’électricité propre continue sa chute. Le coût du kW de capacité de production a continué à décroître en 2017 pour atteindre les 0,36 $ selon GTM Research.

Dans les années 2010, l’objectif le plus ambitieux était d’atteindre 1 $/kW avant 2015. Les grands projets étaient lancés avec cet ordre de grandeur à l’esprit.

Aujourd’hui, le prix du kW est tombé sous les 0,50 $. Nul n’est capable de dire où se trouve le plancher, et les business model des fabricants de panneaux n’anticipent pas de hausse des prix de commercialisation à moyen terme. A mesure que ce prix baisse, le recours aux énergies vertes est rentable dans un nombre croissant de situations.

L’augmentation des capacités installées a donc de beaux jours devant elle.

Comment profiter du boom des énergies propres ?

Si vous n’êtes pas allergique à l’anglais et que le sujet vous intéresse, je vous conseille la lecture du dernier rapport issu des chercheurs de la Frankfurt School-UNEP disponible ici.

Ce dossier est une mine d’information sur les segments de marché les plus porteurs et les dernières tendances. Les cabinets d’analystes facturent des fortunes leurs tours d’horizon sectoriels dont la qualité laisse bien souvent à désirer. Le travail fourni par la Frankfurt School, lui, est de bonne facture et librement accessible. Il est rare que les rapports issus des institutions internationales aient une utilité directe pour les citoyens. Ce dossier est une exception qui mérite d’être soulignée !

Si vous préférez vous éviter une plongée (d’une centaine de pages tout de même) dans le jargon des analystes, je vous donne rendez-vous demain dans La Quotidienne pour découvrir ensemble comment investir dans l’essor des énergies renouvelables.

Vous le verrez : même si le secteur est morcelé, il est possible de profiter de près de 80% du marché en investissant sur un unique segment.

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Etienne Henri
Etienne Henri
Il sélectionne les dossiers d’investissement en financement participatif du service Profits Réels.

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

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