Dégringolade des marchés actions : pourquoi ? Comment ? Que faire ?

Rédigé le 8 janvier 2016 par | Indices & Actions, Mode d'emploi Imprimer

Depuis le 1er janvier, et au moment où j’écris ces lignes, le CAC 40 a perdu 5%, le DAX 6,6%, le Dow Jones 5,2%, le Nasdaq, 6,3% et le S&P 5,8%.

De quoi nous donner tout de même quelques sueurs froides. Avant de paniquer, je vous propose donc de respirer un grand coup et d’analyser la situation avec calme. De quoi prendre les décisions – du moins y contribuer !

Pourquoi une telle chute ? Il y a les raisons évidentes, et celles plus fondamentales.

Dans La Lettre PEA, Eric Lewin résumait les causes de la chute :

Effondrement du pétrole : le brent et le WTI cotaient autour de 32 $ hier,

– Risque énorme de faillite des entreprises de shale oil (ce qui représente environ 2 500 milliards de dollars d’encours high yield)… et donc par répercussion, explosion de la dette high yield.

Mauvais chiffres de l’économie chinoise qui font craindre une récession mondiale : l’indice PMI des services est par exemple ressorti à 50,2 en décembre contre 51,2 en novembre, traduisant une nouvelle déception après celle provoquée par le PMI manufacturier. Avant, l’indice PMI manufacturier était ressorti sous les attentes des économistes, à 48,2.

Christine Lagarde, à la tête du FMI, s’est montrée peu optimiste, préparant sans doute à une nouvelle révision à la baisse des perspectives de croissance.

Pékin vient de dévaluer de nouveau le yuan hier matin.

Deux krachs boursiers en Chine depuis le début de l’année. Pékin prend des mesures drastiques de fermeture de la Bourse chinoise, d’interdiction de vendre des titres afin d’essayer d’enrayer la baisse (sauf que pas facile de revenir acheter sur un marché si vous n’avez pas le droit de vendre !)

– Conflits à peine larvé entre l’Arabie saoudite et l’Iran…

– et la Corée du Nord s’y met, ayant testé une nouvelle bombe H (ou A, personne ne sait vraiment)

J’ajouterai que l’économie américaine montre elle aussi des signes de faiblesse et que la force du dollar continue à pénaliser une partie des entreprises. « Exposée à des vents contraires, la croissance de l’économie américaine commence à ralentir », titrait hier Le Monde.fr :

L’économie américaine est-elle sur le point de ralentir ? Après deux trimestres solides (+ 3,9% et + 2%), l’année 2015 semble s’être terminée sur une note décevante, conduisant la plupart des économistes à abaisser leurs prévisions de croissance pour le quatrième trimestre. Dans ce contexte, la Réserve fédérale (Fed) entend faire preuve de prudence concernant la remontée des taux d’intérêt qu’elle a initiée les 15 et 16 décembre 2015, comme l’attestent les minutes de cette réunion, publiées mercredi 6 janvier.

Le ralentissement de l’économie américaine n’est certainement pas une découverte pour vous, et ce d’autant plus si vous suivez Bill Bonner dans La Chronique Agora, ou Simone Wapler dans sa Stratégie, mais pour le reste des investisseurs… hum… cela ne doit pas être une très bonne surprise.

Et puis n’oublions pas que les marchés boursiers affichaient une hausse insolente depuis début 2009. Pour rappel, sous forme de graphe et non de piqûre, voici l’évolution du Dow Jones sur 10 ans :

Dow Jones

N’oublions pas, qu’historiquement, les marchés sont dominés par des cycles, alternant phases de hausse et phases de baisse. Si certains ont pu croire que la hausse débutée en 2009 était éternelle, la plupart des commentateurs sont conscients du risque de rechute :

« Historiquement, les cycles de marché durent 8 ans en moyenne. Or, outre la règle de 8 qui nous ramène en 2000 et 2008, ces précédents épisodes de bear market (2000 et 2008 donc) avaient tous deux également commencé sur des débuts d’année fortement baissiers (nos commentaires de lundi matin).

Donc même si Wall Street reste encore relativement haut sur du moyen terme, la tendance baissière enclenchée depuis lundi pourrait bien ne pas être terminée…« , prévient Mathieu Lebrun dans La Bourse au Quotidien.

Voilà pour les raisons. Passons au comment… cela s’est passé et comment cela peut se passer.

Comment ? La chute et la fermeture répétée des bourses chinoises sous l’effet du coupe-circuit (qui s’enclenche dès que l’indice CSI300 gagne ou perd plus de 7%) a déclenché, je vous le disais, un mouvement de panique aussi bien sur les places asiatiques qu’occidentales.

Mis à mal par une fin d’année pas si brillante que cela (avec un rally qui s’est fait désirer puis a déçu), les principaux indices ont enfoncé support sur support. Voilà ce que cela donne sur le CAC.

CAC

Les 4 500 points ont été enfoncés, et l’indice parisien a plusieurs fois ouvert en gap baissier (pour les nuls en analyse technique, dont je fais partie, un gap baissier, ce n’est pas du tout bon signe).

Hier, Mathieu Lebrun et Gilles Leclerc anticipaient un rebond technique sur un CAC 40 qui avait touché un seuil important, autour des 4 370-4 350 points.

C’est effectivement ce qui s’est passé puisque l’indice parisien s’affiche, au moment où j’écris ces lignes, autour des 4 415 points.

Pourrait-il aller plus haut ? C’est ce que nous espérons (en croisant les doigts très fort). Les 4 600 points sont en ligne de mire.

Si le CAC retrouve les 4 600 points, cela ne signifiera pas que nous sommes tirés d’affaire. La plupart de nos rédacteurs penchent pour une poursuite de la baisse non seulement dans les semaines qui viennent mais aussi en 2016.

Ce qui nous conduit à la question suivante…

Que faire ? C’est simple, pour le moment, rien !

Voici ce que vous conseille Eric dans La Lettre PEA :

Rien n’est épargné aux marchés financiers en ce début d’année. La baisse du CAC 40 atteint déjà 6% en l’espace de trois séances et demie, les investisseurs sont vraiment pris de panique.

Mais d’expérience, croyez-moi : ce n’est pas le moment de vendre. Encore une fois, il faut faire le dos rond. L’indice va rebondir, nos valeurs avec, et nous évaluerons alors la situation : la baisse est-elle bel et bien enrayée ? Ou bien faut-il en profiter pour vendre ? Nous verrons cela plus tard. Pour l’instant, patientez.

Et puis dans cet océan de pessimisme, rappelez-vous la situation en août dernier : le CAC 40 avait chuté jusqu’à 4 230 points avant de retrouver quelques mois après les 5 011 points.

Je vous parlais d’un possible objectif de 4 600 points sur le CAC. C’est le niveau que vous devez surveiller tout en ayant aussi un oeil sur les indices américains. Si le rebond s’impose des deux côtés de l’Atlantique alors il sera temps de : 1. Vendre les valeurs les plus faibles de votre portefeuille (vos rédacteurs seront là pour vous guider). 2. Acheter des trackers bear, qui vous permettront de compenser en partie la chute des actions. Le plus connu, sur le CAC 40, est le tracker BX4 (Lyxor XBEAR CAC40 – FR0010411884).

Si vous ne savez pas comment fonctionne un tracker bear, je vous recommande de lire les explications de Gilles Leclerc sur le sujet, c’est ici.

Une dernière recommandation ? Ne paniquez pas. Les baisses font aussi partie des marchés boursiers, c’est comme cela. Gardez donc la tête froide, préparez une liste des valeurs dont vous voulez vous débarrassez… et n’oubliez pas de suivre de très près les recommandations de vos rédacteurs.

Et n’oubliez pas qu’il existe des moyens d’engranger des gains quand les cours chutent, tout simplement en shortant des valeurs. Un exercice que vous propose de tenter Mathieu dans Agora Trading. Vous allez le voir, ce n’est pas plus compliqué que de parier sur la hausse… Rendez-vous donc avec Mathieu !

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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