Cuba : un investissement à ne pas manquer

Rédigé le 2 décembre 2016 par | Pays émergents Imprimer

La semaine dernière, le monde s’est ému à la mort de Fidel Castro. Dictateur pour les uns, guide éclairé pour les autres, le moins que l’on puisse dire est que le personnage a été une figure marquante du XXème siècle.

Evitons la politique, me direz-vous : La Quotidienne est une lettre d’information dédiée à l’investissement ! Rassurez-vous, c’est bien ce dont nous allons parler aujourd’hui.

Le dégel des relations entre Cuba et les Etats Unis, porté par Raul, a toutes les chances de s’accélérer maintenant que le Comandante n’est plus là pour prolonger sa révolution.

Cuba est resté, depuis l’éclatement du bloc soviétique, un des derniers laboratoires de l’économie administrée. Des pans entiers de l’économie évoluent au ralenti depuis les nationalisations massives des années 1960. Le phénomène de rattrapage économique risque donc d’être aussi soudain qu’important.

Partant de ce constat, comment profiter de cette croissance depuis la France ?

Le dilemme de l’investissement dans un pays émergent

Investir dans un pays émergent n’est pas de tout repos. Le premier frein est le manque de confiance : les pays émergents n’ont généralement pas une longue tradition de transparence. Dans ce contexte, difficile de s’appuyer sur les résultats financiers communiqués par les entreprises pour repérer les pépites sous-valorisées.

De manière générale, lisez avec beaucoup de prudence les communications des sociétés basées dans les pays émergents (qu’elles dépendent du pouvoir central ou non). Une petite dose de méfiance est souvent salutaire.

La seconde difficulté est liée à la détection des grandes tendances qui génèreront de la croissance sur place.

Lorsqu’une économie en friche redémarre, de nombreux secteurs sont portés par la hausse de l’activité. Vaut-il mieux favoriser les valeurs qui bâtissent les infrastructures locales ? Faut-il plutôt se tourner vers les sociétés d’export, qui ont désormais accès au marché mondial ?

Ce choix cornélien conduit souvent à se tourner vers des fonds indiciels qui exposent l’investisseur à la santé globale du pays-cible. En s’affranchissant des contraintes de stock-picking, l’investisseur profite ainsi d’une diversification bienvenue.

Le dernier point de vigilance est celui de la pérennité de la croissance.

Les investisseurs qui se sont positionnés sur le Brésil ou le Vénézuela après la crise occidentale des subprimes sont formels : tous les investissements dans les pays émergents ne sont pas rentables.

Une économie basée principalement sur l’export de matières premières est incroyablement fragile. En cas de forte chute des cours, les excédents commerciaux peuvent se volatiliser en quelques mois et transformer une économie « Vache à Lait » en champ de ruines. C’est exactement ce qui s’est passé ces derniers mois pour les pays exportateurs de pétrole.

La bonne nouvelle est que Cuba possède une économie aujourd’hui atrophiée, donc très saine. L’absence quasi-totale de commerce international rend le pays peu sensible aux variations de cours des matières premières.

Vous l’avez compris, un investissement dans l’économie cubaine possède un grand potentiel haussier pour un risque de baisse très limité, l’économie étant jusqu’ici atone !

La stratégie gagnante pour investir à Cuba

Comme je vous le disais précédemment, l’investissement dans un marché émergent par le biais d’un ETF est idéal. Malheureusement, en l’absence d’une place de cotations accessible aux étrangers, cette méthode est inexploitable sur le marché cubain.

Vous devrez donc choisir des valeurs qui pourront profiter de la croissance de l’économie cubaines.
Avant que Cuba ne devienne un exportateur majeur de matières premières ou de biotech, un secteur va rapidement profiter de l’ouverture au reste du monde: le tourisme. Les opérateurs de croisières sont promis à un bel avenir dans la région.

Cerise sur le gâteau : certains sont basés aux Etats-Unis. Ces entreprises sont donc soumises aux règles comptables et de transparence auxquelles nous sommes habitués.

Parmi ces opérateurs, Royal Caribbean International est aujourd’hui le plus à même de profiter d’une hausse du flux de touristes. L’entreprise est, contrairement à nombre de ses concurrents, déjà rentable. Les coûts fixes étant prépondérants dans ce genre d’activité, une légère augmentation du chiffre d’affaires se traduit par une explosion du bénéfice.

Royal Caribbean International (NYSE:RCL) est donc un bon pari pour investir sur un retour de Cuba sur la scène internationale.

Cuba
Et si ce navire était votre prochain investissement ?
Crédit: Royal Caribbean International

Vous entendrez certainement parler dans les prochains mois du fonds NASDAQ:CUBA. Il s’agit d’un fonds qui se positionne sur différentes valeurs de la région (dont RBC). Contrairement à la plupart des ETF, ce fonds est toutefois à nombre de parts fixe : la spéculation sur le titre peut faire fortement décaler sa valorisation. Le cours de bourse du fonds n’étant pas fixe par rapport à la valeur de ses actifs: je ne vous le conseille pas si vous souhaitez une exposition globale au marché cubain.

En revanche, misez sur NYSE:CUBA si vous voulez jouer sur la psychologie des foules. Les investisseurs non avertis vont certainement se jeter sur le titre lorsqu’ils chercheront un fonds pour investir sur le marché cubain. Ce type de comportement se constate fréquemment sur les valeurs dont le symbole colle à l’actualité. Vue la structure du fonds, un krach à la hausse est tout à fait possible.

Personnellement, j’évite ce type de paris qui est basé sur la crédulité des foules… mais l’expérience montre que cette stratégie est souvent payante !

Un dernier conseil sur l’investissement dans les marchés étrangers : les informations auxquelles nous avons accès depuis la France sont morcelées et incomplètes.

Le plus sage avant d’investir dans un pays est de s’y rendre pour le visiter. Vous le savez, c’est en arpentant les rues et en échangeant avec les habitants qu’il est possible de prendre le pouls d’une économie.

Dans le cas de Cuba, ce voyage à but lucratif peut fort bien ressembler à des vacances ensoleillées !

Le Cercle Agora - Invitation

Mots clé : - -

Etienne Henri
Etienne Henri

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

Laissez un commentaire