2011 : un pays, deux secteurs, à ne négliger sous aucun prétexte

Rédigé le 6 janvier 2011 par | Macro éco et perspectives Imprimer

Après l’incroyable envolée des marchés émergents en 2010, vous vous demandez certainement s’il est encore temps d’y investir.

Matières et émergents (BRIC en tête) sont très imbriqués (sans jeu de mots !). C’est la raison pour laquelle nous suivons les tendances des émergents de près à l’Edito.

Hier après-midi, Florent et moi-même avons passé en revue la trajectoire de ces marchés sur 2010, avant de nous pencher sur leur potentiel respectif. Vous en saurez plus d’ici quelques jours. En voici un avant-goût.

Du côté de l’Europe de l’Est, un émergent pourrait bien s’imposer cette année : la Russie.

Quatre raisons à cela :

1. Un potentiel significatif de rattrapage
La Bourse russe reste sous-valorisée, malgré la hausse de l’indice RTS en valeur absolue depuis le creux de 2008-2009. Le marché russe reste l’un des moins cher de la planète finance.

Vous y trouvez des géants comme Lukoil ou Gazprom avec des PER de 5. Et des blue chips avec des PER inférieurs à 8.

Alors certes, la Russie est la Russie, avec le risque "politique" inhérent à ce marché. Mais la sous-valorisation est tout de même très forte. D’où un potentiel significatif de rattrapage.

2. La Russie bénéficie du boom des prix des matières
La santé financière et économique du pays est fortement corrélée au prix des matières.

Or depuis des mois, les prix des matières s’envolent. Et tant que la croissance chinoise "tiendra", il n’y a pas de raison pour qu’elles décrochent.

La Russie est gros producteur le palladium, platine, pétrole, blé et de gaz… notamment. Voilà qui inonde et irrigue à nouveau le pays de devises et va faire gonfler les profits des entreprises. Autant en profiter.

3. Volonté affichée du Kremlin de moderniser l’économie russe
Medvedev veut réduire la dépendance de son économie aux matières. D’où son incroyable offensive pour moderniser l’économie du pays. Des milliards vont être investis tous azimuts, dans l’industrie, les services et l’infrastructure du pays.

L’investissement représenterait 3,8% du PIB russe sur les deux prochaines années et 4,5% du PIB d’ici 2015.

De mémoire, le PIB russe est de quelque 2 000 milliards de dollars ce qui nous donne des investissements annuels de l’ordre de 80 milliards de dollars par an d’ici 2015…

4. Le Kremlin cherche à séduire les investisseurs étrangers
Jeux politiques, corruption, abus de biens sociaux, expropriation des actionnaires privés… ont fait fuir les capitaux étrangers de Russie.

Mais le pays a besoin de ces capitaux pour se développer. Cette prise de conscience a été d’autant plus forte que la crise de 2008-2009 a été violente. Aujourd’hui, les politiques mettent  tout en oeuvre pour faire revenir les capitaux étrangers en multiplient les "signaux" : ouverture du capital des groupes nationaux aux étrangers, volonté d’améliorer le "climat boursier", vague de privatisations pour un montant de 42 milliards d’euros sur les cinq prochaines années…

Un "vent de moralisation" semble souffler sur la Bourse russe. Voulu par les politiques. Sylvain Mathon vous en dit plus ici.

Mon avis ?

▪ Ne négligez pas la Russie.

▪ Et privilégiez deux secteurs clés.

1. 70% des infrastructures russes seraient obsolètes
Voici pourquoi la modernisation de l’économie va surtout bénéficier aux infrastructures.

Des mégas investissements sont prévus, qui feront les choux gras des entreprises liées aux infrastructures russes : cimentiers, constructeurs, aciéristes…

Le potentiel est gigantesque. Jugez plutôt :

– 4,8 milliards d’euros seraient alloués au réseau électrique ;

– près de 4 000 km de routes devraient être construites chaque année ;

– 21 milliards de dollars pour les aéroports d’ici 2020 ;

– 27 milliards de dollars pour les voies fluviales ;

– et 400 milliards de dollars d’ici 2030 pour la construction de voies ferrées et le renouvellement des trains (via la société nationale ferroviaire russe).

Cerise sur le gâteau :
Il faut y ajouter les monstrueux investissements prévus pour l’organisation des Championnats du monde d’athlétisme en 2013, des J.O. d’hiver de 2014 et de la Coupe de monde de football de 2018 (50 milliards de dollars d’investissement à prévoir rien que pour ce dernier événement).

Et je ne vous parle même pas du projet pharaonique du milliardaire russe Roman Abramovich, qui veut creuser un tunnel de 88 km pour relier l’Alaska à la Russie, sous le détroit de Béring (une idée du tsar Nicolas II !)

2. Autre secteur à privilégier : les entreprises russes liées aux matières
Misez sur les groupes énergétiques et les miniers. La Russie en regorge. GAZPROM, LUKOIL, NORILSK NICKEL, ROSNEFT, SURGUTNEFTEGAS… (Sylvain vous les présente ici)

"31 des entreprises qui composent l’indice RTS (le CAC russe) sont directement liées au secteur des commos ou utilities, pour un poids cumulé supérieur à 75% de l’indice", nous dit Sylvain.

Voilà pourquoi il a récemment recommandé l’indice RTS à l’achat à ses lecteurs (voir sa recommandation ici).

Un bon conseil en ce début d’année 2011 :
Gardez donc l’économie et la Bourse du "pays des Soviets" sur vos écrans radars.

La surprise pourrait venir de là en 2011…

Lisez l’article de Sylvain ici, il vous donne des idées pratiques de mise en oeuvre.

En attendant, restez à l’écoute.

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Isabelle Mouilleseaux
Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux travaille aux Publications Agora. Passionnée depuis toujours par les marchés financiers, elle investit notamment dans les mines et sur le marché options US et connaît bien le marché des matières premières, ayant longtemps rédigé l’Edito Matières Premières.

Vous trouverez ses articles dans les e-letters Libre d’Agir, Agora Formation et Provoquez votre réussite.

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