L'uranium attise les convoitises

Rédigé le 27 décembre 2007 par | Nouvelles technologies Imprimer

Connaissez-vous Adélaïde, en Australie ?
La première chose à laquelle je pense quand j’entends parler de cette ville, c’est le circuit de Formule 1. Pas question de rater un Grand Prix de F1 à la maison. Même à 6h du matin le dimanche. J’ai réussi à transmettre le virus à toute la famille, sauf à… mon mari !

Mais ce n’est pas de Grand Prix dont je veux m’entretenir avec vous aujourd’hui. Car Adélaïde rime aussi avec… uranium. Le mois dernier, tout le gratin mondial du business « uranium » avait rendez-vous là-bas.

Au premier rang : les investisseurs, des billets plein les poches. Au second : les détenteurs des très convoités permis d’exploitation, avec leurs des carnets d’adresses « gros comme ça ». Le tout sous la tutelle des autorités politiques locales.

L’Australie est le second producteur d’uranium mondial derrière le Canada. Une place très prisée.

Mais c’est aussi le pays qui, avec la Chine et les USA, refuse de signer le protocole de Kyoto sur les émissions de gaz à effet de serre. Ils fonctionnent au charbon de bois, et polluer ne leur pose aucun problème. J’en profite pour vous le signaler au passage…

Le sud et ses réserves
C’est dans le seul état du sud de l’Australie (grand comme la France et l’Allemagne réunies) que les trois quarts des réserves d’uranium australiennes seraient concentrées. Et dans cette zone, une soixantaine de permis d’exploitation auraient été « distribués » depuis l’automne dernier, à quelque 200 entreprises ! Force est de constater qu’il y a du monde au portillon.

Il faut dire que cela rapporte gros aux autorités australiennes qui appliquent des taxes significatives sur les exportations d’uranium, à l’image de ce que fait la Chine pour d’autres métaux, et pour d’autres raisons.

60 permis à 200 entreprises en quelques mois à peine…
C’est énorme ! Il faut dire qu’il y a tellement d’argent sur les marchés actuellement. Il afflue de toutes parts. En trouver est très, presque trop facile. En deux temps trois mouvements, vous avez monté votre entreprise d’exploitation et acheté à prix d’or votre permis. Il ne vous reste ensuite plus qu’à piocher et « concrétiser ». C’est là que cela se corse et que les déconvenues apparaissent.

De 100 à 500 juniors en moins de 18 mois ?
Il y a 18 mois environ, on comptait quelque 100 juniors à la recherche effrénée de yellow cake. Elles sont aujourd’hui 500. Inutile de vous dire qu’il faut faire TRES attention. Il y a des pièges, des escroqueries, des projets qui n’aboutiront jamais… Combien parviendront à extraire effectivement de l’uranium, en quantité suffisante ? Une poignée sans doute.

A l’image de la ruée vers l’or à la fin du XIXème siècle, la ruée vers l’uranium fera bien des malheureux. Mais il y aura aussi des heureux élus. Et dans ce cas là, ce sera le jackpot. C’est pourquoi il faut être très bien conseillé si vous voulez investir dans ce secteur. Il y a de vraies pépites, mais surtout beaucoup de projets sans lendemain. Et il ne faut pas se tromper. Prudence donc ; faites-vous aider.

Le potentiel de l’uranium reste intact
Je vous le dis depuis le lancement de l’Edito Matières Premières en janvier : l’uranium est un marché qui explose.

Son prix a doublé en 6 mois, et je vous ai expliqué pourquoi, à mon avis, il pouvait encore grimper. Pendant encore 2 ans, le marché restera sous forte pression : la demande croît toujours, l’offre est plus qu’insuffisante, et les stocks ne suffisent plus à renflouer ce marché structurellement déficitaire.

N’oubliez pas que pendant 20 ans il n’y a eu aucun investissement dans l’uranium. Cela n’intéressait personne. Ce n’est que depuis 2001 que l’on recommence à y porter attention. Or il faut attendre en moyenne 10 ans entre le moment où on lance un projet uranium et le moment où la mine produit effectivement du minerai.

Lehman Brother commence à s’y intéresser…
Signe des temps ! Ce petit marché de niche, suivi par les seuls initiés jusqu’ici, commence à faire des émules. Depuis le lancement d’un contrat à terme sur l’uranium en mai dernier à New York, les choses s’emballent.

Je vous le disais il y a quelques jours : Merrill Lynch vient de créer son « indice uranium » maison. Indice à partir duquel nous allons bientôt voir des ETF, trackers et autres certificats fleurir. J’en suis certaine.

Alors forcément, les prestigieux analystes, qui n’avait que faire de l’uranium auparavant, s’engouffrent eux aussi sur le marché. Et que dit Lehman Brothers ? En gros ce que je vous dis depuis toujours : les prix vont monter encore jusqu’en 2009. Pas de repli des cours avant 2015. Et il faudra attendre 2017 pour voir le cours de la livre d’uranium refluer sous les 70 $ (contre 136 $ la livre aujourd’hui).

D’ici là, vous aurez le temps d’engranger des profits significatifs sur le yellow cake !

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Isabelle Mouilleseaux
Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux travaille aux Publications Agora. Passionnée depuis toujours par les marchés financiers, elle investit notamment dans les mines et sur le marché options US et connaît bien le marché des matières premières, ayant longtemps rédigé l’Edito Matières Premières.

Vous trouverez ses articles dans les e-letters Libre d’Agir, Agora Formation et Provoquez votre réussite.

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