L’immobilier s’envole alors que l’euro s’effondre

Rédigé le 26 novembre 2010 par | La quotidienne Imprimer

L’or en euro nous dit que les choses vont mal et que les dealers de dettes sont aux abois.

L’or, le flic de la monnaie, cotait 1 037,57 euros l’once hier. Il se rapproche de son plus haut de la crise grecque en mai dernier (1 044,58 le 8 juin dernier).

Seul les imbéciles ne se fient pas aux apparences… je vous l’ai souvent dit.

Au passage, l’or en dollar nous signale que les malheurs de l’euro ne font pas le bonheur du billet vert. L’or cote 1 366 $ l’once. Le métal jaune est tout proche de son plus haut de l’année.

Mais revenons à notre pauvre euro. Les dealers de dette sont aux abois. « Les coûts d’emprunt de la zone euro atteignent un record », nous indique la une du Financial Times ce matin. Merkel sort la schlague, analyse le Herald Tribune (Merkel promises discipline for euro zone). « Le débat de l’Union sur l’aide européenne trouble les marchés », analyse finement le Wall Street Journal, qui continue en mettant en doute les sommes disponibles pour secourir l’Espagne.

Oui, c’est bien l’Espagne et pas l’Irlande… la crise se propage.

Pendant que l’euro craque, les unes de la presse française se focalisent sur l’immobilier qui atteint des prix record. « La folle flambée des prix des logements se généralise », déplorent Les Echos. C’est vrai que de titrer sur quelque chose qui monte c’est plus réconfortant que de parler du naufrage de la monnaie unique.

Mais, au fait… les deux ne seraient-ils pas liés ? Mais oui, bien sûr, c’est cette foutue Madame Michu qui ne comprend rien à la finance créatrice. Elle achète de l’or et de la pierre, la bougresse. Elle n’a pas confiance ! Crime capital dans l’économie de la dette.

Alors à qui les dealers de dettes vont-ils revendre leur dangereuse camelote s’ils ne peuvent pas la fourguer à madame Michu ? Les dealers de dettes, ce sont les Etats émetteurs et le système bancaire revendeur. On comprend qu’ils angoissent face à cette fuite vers les actifs réels et tangibles.

« Nous croyons que la chute des opérations de refinancement (auprès de la BCE) masque un abîme entre les banques qui ont d’amples liquidités et celles, majoritairement des Etats périphériques de la zone euro, qui n’en ont pas », indique CreditSights dans une note matinale. Traduction : ce qui était considéré comme une bonne chose – à savoir que les banques n’allaient plus au guichet de la BCE – est en fait un signe de crise de liquidité.

Et madame Michu se souvient que de « crise de liquidité » à « crise de solvabilité », la marge est très étroite.

A dire vrai, ce n’est qu’une question de vocabulaire…

Finalement, il n’est pas trop tard pour remonter dans le grand train de l’or.


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Photo : besopha- Flickr

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

Pas de commentaire pour “L’immobilier s’envole alors que l’euro s’effondre”

  1. Vendredi 26 novembre 2010 :

    Italie, Espagne, Portugal, Irlande, Grèce: plus les jours passent, plus ces cinq Etats empruntent à des taux d’intérêt exorbitants.

    Les marchés internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de ces cinq Etats à rembourser leurs dettes.

    Les taux d’intérêt de ces cinq Etats explosent.

    Italie : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 4,417 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

    Espagne : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 5,178 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG10YR:IND

    Ce qui se passe en ce moment même en Espagne est très important.

    Les marchés internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de l’Espagne à rembourser ses dettes.

    Portugal : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 6,987 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Irlande : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 9,196 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    Grèce : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 11,773 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

  2. […] L’immobilier s’envole alors que l’euro s’effondre […]

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