Cannabis : du marché noir au marché haussier

Rédigé le 22 mars 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

Il y a eu plus d’un vote important aux Etats-Unis en novembre dernier. Le jour même de l’élection de Donald Trump, la Californie a voté pour la légalisation du cannabis.

Le Colorado, l’Oregon, Washington et l’Alaska ont légalisé le cannabis pour un usage récréatif. Ce sont des Etats faiblement peuplés, et les coffres des gouvernements locaux se remplissent à vue d’oeil. La Californie est, de loin, l’Etat le plus peuplé des Etats-Unis (avec 38,8 millions d’habitants) et a grand besoin de cet argent. Par exemple, le coût des retraites des fonctionnaires a bondi de 3 000% depuis 2000 suite à des décisions prises à la légère pour plaire aux électeurs à la fin des années 1990, qui comptaient sur une hausse permanente et éternelle des marchés.

La Californie, en réalité, a été le premier Etat à légaliser l’utilisation médicale du cannabis. Depuis, l’Arizona, le Connecticut, Washington DC, le Delaware, Hawaii, l’Illinois, le Maine, le Maryland, le Massachussetts, le Michigan, le Minnesota, le Montana, le Nevada, le New Hampshire, le New Jersey, le Nouveau Mexique, l’Etat de New York, l’Ohio, la Pennsylvanie, Rhode Island et le Vermont ont voté des mesures similaires.

L’émergence d’un nouveau marché

Ce « oui » a été une révolution. Il a créé un marché pour le cannabis qui fait pâlir d’envie tous ses voisins. Il est également susceptible de marquer le début d’une tendance : la plupart des autres Etats pourraient se ranger rapidement derrière les premiers.

Avec la légalisation vient la possibilité d’investir, la mise à l’échelle et l’industrialisation des cultures. Certains cherchent à créer un système d’appellation similaire à celui en vigueur pour le vin, pour permettre aux petits cultivateurs de se maintenir dans un domaine de niche. Mais pour être honnête, rien de tout cela ne changera le fait que marché de masse est toujours synonyme de production de masse.

Les prix vont baisser. C’est une bonne chose : un marché plus développé permet des volumes plus élevés, plus de concurrence, des prix plus faibles et moins de volatilité. L’expérience du Colorado en matière de prix illustre clairement cette hypothèse. Les prix du cannabis y ont brièvement été notés immédiatement après la légalisation avant que les nouvelles récoltes ne mûrissent et n’arrivent sur le marché. Depuis, le prix de gros a baissé de manière substantielle, même si les tarifs au détail sont moins susceptibles de connaître des fluctuations énormes.

Local contre fédéral

Ce nouveau marché se heurte cependant à plusieurs obstacles. Si l’opinion publique américaine est de plus en plus favorable à une légalisation du cannabis, le gouvernement fédéral demeure très conservateur sur le sujet. Et ceci peut freiner le développement du secteur du cannabis. Il leur est par exemple difficile d’obtenir des services bancaires, ce qui rend nécessaire le stockage de grandes quantités d’argent liquide. Les banques sont réglementées au niveau fédéral, et ont donc du mal à offrir des services aux entreprises qui obéissent au droit local, mais sont dans une zone de flou lorsqu’il s’agit des lois fédérales.

Voilà pourquoi la Drug Enforcement Administration (DEA) est si importante. Elle classe le cannabis comme un narcotique de « classe 1 », sans « aucune utilisation médicale acceptée actuellement et [avec] un fort potentiel d’abus ». Bien qu’une vingtaine d’Etats aient conclu que ses usages médicaux étaient bien réels, l’agence gouvernementale en charge de la classification des dangers des narcotiques n’est donc toujours pas convaincue.

Mais n’oublions pas que les agences gouvernementales sont sujettes aux caprices de la politique, et les bureaucrates le savent mieux que personne.

Frémissements du côté de la recherche médicale

La DEA semble cependant vouloir entrouvrir la porte au changement tout en évitant de perdre la face. L’an dernier, il a été décidé que davantage de licences seraient accordées aux groupes qui cherchent à cultiver du cannabis pour la recherche.
[NDLR : Cette petite ouverture n’a pas échappé à Ray Blanco qui vous recommande dans NewTech Insider une des seules grandes entreprises pharmaceutiques de la planète qui s’intéresse au potentiel thérapeutique du cannabis. A découvrir dans NewTech Insider ]

Jusque-là, l’Université du Mississippi était le seul centre du pays doté d’une licence pour la culture du cannabis à des fin de recherches. Mais l’objectif du programme concerné (le National Institute on Drug Abuse, ou NIDA), était de prouver les dangers de cette drogue et non sa valeur médicinale. Comme l’offre est contrôlée, l’accès au cannabis par des laboratoires faisant d’autres types de recherches a été limité. Obtenir la capacité de cultiver différentes espèces en grande quantité est une victoire pour les chercheurs qui souhaitent prouver que le cannabis peut jouer un rôle légitime dans la médecine moderne.

Des centaines de milliers de personnes prennent du cannabis pour traiter toute une quantité de symptômes, comme le stress post-traumatique ou les migraines. Leur expérience n’a pas été, jusqu’ici, vraiment prise en compte.

Pourtant, les usages thérapeutiques du cannabis sont prometteurs : les traitements conventionnels ne fonctionnent pas particulièrement bien sur ces types de troubles pathologiques. Le cannabis a donc une place à se faire dans l’arsenal thérapeutique.

GW Pharmaceuticals, cotée aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, est peut-être la plus connue des entreprises de développement de traitements à base de cannabis. Elle s’est attaquée à l’épilepsie, à l’oncologie, à la spasticité liée à la sclérose en plaques, au diabète de type 2, à la schizophrénie et à l’inflammation.

Elle a développé deux produits en interne, pour lesquels les essais de Phase 3 sont en cours, et deux autres essais de phase 3 également sont en cours pour des partenariats avec d’autres entreprises. Il n’y a rien d’étonnant, avec un tel portefeuille de projet, à ce qu’elle devienne une cible d’acquisition. Si elle n’a exprimé aucun désir d’être rachetée, elle a annoncé, le 7 septembre dernier, avoir fait appel à Morgan Stanley pour l’aider à recevoir les demandes.

La ruée vers l’herbe

Les usages médicaux du cannabis sont aussi une étape importante dans le processus plus global de légalisation : un phénomène que certains appellent la « ruée vers l’herbe » dans les Etats où celle-ci a été pleinement légalisée. C’est un produit dont le taux de marge est élevé, et les profits générés sont trop importants pour être ignorés.

Etant donné la publicité que ce marché a obtenue suite à la légalisation complète au Colorado, les investisseurs se positionnent rapidement, car c’est une occasion de croissance encore à ses débuts.

Certains de mes clients, des fonds de placement, vantent ouvertement leurs investissements dans des opérations de culture du cannabis. Je connais des gens qui ont donné des terrains de première qualité en leasing, en Californie, à des agriculteurs en devenir, prêts à payer une année de loyer d’avance.

La culture du cannabis est un domaine extrêmement compétitif. Comme pour n’importe quel autre type de culture, ce sont ceux dont les coûts de production sont les plus faibles qui finiront par dominer le marché.

Pour l’instant, le marché du cannabis voit émerger des milliers de petites entreprises et de petits producteurs. Mais alors que le marché ne cesse de croître, et que la légalisation gagne du terrain, les grandes entreprises de tabac ou d’alcool s’y intéressent de près, y voyant une source non négligeable de profits.

Tout ceci me pousse à croire qu’il y a là une belle occasion. Il y a divers moyens de jouer ce marché. Le plus sûr, à mon avis, est de miser sur le pan médical de cette nouvelle aventure. Non seulement les risques sont moindres d’un point de vue légal, mais les bénéfices à long terme sont phénoménaux. Imaginez le succès d’un potentiel nouvel antidouleur ne créant aucune dépendance. Ou encore d’un traitement qui réduirait les crises d’épilepsie. Ou d’un médicament qui réduirait les nausées engendrées par la chimiothérapie.

Dans tous ces domaines, le cannabis médical et les médicaments qui en dérivent ont un rôle à jouer. Et c’est justement le genre d’investissements que je souhaite vous recommander : utiliser à la fois le potentiel explosif à court terme de ce type de situation et nous concentrer sur les rendements à long terme.

Dans NewTech Insider, mon collègue Ray Blanco a sélectionné plusieurs biotech oeuvrant dans le domaine du cannabis médical et dont les traitements sont en cours d’essais cliniques. Des entreprises innovantes qui vont vous permettre de profiter, en toute légalité, du potentiel du cannabis. Ray vous en dit plus ici…

Eoin Treacy

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