Votre assurance-vie à l’épreuve des perpétuels taux bas

Rédigé le 15 juillet 2016 par | Macro éco et perspectives Imprimer

Depuis 2009, les marchés financiers ne fonctionnent plus comme des marchés libres mais sont « manipulés » par les banquiers centraux.

Le meilleur exemple est celui des marchés obligataires de dettes publiques avec la mise en oeuvre des quantitative easing – depuis 2009 dans le monde anglo-saxon et 2014 en Europe continentale.

La quasi-disparition du fonctionnement concurrentiel de ces marchés conduit à la surévaluation de nombreux actifs obligataires.

Dès lors il devient presque inutile de savoir si tel actif ou tel actif va monter ou baisser en regardant les fondamentaux ou les primes de risque. Il convient plutôt d’imaginer des scénarios du comportement des banquiers centraux et, plus compliqué à faire, du comportement des fonds spéculatifs (hedge funds) et des gros fonds souverains.

Voici ce que nous avons donc imaginé, et comment vous allez pouvoir adapter votre assurance-vie à ces diverses hypothèses.

Irréversibilité des politiques monétaires : les taux directeurs ne monteront pas

Nous vivons la fin des cycles de politique monétaire. Jusque dans les années 2006-2008, les cycles de politique monétaire régissaient les grands pays de l’OCDE : – rigueur avec hausse des taux directeurs lorsqu’il y avait de la croissance, des risques d’inflation monétaire ou salariale ou, accessoirement, lorsque la monnaie nationale s’affaiblissait ; – assouplissement avec baisse des taux directeurs en l’absence de croissance, d’inflation ou en cas d’appréciation de la monnaie nationale. Même si la tendance longue est à la baisse continue des taux, il existait quelques petites périodes de resserrement comme vous le voyez sur cette courbe.

Fed

La dernière fut celle de 2003-2006.

Aujourd’hui, les cycles de politique monétaire restrictive n’existent quasiment plus : – la création monétaire ne se diffuse que très peu dans les circuits de l’économie réelle et certainement pas vers les salaires des pays développés – ce qui élimine la question de l’inflation ; – la mondialisation financière et l’endettement des pays ne supporteraient plus des hausses de taux directeurs fortes et durables.

Les banques ont à leurs bilans des bombes à retardement. Elles ont acheté des obligations d’Etat à faible rendement et à prix très élevé en se finançant par de la trésorerie court-terme peu coûteuse : – si les taux longs remontent, il s’ensuit une forte dévalorisation des portefeuilles obligataires des établissements financiers ; – si les taux longs ne remontent pas, la marge nette d’intérêt des banques chute.

Pourquoi adapter votre assurance-vie ?

Il faut donc s’attendre à : – une création monétaire toujours plus importante ; – des taux d’intérêt durablement négatifs sur certains emprunts d’Etat

Ça, c’était pour planter le décor.

Combien de temps cette manipulation des marchés financiers peut-elle fonctionner ? Cinq ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans encore ? Nul ne le sait. D’où l’intérêt de réviser vos grandes allocations une fois par trimestre à la lumière des développements de cette crise.

Il faut impérativement, si vous êtes investis sur fonds euro dans votre assurance-vie, revoir significativement votre contrat.

Les assureurs le disent eux-mêmes, à l’image d’AXA : « L’offre traditionnelle d’assurance-vie a vécu. La garantie totale du capital doit notamment être repensée au profit d’une garantie partielle à laquelle on associerait un surplus de rendement pour l’épargnant. »

Prenez donc les devants au lieu de subir une allocation dictée par votre assureur. [NDLR : Pour vous aider dans votre allocation d’assurance-vie, Simone Wapler et Mory Doré ont mis en place une véritable stratégie, conseils et recommandations très concrets à l’appui. A retrouver dans la Stratégie]

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Mory Doré
Mory Doré
Economiste

Mory Doré est un professionnel des marchés financiers depuis plus de 20 ans ayant exercé différentes fonctions dans plusieurs grands groupes bancaires : économiste de marché ; trader et arbitragiste sur produits dérivés de taux d’intérêt ; trésorier et responsable de l’allocation des excédents de fonds propres ; responsable gestion financière.

Aujourd’hui, il est responsable du département des risques financiers dans un grand groupe bancaire mutualiste.

Durant ces 10 dernières années, il est un interlocuteur privilégié de la gestion financière et des risques financiers de son établissement auprès de différentes instances et institutions : commissaires aux comptes, Commission bancaire, Comité d’audit et Comité d’entreprise.
Il possède un diplôme de statisticien économiste de l’école nationale de la Statistique et de L’Administration économique ainsi qu’une maîtrise d’Econométrie de l’Université de Bourgogne (Dijon).

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