Sans rachat d’actions, les Bourses sont-elles condamnées ?

Rédigé le 31 mars 2016 par | Indices & Actions Imprimer

Cher lecteur,

Vous y comprenez quelque chose aux marchés en ce moment ? Un rapide survol des performances des principaux indices européens et américains depuis le début de l’année permet de remettre les pendules à l’heure : ils ont tous reculé de quelques pourcents. Au mieux sont-ils à l’équilibre.

Et aussi bien Jim Rickards que Simone Wapler craignent que cela ne s’arrange pas alors qu’un des principaux soutiens de la hausse s’effrite devant nos yeux. Ce soutien, ce sont les rachats d’action par les entreprises elles-mêmes.

Quand les taux sont à zéro, il est tentant d’emprunter, non pas pour investir, mais pour racheter ses propres actions. Cela ne mange pas trop de pain et surtout cela fait très plaisir aux actionnaires.

Une technique dont ont largement abusé nombre d’entreprises mais qui semble, aujourd’hui, ne plus produire les mêmes effets.

Voici ce qu’en dit Simone dans la Stratégie :

Comme je vous le dis souvent, tout a une fin. Et il semblerait bien que la mode du rachat d’actions (on appelle ça l’ingénierie financière) rapporte moins que par le passé.

Voici, au 20 mars 2016, l’évolution du cours des 10 entreprises qui pratiquent le plus cette ingénierie financière.

tableau

Et voici le ratio dette / résultats des entreprises : à un plus haut niveau depuis 12 ans.

Hummm… que serait la valeur des actions sans tout ça ?

Un avis que partage entière Jim Rickards, et qu’il expliquait dans Alerte Guerre des Devises :

Les programmes de rachat d’actions ont soutenu le marché. Il est évident que les plus gros acheteurs d’actions sont… les entreprises elles-mêmes, et non les investisseurs de long terme. Et comme les entreprises stoppent leurs rachats d’actions pendant la saison des résultats, ce soutien va s’effacer entre avril et mi-mai.

Voici ci-dessous un graphique très clair de Bloomberg montrant le caractère extrême du phénomène de rachat d’actions et comment on peut le comparer aux flux des fonds. « Les rachats d’action affichent 165 milliards de dollars ce trimestre alors que l’on voit que les flux des fonds d’investissement est passé nettement vendeur au 1er trimestre »

Le soutien des rachats d’actions va finalement disparaître, car l’histoire montre que les entreprises, immanquablement, achètent haut et vendent bas. Lorsque la récession frappe à la porte et que le prix des actions baisse, le comportement des entreprises devient défensif et elles arrêtent leurs rachats.

Beaucoup d’entre elles en viennent même à émettre de nouvelles actions au plus bas du marché baissier pour garder la tête hors de l’eau et rééquilibrer leur bilan en difficulté.

Nous avons observé ce phénomène récemment avec les entreprises opérant dans les gaz et pétrole de schiste, et nous allons le voir aussi au final avec les entreprises d’autres secteurs.

Je reprends la conclusion de Simone : que serait la valeur des actions sans tout ça ?

Dans la Quotidienne, retour aux nouvelles technologies et aux secteurs en croissance avec les dernières innovations en matière d’imagerie médicale. Entre modélisation et 3D, le secteur est en pleine évolution, et les startups françaises particulièrement dynamiques.

Bonne lecture, à demain.

Cécile Chevré

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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