L’incroyable efficacité de la Croix de Kissinger

Rédigé le 7 décembre 2015 par | Indices & Actions Imprimer

Ces lignes ont été rédigées dans le cadre paradisiaque de Rancho Santana, au Nicaragua ! J’y ai séjourné la semaine passée en compagnie de mon équipe d’analystes internationaux. Nos analystes, experts en information stratégique, sont venus des Etats-Unis, du Royaume-Uni, du Brésil, du Chili, d’Argentine, de Chine, d’Australie et de France.

Nous nous trouvions sur un site magnifique, mais nous n’y étions pas en vacances. Nous étions là pour travailler. Et plus particulièrement pour discuter d’un probable effondrement économique mondial et de la façon de nous protéger au cas où il se produirait. Nous observons les ramifications d’un ralentissement en Chine… le tassement résultant des attaques terroristes de Paris… ce qu’un éventuel relèvement des taux américains signifierait pour l’économie mondiale, etc. Et nous évaluons ces possibilités.

Au sein de la rédaction d’Intelligence Stratégique, nous prenons en compte les différentes informations de marché que nous apporte chaque membre de notre équipe internationale, puis nous rassemblons chacun de ces indices. En procédant ainsi à l’aide d’instruments d’analyse appropriés, nous sommes en mesure de définir une image du marché bien plus précise que chacun de ces indices pris individuellement.

Tout au long de ma carrière de près de 40 ans sur les marchés, j’ai découvert plusieurs techniques d’analyse qui m’ont conduit à prédire des évènements de marché avec un incroyable degré de précision. La CIA m’a même fait venir afin de l’aider à empêcher des attaques terroristes, sur la base du travail que j’avais réalisé avec ces techniques.

La Croix de Kissinger représente l’un des instruments d’analyse les plus avancés sur lesquels je m’appuie. Permettez-moi de vous expliquer un peu plus de quoi il s’agit…

De la précision dans un contexte d’incertitude J’utilise la Croix de Kissinger depuis que je l’ai découverte au début des années 1980. Elle m’a permis de cibler le moment précis où il convenait d’agir dans un contexte d’incertitude des marchés.

Au tout début d’un processus de décision, par exemple, vous avez beaucoup de possibilités. Mais vous n’avez pas beaucoup d’informations. A la fin de ce processus, vos informations sont bien meilleures, mais votre marge de manoeuvre s’est envolée. Et alors il est peut-être trop tard pour agir efficacement.

La Croix de Kissinger est une méthode d’analyse qui identifie le « point idéal dans cette combinaison d’informations croissantes et de marge de manoeuvre décroissante. Elle vous permet de repérer le moment où les informations sont suffisantes afin de prendre des décisions avisées, et où votre liberté d’action est encore suffisante afin de vous permettre d’agir de façon efficace et profitable.

Dans les années 1980 et 1990, j’ai utilisé la méthode de la Croix de Kissinger afin de régler des problématiques juridiques et d’entreprise. Je m’en suis également servi afin d’analyser les politiques publiques. Mais ce n’est qu’au début des années 2000, après l’expérience tumultueuse que j’ai vécue à Long-Term Capital Management (LTCM) que j’ai commencé à appliquer la Croix de Kissinger à la gestion du risque et aux investissements.

Chez LTCM, j’ai constaté que les marchés financiers mondiaux s’étaient effondrés au point que le monde a échappé, à quelques heures près, à une fermeture totale de toutes les places boursières. J’ai négocié le sauvetage qui a stabilisé le système financier international et permis aux marchés de rester ouverts. Il n’en demeure pas moins que cette expérience a été traumatisante. J’ai décidé à ce moment précis de consacrer mon travail à la compréhension du risque au sein des marchés financiers, mais en procédant autrement. La Croix de Kissinger est devenue mon principal outil.

Début 2001, j’étais stratégiste senior auprès de Caxton Associates, l’un des hedge funds les plus importants et les plus performants ayant jamais existé. Caxton a été fondé et dirigé par un trader légendaire : Bruce Kovner.

Les débuts d’une légende Alors que je travaillais comme chauffeur de taxi, dans les années 1970, Kovner a utilisé 3 000 $ de sa ligne de crédit MasterCard et s’est mis à réaliser des trades sur les futures (contrats à terme). Dès le début des années 1980, il occupait [déjà] un poste de trader auprès de Commodities Corp., à Princeton (New Jersey), une branche de Goldman Sachs. Kovner a lancé Caxton en milieu d’année, en 1983. Et au début des années 1990, il était [déjà] millionnaire. Il a pris sa retraite en 2011. Aujourd’hui, Forbes estime que sa fortune personnelle s’élève à 5,2 milliards de dollars.

J’ai rejoint Kovner, chez Caxton, en avril 2001 et j’ai participé à l’ouverture de la succursale de Greenwich (Connecticut) de cette firme new-yorkaise. C’était la première fois que je n’occupais pas des fonctions de juriste. Mon rôle, en tant qu’analyste, était d’appliquer mes compétences de juriste ainsi que mon expérience des marchés en vue d’identifier des opportunités de trade sortant de l’ordinaire, susceptibles de ne pas être remarquées par les autres analystes en raison d’aspects techniques et de clauses contractuelles inhabituelles relatives à une émission obligataire.

Mon anecdote préférée de cette période chez Kovner concerne des pertes de trading subies par un groupe de surdiplômés. Ils utilisaient des méthodes similaires à celles que j’avais vu nous exploser à la figure chez LTCM. Kovner appartenait à la vieille école et il était adepte d’une stricte limitation des pertes.

Si vous perdiez 1% sur certains trades, Kovner considérait que vous deviez fermer la position, rentrer chez vous, passer une bonne nuit de sommeil et revenir le lendemain en expliquant de façon cohérente (et parfois par écrit) pourquoi il ne fallait plus jamais vous laisser réaliser de trades. Kovner ne croyait pas à la possibilité de « doubler la mise » sur des pertes. Pour lui, perdre de l’argent signifiait naturellement que quelque chose n’allait pas dans votre hypothèse.

Dans le cas en question, les surdiplômés, ou les quants (spécialistes de l’analyse quantitative), avaient perdu plus de 1%. Ils ont commencé à fournir des explications à Kovner dans le jargon technique de la finance moderne, saupoudré de termes tels que vega, gamma et theta. Kovner leur a dit la chose suivante : « je vous donne une minute pour vous mettre à parler en langage courant ou bien je clôture vos comptes et je ferme votre bureau ».

Les quants sont restés muets de stupéfaction quelques instants puis ont commencé à s’exprimer dans un langage normal et, en fin de compte, ont bénéficié d’une nouvelle chance de tester leur stratégie, assortie toutefois d’une meilleure gestion des risques. De temps en temps, Kovner savait pardonner, mais il était toujours rigoureux en matière de risques, ce que j’admirais.

La première société que j’ai décidé d’étudier, chez Caxton, c’était WorldCom. En 2001, c’était l’une des entreprises les plus importantes et les plus performantes du monde en matière de téléphonie et de télécommunications.

Aujourd’hui, dans La Chronique Agora, je vous explique comment j’ai réalisé un gain de 3 000% sur WorldCom en intégrant la Croix de Kissinger à mon analyse de ce géant des télécoms. Je n’aurais jamais pu réaliser ce trade sans la Croix de Kissinger. Peu d’observateurs crédibles, au sein des marchés, disposaient des renseignements permettant de réaliser ce trade.

Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, illustrant comment la Croix de Kissinger m’a permis de réaliser des gains énormes à partir d’événements de marché que peu de gens avaient anticipés. Restez à l’écoute, parce que nous travaillons à un projet peu commun en ce moment même, intégrant justement toutes les gigantesques possibilités de la Croix de Kissinger…

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

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Un commentaire pour “L’incroyable efficacité de la Croix de Kissinger”

  1. Je voudrais recevoir des signaux svp.

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