Adapter vos investissements à la lutte contre la pollution de l’air

Rédigé le 27 septembre 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

La semaine dernière, dans la Quotidienne, nous nous sommes intéressés à la question de la pollution de l’air. Nous avons exploré les principales données scientifiques et constaté qu’elle était responsable d’une quantité énorme de décès – même dans les pays développés. Nous avons aussi vu que le mauvais contrôle de la qualité de l’air provient du fait que la société doit supporter le coût de la pollution –une « externalité » des décisions économiques privées.

Mais pourquoi tout ceci a-t-il soudain tant d’importance ?

Pour faire simple, les gouvernements et la société civile se laissent de moins en moins faire et cette résistance commence à avoir des répercussions sur une large gamme d’investissements. Ces dernières semaines, on a pu constater dans l’actualité à quel point les entreprises sont fréquemment affectées par la pollution de l’air. Impossible d’ignorer un problème dont le poids sur nos investissements est si important.

L’industrie automobile face au dilemme du diesel

Les mauvaises nouvelles pleuvent chez Volkswagen, à l’origine du scandale des moteurs diesel. Tout a commencé quand l’entreprise a installé des appareils « tricheurs » capables de détecter les tests d’émissions de pollution sur ses véhicules et de faire chuter lesdites émissions illico presto pendant la durée du contrôle. Une fois celui-ci terminé, tout revenait à la normale – à vous d’en inhaler les conséquences.

James Liang, un ingénieur travaillant chez VW, a récemment plaidé coupable à de multiples chefs d’accusations aux Etats-Unis. D’autres coupables, chez VW et chez d’autres constructeurs automobiles, seront certainement cloués au pilori.

Cette crise, que l’industrie automobile a déclenché elle-même, a coûté 12 milliards de livres d’engagements directs à VW, sans parler des dommages infligés à l’image de la marque. Pour vous donner une idée des conséquences plus générales, la Society of Motor Manufacturers and Traders estime à plus de 20% le recul des ventes enregistré par VW après cette affaire. Nous ne savons pas combien de temps il faudra à l’entreprise pour récupérer le terrain perdu, ni même si elle finira par y parvenir.

Renault a à son tour été visé par une enquête du gouvernement français sur la falsification supposée des données concernant la pollution. Selon Reuters, l’entreprise aurait maintenant de sérieux doutes sur la viabilité des moteurs diesel et aurait l’intention de se débarrasser des versions diesel d’une bonne partie de sa gamme.

Renault pourrait même tout bonnement arrêter de produire des voitures diesel, pour se conformer à la législation européenne qui entrera en vigueur en 2020.

Un tel changement de cap, de la part d’un grand fabricant, aura des conséquences sur l’ensemble du secteur automobile. Si cette tendance se confirme et s’étend à d’autres marques, les répercussions seront importantes. Les raffineries, les stations essences, les fournisseurs de pièces détachées et les concessionnaires seront tous affectés – sans parler de l’économie du diesel.

Bien entendu, contrôler la pollution de l’air a un coût environnemental et financier. La pollution de l’air a été longtemps ignorée par les entreprises et les pouvoirs publics, mais cela ne signifie pas qu’il sera facile de réformer notre réglementation.

Les carburants marins dans le viseur

En outre, le coût de la pollution au carbone n’est pas évalué à sa juste valeur dans nos économies, et il faudra en tenir compte lorsqu’il s’agira de redresser les torts provoqués par une pollution de l’air plus localisée.

Pour constater à quel point certaines des solutions proposées sont drastiques, intéressons-nous au cas des carburants marins. Les villes portuaires connaissent des problèmes de qualité de l’air particulièrement graves, et sont en outre directement affectées par des carburants fortement polluants utilisés par les navires.

Le taux de soufre légalement autorisé dans ces carburants sera bientôt abaissé, réduit à une fraction des taux tolérés actuellement, ce qui devrait réduire une partie de la pollution qu’ils engendrent.

Bien entendu, des carburants marins plus propres seront plus coûteux. Ces futurs contrôles beaucoup plus stricts sur les émissions auront donc des conséquences lourdes sur le marché des carburants marins, mais aussi de manière plus générale. Si les navires n’utilisent plus de carburant sale, l’industrie pétrolière devra « nettoyer » ses produits, un problème non négligeable. Avec la disparition des clients armateurs, difficile de voir quels autres acheteurs pourraient absorber les grandes quantités de carburant sale proposées par les vendeurs.

Voilà donc la catégorie des perdants. Mais qui seront les grands gagnants ?

Les gagnants de la lutte contre la pollution de l’air

Dans l’ensemble, la pression exercée sur la pollution atmosphérique sera favorable aux voitures essence, mais les effets seront sans doute limités au court terme.

A long terme, il faut s’attendre à des changements plus radicaux.

Tout d’abord, nous allons voir des occasions de plus en plus intéressantes pour les investisseurs dans le domaine des véhicules zéro émission, qu’ils soient hybrides ou électriques. BMW et Mitsubishi sont des options intéressantes pour les hybrides électriques, Nissan et Tesla ont de bons modèles 100% électriques.

Mais n’oubliez pas les occasions liées aux nouveaux carburants propres, comme l’hydrogène. Toyota est leader sur ce marché. [NDLR : Dans NewTech Insider, Ray Blanco a lui aussi fait le choix de l’hydrogène. Retrouvez sa recommandation – ainsi que son portefeuille dédié aux nouvelles technologies – dans NewTech Insider, la lettre qui vous permet d’engranger, dès à présent, les gains en misant sur notre futur.]

Nous devons également nous pencher sur les alternatives à la route. Des investissements de plusieurs milliards de livres dans les transports urbains, comme le projet Crossrail, montrent que les occasions de profit ne manquent pas dans une économie moins polluante.

Les entreprises de génie civil, comme Sisk et Kier, devraient en profiter, ainsi que les fabricants de trains, comme Hitachi et Siemens.

Même les entreprises de location de vélo croissent si rapidement qu’elles sont en train de devenir un secteur important. De toutes les grandes villes que j’ai visité ces dernières années, seule Denver n’avait pas de solution de location de vélo à l’échelle de la ville – elle s’en est dotée depuis.

Pour résumer, la pollution de l’air est l’un des plus grands torts fait à la population dans son ensemble. Le nombre de décès et de maladies qu’elle provoque entache notre réputation de société équitable et juste. Il va falloir remédier à cela.

De plus, ce problème tentaculaire se tracera bientôt un chemin dans tous les portefeuilles. L’ignorer risque de faire du mal à votre santé et à votre porte-monnaie.

Mais voyons les choses du bon côté : les occasions d’investir – et de faire des profits – grâce à un avenir plus propre et plus sain ne manquent pas.

Andrew Lockley

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