Hyperinflation et retour à l'or seront-ils la réponse à la relance économique ?

Rédigé le 19 juin 2009 par | La quotidienne Imprimer

Et si le rebond était terminé ? C’est possible… il a commencé le 9 mars. Il a donc plus de trois mois. Il est très probable qu’il se poursuive tout au long de l’été… mais qui sait ?

Il y a une chose importante à se rappeler :

Il ne peut y avoir de grand marché haussier durable sans que l’une des deux choses suivantes ne se produise.

Soit les erreurs de la Bulle Epoque doivent être éliminées… permettant une nouvelle ère de véritable croissance et de réelle prospérité. Au mieux, cela prendrait des années. Imaginez combien de temps il faudra pour restructurer General Motors et en faire une entreprise profitable à nouveau. Imaginez combien de temps il faudra pour que les consommateurs remboursent leurs dettes afin de pouvoir recommencer à dépenser. Imaginez combien de temps il faudra pour épargner assez d’argent pour construire de nouvelles usines… et convertir des centres commerciaux en hangars ou immeubles d’habitation… Et imaginez combien de temps il faudra pour y parvenir alors que les autorités luttent bec et ongles contre ce processus. Comptez au moins une décennie !

Ou bien… les gens doivent être prêts à s’endetter plus encore… augmentant ainsi les erreurs du boom imbibé de dette. Tout est possible. Mais nous pensons que l’économie est déjà saturée de dette. Elle ne peut en absorber plus. De plus, le secteur financier n’est plus capable de fourguer de la dette au public. La machine est cassée. La bulle financière a explosé lorsque Lehman Bros. a rendu l’âme. Une fois qu’une bulle explose, elle ne peut pas être regonflée.

Jusqu’à présent, les efforts des autorités pour regonfler la bulle de finance de consommation ont causé un retour de la spéculation sur le pétrole, les matières premières et les marchés émergents. Il n’y a pas de signe d’inflation des prix à la consommation ou d’une expansion du crédit à la consommation. En fait, ce dernier se contracte même.

Alors ne vous attendez pas à un vrai marché haussier.

Passons plutôt à autre chose… avec une information toute récente…

Le Financial Times rapporte qu’une entreprise de distributeurs automatiques devrait bientôt installer des machines en Allemagne où l’on pourra acheter de l’or aussi facilement qu’une barre chocolatée. On trouve déjà une machine à l’aéroport de Francfort où, pour 30 euros, on peut acheter une plaque d’un gramme d’or.

En Suisse, on peut acheter de l’or dans les bureaux de poste.

Qu’est-ce que nos voisins d’outre-Rhin et outre-Alpes savent que nous ne savons pas ? L’Allemagne a dû payer des réparations après la Première Guerre mondiale. Elles se montaient à 1 121 milliers de milliards de dollars, en monnaie actuelle. En or. Elle n’avait pas le choix. Elle devait donner sa devise authentique — de l’or — à la France et l’Angleterre victorieuses. Elle n’avait donc plus de véritable argent dans son économie nationale. Que pouvait-elle faire ? L’Allemagne a imprimé des marks qui ne s’appuyaient pas sur l’or… et a subi l’hyperinflation dans les années 20. Arrivant peu après la débâcle de la Première Guerre mondiale et le Traité de Versailles, ça n’a pas seulement détruit l’économie… ça a aussi ruiné les épargnants et détruit le peu de confiance que les Allemands accordaient encore à leur propre devise. Peu après, on trouvait des bandes armées de communistes et de national-socialistes se disputant le contrôle des rues. Et on sait tous comment tout ça a fini…

Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckonin, ainsi que dans MoneyWeek.

Il est également l’auteur des livres "L’inéluctable faillite de l’économie américaine" et "L’Empire des Dettes"

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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