Bulle 2.0 : comment repérer quand le krach pointe son nez

Rédigé le 16 février 2017 par | Indices & Actions, Mode d'emploi, Nouvelles technologies Imprimer

Nous avons dans les précédentes Quotidiennes (à lire ou relire ici et ) les quelques bonnes pratiques pour éviter d’investir dans des valeurs qui n’ont que peu de chance de justifier leur prix, même à long terme.

Les faiseurs de marché ont longtemps fait croire qu’une société high-tech dans le rouge était un signe de bonne santé et de dynamisme. Les années 2000 ont montré qu’il n’en était rien.

Le mensonge est poussé à son paroxysme lorsque vous lisez qu’en plus de ne pas dégager de bénéfices, une société cotée (ou sur le point de l’être) a une valorisation supérieure à la richesse qu’elle pourrait créer au cours de sa vie en cas de succès.

Les grosses mains qui font le marché sont tout sauf naïves. Les fonds d’investissement sont tout à fait conscients que la valeur intrinsèque de nombre de sociétés est de 0 $. Seulement, les gérants sont obligés de surperformer les marchés. Ils achètent donc avec méfiance les titres de ces entreprises tout en espérant pouvoir sortir les premiers lorsque les signes de retournement arriveront.

Leur objectif est de surfer sur la vague tant qu’elle est porteuse et de prendre leurs gains au dernier moment. Une fin de cycle haussier se caractérisant par une augmentation quasi-verticale des prix, il est possible de faire en quelques jours autant de bénéfices qu’en des années d’investissement.

Vous souhaitez profiter de ces hausses vertigineuses et investir comme les meilleurs hedge funds ?

La mauvaise nouvelle est que les faiseurs de marchés sont au courant avant vous des risques de krach. En cas de ruée vers la sortie, vous serez donc probablement les derniers informés.

La bonne nouvelle est que vous n’avez pas les mêmes contraintes qu’eux. Vous pouvez donc anticiper le retournement des marchés et pourquoi pas en profiter.

La force de frappe des fonds est leur faiblesse

La première chose à savoir est que les gros acteurs investissent des sommes tellement conséquentes que vos ordres d’achat et de vente sont négligeables en comparaison. En clair : ils font les cours, vous agissez en conséquence.

Le corollaire est que ces grosses mains ne peuvent pas toujours agir quand elles le souhaitent. Lorsque les investisseurs sentent la fin de la bulle arriver, ils doivent sortir de leurs positions avec prudence.

Comme tout le monde surveille les cours avec la plus grande attention, le dégagement d’un investisseur est pris comme un signal de panique et peut entrainer la baisse tant redoutée.

Les gérants de fonds font donc tout leur possible pour sortir progressivement de leurs positions. Selon la taille du portefeuille, une sortie peut prendre un certain temps durant qui permet aux particuliers de céder leurs titres au moment idéal.

Comment savoir quand la fête est finie ?

Il est très difficile pour les gérants de fonds de prévoir la fin d’une phase haussière au jour près. Sachant que l’investissement est leur métier, il est illusoire d’espérer faire mieux qu’eux sur ce sujet. Vous n’avez pas le même réseau de connaissances ni la même disponibilité pour scruter les marchés d’heure en heure. Pour un particulier, sortir des phases haussières à quelques semaines du point haut est déjà un très bel objectif !

Pour détecter la fin de cette Bulle 2.0, je vous conseille de surveiller avec la plus grande attention les IPO. Jusqu’ici, les investisseurs se jettent sur les valeurs technologiques et les IPO sont (relativement) bien souscrites.

Je vous parlais dans les précédentes Quotidiennes de l’IPO de Snap, la maison-mère de Snapchat. Si elle va jusqu’à son terme, vous pouvez continuer à jouer les hausses des valeurs technologiques dans leur ensemble.

Si les investisseurs boudent la valeur et que l’IPO est retardée, ou a lieu avec une valorisation très différente de celle annoncée, cela peut signifier que la bulle technologique arrive à court d’argent frais : un bon signal pour arrêter le trading sur ces valeurs et arbitrer en faveur des liquidités.

Notez bien que, dans tous les cas, je vous conseille de vous tenir à l’écart des IPO sur les valeurs technologiques. Comme je vous l’expliquais en juin dernier, il s’agit d’un des pires moments pour se positionner en tant qu’investisseur individuel : le différentiel d’information est en votre défaveur comme jamais.

Les particuliers qui se sont laissés tenter par FitBit lors de son arrivée sur le marché en juin 2015 affichent aujourd’hui des moins-values de 80% (et jusqu’à -90% pour ceux qui se sont positionnés en juillet de la même année).

fitbit - IPO L’action Fitbit depuis son IPO. Un cas d’école de valeur à éviter

Vous le voyez dans cette courbe, à part pour les actionnaires historiques qui ont pu se délester à bon prix, l’action a fait peu de gagnants. Fitbit est loin d’être un cas isolé, j’aurais pu vous présenter les courbes similaires de Box et GoPro, deux titres très à la mode en 2015 dont le résultat est similaire.

Ce mode de fonctionnement est symptomatique d’une Bourse qui n’est plus un lieu d’échange entre investisseurs disposant d’informations équivalentes mais d’un rouleau compresseur dont l’objectif est de plumer le maximum de petits porteurs.

Rien ne vous oblige à y participer ! Utilisez donc les IPO comme un simple indicateur du cashflow qui va vers la bulle technologique.

Ne soyez pas un contrarien trop gourmand

Maintenant que vous êtes convaincu que les IPO technologiques sont, dans la plupart des cas, des pièges à investisseurs crédules, vous pouvez être tenté de les jouer à votre avantage.

Par exemple, GoPro, introduit sur le Nasdaq à 35 $, a touché un point bas à 8,9 $ moins de deux ans après le début de la cotation.

En lisant ces lignes, vous vous dites qu’il serait plus que rentable de shorter (vendre à découvert) toutes les valeurs technologiques visiblement surévaluées ?

Pas si vite : quatre mois après son introduction en bourse, GoPro était monté à la valorisation impressionnante de 89 $ par action – soit un bond de 154% par rapport à son prix d’introduction.

Comme dit l’adage, les marchés peuvent rester irrationnels plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable. Ce dicton empli de bon sens est particulièrement vrai pour la vente à découverte dont le potentiel de perte est, je vous le rappelle, illimité. Une vente à découvert, surtout si l’effet de levier est utilisé, est le plus sûr moyen de se retrouver ruiné en ayant eu raison trop tôt.

La prudence s’impose qu’il s’agisse d’IPO comme pour Snapchat ou de valeurs bien établies comme Amazon. Si vous les trouvez trop chères, contentez-vous de les ignorer. Si le trading vous démange, assurez-vous de suivre les conseils d’un trader professionnel qui saura vous imposer un money-management serré.

Que faut-il faire avec les valeurs technologiques ?

Pour conclure cette série dédiée à l’investissement dans les valeurs technologiques, voici un petit récapitulatif des stratégies à appliquer.

Bons investissements en toute connaissance de cause ! Et n’hésitez pas à m’envoyer vos questions et vos remarques sur cette série d’articles à cette adresse la-redaction@publications-agora.fr, je me ferai un plaisir d’y répondre.

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Etienne Henri
Etienne Henri
Il sélectionne les dossiers d’investissement en financement participatif du service Profits Réels.

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

Un commentaire pour “Bulle 2.0 : comment repérer quand le krach pointe son nez”

  1. Bonjour M. Henri,

    Merci pour vos rubriques intéressantes, c’est sûrement un grand travail de faire l’analyse d’entreprise

    Je suis en train d’aider pour une levé de fonds pour une entreprise du nom de Conx2Share
    Objectif: 3M$ US

    Conex2Share une entreprise Canadienne en communication, (ex : WathsApp, Twitter et +) en plus elle est rattaché à une cause, celle de l’anti-intimidation, contre la violence…pour le gouvernement Américain

    C’est une application mobile déjà en fonction et le gouvernement Américain pousse l’entreprise

    Le prix des actions est à 2$ et la valeur sera à 8$ bientôt grâce aux contrats signés avec des organismes qui eux investissent beaucoup d’argent

    Les propriétaires ont investis +3M$ de leur poche et 1.5M$ s’est rajouté avec l’appui des investisseurs.

    L’entreprise n’a aucune dette

    Il est difficile pour vous probablement de savoir si l’entreprise sera rentable rapidement mais je voulais vous en faire part, au cas où vous trouveriez un bon parti en regardant cette entreprise.

    L’entreprise a été développé par des Québécois mais le siège sociale est maintenant à Toronto (Ontario)

    Le 9 mars 2017, l’entreprise a l’opportunité de faire son lancement à la Maison Blanche à Washington
    Je vous y invite si vous voulez y assister.

    Si vous croyez bon de discuté avec un directeur de Conx2Share, cela vous permettra de mieux comprendre l’impact positif que cela peut avoir probablement sur un portefeuille.

    Il me fera plaisir de vous mettre en relation si vous le désirez

    Vous pouvez télécharger l’application (disponible en 14 langues)

    http://www.conx2share.com

    Cordialement

    CHARLES RAYMOND

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