Le solaire renaît de ses cendres… profitez-en !

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leadimg

Sommes-nous sortis de la bulle de l’énergie solaire ? Au regard de cette année 2011 riche en événements dans le secteur de l’énergie, je peux facilement répondre OUI ! Paré de toutes les vertus en 2007, le secteur a lourdement chuté dans la lignée de la crise économique de 2008.

Après la période de stagnation qui s’en est suivie, le marché a décroché une nouvelle fois dès le début de l’année 2011, avec une baisse de 60% en moyenne. De l’environnement, ça commence à suffire” de Nicolas Sarkozy, à la faillite de Solyndra aux Etats-Unis, le secteur est passé en un temps record de “secteur d’avenir” à un “secteur spéculatif”.

Preuve de la défiance des marchés, le tracker Guggenheim Solar, adossé à l’indice de l’industrie solaire MAC Global Solar Energy, a perdu plus de 50% de sa valeur depuis le mois d’août 2011. Ce ralentissement du marché est dû à trois facteurs :
– la concurrence chinoise ;
– l’arrêt des subventions dans de nombreux pays, notamment européens ;
– le financement de technologies pas encore matures.

Pourtant le secteur n’a rien perdu de son caractère stratégique. Qui peut soutenir honnêtement aujourd’hui que le baril de pétrole redescendra bientôt à 40 $ ? Que le sommet de Copenhague sur le climat n’a pas été suivi par la planète entière ? Ou encore que le charbon est une énergie d’avenir ? Nous sommes en train de vivre actuellement une rationalisation du secteur.

Le secteur de l’énergie photovoltaïque est en train de corriger ses excès d’avant 2008. Depuis le début de la crise, nous sommes progressivement sortis de cet environnement “Far West” de l’industrie, selon les propres mots d’un producteur français de panneaux photovoltaïques. Le secteur a amorcé une phase de concentration où les valeurs les plus faibles ont été rachetées, ou ont fait faillite. Le marché aborde donc l’année 2012 sous un nouveau jour.

D’une part, une série de faillites a permis de faire le tri parmi les producteurs. Les tarifs des subventions publiques sont désormais soutenables dans le temps pour les gouvernements. Et enfin, le secteur du photovoltaïque demeure un terreau fabuleux pour l’innovation. J’ai justement repéré, pour vous, une société française qui a réussi à tenir la dragée haute aux sociétés chinoises du low solar ou aux géants américains.

Le marché du solaire tiré par la baisse des coûts…
Malgré le ralentissement mondial et le mouvement de concentration du secteur, le marché n’a jamais cessé de croître. La banque Sarasin estime que les capacités photovoltaïques installées dans le monde cette année représenteront, au total, 21 gigawatts (GW), ce qui correspond à une croissance de 3% sur l’année. La différence entre 2008 et 2012, c’est que l’Europe tiendra une place moins importante sur le marché du photovoltaïque. La baisse des subventions accordées au secteur photovoltaïque – à l’image de la réduction de 20% du prix de rachat de l’électricité en France – a coûté cher au secteur.

En Allemagne, en Italie ou encore en Espagne, les subventions ont également été diminuées, entraînant à leur tour la faillite de plusieurs acteurs industriels. La faillite, en l’espace d’un mois, des constructeurs allemands Solon et Solar Millenium a signé la fin d’une ère pour l’industrie solaire allemande par exemple. Comme le commentait le journal Libération, l’âge d’or des subventions à l’énergie solaire a pris fin”, et emporte avec lui les sociétés qui en dépendaient exclusivement.

Pourtant, il faut noter que grâce à la restructuration du secteur engagée depuis deux ans, certaines installations en Allemagne ont atteint la parité réseaux (moment où le coût de production d’un kilowatt-heure (kWh) correspond au prix du kWh sur le réseau), avec un kWh autour de 15 centimes d’euro/kWh.

Pourtant, dans le reste du monde, la demande en panneaux photovoltaïques continue de progresser car les prix ne cessent de baisser. Le solaire est l’énergie renouvelable dont les coûts de production ont le plus diminué ces 10 dernières années grâce aux économies réalisées. Par ailleurs, si la crise de 2008 a amené les gouvernements à réduire leurs subventions à l’énergie solaire, déclenchant en 2010 un ralentissement de l’activité, le secteur n’a cependant jamais cessé de croître.

Le maintien de la croissance du marché a ainsi permis de prolonger la baisse du coût de production des panneaux photovoltaïques. Selon une étude d’IMS Research (cabinet de consultants et de recherche dans l’industrie électronique) le prix des panneaux photovoltaïques a baissé depuis trois ans. Le prix des panneaux, des cellules et du silicium a baissé de 7% au premier trimestre 2011 et de 4% au deuxième trimestre.

Cette baisse est le premier résultat de la concurrence féroce sur la compétitivité engagée depuis la réduction des subventions en Europe.

La demande des nouveaux marchés en renfort au solaire
La baisse des coûts devrait d’ailleurs permettre à l’énergie solaire d’atteindre la parité réseau dans les années à venir. La demande devrait donc rester stable. A court terme, plus de 10 marchés connaîtront une croissance annuelle moyenne de 500 mégawatts (MW). A plus long terme, la banque Sarasin anticipe une augmentation de 18% par an en moyenne des capacités installées dans le monde. La demande de panneaux photovoltaïques pourrait ainsi augmenter de 20% entre 2010 et 2015.

Mais l’avenir de l’énergie solaire dépendra moins de l’Europe. Cette croissance sera tirée en grande partie par les Etats-Unis, la Chine et le Japon. Ces trois marchés sont considérés comme étant en pleine expansion.

C’est le cas plus particulièrement pour la Chine. En 2009, Pékin a mis en place le programme “Golden Sun”. Le programme visait à installer 500 MW d’énergie solaire dans les deux à trois prochaines années. Le ministère des Finances s’était engagé à subventionner à hauteur de 50% les coûts de construction des installations. Finalement, Pékin devrait avoir installé en 2011 2 GW, contre 1 GW attendu.

Son marché a même dépassé celui du Japon et celui des Etats-Unis. Déjà, selon le P-DG de Suntech Zhengrong Shi, 4 GW pourraient être installés l’année prochaine. A long terme, la Chine s’est fixé un objectif ambitieux : installer 10 GW d’ici à 2015 et 50 GW en 2020. Le gouvernement s’est surtout donné les moyens de réussir. En juillet dernier, Pékin a instauré un tarif d’achat de l’électricité photovoltaïque. Avec cette subvention, le prix du kWh pourrait tomber au niveau de celui du charbon en 2015, à 0,80 yuan (12,5 cents).

A côté du marché chinois, le marché indien devrait commencer à attirer également les constructeurs, avec une croissance de 101% par an. Ainsi, les nouvelles opportunités d’investir dans le solaire seront réparties dans le monde entier.

Mais si le marché est en train de se diversifier sur le plan géographique, la diversification est aussi à l’oeuvre sur le plan des technologies. Car la compétition féroce entre les constructeurs a également occupé le terrain des technologies. Derrière la renaissance du marché du solaire, se cache une lutte feutrée autour de l’innovation. Le cas du marché américain en est une preuve.

Warren Buffett investit dans le solaire
Depuis quelques années, il est de bon ton de déprécier les constructeurs occidentaux, supposés incapables d’affronter la concurrence des constructeurs chinois. Pourtant les Etats-Unis sont réellement en train de connaître une “renaissance” de l’énergie solaire, construite autour de constructeurs américains comme First Solar.

Désormais, les plus grands industriels misent sur le solaire. Pour Mark Little, le directeur général de la recherche chez General Electric : “L’électricité solaire va devenir, d’ici trois à cinq ans, moins chère que les énergies fossiles. Elle pourrait même concurrencer le nucléaire…”.

Cette croissance a d’abord été permise par la stabilité des engagements de plusieurs Etats qui ont su rassurer le marché en maintenant des objectifs ambitieux dans le solaire. C’est particulièrement le cas de la Californie et du New Jersey. Au plus fort de la crise, la Californie a conservé son objectif de 33% d’énergie renouvelable à partir d’énergie solaire d’ici à 2020. Le New Jersey a également conservé ses ambitions de produire 30% de son énergie renouvelable à partir du solaire d’ici à 2021.

Le DoE, le ministère de l’Energie américain, a également multiplié les prêts. Le 22 juin dernier, Steven Chu, le ministre de l’Energie, a annoncé la mise en place du projet “Project Amp”. Il s’agit d’un prêt fédéral de 1,4 milliard de dollars (990 millions d’euros) visant à installer 733 MW au réseau électrique grâce à l’installation de panneaux photovoltaïques. Ce projet, à lui seul, représente presque la quantité totale de photovoltaïque déployée sur toute l’année 2010.

Parmi les nombreux investissements réalisés dans le photovoltaïque cette année, beaucoup se sont concentrés en Californie, tant les besoins en énergie et le taux d’ensoleillement sont forts.

Signe du retour des investisseurs sur ce secteur, c’est Warren Buffett en personne, via son fonds d’investissement Berkshire Hathaway, qui a misé début décembre sur le solaire. Le milliardaire américain a annoncé le 8 décembre vouloir investir 2 milliards de dollars (1,5 milliard d’euros) dans le deuxième plus grand projet photovoltaïque du monde, Topaz. Il s’agit d’un parc solaire de 550 MW en Californie, actuellement en construction. Cette ferme sera construite par First Solar.

Cet investissement a révélé que l’énergie renouvelable était un secteur rentable. Si les prophètes de mauvais augures déclaraient que la chute de Solyndra signait la fin du solaire, Warren Buffett vient de leur démontrer le contraire.

Mais au-delà de la croissance retrouvée du solaire dans cet Etat, la Californie est désormais le terrain d’expérimentation de technologies amenées à succéder à la première génération de panneaux photovoltaïques. Ce renouvellement était nécessaire après la chute de Solyndra.
[Comment miser sur le retour du solaire ? C'est ce que vous propose de découvrir Florent dans son rapport consacré à cette énergie. Il a choisi une entreprise française qui a réussi à tenir la dragée haute aux sociétés chinoises du low solar ou aux géants américains et qui en plus mise sur le boom du marché chinois. Une valeur pour laquelle Florent vise une plus-value de 85%... Pour la découvrir et recevoir en cadeau notre rapport consacré au renouveau du solaire, continuez votre lecture...]

 

Pour aller plus loin aujourd’hui : des robots et des hommes
Vous avez été très nombreux à avoir été intéressés par l’article que Charles Sannat a consacré à la nouvelle révolution qui attend le monde de travail : l’arrivée massive des robots aussi bien dans l’industrie que dans l’aide à la personne.

Un mouvement qui pourrait s’accompagner de relocalisations en Europe… mais de création d’emplois.

Dans La Lettre de Marc Mayor, Marc revient lui aussi sur le sujet : “L’usine de tronçonneuses Stihl en Virginie a un bel avenir devant elle. Pour doubler sa production l’an prochain, elle n’aura besoin de recruter que six employés. Normal : sa production est assurée par 120 robots travaillant 24 h/24, avec 21 collaborateurs humains pour surveiller que tout se passe bien”.

“Elle doublera sa capacité de production en investissant 10 millions dans des machines, et pratiquement rien dans des hommes. Comme la plupart des entreprises américaines. Karl Marx avait donc bien raison d’opposer le capital à l’effort humain”.

“Jamais, depuis la Seconde Guerre mondiale, les entreprises n’ont dépensé autant en machines et en logiciels tout en recrutant si peu, explique le Wall Street Journal. Le phénomène s’observe après chaque récession, mais il n’a jamais été aussi violent que depuis 2009. La grande destruction des emplois bat son plein. Depuis le retour (officiel) de la croissance en 2009, les dépenses en biens d’équipement et en logiciels ont bondi de 31%, en tenant compte de l’inflation. Dans le même temps, les emplois du secteur privé n’ont progressé que de 1%.”

“Bien sûr, ce mouvement s’explique par le progrès technique, mais pas seulement. Le gouvernement américain encourage cette extermination des emplois par des robots. En 2011, n’importe quelle entreprise US pouvait amortir 100% de ses investissements sur une année grâce à des rabais d’impôt. Ajoutée à des taux d’intérêt à des niveaux particulièrement bas, cette disposition a fait exploser l’automatisation des entreprises”.

“La France n’est guère mieux lotie. Sur les trois dernières années, près de 100 000 emplois industriels ont été détruits, selon une étude publiée par Les Echos et réalisée par Trendeo. Entre les créations et les fermetures de sites, l’hexagone possède actuellement près de 400 usines en moins qu’au début 2009. Les secteurs les plus touchés ont été l’automobile, qui peut être facilement délocalisée et automatisée (30 000 postes en moins en trois ans), la pharmacie, la chimie et la métallurgie”.

“La crise de 2008-2009 a “violemment” accéléré la désindustrialisation lancée par le premier choc pétrolier de 1973. Le rebond des embauches observé à partir de l’été 2010 est interrompu depuis plusieurs mois et “l’année 2012 s’annonce difficile”, conclut l’étude. Quel scoop…”

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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaîne industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.

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    [...] Le solaire renaît de ses cendres… profitez-en ! [...]

    12 février 20125:16

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