Le gaz naturel, le pari le plus contrarien du moment

Rédigé le 8 juin 2016 par | Matières premières & Energie Imprimer

Le plongeon va-t-il se poursuivre ?

C’est la question que je posais début janvier.

Laissez-moi vous planter le décor…

Début janvier, le marché était perturbé après l’échec du traditionnel rally de fin d’année. Les principaux indices s’effondraient. Les marchés émergents vacillaient. Aux Etats-Unis, quelques acheteurs courageux avaient avec peine réussi à empêcher les principaux indices de subir leur pire démarrage de début d’année depuis 1932. La situation était mauvaise et était sur le point d’empirer alors qu’une correction de marché à deux chiffres menaçait.

Mais je ne parlais pas du marché boursier. Je parlais du gaz naturel.

Il avait dégringolé. A cette époque, il avait atteint des prix jamais vus depuis votre première connexion à Internet. Personne n’en voulait plus.

Le parcours mouvementé du gaz naturel

Malgré tout, j’étais d’avis que le gaz naturel avait sans doute atteint son niveau le plus bas.

Pourquoi ?

Ces 20 dernières années, le gaz naturel s’est toujours fortement repris dès que son cours passait sous les 2 $. Même en 2012, après l’effondrement des cours débuté en 2008, le gaz naturel a rebondi après avoir touché le plancher des 2 $. Entre avril 2012 et fin février 2014, il est ainsi passé de 1,9 $ à 6,15 $. Soit un rebond de 223%.

Depuis février 2014, le gaz naturel a entamé une longue chute. Mais ces derniers mois nous ont réservé quelques surprises. Le 18 décembre dernier, le gaz entamait un rebond qui l’a fait passer de 1,75 $ à 2,47 $ le 8 janvier (+41%).

Peu de temps après, le gaz naturel nous mettait au supplice avec une dernière chute. Le marché s’effondrant, le rally du gaz naturel a tourné court. Début mars, il enregistrait de nouveaux plus bas, à -1,63 $ (-34%).

Mon premier trade long terme de l’année semblait alors bel et bien mort.

Reprise en vue ?

Or le voici qui renaît de ses cendres…

Les flambées du gaz naturel

Le gaz naturel est à nouveau dans la course. Trois jours de hausse lui ont fait gagner près de 5%. Fait plus important, il a franchi par le haut sa moyenne mobile à 200 jours qui l’avait retenue en-dessous depuis fin 2014.

Tout le monde n’a pas été vendeur sur cette sortie (c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles il y a encore beaucoup de champ libre). En fait, la plupart des gens ne voient aucune fin au marché baissier du gaz naturel. On trouve pléthore de rapports qui laissent entendre que cette chute va se poursuivre.

Il suffit de regarder le nombre de forages. Alors que le nombre de plates-formes pétrolières nord-américaines a fortement chuté l’année dernière, elles restent supérieures par rapport à leurs plus bas de 2010.

Mais le cas du gaz est tout différent de celui du pétrole.

« Pour le gaz naturel c’est une toute autre histoire, » rapportait le Wall Street Journal en début d’année. « Ce marché est si terriblement saturé et coupé du reste du monde que le nombre de forages pour le gaz est à présent au plus bas niveau depuis 1987, lorsque Baker Hughes a commencé à tenir les comptes ».

Malgré la grande envolée des derniers jours, le gaz naturel est toujours un pari très contrarien.

L’alerte que j’avais émise en janvier tient toujours : attention, investissement volatile ! Je ne crois pas que le gaz naturel va rentrer dans le rang et progresser régulièrement. Il ne faut pas rêver…

Mais si vous avez l’estomac bien accroché et que vous êtes prêt à une traversée mouvementée, vous pourriez être généreusement récompensé. Le gaz naturel ne va pas revenir de sitôt aux prix de 2005 ou de 2008. Mais une hausse importante par rapport aux planchers que nous avons connus cette année devrait rapporter des profits substantiels… Voilà donc un pari de court terme pour les plus aventuriers d’entre vous.

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Greg Guenthner
Greg Guenthner
Rédacteur de la lettre américaine The Rude Awakening

Greg Guenthner est rédacteur de la lettre américaine The Rude Awakening, et contribue également à la lettre gratuite The Trend Playbook, pour les investisseurs suivant la tendance et les analystes techniques. Greg est membre de l’Association américaine des techniciens de marché.

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