Cette recommandation que l'on découvre quand on rencontre Warren Buffett

Rédigé le 15 mai 2015 par | Nouvelles technologies Imprimer

"Si les gens ne se trompaient pas aussi souvent," a dit Charlie Munger, "nous ne serions pas si riches".

Comme plus de 40 000 personnes, j’ai assisté à la réunion annuelle de Berkshire à Omaha, dans le Nebraska, samedi dernier. Etaient présents Warren Buffett (84 ans) et Charlie Munger (91), entourés de leur cour. Les deux super-investisseurs ont répondu aux questions du public et avaient un avis sur tout (Munger avait les meilleures explications. Une intelligence hors du commun).

Mais les meilleures idées, je ne les ai pas trouvées pendant la réunion.

Je suis arrivé jeudi avecun collègue. Nous avons loué une maison à Council Bluffs, sur la rive gauche du fleuve Missouri, en face d’Omaha.

Nous sommes arrivés jeudi parce qu’il y avait beaucoup d’événements parallèles le vendredi à ne surtout pas rater.

Je serai franc : la réunion Berkshire en elle-même est insupportable si l’on y reste trop longtemps. Les gens posent trop de questions du genre : "Quelles sont les cinq choses que vous recherchez dans une entreprise ?" ou "Quelle stratégie un jeune doit-il avoir pour construire une entreprise qui dure ?".

Comme l’a fait remarquer mon collègue : "Nous avons dépassé l’âge du savoir". C’est vrai, Buffett a 84 ans et Munger 91. Ils font cela depuis longtemps. Un nombre incalculable de lettres, d’interviews et de livres ont été publiés à propos de ce qu’ils pensent. Nous les connaissons par coeur aujourd’hui.

C’est pourquoi je ne vais pas vous dire ce qui s’est passé mais vous expliquer pourquoi y assister est un passage obligé.

J’ai rencontré beaucoup de gestionnaires de fonds, analystes et investisseurs de ma connaissance — trop nombreux pour les nommer ici — lors de déjeuners, de dîners, de cocktail, etc. J’ai même rencontré des lecteurs, certains venant de l’étranger. Il y a aussi ces nombreux événements parallèles où les gens discutent idées et titres boursiers.

C’est pour tout cela qu’Omaha est un passage obligé. C’est à ces réunions que je trouve les meilleures idées. Je noircis plusieurs pages d’un cahier — titres boursiers, pensées, idées de stratégies, etc. que je trie au cours des semaines suivantes.

Tenez, par exemple, j’avais assisté au Gabelli’s Ninth Annual Omaha Research Trip au cours duquel sept entreprises avaient fait des présentations à un groupe composé d’une trentaine d’investisseurs.

L’une d’entre elles était Safeguard Scientifics (SFE-Nyse).

SFE est un incubateur de startups high-tech. Lorsque la bulle internet a éclaté en 2000, SFE avait une centaine de sociétés dans son portefeuille. Après l’éclatement de la bulle, seulement une dizaine avaient encore de la valeur.

Quinze années se sont écoulées depuis cette catastrophe boursière. SFE est à présent une nouvelle entreprise. Son PDG, Stephen Zarrilli, l’ancien directeur financier, en est à la tête depuis environ deux ans et demi. J’ai bien aimé ce qu’il a dit.

Grosso modo, SFE est aujourd’hui une société de capital risque cotée en bourse. Elle prend des participations dans des entreprises non cotées (entre 20% et 50%), les aide à se développer puis cherche à en sortir — tout comme une introduction en bourse. En ce moment, SFE a investi dans 26 sociétés. Elle privilégie le secteur des services médicaux et de la technologie. Sur les huit dernières années, SFE a réalisé un profit représentant le double de ses investissements.

Je n’entrerai pas dans les détails, je vais vous dire directement en quoi je trouve cela intéressant.

Un des investissements de SFE est une société appelée Putney. Elle fabrique des médicaments génériques pour animaux de compagnie. Plus de 90% des médicaments pour animaux domestiques n’ont pas d’équivalent générique. Le marché est donc important. Les ventes de Putney augmentent à un rythme de 50%. Ces cinq derniers mois, l’entreprise a homologué cinq produits. Une quinzaine de ses composés sont prêts à être lancés sur le marché. Putney est l’entreprise la plus prolifique de son secteur.

Que vaut-elle ? Disons, pour faire rapide, qu’on peut la valoriser à 4 fois ses ventes annuelles, ce qui correspond au niveau de transactions des entreprises comparables. Supposons que la croissance de Putney soit de 50% jusqu’en 2016. En tenant compte de la participation de SFE, la valeur pour SFE est d’environ 7 $ par action. Et on ne valorise pas encore les composés qui seront lancés sur le marché, nous rappelle Zarrilli.

Voilà pour une des sociétés. Il y en a une autre appelée MediaMath, une entreprise de marketing digital. . Une entreprise semblable, Criteo, que les français connaissent bien, est entrée en bourse en 2013. Elle se négocie à 4 ou 5 fois son chiffre d’affaire. A nouveau, en se basant sur les ventes estimées en 2016, la valeur de MediaMath est au moins de 10 $ par action net pour SFE.

Rien que ces deux sociétés valorisent SFE à 17 $ l’action.

Il reste 24 autres investissements. Zarrilli a déclaré que pour chacun d’eux, SFE au minimum récupérera son argent. cash

De manière plus conventionnelle, on pourrait juste prendre les 260 millions de dollars que SFE a investis et les multiplier par deux (le rendement historique). Ajoutez à cela 90 millions de dollars en cash (net de dette). Et vous obtenez grosso modo une valorisation de 29,50 $ sur SFE.

Au moment où j’écris ces lignes, SFE cote autour des 17 $.

En outre, Zarrilli a affirmé que l’objectif de SFE était de rendre plus de cash aux actionnaires soit via un rachat d’actions soit via des dividendes. (Elle a déjà racheté pour 25 millions de dollars d’actions l’année dernière). Il a également évoqué les incitations financières au sein de l’entreprise. Tous les directeurs généraux ont une rémunération directement liée à la génération de cash par investissement.

Vous avez compris le message ?

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Chris Mayer
Chris Mayer
Rédacteur en Chef de Capital & Crisis et Crisis Point Trader

Chris Mayer s’occupe de la lettre d’information Capital & Crisis, ainsi que du système de trading Crisis Point Trader. Ses analyses pertinentes et précises des problématiques financières ont été reprises souvent dans de nombreuses publications, et notamment dans le très réputé Grant’s Interest Rate Observer.

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