Les voitures électriques font la course en tête grâce au lithium

Rédigé le 23 juin 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

Les voitures électriques font la course en tête – et je vous propose aujourd’hui une manière inhabituelle d’analyser la situation.

Tout est question de batteries

Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur l’avènement des véhicules électriques. Dans une prochaine Quotidienne, nous en apprendrons plus sur les matières premières qui l’ont permis… en « démontant » une batterie lithium-ion.

Pourquoi nous intéresser à la question du lithium-ion ?

Les lecteurs réguliers le savent, nous avons une opinion très positive des énergies propres. Il existe différents types de batteries.

Pour les applications reliées au réseau électrique, vous avez l’embarras du choix. N’importe quelle batterie, quelle que soit sa taille ou son poids, peut être branchée sur le réseau. Le coût et la stabilité, pour des applications non-mobiles, sont les facteurs clé.

Toute une quantité d’articles ont récemment montré qu’il s’agissait d’un marché très solide : Tesla a gagné des contrats en Australie, et le Royaume-Uni a, pour la première fois, fait l’expérience de prix négatifs pour l’électricité. De l’électricité gratuite pour recharger vos batteries, sir ? Why not !

Mais pour les voitures électriques, rien n’est plus pareil. Les voitures ont besoin de batteries légères et puissantes, et pour cela, une seule solution chimique domine le marché : le lithium-ion. Et nous avons besoin de plus en plus de lithium pour accompagner la croissance de ce marché.

Bien sûr, d’autres approches potentiellement viables existent, notamment les condensateurs, mais seul le lithium-ion est actuellement prêt à concurrencer les véhicules d’aujourd’hui, qui utilisent du carburant liquide.

La révolution des véhicules électriques en marche

Je pense que les nouvelles énergies vont progresser de manière exponentielle, et j’ai malgré tout été surpris par la rapidité avec laquelle les choses évoluent.

Il y a quelques mois, nous avons publié un article appelé Big short, qui sonnait le glas du diesel. J’étais sûr d’avoir raison, mais j’ai tout de même été choqué par la rapidité de la transformation. Si votre portefeuille dépend encore de ce carburant sale, il est temps de prendre les mesures qui s’imposent.

Les grandes nouvelles pleuvent, ces dernières semaines, dans le secteur des véhicules électriques, et elles soutiennent toutes mes prévisions. Volvo a abandonné le diesel. Pour aller plus loin encore, Smart vient de mettre aux ordures la totalité de ses moteurs à combustion interne – en tous cas pour ses véhicules en Amérique du Nord.

Et puis, Ford apporte tout son soutien aux véhicules électriques, avec des projets de voitures grand public, et quelques prévisions très enthousiastes sur l’adoption de cette technologie (70% de ses ventes en Chine devrait être des véhicules batteries ou hybrides d’ici 2025).

Ford a plusieurs trains d’avance sur General Motors, par exemple, qui se concentre encore sur des concepts produits en petite quantité et peine à atteindre les objectifs fixés par la réglementation.

Audi aussi parie gros sur les VE. Volkswagen, sa maison-mère, vacille toujours suite au dieselgate. Audi produit aujourd’hui une plateforme spécifique pour les motorisations électriques (e-tron) et modifie ses gammes actuelles pour y inclure des modèles électriques. Tous les feux sont au vert.

Les batteries ne se contentent pas de soutenir un passage rapide aux véhicules électriques, elles sont aussi responsables d’une toute nouvelle manière d’utiliser l’électricité au niveau mondial.

La révolution du solaire signifie que nous disposerons d’une grande quantité d’électricité à bas prix –mais pas nécessairement quand nous en aurons besoin. Même la Grande-Bretagne, où le ciel est souvent couvert, vient d’atteindre les 70% d’énergies vertes. Stocker toute l’énergie que le renouvelable sera bientôt capable de produire pour nous permettre d’allumer la lumière pendant les nuits sans vent sera un défi. Les batteries nous aident à y apporter une solution, et même si d’autres technologies de stockage devront encore être développées.

Heureusement, l’industrie automobile cherche activement des solutions à ce problème également. La presse a déjà beaucoup parlé de l’incursion de Tesla sur ce marché mais, aujourd’hui, Nissan et Mercedes-Benz se positionnent aussi dans le stockage à domicile. Nissan souhaite recycler des batteries de voitures électriques en fin de vie. Mercedes, quant à elle, soutien un système modulaire à forte capacité qui peut être précisément mis à l’échelle pour correspondre aux besoins d’un foyer.

Ce qu’il y a de fascinant dans le système Nissan, ce n’est pas la technologie que le constructeur utilise mais les questions commerciales qui la sous-tendent. Nissan permettra à ses clients de vendre l’électricité stockée sur le réseau même quand elle provient de leurs véhicules, une stratégie que Tesla a jusque-là rejetée.

Je pense que cette décision de Nissan est cruciale et pourrait constituer l’une des méthodes qui nous permettront de déployer un stockage énergétique de grande capacité dont nous avons grand besoin. Avec les progrès du renouvelable, il nous faudra sans doute des batteries de véhicules pour soutenir le réseau.

Il y a toujours une matière première qui alimente les technologies physiques. Comment, alors, utiliser au mieux la révolution des batteries ?

Il faut d’abord se pencher sur les matières premières qui les constituent. Mais avant cela, il faut se faire une idée de l’échelle.

Les batteries lithium-ion ne sont pas la seule solution chimique utilisée pour la fabrication de batteries. Sur le marché des batteries stationnaires, certains pensent que d’autres solutions chimiques vont l’emporter. Cumulus Energy Storage, par exemple, parie sur les batteries cuivre-zinc, une technologie ancienne et lourde, mais avantageuse du point de vue du coût et de la mise à l’échelle.

Les batteries haute-puissance et légères à base de lithium-ion sont cependant nécessaires pour votre téléphone portable, ou les voitures révolutionnaires de Tesla… et elles conviennent tout à fait pour les applications en réseau. Comprendre de quoi sont faites les batteries lithium-ion est donc la clé pour comprendre comment profiter des transactions sur les matières premières que cette révolution permet d’engendrer.

A bientôt dans La Quotidienne pour en savoir plus sur cette soif de batteries lithium-ion. En attendant, je crois savoir que Simone Wapler a mis du lithium en portefeuille de Crise, Or & Opportunités pour justement profiter de l’explosion de la demande… Pour en savoir plus, rendez-vous dans notre lettre d’investissement consacrée aux matières premières.

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Andrew Lockley
Andrew Lockley

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