Voiture autonome : quand la route devient intelligente

Rédigé le 29 août 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Les investissements dans les secteurs de l’intelligence artificielle, de la robotique et de la réalité virtuelle sont sur le point de créer un cycle d’investissements qui dépassera celui de la bulle Internet, à la fois en termes d’investissements et de profits.

Les Einstein de la robotique et de l’intelligence automatisée du XXIe siècle, et des siècles suivants, ne connaîtront aucune limite. Les entreprises et les chercheurs du monde entier se sont engagés à accélérer rapidement la recherche et le développement dans ces domaines.

Parmi les différentes formes que prendra cette robotisation de plus en plus intelligente – et dont je vous parle dans le dernier numéro de NewTech Insider– la quête du parfait véhicule autonome se poursuit à plein régime. Outre les constructeurs automobiles, des géants de la technologie comme Intel entrent également dans la course. Google, par exemple, s’est associé avec Fiat Chrysler.

Quant aux géants Qualcomm et Nvidia, ils créent leurs propres plateformes pour véhicules autonomes. Les start-ups spécialisées dans la conduite autonome ne cessent de se multiplier.

Et, de fait, on estime que le marché des véhicules autonomes devrait s’élever à 100 milliards de dollars par an en 2020.

Je pense qu’il sera même encore plus important puisqu’il ne concerne pas uniquement les voitures, mais presque tout ce qui se déplace sur terre et sur l’eau.

Des voitures autonomes… grâce à la vision

L’un des principaux enjeux concerne la capacité à doter les véhicules autonomes d’une « vision » plus fiable afin de repérer les objets qui les entourent. Les véhicules de Tesla détectent les obstacles à l’aide d’un radar. Ce dernier émet des ondes radio qui sont réfléchies quand elles rencontrent un objet solide afin d’alerter les opérateurs de la présence d’un obstacle.

Toutefois, les radars ne peuvent pas détecter les personnes, les chiens ou tout autre être vivant présents sur la chaussée. En effet, ces derniers sont constitués d’eau, élément que les ondes radio se contentent de traverser.

De son côté, le prototype autonome de Google utilise la technologie lidar qui remplace les ondes radio par des rayons laser invisibles. Mais cette technologie présente un problème : elle ne fonctionne pas bien en cas de brume ou de brouillard. Par ailleurs, elle nécessite d’émettre des impulsions laser dans toutes les directions pour s’orienter, ce qui rend les systèmes lidars traditionnels trop complexes.

Dans l’idéal, les systèmes de pilotage automatique devraient intégrer deux méthodes de détection, ce qui permettrait aux véhicules de rouler en toute autonomie de manière plus sûre. Cependant, les systèmes lidars sont trop élaborés et trop chers (ils peuvent coûter jusqu’à 75 000 dollars) pour être installés sur un véhicule.

Quanergy, une société basée à Sunnyvale en Californie, a peut-être trouvé la solution. En janvier, elle a annoncé avoir créé un système lidar à 250 dollars, capable d’émettre et de recevoir un million d’impulsions par seconde et suffisamment petit pour tenir dans tout type de véhicule. Elle a notamment noué des partenariats avec Mercedes-Benz et Hyundai.

Quanergy prévoit de distribuer ces systèmes avant 2017. Cette société devrait avoir de nombreux clients, car les voitures ne sont pas les seuls moyens de transport à devenir autonomes…

Après les voitures, les bus et les camions autonomes

Sur son site de Dearborn, dans le Michigan, Ford a déployé un service de minibus automatisé appelé Dynamic Shuttle pour faciliter les déplacements des personnes sur le site. Cette navette permet également de tester les avancées de Ford en matière de technologies de pilotage automatique, notamment la possibilité de commander la navette via une application mobile.

Le « Future Bus », le concept de bus automatisé mis au point par Mercedes, peut se déplacer en toute autonomie sur certaines voies spécifiques, s’arrêter et repartir d’un arrêt, mais également éviter les piétons et les autres obstacles. Ce bus utilise une technologie d’automatisation nommée CityPilot, dérivée du système HighwayPilot que Mercedes développe pour permettre aux poids lourds de se déplacer seuls sur autoroute.

Les constructeurs de poids lourds sont particulièrement motivés par la perspective du « convoi routier » (platooning en anglais) : une file de semi-remorques qui se déplacent en peloton serré pour réduire la traînée aérodynamique, tous contrôlés par un seul conducteur assis dans le camion de tête.

Pour cela, les systèmes de détection, de virage et de freinage des véhicules doivent être en mesure de communiquer de manière instantanée. Plusieurs années de recherche restent nécessaires pour parvenir à un tel exploit. Mais le concept de connectivité est un autre thème clé en ce qui concerne les véhicules de demain.

Par exemple, une voiture qui cherche à se garer pourrait émettre ce besoin, et un autre véhicule pourrait répondre : « Je suis en train de libérer une place à une rue d’ici. »

Votre voiture pourrait également alerter votre concessionnaire ou votre mécanicien en cas de problème, de manière à ce qu’ils puissent planifier un rendez-vous et commander les pièces nécessaires sans avoir besoin de les appeler au préalable.

Des entreprises comme Ford cherchent actuellement des moyens de relier véhicules et maisons. Votre voiture pourrait accéder au calendrier de votre smartphone et programmer l’entretien dans l’agenda du mécanicien. Elle pourrait également détecter quand vous approchez de votre domicile et envoyer automatiquement un signal afin d’allumer les lumières et la chaîne hi-fi. Ainsi, vous entreriez dans une pièce chaleureuse et déjà éclairée, au son de votre chanson préférée.

Ford est en train de relier son système de connectivité au dispositif à commande vocale et assistant personnel « Echo » d’Amazon. Avant de démarrer, vous pourriez demander à Echo, depuis votre maison, de vous indiquer combien de kilomètres votre véhicule électrique peut parcourir avant de devoir le charger.

Des routes intelligentes

Outre les véhicules, les autoroutes acquièrent elles aussi leur propre forme d’intelligence automatisée. Par exemple, le ministère des Transports de l’Etat de Californie vient de terminer son projet I-80 SMART Corridor, visant à gérer de manière « intelligente » l’autoroute I-80, près de San Francisco.

Des algorithmes commandent des feux de signalisation situés sur les bretelles d’accès, qui régulent l’entrée des véhicules sur l’autoroute. Ce système rend la circulation plus efficace et plus fluide sur l’autoroute et sur les rues transversales.

Des panneaux électroniques signalent aux conducteurs qu’un embouteillage a lieu plus loin sur la route et les orientent vers les rues transversales. De nouveaux panneaux présents dans ces rues transversales indiquent aux conducteurs le moyen le plus rapide de rejoindre l’autoroute et augmentent la durée des feux verts de ces rues pour accélérer leur trajet.

Ce projet, dont le coût s’élève à 79 millions de dollars, devrait permettre de réduire de trois à cinq minutes la durée des embouteillages aux heures de pointe, matin et soir. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est un début. En outre, le temps et le carburant économisés par les automobilistes devraient permettre de récupérer jusqu’à 12 millions de dollars par an.

De la route aux voitures, en passant par les centres commerciaux, les fast-foods et la maison, l’automatisation devrait devenir le moteur de nos investissements et de notre avenir.

Cette tendance progresse – et elle progresse rapidement.
[NDLR : C’est la raison pour laquelle, Ray Blanco et Gerald Celente vous proposent trois valeurs à mettre dès maintenant en portefeuille pour engranger les gains avant même que les voitures autonomes prennent le volant. Trois valeurs à découvrir dans NewTech Insider]

Mots clé : - - - -

Gerald Celente
Gerald Celente

Gerald Celente est un prévisionniste, auteur et consultant renommé. Il a fondé le Trends Research Institute en 1980. Depuis plus de 35 ans, ses prévisions de tendance ont permis d’anticiper de nombreuses grandes tendances – et se sont transformées en investissements profitables. Il a fait plusieurs apparitions sur CNN, Fox News et dans les émissions CBS Morning News, NBC Nighly News et Good Morning America.

Contributeur régulier de NewTech Insider, Gerald vous présente les tendances technologiques émergentes pour vous aider à investir en amont.

Laissez un commentaire