Voiture autonome, électrique ou intelligente : Qu’attendre de l’automobile d’ici 2020 ?

Rédigé le 11 avril 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

La voiture individuelle occupe une place particulière dans notre quotidien. Symbole de l’émancipation, du raccourcissement des temps de trajets et de la réussite sociale dans l’après-guerre, son image a progressivement changé dans l’imaginaire collectif.

L’augmentation de la densité de population dans les métropoles a engorgé les axes de circulation. Aller travailler en voiture n’est plus nécessairement un plaisir. Pour l’automobiliste contraint à ce mode de déplacement quotidien, les trajets sont devenus synonyme de frustration : coût, pollution, temps perdu, risque d’accident…

Ce n’est pas un hasard si de nombreux Français délaissent souvent (voire totalement) ce moyen de transport.

Depuis la fin des années 1970, le nombre de permis de conduire de catégorie B est en baisse quasi-continue. Seuls 760 000 permis ont été délivrés en 2013, un chiffre jamais vu depuis 1963.

Une partie toujours plus importante de la population se détourne de l’automobile pour préférer les déplacements à pied, à vélo ou en transports en commun pour les trajets du quotidien. La tendance est d’autant plus significative qu’elle se constate également chez les jeunes actifs.

Autrefois, « passer le permis » et s’acheter une voiture d’occasion représentaient le symbole de l’arrivée dans la vie active. Les jeunes adultes d’aujourd’hui ne s’encombrent pas d’un engin cher, encombrant et polluant s’ils peuvent s’en passer – quitte à perdre en autonomie.

Malgré ce désamour, le recours quotidien à la voiture reste une obligation pour tous les Français qui n’ont pas le luxe de pouvoir s’en passer.

Si le prix des véhicules est relativement stable depuis le passage à l’euro, le coût total de possession (achat, entretien, assurance et carburant) grimpe année après année. Le secteur de l’automobile continue par conséquent à drainer une part importante du budget des ménages. Les évolutions techniques, législatives et le facteur « plaisir » qui pousse au renouvellement des véhicules soutiennent encore son dynamisme.

Investir dans une tendance baissière reste un exercice délicat. Dans cette Quotidienne, nous nous intéressons aux facteurs haussiers et baissiers du secteur dans une optique d’investissement à court/moyen terme.

La pollution du diesel : un scandale médiatique plus qu’une découverte

Les révélations sur les mesures réelles de pollution des véhicules Volkswagen en 2015 ont fait grand bruit dans la presse. Venue des Etats-Unis, l’information selon laquelle les véhicules trichaient lors des tests anti-pollution en adaptant leur comportement a provoqué un véritable scandale.

Nous savons tous que le pays d’Oncle Sam est champion quand il s’agit de faire du protectionnisme et faire payer des amendes aux entreprises étrangères. La guerre économique entre l’Europe et les Etats-Unis explique l’aspect financier du dossier et les poursuites du Département de la Justice contre Volkswagen.

Chez nous, de nombreux citoyens se sont émus du manque total de respect pour les normes européennes. L’image de marque du groupe, patiemment construite autour des valeurs du Made In Deutschland (fiabilité, puissance et rigueur toutes germaniques) a volé en éclat. Volkswagen aurait donc renié son héritage culturel et triché comme un vulgaire chypriote. Quelle hérésie !

Une autre lecture des événements est possible.

Avec le resserrement progressif des normes européennes, les constructeurs ont été pris entre le marteau de la règlementation et l’enclume de la réalité industrielle. Les évolutions technologiques n’ont pas permis de répondre dans des conditions satisfaisantes aux normes anti-pollution. Ils ont donc dû tricher pour pouvoir mettre leurs nouveaux véhicules sur le marché.

Vous savez que Volkswagen est un constructeur automobile de renom. Si la firme de Wolfsbourg n’a pu, malgré son expertise, développer des véhicules compatibles avec les normes européennes, que pouvons-nous attendre de nos constructeurs nationaux ?

Je me garderais bien de dénigrer nos constructeurs dans ces colonnes. Je me contenterai de vous rappeler que l’industrie automobile grand-public est homogène au niveau technologique. On ne constate pas de grosses différences de performances entre constructeurs européens et américains. Il n’y a pas de raison d’imaginer que les performances des moteurs Volkswagen soient très inférieures à celles de nos fleurons nationaux.

Quelle conclusion tirer de tout cela ?

Nous savons depuis toujours que l’électronique embarquée dans les voitures adapte la puissance (et la pollution) des moteurs aux conditions de circulation. Nous constatons que tous les constructeurs affichent des performances similaires sur le papier. Nous savons qu’il n’y a pas de différence fondamentale dans les capacités technologiques des constructeurs. Nous pouvons donc conclure que cet épisode Volkswagen ne sera pas un cas isolé. [Note : La presse a annoncé il y a quelques jours que la Direction Générale de la Concurrence et de la Répression des Fraudes enquête sur le groupe Renault pour des faits similaires. Les moteurs diesel du constructeur français seraient truqués depuis plus de 25 ans…]

Si cette pratique était constatée chez tous les grands constructeurs, l’effet du scandale se retrouverait dilué. La question reviendrait sur le terrain politique : « à quoi bon imposer des normes si strictes qu’elles mènent à un contournement généralisé ? ».

Je ne m’inquiète donc pas spécialement pour l’avenir du groupe Volkswagen qui a simplement été le premier à être puni.

Quels relais de croissance ?

Les aspects environnementaux ne seront pas, au niveau sectoriel, un facteur de risque significatif.

Peuvent-ils être un facteur de croissance ? Nous vous avons souvent parlé des véhicules propres. Qu’il s’agisse de moteurs électriques, de piles à combustibles ou de véhicules hybrides, le parc pourrait bien être renouvelé pour migrer vers ces nouveaux modes de stockage d’énergie.

Ceci dit, dans un horizon d’investissement classique de trois à cinq ans, il est difficile d’investir sur ce changement de paradigme. Il est trop tôt pour savoir quel type de propulsion aura les faveurs du marché et passera le test ultime du déploiement en masse.

La même remarque s’applique aux véhicules autonomes. Une certaine fébrilité entoure le secteur. Le mois dernier, Uber a annoncé suspendre ses essais de véhicule autonome après un accident… avant de revenir sur sa décision 48 heures après.

Les efforts de Google, Tesla, Uber, et de tous ceux qui travaillent dans l’ombre sont appréciables et nous rapprochent chaque jour d’une mise sur le marché de ces produits.

Je trouve toutefois que l’agitation autour des voitures autonomes n’est pas de bon augure. La notion-même d’investissement n’est pas compatible avec l’impatience dont font preuve les constructeurs et la presse spécialisée.

Le sujet déchaîne les passions entre adeptes du temps gagné et inconditionnels de la conduite sportive. L’arsenal législatif est, nous l’avons vu dans les Quotidiennes dédiées à Tesla, encore inexistant.

Nous surveillons de près ce sujet passionnant… tout en évitant d’y investir aveuglément.

Dans les prochaines années, les changements seront moins importants que ce que la communication des grands groupes laisse à penser. Les véhicules gagneront en intelligence sous forme d’aide à la conduite, d’assistance dans les conditions potentiellement dangereuses et en confort.

Même si nous n’avons ni voitures volantes, ni voitures autonomes, ces trois raisons justifieront le renouvellement d’une partie des véhicules en circulation… et apporteront autant de bénéfices aux entreprises à l’origine de ces innovations ! [NDLR : C’est justement sur cette évolution vers des véhicules plus intelligents, plus autonomes, plus sûrs que vous propose d’investir Etienne, et ce dans le prochain numéro de NewTech Insider « made in France« . Etienne a repéré un équipementier français qui a de très belles cartes à abattre dans le domaine de l’aide à la conduite. A découvrir dans NewTech Insider]

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Etienne Henri
Etienne Henri
Il sélectionne les dossiers d’investissement en financement participatif du service Profits Réels.

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

Un commentaire pour “Voiture autonome, électrique ou intelligente : Qu’attendre de l’automobile d’ici 2020 ?”

  1. C’est beaucoup trop cher

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