Prêt à laisser le volant à un robot ?

Rédigé le 2 février 2015 par | Nouvelles technologies Imprimer

Un de mes vieux fantasmes pourrait bientôt se réaliser. Un fantasme qui date de mes 18 ans, et plus précisément du jour où ayant emprunté la voiture de mes parents pour la première fois quelques jours après avoir obtenu -par une sorte de miracle- mon permis, je l’ai encastré dans le pilier droit du portail, cassant au passage la direction. A partir de cette date, les automobiles et moi sommes légèrement en froid… et le pilier du portail offre une ressemblance flagrante avec la tour de Pise.

La voiture mieux qu’une voiture
Je déteste vraiment conduire, à part peut-être sur les routes désertes de la Creuse. Je ne le fais que contrainte et forcée, quand personne ne peut conduire à ma place. Mon rêve serait de monter dans une voiture, de mettre de l’opéra baroque à fond… et de me laisser conduire à destination. Les allergiques à la conduite ne sont pas si monnaie courante que cela mais une voiture qui vous reconduit à bon port dans n’importe quelle circonstance éviterait de nombreuses menaces de divorces parmi mes amis en couple qui, avant chaque soirée qui s’annonce arrosée, se disputent pour savoir lequel d’entre eux a le droit de boire, et lequel doit rester sobre.

J’imagine aussi que mes parents auraient vécu l’adolescence de mes frères et la mienne avec un peu plus de sérénité s’ils n’avaient pas eu à s’inquiéter de nos sorties du week-end et de nos rentrées de soirées dans lesquelles le jus de fruit ne tenait plus la première place.

Que vous aimiez conduire ou pas, il y a forcément des moments dans votre vie de conducteur où vous auriez préféré ne pas prendre le volant. C’est justement ce que propose la voiture sans pilote : conduire quand vous ne pouvez ou ne voulez pas le faire. Et avouez que cela n’est pas du luxe. Le nombre d’accidents sur la route pourrait baisser drastiquement, le prix des assurances aussi…

Du côté de la consommation de carburant, là encore, la machine a l’avantage sur l’humain. Selon Audi, une conduite gérée par un ordinateur permettrait de réduire de 15% les émissions allemandes de gaz à effet de serre, et économiserait 900 millions de litre de carburant.

Autre avantage non négligeable de ces voitures sans pilote : la diminution des embouteillages qui, bien souvent, ne trouvent pas leur origine dans un surcroit de voitures, mais dans des erreurs bien humaines…

Quand je vous disais que la voiture sans pilote a tout pour séduire ! Une récente étude de Boston Consulting Group révèle ainsi qu’en 2035, 10% des véhicules vendus pourraient être équipés d’un pilotage automatique. Des chiffres d’autant plus crédibles que selon la même enquête 44% des conducteurs américains s’avouent prêts à passer à ce type de véhicule dans les 10 ans qui viennent. Pas mal…

La voiture sans conducteur fait chauffer la gomme
Mais allons-nous bientôt voir passer ces voitures sans conducteur sur nos routes ? Jusqu’il y a quelques mois, ces véhicules appartenaient à la catégorie de ces utopies futuristes qui peuplent, depuis le début du XXe s., romans d’anticipations et prédictions plus ou moins délirantes sur le futur. Mais aujourd’hui, la voiture sans pilote est devenue une réalité qui est sur le point de quitter son statut expérimental.

Google, qui a fait de la Google Car un de ses projets phare, a dévoilé en décembre dernier sa voiture sans pilote et devrait cette année passer d’une phase de tests sur circuit à des tests sur les routes californiennes, et ce dès le printemps prochain. Objectif : commercialiser la Google Car d’ici 5 ans. Le géant de Mountain View a d’ailleurs lancé la production de sa voiture sans pilote il y a quelques jours.

Bon, je dois avouer que malgré mon faible intérêt pour les belles carrosseries, l’aspect de la Google Car, plus proche du pot de yaourt que du coupé, ne me fait pas vraiment rêver.

googlecar

Bataille des constructeurs
Google n’est pas le seul à s’intéresser de très près à ces voitures sans pilote. Ces derniers mois, les annonces de constructeurs se sont multipliées, signe de l’accélération de l’intérêt pour ces véhicules. Mercedes-Benz vient ainsi de dévoiler le F015 Luxury in Motion, un prototype de voiture autonome. A l’oeil, c’est déjà beaucoup plus flatteur.

Mercedes F015 Luxury in Motion

Sur le papier, le F015 Luxury in Motion devrait permettre une expérience de déplacement complètement différente, grâce à des fauteuils entièrement pivotant qui devraient vous permettre de transformer votre voiture en salon. Et qui dit salon, dit évidemment écrans tactiles (6 !) pour surfer sur Internet ou regarder un film pendant votre transport. Ceux d’entre vous à qui manquerait l’ivresse du bitume pourront bien sûr reprendre le volant quand l’envie les prendra.

Mercedes F015 Luxury in Motion

Il va falloir commercer à économiser… parce que pour la première fois de ma vie j’ai envie de m’acheter une voiture !

D’autres constructeurs sont engagés dans cette course à la voiture automatique, dont Nissan qui vient de signer un partenariat avec… la Nasa. Oui, vous avez bien lu, la NASA. Cette collaboration devrait aboutir sur la naissance, sur Terre, d’une voiture sans pilote. Et dans l’espace d’un Rover d’exploration destiné à arpenter la surface des planètes du système solaire, dont Mars.

Volkswagen, BMW, Audi, Volvo misent eux-aussi sur ces voitures sans conducteurs. La voiture sans pilote a bien sûr été permise par les développements technologiques de ces dernières années en matière d’intelligence artificielle, de reconnaissances des mouvements ou des conditions extérieures (par exemple les conditions météorologiques), la navigation par satellite, la modélisation 3D, la connectivité sans fil… Mais aussi par des modifications de législation car pour le moment ne sont autorisés que les véhicules conduits… J’aurais l’occasion d’y revenir dans une prochaine Quotidienne.

Des applications bien concrètes
Les obstacles aussi bien techniques que réglementaires ne doivent donc pas être sous-estimés, si bien que les constructeurs n’envisagent pas une commercialisation avant 5 à 10 ans. Ne soyez pas triste, car les recherches menées par les constructeurs n’ont pas été sans résultats. Certains modèles de voiture actuellement commercialisés savent déjà se garer tout seul. Et les constructeurs vont proposer dans les années qui viennent de plus en plus de modèles "semi-automatisés" capables de freiner automatiquement ou d’éviter un obstacle.

En attendant, dans la Quotidienne Pro, j’ai de nouveau formé un duo de choc avec Mathieu Lebrun pour vous recommander un constructeur automobile européen, fortement impliqué dans la voiture sans pilote. Mais la principale raison pour laquelle nous vous le recommandons tient en un mot : euro ! Car ce grand exportateur profite à fond de la baisse de l’euro. Le moment parfait pour miser sur sa croissance future ! Rendez-vous tout de suite dans la Quotidienne Pro.

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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