Utilisez les gaps pour trader

Rédigé le 4 mars 2010 par | La quotidienne Imprimer

Par Mathieu Lebrun (*)

En analyse graphique, le trou de cotation (ou gap) est un élément essentiel pour mesurer la force d’une tendance. Un gap est une zone dans laquelle le prix n’a pas coté.

Donc, sur un graphique journalier, et dans l’hypothèse d’une tendance haussière, il survient quand un titre ouvre au-dessus du cours de clôture de la veille.

On distingue trois types de gap selon leur place à l’intérieur d’un mouvement — ils interviennent d’ailleurs souvent en séquence. Je vais revenir ici, exemples à l’appui, sur les différents types de gaps constatés dernièrement sur le marché, et sur la manière de les trader.

Le breakaway gap : une nouvelle tendance s’amorce Le premier gap est dit de rupture (ou breakaway). Caractéristique d’un retournement de tendance, il a en général une taille importante, des volumes de transaction très élevés et est rarement comblé en intégralité.

Par la suite, ce type de gap sert souvent de support ou de résistance. Enfin, on peut souvent assimiler un gap de rupture à une vague 1 dans la théorie des vagues d’Elliot. Vous pouvez relire mon précédent article dans le Billet du Trader sur Elliot pour mieux comprendre.

Ce qui s’est passé sur Unibail-Rodamco, le 9 février, illustre parfaitement cette notion de rupture. En effet, après plusieurs semaines de hausse, matérialisées par deux lignes de tendances ascendantes (en pointillés), un gap de rupture est apparu sur le titre, dans de forts volumes, annonçant un changement majeur de tendance.

L’importance de ce gap est d’autant plus grande qu’il s’est formé à l’intersection exacte entre les deux droites haussières, ce qui renforce donc son caractère de retournement.

En conséquence, le gap ayant eu lieu dans une zone 155/150 euros, il y a de fortes chances que la borne haute de cette région (155 euros) ne soit pas dépassée à court terme.

Graphique d'Unibail Rodamco

Le runaway gap : la tendance se poursuit Le deuxième type de gap, dit de continuation (ou runaway), intervient lui dans le sens de la tendance. Ce gap se forme généralement à mi-parcours du mouvement et traduit donc une prolongation. Jetez un oeil au graphique de SUEZ ENVIRONNEMENT ci-dessous. Observez bien le gap de type runaway qui est intervenu le 26 août dernier.

L’élément important ici est de constater qu’il s’est formé au coeur de la tendance. Ce gap est intervenu au milieu d’une tendance haussière initiée à la mi-mars (par un gap de type breakaway) et qui s’est ensuite poursuivie. Son caractère très impulsif permet souvent de l’assimiler à une vague 3 dans la théorie d’Elliott.

Graphique de Suez Environnement

L‘exhaustion gap : la tendance s’achève Enfin, et pour finir, le gap dit d’essoufflement (ou exhaustion). Ce trou de cotation intervient, lui, en fin de mouvement et, comme son nom l’indique, matérialise l’épuisement de la tendance. Dit autrement, le marché est à bout de souffle. Dès lors, dans les jours qui suivent ce gap est souvent rapidement comblé. Ce comblement constitue alors un signal de retournement de tendance. En Elliott, on trouve souvent ce gap dans la vague 5 d’un mouvement. Regardez le graphique d’Accor ; il parle de lui-même.

Graphique d'Accor

Après plusieurs séances de baisse, le titre ouvre, le 17 juillet, en gap baissier. Il pourra alors être assimilé à un exhaustion gap car, dans les jours qui ont suivi, il a été rapidement comblé. Le consensus vendeur était épuisé, la tendance venait de s’inverser.

Savoir interpréter les signaux Plutôt que de tenter d’anticiper leur formation — exercice par ailleurs très périlleux –, il vaut mieux observer l’endroit où intervient le gap dans la tendance, afin de comprendre d’où les cours viennent et ainsi mieux percevoir à quel stade nous en sommes dans le mouvement global.

Il est également important d’interpréter la réaction des cours suite à cet écart inhabituel (comblement rapide ou non, accélération directe…). Avec une bonne interprétation de ces paramètres, vous aurez alors de très bons indices quant au directionnel à venir des cours. C’est notamment une info très importante quand vous jouez sur des produits à effet de levier (comme moi, en ce moment, les CFD) car cela vous permet d’ajuster votre risk/reward en fonction de la tendance et de l’impulsion que vous avez détectées.

[NDLR : et bientôt, vous pourrez profiter chaque jour de l’analyse de Mathieu sur les CFD… restez à l’écoute !]

(*) Mathieu Lebrun est un analyste professionnel aguerri. Il a commencé chez Fortis Banque puis a rapidement intégré la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires.

En 2004, il intégrait un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient le diplôme d’Analyse Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis). Il se forge alors une expérience sur les produits dérivés. Il participe régulièrement au Billet du Trader.

Mots clé : -

Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

En savoir plus sur Agora Trading.

Un commentaire pour “Utilisez les gaps pour trader”

  1. Un article pédagogique intéressant ; une analyse quotidienne sur les CFD sera la bienvenue
    Merci

Laissez un commentaire