Avec Trump, nous entrons dans une période d’incertitudes

Rédigé le 27 janvier 2017 par | Macro éco et perspectives Imprimer

Après le paradis, le purgatoire : voici ce qui attend les marchés financiers car Donald Trump, à force d’agir sans réfléchir, finira par mettre le feu aux poudres.

La semaine dernière, avant même d’être investi, il délivrait son avis sur le dollar.

Le dollar, notre problème

Certains d’entre vous se rappellent peut-être qu’en 1971, le secrétaire d’Etat américain au Trésor, John Connally, avait déclaré, face à des pays européens qui s’inquiétaient de la fluctuation du dollar : « le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème ».

A cette époque du dollar-Roi, les pays du monde entier n’avaient qu’à s’adapter à la devise américaine. Il n’y avait aucun « contrepouvoir » de taille.

Mais les temps ont bien changé depuis. Le dollar n’est plus seul maître à bord et doit cohabiter avec l’euro, le yen, le yuan ou le rouble. Autant de zones monétaires qui pèsent au niveau du commerce international, et avec lesquelles les Etats-Unis sont obligés de trouver des compromis.

Or Trump a commencé, le week-end du 14 janvier, par fustiger la force du billet vert. Deux jours après, son secrétaire d’Etat au Trésor, Steven Mnuchin, a indiqué que le dollar devait être fort à long terme… Un premier cafouillage qui a conduit à une forte volatilité sur le marché des changes.

Si Trump s’inquiète d’un dollar fort, il n’est pourtant pas sans savoir que son programme (enfin… ce que l’on en sait) est très inflationniste.

Or qui dit inflation, dit hausse des taux… et qui dit hausse des taux, dit appréciation de la devise – surtout que les autres zones monétaires gardent des politiques accommodantes (Europe et Japon en tête).

Une politique de la confrontation

Autre faux pas, au bout de quelques jours : les délocalisations – la bête noire de Trump. Là encore, le président a parlé trop vite en admonestant BMW qui planifiait de produire ses Série 3 au Mexique d’ici deux ans.

Sauf que… la plus grande usine de BMW au monde se situe aux Etats-Unis, en Caroline du Sud et, depuis sa construction en 1994, BMW a investi dans cette usine environ neuf milliards de dollars, créant près de 40 000 emplois en tenant compte des sous-traitants locaux. Aïe…

Pour l’instant, les marchés et les grosses entreprises font mine de laisser passer… Mais je doute que d’autres interlocuteurs soient si laxistes avec l’enfant gâté de Washington.

La Chine, le président de la Corée du Nord, l’Europe même pourraient ne pas aussi bien réagir en cas de tweet provocateur. Trump pourrait se lancer dans une guerre commerciale avec la Chine, vouloir pousser à la démission Janet Yellen ou encore se fâcher définitivement avec son voisin mexicain.

Personnellement, avoir un enfant gâté hystérique à la tête des Etats-Unis ne me donne pas envie de rire… Nous entrons dans une ère d’incertitudes, de grande instabilité et je trouve cela bien triste. [NDLR : Maintenant que l’assurance-vie est en danger… Où trouver jusqu’à 15% de rendement dans des conditions fiscales avantageuses ? Cliquez ici pour la réponse !]

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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