Trump va-t-il déclencher un krach boursier ?

Rédigé le 23 mars 2017 par | Indices & Actions Imprimer

Alors, petite correction ou retournement des marchés ? Après une très mauvaise séance à Wall Street, mardi dernier, la question est posée.

Et pour le moment, la réponse est plutôt optimiste. Hier, le CAC 40 s’est repris en fin de séance et a clôturé en baisse de 0,15%. Du côté de Wall Street, le Dow concluait en très légère baisse de 0,03% tandis que le S&P 500 et le Nasdaq gagnaient respectivement 0,19% et 0,48%.

Tout danger est-il complètement écarté ? Non. Et c’est ce qu’explique très bien Mathieu Lebrun dans La Bourse au Quotidien :

En ce jeudi, les marchés vont se focaliser sur deux choses. D’une part, le discours de Janet Yellen en début d’après-midi, mais surtout sur le vote de la Chambre des représentants sur le projet de réforme de l’Obamacare.

Car les économies attendues de la réforme de la santé constituant l’une des principales sources de financement du programme d’allègement fiscal promis par Donald Trump, un vote négatif remettrait en question les promesses du président.

Or le rally de Wall Street ayant en grosse partie été alimenté par ces espoirs de baisses d’impôts massives, cela risquerait évidemment de ne pas plaire aux marchés.

Trump est devant un casse-tête. D’un côté, il a promis d’importantes réductions fiscales, ainsi qu’une augmentation du budget de la Défense et des investissements massifs dans les infrastructures – en clair, plus de dépenses, moins de recettes.

De l’autre, il n’a toujours pas l’accord du Congrès pour augmenter le niveau légal de la dette américaine.

A très court terme, il lui faut donc effectuer des coupes claires dans le budget de l’Etat pour financer drones, gardes-frontières et routes. Or l’exercice s’avère plus compliqué que prévu. Son projet de budget 2018 et ses coupes budgétaires pour la recherche médicale, la culture, l’éducation, l’environnement, le logement suscitent une vive opposition. De même que la réforme de l’Obamacare.

Pourtant, Trump n’a pas le choix, il doit convaincre le Congrès de le suivre. Au risque d’alimenter les craintes des marchés.

Voilà pour le côté américain.

De ce côté-ci de l’Atlantique, la situation est tout aussi inextricable mais, cette fois, c’est la BCE qui a un problème avec l’inflation. Avec des économies aussi diverses que celle de la Grèce, de l’Espagne ou encore de l’Allemagne, fixer et atteindre ses objectifs en matière d’inflation s’avère complexe – et surtout dangereux.

Pour Nick Hubble, l’inflation – et sa gestion par la BCE – pourrait faire exploser la zone euro. Si je ne partage pas son pessimisme sur l’avenir de la monnaie unique, il me semble cependant qu’il met le doigt sur une des faiblesses les plus critiques de la zone euro.

Mots clé : - - -

Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

Laissez un commentaire