Trois manières d’utiliser le bitcoin dans la vraie vie

Rédigé le 12 juin 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

Il y a quelques jours, notre expert technologique Sam Volkering et moi-même avons échangé quelques e-mails au sujet du bitcoin. Sam est un ami que je connais depuis environ six ans. Je compte sur lui pour m’aider à comprendre ce qui se passe dans le monde de la technologie.

Je me suis dit que notre conversation était un outil nettement plus utile que les articles habituels pour vous aider à découvrir et à comprendre le bitcoin. Il traite les vraies questions, plutôt que de se contenter de vous fournir des informations. J’ai donc réarrangé nos échanges pour en faire une interview et rendre le tout plus digeste.

J’espère que vous apprécierez, et que cela pourra vous convaincre de sauter le pas, avec le bitcoin… ou au moins de glisser un orteil dans le grand bassin, pour vérifier que la température vous convient.

Nick : Le bitcoin a progressé de 100% depuis que vous en avez parlé pour la première fois. Êtes-vous riche, désormais, et allez-vous bientôt prendre votre retraite ?

Sam : Non, pas du tout. Si c’était mon plan, il faudrait que je vende mes bitcoins pour acheter de la monnaie fiduciaire. Et je ne suis encore de loin pas prêt à le faire. Dans l’idéal, je préférerais ne jamais le faire, j’utiliserais plutôt des bitcoins pour acheter des choses dans le monde physique. Et puis, les cryptomonnaies ne font pour l’instant que leurs premiers pas.

Nick : Vous dites cela sans arrêt, mais je ne connais pas grand monde qui ait vraiment acheté des bitcoins pour l’instant.

Sam : C’est vrai, raison de plus de se réjouir ! Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas encore de quoi il s’agit : une fois qu’ils seront au courant, le prix grimpera plus encore.

Et bien sûr, beaucoup de personnes qui achètent des bitcoins ne veulent pas trop en parler, pour plusieurs raisons. L’une est que même eux ne comprennent pas encore tout, l’autre est qu’ils ne veulent pas non plus que les autorités soient trop au courant.

L’une des raisons pour lesquelles les gens n’en ont pas encore acheté est aussi qu’ils ne comprennent pas pourquoi ils devraient le faire.

Le bitcoin à trois aspects, et généralement, la confusion vient du fait que les trois se mélangent. On peut l’utiliser, l’échanger et y investir. Personnellement, je m’intéresse aux trois.

Investir n’est pas compliqué. On achète des bitcoins, on les stocke dans un endroit sûr, comme dans un disque dur externe ou dans une clé USB, et puis on attend, en espérant que le prix va grimper. Étant donné que le nombre de bitcoins est limité et que leur utilisation est de plus en plus fréquente, le prix devrait augmenter, à long terme… Mais la route sera semée d’embûches.

Nick : C’est une stratégie que quelqu’un que je connais utilise : il ne comprend pas le bitcoin, ne sait pas comment l’utiliser, mais a quand même gagné une jolie somme grâce au seul mécanisme économique. Par contre, il se repose sur les bénéfices supposés si le bitcoin se maintient. Se maintiendra-t-il ?

Sam : Le bitcoin est le premier de son espèce, et il a déjà traversé bon nombre de crises. Mais sa base est solide, et fonctionne. Les problèmes rencontrés actuellement sont des petits soucis de rodage. Le bitcoin est vraiment nouveau, un enfant en bas âge. Mais à mesure qu’il acquerra des années et de la maturité, il aura des conséquences dévastatrices sur le système banquier et financier traditionnel.

Nick : Ce qui nous amène aux deux autres options. J’ai parlé du bitcoin en tant qu’occasion de tirer profit de l’incertitude géopolitique. Les crises au Venezuela, à Chypre et au Moyen-Orient ont toutes fait progresser le bitcoin, tout comme les contrôles du capital mis en place par la Chine, étant donné que les gens tentent de retirer leur argent du système bancaire. Qu’avez-vous pensé de mon idée d’utiliser le bitcoin pour profiter de ce genre d’événements à l’avenir ?

Sam : L’idée est excellente, mais je ne vous laisserai pas affirmer que vous en êtes l’auteur ! Il y a une chose à noter concernant le bitcoin. Contrairement aux autres manières de se protéger d‘une crise, le bitcoin devient populaire en période de crise parce qu’il y est utile, pas pour des raisons spéculatives.

Les gens, au Venezuela, n’utilisent pas le bitcoin comme position financière. Ils achètent des choses en ligne, sur le « deep web » clandestin, et leur font passer la frontière en contrebande. Au Venezuela, le bitcoin est plus sûr et plus fiable que la monnaie nationale.

La même chose est vraie pour les Chinois et les Japonais. Ils utilisent le bitcoin, mais pas seulement pour y investir. Cela fait du bitcoin un bien meilleur moyen de profiter des crises. Il a de nombreux avantages par rapport à l’or, notamment ces derniers temps. Il est électronique, accepté par certaines entités commerciales comme mode de paiement… vous pouvez aussi en acheter et en vendre sans sortir de chez vous. Et contrairement à d’autres secteurs comme la bourse ou les marchés monétaires fiduciaires, vous pouvez acheter et vendre des bitcoins 24h sur 24, 7j/7, 365 jours par an.

Nick : Le bitcoin est-il une bonne manière de profiter d’une crise bancaire en Europe ?

Sam : Sans aucun doute ! Cela pourrait être une transaction extraordinaire. Cela a en tout cas très bien fonctionné à chaque fois que la Grèce a eu du mal à négocier un accord avec ses créditeurs, comme c’est le cas en ce moment. Et pendant la crise des banques chypriotes en 2013, les prix du bitcoin ont bondi de manière folle ! Une grande crise en Europe aurait le même effet, mais décuplé.

Le bitcoin fonctionne déjà très bien en Europe. Comme Charlie Morris nous le répète sans cesse, on peut acheter du vin à Chamonix et payer en bitcoin. Vous m’avez dit vous-même qu’il y avait un café à Bordum en Turquie doté d’un symbole « nous acceptons les bitcoins », un « B » mélangé avec le signe du dollar. L’une des quatre grandes entreprises comptables a aussi un distributeur de bitcoins dans ses bureaux de Suisse, et il y en a un autre à Athènes.

L’entreprise de distributeurs automatiques de bitcoin Bitlish prévoit aussi d’ouvrir 5 000 nouveaux distributeurs automatiques dans toute l’Europe cette année. Il y en a déjà 68 d’opérationnels au Royaume-Uni.

Si une crise bancaire se déclare en Europe, elle fera passer les crises vénézuéliennes et chypriotes pour de la petite bière. Et le bitcoin est une vraie solution pour les personnes qui ont souffert des conséquences des banqueroutes…

Si les Européens se tournaient en masse vers le bitcoin, l’explosion de la demande serait tout à fait extraordinaire, et décuplerait le prix de cette cryptomonnaie.

Nick : Voilà pour l’échange de bitcoins. Mais pour son utilisation ? Je ne connais pas grand monde qui ait déjà utilisé des bitcoins. Une amie a utilisé cette monnaie en voyage. Dans chaque pays qu’elle a visité, elle a versé des bitcoins à ses amis en échange de monnaie locale, pour éviter les frais, les commissions ou les taux de change. Une idée de génie.

Sam : Le bitcoin suit la transition typique de toutes les nouvelles technologies, qui sont, au départ, inutilisables mais intéressantes avant de devenir révolutionnaires. C’est une bonne chose. Le principe du bitcoin doit être testé en théorie avant de devenir une partie intégrante de notre économie. Mais si l’on se penche sur ce que le bitcoin et la blockchain permettent déjà de faire aujourd’hui, on se rend compte que c’est remarquable. Ce qui nous attend encore a de quoi donner le vertige.

Je pense que les avantages pratiques du bitcoin et de la blockchain sont si immenses que personne ne pourra s’y opposer avec succès. Mais vos lecteurs ne s’intéressent sans doute pas beaucoup aux changements qui s’annoncent pour le secteur bancaire ou aux contrats qui pourraient bientôt se remplir tout seuls. Ils veulent surtout savoir comment utiliser les bitcoins aujourd’hui s’ils se donnent la peine d’en acheter.

Eh bien, l’utilisation internationale des bitcoins, comme ce qu’a fait votre amie, est un excellent début. On peut échanger des bitcoins avec des voyageurs pour obtenir de la monnaie locale. Dans ma maison en Australie, les bureaux de change pratiquent des tarifs totalement absurdes. Et le bitcoin est divisible, donc il est facile de verser l’équivalent précis de ce que votre ami peut vous fournir en liquide.

Et puis, de nouvelles entreprises développent actuellement des cartes de paiements en cryptomonnaies, qui fonctionnent comme votre visa. Il suffit d’aller sur internet pour remplir votre portefeuille numérique sur votre téléphone de bitcoin, par exemple. Celui-ci est ensuite lié à une carte de paiement que l’entreprise vous fournit.

Vous pouvez ensuite utiliser cette carte dans toutes les enseignes qui acceptent les cartes VISA, et au lieu de déduire le montant de votre compte en banque, le montant sera traduit en bitcoin. Il n’y a donc pas de commission de change, pas de frais bancaires, pas de taux de change interbancaires, pas d’intermédiaires ni financiers ni d’aucun autre genre…

Vous pouvez utiliser cette carte de paiement partout dans le monde. C’est la magie du bitcoin. Il n’a pas de frontières, et permet de court-circuiter le système bancaire traditionnel.

Les gens, les fonds et les idées qui ont abouti au bitcoin et aux autres cryptomonnaies ne vont pas tarder à aboutir à une explosion de la demande. [NDLR : En quoi le bitcoin peut-il vous être utile aujourd’hui en France ? Notre Rapport Spécial vous dit tout sur ce sujet… et bien sûr comment vous en procurer.]

 

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Nick Hubble
Nick Hubble

Diplômé de la prestigieuse université Bond en Finance, Economie et Droit, Nick Hubble est aujourd’hui chroniqueur pour différentes publications financières en ligne telles que « The Daily Reckoning Australia » et « The Money Life Letter« .

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