voiture autonome – La Quotidienne de la Croissance http://quotidienne-agora.fr Investir sur la croissance Fri, 15 Dec 2017 10:30:24 +0000 fr-FR hourly 1 2018, l’année des taxis autonomes http://quotidienne-agora.fr/voitures-taxis-autonomes/ http://quotidienne-agora.fr/voitures-taxis-autonomes/#respond Mon, 11 Dec 2017 10:29:03 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70886 taxis autonomes

C'est désormais officiel : des taxis autonomes circuleront sur la voie publique dès l'année prochaine. Nissan Motor a annoncé il y a quelques jours que ses premiers exemplaires de taxi entièrement automatisés seraient mis en circulation au Japon dès le mois de mars 2018.

La première phase de test durera une quinzaine de jours durant lesquels ces véhicules seront disponibles dans les rues de Yokohama, ville du siège social de l'entreprise.

Les utilisateurs pourront tester le concept dans son intégralité : réservation depuis une application mobile, paiement en ligne sécurisé, et bien sûr déplacement totalement géré par l'électronique du véhicule.

Nissan annonce d'ores et déjà le déploiement commercial de ces taxis pour 2020.

Nous vous annoncions depuis quelques temps dans La Quotidienne et NewTech Insider que les voitures autonomes s'approchaient irrésistiblement de la commercialisation.

L'année prochaine va marquer le coup d'envoi de ce marché prometteur – et sa démocratisation pourrait arriver bien plus vite qu'on ne le pense.

Nissan

Le véhicule autonome Nissan - Crédit : Nissan Motor

Pourquoi n'avons-nous pas déjà tous une voiture autonome ?

Les laboratoires de recherche ont dans leurs hangars des prototypes de véhicules autonomes (plus ou moins adaptés à la circulation en conditions réelles) depuis plus d'une décennie.

Tesla a équipé ses voitures d'un autopilot dès 2014. Même s'il s'agit plus d'un dispositif d'aide à la conduite que d'un vrai pilote automatique, l'autopilot est capable d'assurer en totale autonomie près de 90% des trajets extra-urbains.

Pourtant, les véhicules semi-autonomes sont encore réservés à une minorité de clients technophiles. Pour M. et Mme Tout-le-monde, la voiture qui se conduit seule reste de la science-fiction.

Est-ce un problème de prix ? Le coût des Tesla les rend inaccessibles à la plupart des bourses.

Est-ce un problème d'intérêt ? Finalement, conduire n'est peut-être pas si déplaisant pour tous les conducteurs qui font le choix de ne pas prendre les transports en commun.

La réponse est probablement "un peu des deux".

Le gain apporté par le confort d'un véhicule qui se conduit seul ne justifie pas, pour les particuliers, de dépenser une fortune pour l'acquérir. De même, le législateur ne semble pas pressé de prévoir les textes qui encadreront l'utilisation de véhicules autonomes par les particuliers.

Alors, le véhicule autonome a-t'il vocation à être un marché de niche comme l'est le transport par hélicoptère ?

Les annonces de Nissan nous font espérer le contraire.

Le taxi comme moteur

Il est intéressant de constater que l'arrivée de la voiture autonome est hâtée par les besoins de l'industrie du transport de personnes.

Comme toutes les nouvelles technologies, la voiture autonome ne se diffusera que si elle est attirante ou rentable.

Laissons de côté l'aspect de l'attrait qui sera déterminé par l'efficacité du marketing et les évolutions sociales.

La rentabilité n'est pas là pour les particuliers – rares sont les passagers qui peuvent gagner de l'argent en travaillant dans une voiture, même autonome.

En revanche, les sociétés de transport de personnes ont tout à gagner à disposer de flottes de véhicules autonomes. Ces taxis de nouvelle génération feront l'impasse sur l'élément le plus cher et le moins fiable de leur activité : le chauffeur.

Un taxi autonome ne se fatigue pas, il peut travailler 24h/24, ne demande pas de salaire et ne fait pas d'opération escargot sur le périphérique. Pour les gestionnaires de flottes, la gestion de l'humain au volant est un problème qui disparaît.

C'est donc tout naturellement vers ce marché que s'engagent les constructeurs qui souhaitent produire en masse des voitures autonomes.

En proposant des véhicules pensés pour le transport de personnes plutôt que pour les trajets particuliers, ils s'engagent sur un marché où les acheteurs potentiels piaffent d'impatience.

Pourquoi cette annonce est-elle importante ?

Jusqu'ici, les véhicules autonomes étaient présentés comme de l'innovation technologique plutôt que de l'industrie.

Tesla et ses voitures qui se mettent à jour automatiquement a réussi à faire croire que la question de la voiture autonome se résume à une problématique logicielle. Cet écran de fumée a fait oublier un temps qu'une voiture autonome doit aussi disposer de solides capteurs (dont ne disposent pas les Tesla Model S), et qu'une production de série nécessite un sérieux outil industriel.

Google a longtemps été sous le feu des projecteurs avec ses véhicules autonomes qui sillonnent depuis des années – et avec succès – les routes de Californie.

Apple a aussi eu, un temps, une division chargée de l'élaboration d'une voiture autonome.

google-car

Et si ceci n'était finalement pas le futur de l'automobile ? - Crédit : Alphabet

Pourtant, l'arrivée des taxis autonomes sur le marché se fait aux couleurs de Nissan, un constructeur existant depuis plus de 100 ans. Cela signifie que le rôle des entreprises technologiques sur ce marché va redevenir rapidement mineur. Google et Apple pourront continuer à travailler sur le recueil de données et l'intégration avec leurs smartphones.

Les fondeurs et fabricants de processeurs pourront continuer à développer leurs systèmes de guidage qu'ils revendront aux constructeurs. Ils deviendront des équipementiers à peine plus importants que ne l'est Philips qui fournit aujourd'hui les ampoules des phares.

Les grands gagnants seront les constructeurs qui, étant le dernier maillon de la chaîne de valeur, pourront imposer leurs prix aux sociétés de transport de personnes impatientes d'acquérir des véhicules autonomes.

Quelles conséquences pour vos investissements ?

L'annonce de Nissan prouve, comme nous l'avons longtemps suspecté, que les constructeurs historiques n'étaient pas endormis pendant que les nouveaux venus comme Google et Tesla multipliaient les communications fracassantes.

Si Nissan se permet d'annoncer un test grandeur nature de son offre au mois de mars 2018, cela signifie que ses véhicules sont prêts, testés et re-testés depuis bien longtemps. En évoquant simultanément une production en masse pour 2020, le constructeur affiche son entière confiance dans le bon déroulement de ce test.

Trois ans représentent un claquement de doigts à l'échelle de l'industrie automobile.

L'arrivée imminente de ces véhicules va avoir des conséquences sur plusieurs industries. Les Uber et autre Lyft, qui sont actuellement dans la tourmente à cause de leurs tracasseries administratives, ne sont peut-être pas si mal en point qu'ils essaient de le faire croire.

Bien sûr, leur modèle économique actuel est condamné. Les chauffeurs refusent de se faire exploiter et le législateur tente par tous les moyens de les empêcher de mener à bien leur dumping social. Cela n'aura qu'un temps.

Les chauffeurs précaires utilisés par ces sociétés ne sont qu'un pis-aller en attendant l'arrivée des véhicules autonomes. Dès qu'elles pourront se passer de cette masse salariale, le business model sera transformé et leurs pertes abyssales pourraient bien se transformer en bénéfices insolents. Ne les enterrons pas trop tôt.

Tesla va garder, au moins pour un temps, sa mainmise sur le marché du véhicule autonome désirable. Si les constructeurs se focalisent sur le rentable, il restera toujours une place pour des voitures de luxe autonomes. L'entreprise Tesloop, qui propose des trajets quasi-automatisés en Tesla, montre même qu'il est possible de se placer à l'intersection de ces deux marchés.

Reste bien sûr à savoir si Tesla arrivera à être rentable avant que les pertes n'aient raison de la patience de ses investisseurs.

Enfin, les constructeurs automobiles qui produiront les véhicules autonomes seront aux premières loges pour récolter les bénéfices de ce nouveau marché.

Un arbitrage des valeurs technologiques surcotées vers les constructeurs à la pointe de l'innovation comme le groupe Renault (FR0000131906) sera la meilleure stratégie pour profiter de l'arrivée des véhicules autonomes.

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Misez sur la véritable automobile de demain http://quotidienne-agora.fr/misez-automobile-demain/ http://quotidienne-agora.fr/misez-automobile-demain/#respond Wed, 24 May 2017 09:30:47 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69663 automobile

Comme nous l'avons vu hier, après une traversée du désert, le marché de l'automobile – en particulier en Europe – se reprend. Un des moteurs de cette reprise est l'innovation technologique. Voitures plus sûres, plus connectées, plus "vertes", plus autonomes incitent au renouvellement du parc automobile.

Misez sur le rêve, et sur ce qui est certain

Quel que soit le secteur, le mot innovation fait immédiatement rêver. C'est une promesse de renouveau, de rupture technologique et, in fine, de chiffre d'affaires accru. L'automobile ne fait pas exception. Impossible d'échapper à la déferlante d'actualité sur la voiture autonome et les espoirs qu'elle suscite.

Investir directement dans la voiture autonome est cependant risqué à plusieurs titres. Tout d'abord, si le marché est hyper-technologique, de nombreuses sociétés en manque de diversification s'y lancent.

Voici la liste, par ordre chronologique, des entreprises qui ont reçu l'autorisation du DMV américain (en charge des immatriculations et des problématiques routières) de faire rouler des voitures autonomes en Californie :

- Volkswagen Group of America
- Mercedes Benz
- Google
- Delphi Automotive
- Tesla Motors
- Bosch
- Nissan
- GM Cruise LLC
- BMW
- Honda
- Ford
- Zoox, Inc.
- Drive.ai, Inc.
- Faraday & Future Inc.
- Baidu Etats-Unis LLC
- Wheego Electric Cars Inc.
- VALEO North America, Inc.
- NextEV Etats-Unis, Inc.
- Telenav, Inc.
- NVIDIA Corporation
- AutoX Technologies Inc
- Subaru
- Udacity, Inc
- Navya Inc.
- Renovo Motors Inc
- UATC LLC (Uber)
- PlusAi Inc
- Nuro, Inc
- CarOne LLC
- Apple Inc.

Vous reconnaissez bien sûr les grands constructeurs automobiles qui se sont lancés très tôt dans la Recherche & Développement pour pouvoir proposer au plus vite des voitures autonomes à leur catalogue.

D'autres, comme Uber, comptent sur les véhicules autonomes pour augmenter leurs marges dans le cadre de leur activité de transport – rien ne dit qu'Uber ait pour projet de commercialiser ses voitures.

Enfin, l'arrivée des grands noms de l'Internet comme Google, Baidu et Apple est symptomatique d'une industrie high-tech en mal d'idées de diversification.

Vous le voyez, la liste des acteurs est déjà longue. Choisir un champion en espérant qu'il sera le premier à mettre un véhicule autonome sur le marché relève plus du pari que de l'investissement. Avec une trentaine d'acteurs identifiés, vos probabilités sont les mêmes qu'en misant à la roulette au casino... avec un potentiel de gain bien plus faible !

L'autre point de vigilance est dans le contexte juridique. Que l'on parle de l'Amérique du Nord ou de l'Europe, la législation n'est toujours pas adaptée à la vente de véhicules autonomes. Le législateur est déjà extrêmement frileux quand il s'agit d'autoriser les constructeurs à effectuer les tests nécessaires à l'élaboration technique : l'autorisation de mise en circulation à grande échelle n'est pas pour demain.

La législation s'adaptera, c'est une certitude, mais le calendrier est pour l'instant inconnu. Ce risque législatif est d'autant plus important que rien n'empêche les grands groupes de faire jouer à fond leurs lobbyistes pour verrouiller le marché avec des lois sur-mesure.

Le dernier signal faible à prendre en compte est celui du désengagement des acteurs. Selon les dernières rumeurs californiennes, Apple aurait suspendu son projet de voiture autonome (sobrement nommé Titan). La raison ? Il serait difficile de s'improviser constructeur automobile. La gestion d'une chaîne de production de véhicules serait trop risquée pour l'entreprise la plus riche de la planète.

Cet abandon est une marque de pragmatisme de la part d'Apple. Bien sûr, la firme aurait les moyens de devenir ce qu'elle veut – y compris un constructeur automobile de renom. Sa trésorerie est d'ailleurs supérieure à la capitalisation boursière de tous les constructeurs existants. Elle pourrait donc sortir le chéquier et acquérir le savoir-faire qui lui manque. Malgré tout, elle a décidé de jeter l'éponge quant à la fabrication des véhicules.

Il est intéressant de voir que, pendant ce temps, Tesla continue à avoir l'ambition de devenir un constructeur de référence. Elle n'a, aujourd'hui, ni l'expérience en interne ni les moyens de l'acquérir.

Pour ne pas tomber dans le piège de l'investissement-casino, la prudence nous interdit de choisir un unique constructeur et d'espérer qu'il devienne le leader de la voiture autonome.

Je vous propose aujourd'hui un investissement à la fois ambitieux et sûr puisqu'il vise un acteur qui se trouve dans une position privilégiée. Déjà exposé au marché de l'automobile traditionnelle, il a la chance d'avoir fait ses preuves et de profiter de la reprise récente des immatriculations. Il investit également énormément en R&D et conçoit ses propres systèmes de conduite autonome adaptables à tous les véhicules.

Quels que soient les gagnants de la course à la voiture autonome, il y a de fortes chances que ses systèmes se retrouvent dans les modèles mis sur le marché. Après tout, les constructeurs ne sont pas masochistes : pourquoi prendre le risque de financer en interne de la R&D si des systèmes équivalents existent sur une étagère ?

En 2017, le métier de constructeur automobile est une activité de conception globale de véhicules et de logistique lourde. Les ingénieurs ne travaillent que sur les parties nobles des voitures, et la production en série des sous-systèmes est le plus souvent sous-traitée.

Si les constructeurs ne conçoivent pas les phares ni les ordinateurs de bord de leurs voitures, il y a fort à parier qu'ils ne concevront pas plus les électroniques de conduite autonome de leurs futures gammes.
[NDLR : Et pour cela, ils feront appel à la valeur française que vous a recommandée Etienne dans le dossier spécial de NewTech Insider consacré au renouveau de l'automobile. Une valeur qui rend les voitures plus sûres et progressivement plus autonomes... et qui est déjà présente dans presque tous les véhicules produits en Europe. A découvrir dans NewTech Insider made in France !]

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Investissez sur le renouveau de l’automobile http://quotidienne-agora.fr/investissez-renouveau-automobile/ http://quotidienne-agora.fr/investissez-renouveau-automobile/#comments Tue, 23 May 2017 09:30:13 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69655 automobile

L'automobile a façonné nos sociétés occidentales. La possibilité de déplacements individuels sur de grandes distances indépendamment des contraintes des transports en commun a permis aux travailleurs d'aller chercher des emplois éloignés de leur domicile et aux vacanciers de partir plus loin, plus souvent.

Notre économie et nos villes se sont développées autour de l'usage quotidien de la voiture individuelle. Puis, avec sa diffusion dans une part de plus en plus large de la population, posséder une automobile est devenu banal.

Tous les véhicules du marché devenant capables de transporter plusieurs passagers d'un point A à un point B à vitesse comparable, les acheteurs ont cessé de se focaliser sur l'aspect fonctionnel.

Dans les trajets travail/domicile du quotidien (qui représentent la majorité des kilomètres parcourus par les Français) rouler dans une antique Twingo ou à bord d'une Mercedes flambant neuve ne change absolument rien en termes de temps de trajet. La fiabilité des voitures a tellement progressé que tous les modèles, même les plus bas-de-gamme, sont capables de traverser la France de part en part sans nécessiter d'autres interruptions que deux ou trois arrêts à la pompe.

La voiture a progressivement quitté le rôle d'outil pour prendre celui de symbole de réussite sociale. Quoi de plus impressionnant que de montrer à son voisin ou à son beau-frère une voiture fraîchement ramenée de chez le concessionnaire lorsqu'elle représente un ou deux ans de ses revenus ?

voitures


Dans les années 1960, une voiture était avant tout un moyen de transport. Au XXIème siècle, l'aspect fonctionnel a totalement disparu du discours

Sources : Renault, Audi

La fin du plaisir de conduire ?

La montée en gamme des véhicules a été le moteur du marché de l'automobile sur toute la fin du XXème siècle, jusqu'à saturation. L'augmentation de la densité de population dans les métropoles a engorgé les axes de circulation. Aller travailler en voiture a cessé d'être un plaisir. Pour l'automobiliste contraint à ce mode de déplacement, les trajets sont devenus synonyme de frustration : coût, pollution, temps perdu, risque d'accident...

Une partie de plus en plus importante de la population s'est détournée de l'automobile pour préférer les déplacements à pied, à vélo ou en transports en commun pour les trajets du quotidien. Depuis la fin des années 1970, le nombre de permis de conduire de catégorie B est en baisse quasi-continue. Seuls 760 000 permis ont été délivrés en 2013, un chiffre jamais vu depuis 1963.

Ce changement dans les habitudes de déplacement a profondément bouleversé l'image de la voiture chez les jeunes actifs. Préférant éviter de s'enfermer dans un habitacle pour les trajets travail/domicile, cette catégorie de la population ne voit plus l'objet comme un achat désirable ou même nécessaire. Avec la perte de cette utilité fonctionnelle, la voiture a aussi perdu son rôle de marqueur de statut social.

La voiture ne fait plus partie des sujets de discussion de prédilection des jeunes urbains, et pour cause : ils n'en ont jamais eu et ne comptent souvent pas en acheter à court terme ! Ce sujet n'étant plus au centre de leurs préoccupations, ils sont moins sensibles aux traditionnelles images de marque lorsqu'ils passent à l'achat. Pourquoi acheter une Mercedes ou une BMW alors qu'une petite citadine fera l'affaire ? L'achat d'une voiture n'est plus un plaisir anticipé des mois à l'avance mais une dépense qui ne sera faite que lorsqu'elle est inévitable pour des raisons de changement de mode de vie.

Les nouvelles générations achètent et renouvellent leurs véhicules comme leur électroménager domestique, ce qui explique le marasme dans lequel les constructeurs automobiles se trouvent depuis une quinzaine d'années.

Le marché automobile touché par les subprime

Vous vous souvenez sans doute de la faillite et de la nationalisation de General Motors en 2009. La crise des subprime et la baisse d'activité mondiale ont été les éléments déclencheurs qui ont conduit au dépôt de bilan... mais la cause première des difficultés reste la baisse de l'activité du géant. Entre 2000 et 2009, le volume de vente du constructeur aux Etats-Unis s'était effondré, passant de cinq à deux millions d'unités annuelles.

Pour les actionnaires et les créanciers de GM, la perte a été lourde. Suite au dépôt de bilan, le groupe a été nationalisé à l'été 2009. La nouvelle entité, libérée de ses dettes, a connu une nouvelle introduction en Bourse fin 2010. Après des milliards de dollars de perte sèche, les investisseurs ont pu – timidement – revenir sur le dossier.

L'histoire a failli se produire à l'identique en France. En 2012, alors que l'effet de la crise des subprime commençait à s'estomper et que le CAC 40 débutait sa remontée fantastique, le groupe PSA s'enfonçait en pleine tourmente. Entre baisse des ventes, fermetures d'usines, dépréciations d'actifs et rumeurs de faillite, les marchés ne donnaient pas cher du constructeur.

Pendant ce temps Renault, son concurrent historique, tentait péniblement de remonter la pente après ses plus bas de 2009. Si la situation n'était pas aussi grave que chez Peugeot, le cours de Renault avait tout de même été divisé par 10 entre 2007 et 2009.

Même si la faillite a été évitée, voir un titre perdre 90% de sa valeur reste une expérience douloureuse pour un investisseur. Ceux qui ont eu le courage de ne pas jeter l'éponge sont aujourd'hui récompensés. La situation des constructeurs automobiles s'améliore sensiblement, les années de disette s'éloignent et les bilans repassent dans le vert.

La fin de la traversée du désert

Vous connaissez ma prudence quand il s'agit de surveiller la rentabilité des entreprises avant d'y investir. Si l'embellie du secteur n'avait été due qu'à un tour de passe-passe administratif comme la faillite de General Motors suivie d'une résurrection boursière quelques mois après, je ne vous conseillerais pas d'investir dans l'automobile.

Force est de constater que le secteur, dans son ensemble, va fondamentalement mieux. Les ventes de voitures particulières neuves ont progressé de plus de 5% en 2016. Au niveau européen, le nombre de voitures vendues dépasse les 14,6 millions – un nombre très proche du niveau d'avant-crise.

Globalement, l'amélioration touche de manière équivalente notre marché national et le marché européen. Cette similarité des situations est très rassurante sachant que notre pays est champion des subventions et primes en tout genre qui viennent fausser le jeu de l'offre et de la demande.

Or, vous le savez, les subventions ont tendance à disparaître du jour au lendemain. Dans le cas de l'automobile, où les primes d'Etat ont pu représenter plusieurs milliers d'euros au plus fort de la débauche d'argent public, ces subventions font et défont le marché national.

Il ne s'agit pas ici de nier en bloc les bienfaits du Keynésianisme. Lors des périodes de grosses primes à la casse, les subventions ont très certainement sauvé nos constructeurs nationaux. Nous pouvons donc nous féliciter de leur caractère à la fois important et temporaire.

Les phases de fortes subventions sont toutefois un drapeau rouge quand il s'agit d'investir dans un secteur. Une industrie habituée à vivre sous perfusion étatique se trouve en grande difficulté lorsque la manne se tarit.

Ce n'est, heureusement, plus que marginalement le cas sur notre marché français. Les chiffres européens, représentant des économies bien plus variées, viennent valider ce constat.

Le meilleur reste à venir

Les bonnes nouvelles de ces derniers mois sont d'autant plus positives qu'elles ne concernent que le renouvellement dit naturel du parc automobile. La crise des subprime, dont nous sentons encore les effets, est arrivée il y a une dizaine d'années. Les voitures ont continué à vieillir pendant ce temps. Sachant que l'âge moyen d'un véhicule particulier est d'un peu moins de neuf ans, il est logique que les commandes reprennent d'autant plus fort qu'elles avaient été retardées par les acheteurs.

Ce qui fait de l'automobile la cible idéale de vos investissements, c'est que de nombreuses innovations sont dans les cartons et ne demandent qu'à arriver sur le marché.

Avec ces nouveautés, les clients retrouveront la tentation de remplacer leurs véhicules toujours fonctionnels par des modèles plus récents... Un phénomène que le secteur n'avait pas vu depuis la fin des années 90 et la relative stagnation des gammes.

Un phénomène qui est en outre soutenu par la multiplication des innovations technologiques dans le secteur automobile. Voitures plus sûres, de plus en plus autonomes, de plus en plus connectées, de moins en moins polluantes. Autant de promesses qui vont inciter les automobilistes à changer de modèle.

Demain, je vous propose d'étudier comment en profiter en misant sur les technologies les plus prometteuses.

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Voiture autonome, électrique ou intelligente : Qu’attendre de l’automobile d’ici 2020 ? http://quotidienne-agora.fr/voiture-autonome-automobile-2020/ http://quotidienne-agora.fr/voiture-autonome-automobile-2020/#comments Tue, 11 Apr 2017 09:46:07 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69390 voiture autonome

La voiture individuelle occupe une place particulière dans notre quotidien. Symbole de l'émancipation, du raccourcissement des temps de trajets et de la réussite sociale dans l'après-guerre, son image a progressivement changé dans l'imaginaire collectif.

L'augmentation de la densité de population dans les métropoles a engorgé les axes de circulation. Aller travailler en voiture n'est plus nécessairement un plaisir. Pour l'automobiliste contraint à ce mode de déplacement quotidien, les trajets sont devenus synonyme de frustration : coût, pollution, temps perdu, risque d'accident...

Ce n'est pas un hasard si de nombreux Français délaissent souvent (voire totalement) ce moyen de transport.

Depuis la fin des années 1970, le nombre de permis de conduire de catégorie B est en baisse quasi-continue. Seuls 760 000 permis ont été délivrés en 2013, un chiffre jamais vu depuis 1963.

Une partie toujours plus importante de la population se détourne de l'automobile pour préférer les déplacements à pied, à vélo ou en transports en commun pour les trajets du quotidien. La tendance est d'autant plus significative qu'elle se constate également chez les jeunes actifs.

Autrefois, "passer le permis" et s'acheter une voiture d'occasion représentaient le symbole de l'arrivée dans la vie active. Les jeunes adultes d'aujourd'hui ne s'encombrent pas d'un engin cher, encombrant et polluant s'ils peuvent s'en passer - quitte à perdre en autonomie.

Malgré ce désamour, le recours quotidien à la voiture reste une obligation pour tous les Français qui n'ont pas le luxe de pouvoir s'en passer.

Si le prix des véhicules est relativement stable depuis le passage à l'euro, le coût total de possession (achat, entretien, assurance et carburant) grimpe année après année. Le secteur de l'automobile continue par conséquent à drainer une part importante du budget des ménages. Les évolutions techniques, législatives et le facteur "plaisir" qui pousse au renouvellement des véhicules soutiennent encore son dynamisme.

Investir dans une tendance baissière reste un exercice délicat. Dans cette Quotidienne, nous nous intéressons aux facteurs haussiers et baissiers du secteur dans une optique d'investissement à court/moyen terme.

La pollution du diesel : un scandale médiatique plus qu'une découverte

Les révélations sur les mesures réelles de pollution des véhicules Volkswagen en 2015 ont fait grand bruit dans la presse. Venue des Etats-Unis, l'information selon laquelle les véhicules trichaient lors des tests anti-pollution en adaptant leur comportement a provoqué un véritable scandale.

Nous savons tous que le pays d'Oncle Sam est champion quand il s'agit de faire du protectionnisme et faire payer des amendes aux entreprises étrangères. La guerre économique entre l'Europe et les Etats-Unis explique l'aspect financier du dossier et les poursuites du Département de la Justice contre Volkswagen.

Chez nous, de nombreux citoyens se sont émus du manque total de respect pour les normes européennes. L'image de marque du groupe, patiemment construite autour des valeurs du Made In Deutschland (fiabilité, puissance et rigueur toutes germaniques) a volé en éclat. Volkswagen aurait donc renié son héritage culturel et triché comme un vulgaire chypriote. Quelle hérésie !

Une autre lecture des événements est possible.

Avec le resserrement progressif des normes européennes, les constructeurs ont été pris entre le marteau de la règlementation et l'enclume de la réalité industrielle. Les évolutions technologiques n'ont pas permis de répondre dans des conditions satisfaisantes aux normes anti-pollution. Ils ont donc dû tricher pour pouvoir mettre leurs nouveaux véhicules sur le marché.

Vous savez que Volkswagen est un constructeur automobile de renom. Si la firme de Wolfsbourg n'a pu, malgré son expertise, développer des véhicules compatibles avec les normes européennes, que pouvons-nous attendre de nos constructeurs nationaux ?

Je me garderais bien de dénigrer nos constructeurs dans ces colonnes. Je me contenterai de vous rappeler que l'industrie automobile grand-public est homogène au niveau technologique. On ne constate pas de grosses différences de performances entre constructeurs européens et américains. Il n'y a pas de raison d'imaginer que les performances des moteurs Volkswagen soient très inférieures à celles de nos fleurons nationaux.

Quelle conclusion tirer de tout cela ?

Nous savons depuis toujours que l'électronique embarquée dans les voitures adapte la puissance (et la pollution) des moteurs aux conditions de circulation. Nous constatons que tous les constructeurs affichent des performances similaires sur le papier. Nous savons qu'il n'y a pas de différence fondamentale dans les capacités technologiques des constructeurs. Nous pouvons donc conclure que cet épisode Volkswagen ne sera pas un cas isolé.
[Note : La presse a annoncé il y a quelques jours que la Direction Générale de la Concurrence et de la Répression des Fraudes enquête sur le groupe Renault pour des faits similaires. Les moteurs diesel du constructeur français seraient truqués depuis plus de 25 ans...]

Si cette pratique était constatée chez tous les grands constructeurs, l'effet du scandale se retrouverait dilué. La question reviendrait sur le terrain politique : "à quoi bon imposer des normes si strictes qu'elles mènent à un contournement généralisé ?".

Je ne m'inquiète donc pas spécialement pour l'avenir du groupe Volkswagen qui a simplement été le premier à être puni.

Quels relais de croissance ?

Les aspects environnementaux ne seront pas, au niveau sectoriel, un facteur de risque significatif.

Peuvent-ils être un facteur de croissance ? Nous vous avons souvent parlé des véhicules propres. Qu'il s'agisse de moteurs électriques, de piles à combustibles ou de véhicules hybrides, le parc pourrait bien être renouvelé pour migrer vers ces nouveaux modes de stockage d'énergie.

Ceci dit, dans un horizon d'investissement classique de trois à cinq ans, il est difficile d'investir sur ce changement de paradigme. Il est trop tôt pour savoir quel type de propulsion aura les faveurs du marché et passera le test ultime du déploiement en masse.

La même remarque s'applique aux véhicules autonomes. Une certaine fébrilité entoure le secteur. Le mois dernier, Uber a annoncé suspendre ses essais de véhicule autonome après un accident... avant de revenir sur sa décision 48 heures après.

Les efforts de Google, Tesla, Uber, et de tous ceux qui travaillent dans l'ombre sont appréciables et nous rapprochent chaque jour d'une mise sur le marché de ces produits.

Je trouve toutefois que l'agitation autour des voitures autonomes n'est pas de bon augure. La notion-même d'investissement n'est pas compatible avec l'impatience dont font preuve les constructeurs et la presse spécialisée.

Le sujet déchaîne les passions entre adeptes du temps gagné et inconditionnels de la conduite sportive. L'arsenal législatif est, nous l'avons vu dans les Quotidiennes dédiées à Tesla, encore inexistant.

Nous surveillons de près ce sujet passionnant... tout en évitant d'y investir aveuglément.

Dans les prochaines années, les changements seront moins importants que ce que la communication des grands groupes laisse à penser. Les véhicules gagneront en intelligence sous forme d'aide à la conduite, d'assistance dans les conditions potentiellement dangereuses et en confort.

Même si nous n'avons ni voitures volantes, ni voitures autonomes, ces trois raisons justifieront le renouvellement d'une partie des véhicules en circulation... et apporteront autant de bénéfices aux entreprises à l'origine de ces innovations !
[NDLR : C'est justement sur cette évolution vers des véhicules plus intelligents, plus autonomes, plus sûrs que vous propose d'investir Etienne, et ce dans le prochain numéro de NewTech Insider "made in France". Etienne a repéré un équipementier français qui a de très belles cartes à abattre dans le domaine de l'aide à la conduite. A découvrir dans NewTech Insider]

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Le réveil du géant Intel http://quotidienne-agora.fr/intel-reveil-geant/ http://quotidienne-agora.fr/intel-reveil-geant/#respond Thu, 23 Mar 2017 10:30:17 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69235 Intel

L'actualité technologique de ces derniers jours a été marquée par le rachat de MobilEye par Intel. La firme de Santa Clara a annoncé son intention de débourser 15 milliards de dollars pour racheter la start-up israélienne spécialisée dans la vision artificielle.
[NDLR : Ce rachat a d'ailleurs permis aux abonnés de Ray Blanco -- qui avait parfaitement détecté l'énorme potentiel du spécialiste de la vision artificielle et de la voiture autonome -- d'enregistrer un gain de +63% sur MobilEye. Les meilleures recommandations "technos" de Ray vous attendent ici...]

Cette annonce est intéressante à bien des égards.

Trente ans d'hégémonie

Intel a construit sa popularité (et sa rentabilité) grâce à sa domination du marché des microprocesseurs. Son architecture x86, utilisée dans les ordinateurs compatibles IBM à partir des années 1980, est devenue la référence pour les ordinateurs grand public comme pour les centres de calcul.

Dans les années 1990-2000, la gamme Pentium équipait une grosse majorité des microordinateurs vendus à travers le monde.

Les seuls concurrents à Intel étaient AMD, qui fournissait des processeurs équivalents sous le nom d'Athlon, et Motorola, qui proposait une architecture de micro-processeurs totalement différente pour les ordinateurs Apple.

La suprématie d'Intel a été légèrement remise en question en 2003 lorsque son éternel suiveur, AMD, a commercialisé les premiers processeurs Athlon avec une architecture 64-bits. L'industrie de la micro-informatique savait à l'époque que le passage de 32 à 64 bits était inévitable sur les micro-processeurs grand publics.

Le fait qu'AMD, et non Intel, soit le premier à basculer sa gamme vers le 64-bits a donné une lueur d'espoir aux investisseurs (et aux clients) qui voyaient d'un mauvais oeil la suprématie d'Intel.

La course à l'innovation, tirée par AMD, a fait progresser l'action du meilleur ennemi d'Intel de 5 $ en 2003 à plus de 40 $ en 2006.

La période 1986-2006 a été bouillonnante pour l'informatique grand public avec l'arrivée en masse de l'ordinateur personnel et l'essor d'Internet ; personne n'aurait imaginé que l'Histoire de la micro-informatique s'arrêterait si brutalement.

En 2006, Intel a sorti une nouvelle gamme de processeurs, baptisée Core. Succédant aux Pentiums, elle apportait de meilleures performances et une efficacité énergétique accrue. Ce type d'évolution était relativement commun. Rappelez-vous qu'à l'époque, il était considéré comme normal que la puissance des micro-ordinateurs double tous les 18 mois.

La différence avec les années précédentes a été que, cette fois-ci, aucun concurrent n'a pu faire de l'ombre aux processeurs Intel. AMD n'a pas su répliquer cette augmentation de performance au sein de sa gamme Athlon. Apple, contempteur historique des processeurs x86 d'Intel, a jeté l'éponge et a migré l'ensemble de sa gamme sur cette architecture Core après 20 ans de guérilla technologique.

La sortie de l'architecture Core était vue sur le moment comme une innovation qui allait relancer la course à la puissance. Il n'en a rien été. Les performances de la micro-informatique, qui suivaient une croissance exponentielle depuis trois décennies, allaient brutalement stagner au niveau des processeurs Core.

Nous voici en 2017, soit plus de 10 ans plus tard. L'architecture Core équipe toujours la majorité des micro-ordinateurs grand public. La plupart des centres de calcul, véritables cerveaux du Cloud, sont même équipés de processeurs dérivés de cette technologie.

Depuis 2006, Intel ne fait quasiment plus évoluer sa gamme. Les augmentations de puissance sont inexistantes, et les mises à jour des processeurs Core accusent régulièrement des retards de plusieurs mois.

Pour les technophiles, la dernière décennie a été d'un ennui mortel. Intel a tranquillement géré sa position de leader et aucune innovation d'envergure n'est sortie de ses laboratoires.

Les investisseurs partagent cette lassitude : en renouvelant ses gammes au compte-gouttes, Intel gère sa position de leader de manière intelligente mais terriblement prévisible. Le cours de l'action est en croissance monotone depuis les plus bas de 2009. Le titre se permet même d'être moins volatil que Microsoft, qui est pourtant une référence en matière de rente technologique !

Même l'avènement des objets connectés et des smartphones, qui a profité à ARM Holdings au détriment des puces Intel, n'a été qu'un petit caillou dans la chaussure du fondeur californien. Le marché de la micro-informatique et des serveurs était suffisant pour vivre tranquillement dans sa position quasi-monopolistique. Quelques ballons d'essai dans d'autres secteurs d'activité, comme les décodeurs de télévision, ont été lancés puis rapidement abandonnés sans fleurs ni couronnes.

Rien ne semblait pouvoir réveiller le géant endormi...

Le sursaut d'activité que l'on décèle en ce début 2017 est donc une surprise, et de très bon augure.

La concurrence pousse Intel à l'innovation

Le rachat de Mobileye montre la volonté d'Intel de se positionner sur de nouveaux segments de marché. Il faut dire que la période de grâce offerte par la gamme Core touche à sa fin. AMD a annoncé fin 2016 une nouvelle génération de processeurs dédiée aux micro-ordinateurs et aux serveurs.

Sur le moment, le marché a accueilli cette annonce avec une relative indifférence. Après tout, les produits d'AMD ne font plus d'ombre à ceux d'Intel depuis 2006.

La surprise est venue des premiers tests. Ces nouveaux processeurs font aussi bien, voire parfois mieux que les Core... pour un prix deux fois moindre !

Le marché de la micro-informatique est toujours capable d'évolution rapide si l'offre des fournisseurs le permet. Si AMD s'avère capable de livrer en grande quantités ces processeurs, les assembleurs n'auront aucun scrupule à abandonner Intel comme ils ont abandonné les autres fondeurs par le passé.

Pour Intel, reprendre la course à l'innovation relève donc plus de la nécessité que du choix. L'offre sur MobilEye montre que la Direction d'Intel ne compte pas attendre tranquillement que la manne des micro-processeurs se tarisse.

Les plus sceptiques d'entre vous remarqueront qu'il s'agit d'innovation externe, ce qui peut être légèrement inquiétant quant à la capacité des ingénieurs d'Intel (pourtant mondialement reconnus pour leur excellence) à produire des solutions innovantes.

Je serai pour ma part plus optimiste : MobilEye n'était pas dans une situation confortable avant ce rachat. La start-up était en conflit avec Tesla quant à la responsabilité de leurs produits dans un accident mortel sur une voiture munie du fameux Autopilot.

Le rapprochement avec Intel va redonner de la crédibilité à MobilEye et recentrer le débat, qui avait glissé dans des considérations judiciaires et de marketing, sur les innovations technologiques.

N'oublions pas non plus que le rachat de start-ups (y compris étrangères) est un mode de fonctionnement classique pour les grosses capitalisations californiennes.

Quelles conséquences à court terme pour vos investissements ?

Ce rachat à 15 milliards de dollars est porteur de bonnes nouvelles.

La première vertu sera de sortir Intel de sa position de leaderankylosé.

La seconde information qu'il nous apporte est que la voiture intelligente, dont nous parlons régulièrement dans la Quotidienne, est également identifiée comme un relais de croissance par une société qui a su, par le passé, se positionner sur les grandes évolutions technologiques.

Enfin, l'offre d'Intel annonce que le marché de l'innovation est encore vaillant. La fête sur les valeurs technologiques peut continuer encore quelques temps !

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Grandes manoeuvres autour de la voiture autonome http://quotidienne-agora.fr/voiture-autonome/ http://quotidienne-agora.fr/voiture-autonome/#comments Tue, 24 Jan 2017 13:02:39 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68821 voiture autonome Uber - constructeurs automobiles français

Pour rien au monde je n'aurais manqué l'édition 2017 du Consumer Electronics Show à Las Vegas, dans le Nevada, qui s'est déroulé du 5 au 8 janvier 2017. J'y ai rencontré des entrepreneurs et des cadres du tout nouveau secteur du cannabis.

Ces quelques jours ont été productifs et très enthousiasmants : j'ai pu évaluer certaines des dernières technologies et parler aux acteurs les plus dynamiques d'un secteur en pleine croissance et à l'avenir radieux. J'ai même croisé le PDG de Nvidia, Jen-Hsun Huang, pendant que j'observais de plus près la technologie de conduite autonome mise au point par son entreprise.

Ce qui m'amène à la tendance technologique la plus importante de cette édition, qui concerne justement le plus gros de tous les appareils électroniques de grande consommation.

La révolution de 2017 est la voiture intelligente, connectée et sans conducteur. Toutes les plus grandes entreprises technologiques cherchent à se faire une place sur ce marché. Personne ne veut être laissé sur le bord de la route...

La saison des mariages a commencé

Mobileye a par exemple décidé de faire équipe avec Intel pour construire les voitures sans conducteur du futur.

Cette semaine, nous avons aussi appris qu'Intel avait acheté une participation dans une entreprise de cartes numériques appelée Here.

Pourquoi Here, et pourquoi maintenant ?

Parce que la cartographie est une fonctionnalité cruciale pour le fonctionnement des véhicules autonomes. Intel rachète ou conclut des partenariats avec les différentes pièces de puzzle dont elle a besoin pour se faire une place sur le marché des voitures sans conducteurs.

Here est l'une de ces pièces... et je pense que de petits pure players comme Mobileye sont aussi des cibles attrayantes pour les entreprises comme Intel.


Votre rédacteur bien-aimé en train de tester l'incroyable BMW i8. Le meilleur aspect des motorisations électriques... UN COUPLE INSTANTANNE QUI DONNE LE TOURNIS

L'an dernier, l'une de mes recommandations dans NewTech Insider, NXP Semiconductors, a fait l'objet d'un rachat qui nous a permis de réaliser une plus-value à deux chiffres quelques semaines seulement.

NXP, le plus grand fournisseur de semi-conducteurs de l'industrie automobile, qui développe aussi sa propre technologie de conduite autonome, était simplement trop attirante pour que Qualcomm s'en passe.

Nvidia veut assurer sa domination sur la voiture autonome

Ce qui m'amène à Nvidia, qui détient certaines des technologies d'apprentissage automatique les plus pointues de la planète. Ses processeurs graphiques ne sont pas seulement utiles pour améliorer l'expérience de jeu des gamers ou pour offrir des expériences de réalité virtuelle immersives.

L'entreprise met aussi au point la plateforme la plus avancée pour permettre à l'intelligence artificielle et à ses nombreuses applications de fonctionner.

voiture autonome
Le PDG de Nvidia parle d'ajouter un "cerveau"-superordinateur dans toutes les voitures

Ces systèmes sont si intelligents que les voitures équipées par Nvidia peuvent littéralement apprendre à se conduire toute seules en seulement quelques heures.

Je répète : Les compétences de ces systèmes en matière de conduite ne sont pas déterminées par une programmation préalable : la voiture apprend !

On donne quelques règles générales au cerveau électronique du véhicule, et il apprend le reste en regardant un humain conduire. Même une fois qu'il prend lui-même les commandes : plus il conduit, plus il est intelligent. Le processus est similaire à l'apprentissage humain.

Mais la conduite autonome n'est pas la seule technologie qui ait attiré mon regard lors du salon cette année.

Restez à l'écoute : j'ai toute une série de nouvelles idées d'investissement dont je souhaite vous parler au cours des prochains mois dans NewTech Insider.

Il y a par exemple une entreprise en dormance dans le domaine des véhicules intelligents qui pourrait beaucoup bénéficier du prochain iPhone. Une autre détient une technologie bientôt très demandée pas seulement dans l'automobile, mais aussi dans la réalité virtuelle, la réalité augmentée, et même dans votre ordinateur portable, votre télévision ou votre smartphone.

Et bien plus encore ! A suivre dans NewTech Insider… Car le futur est aussi profitable.

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Un regard sur l’avenir : la révolution des voitures autonomes http://quotidienne-agora.fr/avenir-revolution-voitures-autonomes/ http://quotidienne-agora.fr/avenir-revolution-voitures-autonomes/#respond Wed, 14 Dec 2016 10:30:08 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68726 voiture autonome

D'ici 2025, tous les grands constructeurs automobiles mettront sur le marché des voitures sans conducteur. Les gros titres des publications spécialisées laissent à croire que cette tendance arrive plus vite que ce que l'on constate en réalité.

Mais je pense que le chemin vers une autonomie totale de nos véhicules sera plus long que celui de la plupart des tendances technologiques mieux connues.

Dans un secteur où les rappels de marchandise sont fréquents et souvent graves, les défis en matière de technologie et de responsabilité légale sont considérables. Et ralentissent le progrès.

La transition vers des véhicules autonomes ne sera peut-être pas aussi rapide que ce que certains pensent, mais l'industrie automobile est déjà en train de faire des progrès majeurs pour automatiser leurs nouveaux modèles.

Ce n'est qu'un début. Bientôt, cette technologie atteindra sa vitesse de croisière.

Et soyons clair : aucun investisseur n'a jamais fait fortune en pariant sur une technologie déjà bien établie.

Nos voitures sont de plus en plus capables de se conduire elles-mêmes, et à mesure que cette technologie progresse, les opportunités d'investissement et de gains augmentent. 2017 devrait être l'année où l'automatisation des voitures finira par percer.

Le long chemin vers les véhicules autonomes

Vous pouvez aller voir chez un bon concessionnaire ; la capacité de freiner ou de se garer sans l'aide du conducteur, de détecter un piéton distrait ou d'éviter des collisions potentielles est aujourd'hui ajoutée de série à de nombreux modèles haut-de-gamme.

Automatiser la direction est une étape cruciale mais pas particulièrement complexe : de minuscules caméras installées à l'avant du véhicule détectent le marquage au sol (lignes blanches, stop, etc.) et envoient les informations à un ordinateur de bord. Celui-ci interprète l'image obtenue. Il décide s'il s'agit bien de lignes indiquant la chaussée, et si c'est le cas, il envoie un flux constant d'informations à des servomécanismes qui ajustent la direction vers la gauche ou la droite pour rester entre les lignes.

Trop compliqué ? C'est pourtant un jeu d'enfant pour la technologie autonome disponible actuellement.

D'autres systèmes plus avancés sont capables non seulement de détecter les objets sur la route, mais aussi de les identifier. L'oeil électronique de Mercedes, par exemple, connecte des caméras à un ordinateur de bord à l'aide d'un logiciel d'imagerie en 3D et comprend une base de données de plus de 1,5 million d'images. L'ordinateur peut ainsi faire la différence entre une boîte en carton, une flaque ou un enfant sur un tricycle.

Si votre voiture n'est pas dotée de ce genre de caractéristiques, vous pouvez installer les add-ons vendus par des entreprises comme Gosher et MobilEye.

Tout cela ne fait qu'effleurer la surface de ce qui est disponible aujourd'hui... et de ce qui nous attend encore.

Des avancées comme celles-ci nous font progresser dans ce que l'administration américaine des autoroutes appelle le "niveau 2" des véhicules automatisés.

Il en existe cinq. Les voitures de niveau 0 sont des tas de tôle et de plastique sans cervelle. Les voitures de niveau 1 effectuent des tâches simples, et peuvent par exemple contrôler la vitesse de croisière. Les véhicules de niveau 2 ont toute une série d'options automatisées, la fonction "Autopilot" de Tesla étant l'exemple le plus célèbre.

Les voitures de niveau 4 sont des véhicules automatisés capables de fonctionner dans une zone limitée, comme dans un parc industriel ou dans un quartier.

Avec le niveau 5, vous pouvez faire une sieste sur le siège arrière pendant que la voiture vous amène là où vous le souhaitez.

Et le niveau 3, vous demandez-vous certainement ?

Les constructeurs automobiles hésitent à s'y aventurer. Le niveau 3 est un partage de contrôle entre le conducteur et le véhicule. Il soulève des problématiques complexes : en cas d'urgence, que se passe-t-il si le conducteur et la voiture supposent tous les deux que l'autre va prendre le contrôle ? Qui remplira quelle tâche ? Le constructeur et le conducteur ne risquent-ils pas de s'accuser l'un l'autre en cas d'accident ?

Plusieurs entreprises automobiles espèrent éviter ces considérations en passant directement au niveau 4. Ford promet par exemple de mettre des véhicules de niveau 4 sur le marché d'ici 2021.

La grande tendance pour 2017

Les véhicules sans pilote arriveront petit à petit, mais leur avènement sera plus rapide dans le domaine commercial, où les camions et les véhicules de transport pourront être mieux contrôlés sur des itinéraires définis.

Les utilitaires commerciaux, notamment dans les régions où les itinéraires et le rythme du trafic routier sont accommodants, suivront les camions sans conducteurs dans cette évolution. La tendance est déjà en marche et se confirmera en 2017.

Otto
Otto, une start-up qui met au point des camions autonomes, a développé un partenariat avec Budweiser pour lancer le premier système de livraison autonome

Ces technologies deviendront bientôt disponibles et devraient avoir un effet boule de neige.

Elles seront présentes dans la cyber-sécurité, la réalité augmentée et sur le marché du travail. Il ne s'agit pas simplement de caméras montées sur votre voiture, mais bien d'une avancée qui pourrait révolutionner plusieurs secteurs.

Gardez un oeil sur ce domaine.
[NDLR : 2017 devrait donc voir l'émergence d'une autonomisation de plus en plus grande de nos véhicules.

Ray Blanco et Gerald Celente ont déjà misé sur cette grande tendance en recommandant à leurs lecteurs de NewTech Insider une entreprise dont les services sont au coeur de cette évolution de long terme. Tous les plus grands constructeurs automobiles de la planète l'ont choisie pour équiper leurs modèles pour les rendre de plus en plus autonomes... Il est temps pour vous de parier sur la voiture de demain]

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Voiture autonome : quand la route devient intelligente http://quotidienne-agora.fr/voiture-autonome-route-intelligente/ http://quotidienne-agora.fr/voiture-autonome-route-intelligente/#respond Mon, 29 Aug 2016 09:00:37 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68377 voiture autonome

Les investissements dans les secteurs de l'intelligence artificielle, de la robotique et de la réalité virtuelle sont sur le point de créer un cycle d'investissements qui dépassera celui de la bulle Internet, à la fois en termes d'investissements et de profits.

Les Einstein de la robotique et de l'intelligence automatisée du XXIe siècle, et des siècles suivants, ne connaîtront aucune limite. Les entreprises et les chercheurs du monde entier se sont engagés à accélérer rapidement la recherche et le développement dans ces domaines.

Parmi les différentes formes que prendra cette robotisation de plus en plus intelligente – et dont je vous parle dans le dernier numéro de NewTech Insider– la quête du parfait véhicule autonome se poursuit à plein régime. Outre les constructeurs automobiles, des géants de la technologie comme Intel entrent également dans la course. Google, par exemple, s'est associé avec Fiat Chrysler.

Quant aux géants Qualcomm et Nvidia, ils créent leurs propres plateformes pour véhicules autonomes. Les start-ups spécialisées dans la conduite autonome ne cessent de se multiplier.

Et, de fait, on estime que le marché des véhicules autonomes devrait s'élever à 100 milliards de dollars par an en 2020.

Je pense qu'il sera même encore plus important puisqu'il ne concerne pas uniquement les voitures, mais presque tout ce qui se déplace sur terre et sur l'eau.

Des voitures autonomes... grâce à la vision

L'un des principaux enjeux concerne la capacité à doter les véhicules autonomes d'une "vision" plus fiable afin de repérer les objets qui les entourent. Les véhicules de Tesla détectent les obstacles à l'aide d'un radar. Ce dernier émet des ondes radio qui sont réfléchies quand elles rencontrent un objet solide afin d'alerter les opérateurs de la présence d'un obstacle.

Toutefois, les radars ne peuvent pas détecter les personnes, les chiens ou tout autre être vivant présents sur la chaussée. En effet, ces derniers sont constitués d'eau, élément que les ondes radio se contentent de traverser.

De son côté, le prototype autonome de Google utilise la technologie lidar qui remplace les ondes radio par des rayons laser invisibles. Mais cette technologie présente un problème : elle ne fonctionne pas bien en cas de brume ou de brouillard. Par ailleurs, elle nécessite d'émettre des impulsions laser dans toutes les directions pour s'orienter, ce qui rend les systèmes lidars traditionnels trop complexes.

Dans l'idéal, les systèmes de pilotage automatique devraient intégrer deux méthodes de détection, ce qui permettrait aux véhicules de rouler en toute autonomie de manière plus sûre. Cependant, les systèmes lidars sont trop élaborés et trop chers (ils peuvent coûter jusqu'à 75 000 dollars) pour être installés sur un véhicule.

Quanergy, une société basée à Sunnyvale en Californie, a peut-être trouvé la solution. En janvier, elle a annoncé avoir créé un système lidar à 250 dollars, capable d'émettre et de recevoir un million d'impulsions par seconde et suffisamment petit pour tenir dans tout type de véhicule. Elle a notamment noué des partenariats avec Mercedes-Benz et Hyundai.

Quanergy prévoit de distribuer ces systèmes avant 2017. Cette société devrait avoir de nombreux clients, car les voitures ne sont pas les seuls moyens de transport à devenir autonomes...

Après les voitures, les bus et les camions autonomes

Sur son site de Dearborn, dans le Michigan, Ford a déployé un service de minibus automatisé appelé Dynamic Shuttle pour faciliter les déplacements des personnes sur le site. Cette navette permet également de tester les avancées de Ford en matière de technologies de pilotage automatique, notamment la possibilité de commander la navette via une application mobile.

Le "Future Bus", le concept de bus automatisé mis au point par Mercedes, peut se déplacer en toute autonomie sur certaines voies spécifiques, s'arrêter et repartir d'un arrêt, mais également éviter les piétons et les autres obstacles. Ce bus utilise une technologie d'automatisation nommée CityPilot, dérivée du système HighwayPilot que Mercedes développe pour permettre aux poids lourds de se déplacer seuls sur autoroute.

Les constructeurs de poids lourds sont particulièrement motivés par la perspective du "convoi routier" (platooning en anglais) : une file de semi-remorques qui se déplacent en peloton serré pour réduire la traînée aérodynamique, tous contrôlés par un seul conducteur assis dans le camion de tête.

Pour cela, les systèmes de détection, de virage et de freinage des véhicules doivent être en mesure de communiquer de manière instantanée. Plusieurs années de recherche restent nécessaires pour parvenir à un tel exploit. Mais le concept de connectivité est un autre thème clé en ce qui concerne les véhicules de demain.

Par exemple, une voiture qui cherche à se garer pourrait émettre ce besoin, et un autre véhicule pourrait répondre : "Je suis en train de libérer une place à une rue d'ici."

Votre voiture pourrait également alerter votre concessionnaire ou votre mécanicien en cas de problème, de manière à ce qu'ils puissent planifier un rendez-vous et commander les pièces nécessaires sans avoir besoin de les appeler au préalable.

Des entreprises comme Ford cherchent actuellement des moyens de relier véhicules et maisons. Votre voiture pourrait accéder au calendrier de votre smartphone et programmer l'entretien dans l'agenda du mécanicien. Elle pourrait également détecter quand vous approchez de votre domicile et envoyer automatiquement un signal afin d'allumer les lumières et la chaîne hi-fi. Ainsi, vous entreriez dans une pièce chaleureuse et déjà éclairée, au son de votre chanson préférée.

Ford est en train de relier son système de connectivité au dispositif à commande vocale et assistant personnel "Echo" d'Amazon. Avant de démarrer, vous pourriez demander à Echo, depuis votre maison, de vous indiquer combien de kilomètres votre véhicule électrique peut parcourir avant de devoir le charger.

Des routes intelligentes

Outre les véhicules, les autoroutes acquièrent elles aussi leur propre forme d'intelligence automatisée. Par exemple, le ministère des Transports de l'Etat de Californie vient de terminer son projet I-80 SMART Corridor, visant à gérer de manière "intelligente" l'autoroute I-80, près de San Francisco.

Des algorithmes commandent des feux de signalisation situés sur les bretelles d'accès, qui régulent l'entrée des véhicules sur l'autoroute. Ce système rend la circulation plus efficace et plus fluide sur l'autoroute et sur les rues transversales.

Des panneaux électroniques signalent aux conducteurs qu'un embouteillage a lieu plus loin sur la route et les orientent vers les rues transversales. De nouveaux panneaux présents dans ces rues transversales indiquent aux conducteurs le moyen le plus rapide de rejoindre l'autoroute et augmentent la durée des feux verts de ces rues pour accélérer leur trajet.

Ce projet, dont le coût s'élève à 79 millions de dollars, devrait permettre de réduire de trois à cinq minutes la durée des embouteillages aux heures de pointe, matin et soir. Ce n'est pas beaucoup, mais c'est un début. En outre, le temps et le carburant économisés par les automobilistes devraient permettre de récupérer jusqu'à 12 millions de dollars par an.

De la route aux voitures, en passant par les centres commerciaux, les fast-foods et la maison, l'automatisation devrait devenir le moteur de nos investissements et de notre avenir.

Cette tendance progresse – et elle progresse rapidement.
[NDLR : C'est la raison pour laquelle, Ray Blanco et Gerald Celente vous proposent trois valeurs à mettre dès maintenant en portefeuille pour engranger les gains avant même que les voitures autonomes prennent le volant. Trois valeurs à découvrir dans NewTech Insider]

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Voiture sans pilote : Attendez-vous à vous laisser conduire d’ici noël 2018 http://quotidienne-agora.fr/voiture-pilote-uber-noel-2018/ http://quotidienne-agora.fr/voiture-pilote-uber-noel-2018/#respond Thu, 25 Aug 2016 09:27:57 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68370 voiture autonome Uber - constructeurs automobiles français

Ah, la malédiction des longues vacances. Vous partez trois semaines, et quand vous rentrez, maussade et confus, vous vous rendez compte que le monde a changé en votre absence.

C'est ainsi que je me sens ce matin. J'ai quitté le bureau pendant trois semaines (je me suis marié) et j'ai un peu de mal à me remettre dans le bain.

J'aurais peut-être dû m'en douter. Entre autres choses, j'écris sur les nouvelles technologies – un secteur à forte croissance, dont la nature même signifie que de courtes périodes de temps peuvent voir des développements rapides. On ne peut pas disparaître pendant trois semaines et s'attendre à ce que le monde soit le même à notre retour. Vous pouvez voir cela sous un angle positif ou négatif, les deux sont justes.

Dans notre cas, je pense aux voitures sans conducteur, qui sont aujourd'hui commercialisées !

Au moment de mon départ, je n'aurais jamais parié que cela se produirait aussi tôt. Mais la semaine dernière, Uber a annoncé qu'à Pittsburgh, ses utilisateurs allaient pouvoir utiliser des VTC... sans chauffeur. Une innovation de poids qui a été permise par un partenariat avec Volvo.

C'est un signal que l'on ne peut pas se permettre d'ignorer si l'on souhaite comprendre (et profiter de) la technologie qui se cache derrière les voitures sans conducteurs.

Votre voiture est plus maligne que vous

"Quand je serai grand, je serai chauffeur pour Uber".

Voilà bien quelque chose que personne n'a jamais dit.

Ce n'est pas un secret : à long terme, l'objectif d'Uber est de remplacer son million de conducteurs dans le monde par des machines. Non contents de révolutionner le monde du transport en surfant sur la technologie des smartphones – pour en savoir plus, n'hésitez pas à poser la question à un chauffeur de taxi traditionnel—l'entreprise cherche aujourd'hui à construire une flotte de voiture autopilotées.

Au passage, j'ai toujours trouvé intéressant que les gens acceptent d'appeler ces véhicules "sans conducteur". Il y a pourtant bien un conducteur... même s'il n'est pas humain.

Il serait plus exact de les appeler "auto-conduites", mais pour une raison ou pour une autre, les gens ont opté pour "sans conducteur". Peut-être qu'inconsciemment, nous préférons penser que le conducteur a été éliminé pour de bon, plutôt que simplement remplacé par une machine.

L'attrait est évident. Avoir une flotte de voitures sans conducteurs en action 24h/24 (ou capables de réagir automatiquement aux besoins des clients) serait sans doute efficace et, une fois les coûts de développement élevés amortis, plutôt économique.

Ces taxis semblent bien être la meilleure manière pour tout un chacun de se faire une première expérience des voitures sans conducteurs. Ils vous permettront de vous familiariser avec le fonctionnement des voitures "auto-conduites", sans avoir à dépenser une somme énorme pour acheter la vôtre. Il est même possible que plus personne ne souhaite avoir sa propre voiture une fois que les véhicules sans conducteurs auront fait leurs preuves sur les routes.

Bloomberg en parlait la semaine dernière :

La flotte d'Uber à Pittsburgh, qui sera pour l'instant supervisée par des humains installés dans le fauteuil du conducteur, est constituée de SUV Volvo XC90 spécialement modifiés et dotés de dizaines de capteurs qui utilisent des caméras, de lasers, de récepteurs GPS et radar.

Volvo a déjà livré une poignée de véhicules sur la centaine prévue d'ici la fin de l'année.

Les deux entreprises ont signé un accord au début de l'année qui prévoit d'investir 300 millions de dollars pour développer une voiture entièrement autonome, capable de prendre la route d'ici 2021.

L'article de Bloomberg met le doigt sur plusieurs points importants. Le premier est qu'il ne s'agit pas de voitures réellement autonomes. Les voitures sont capables de se conduire elles-mêmes, mais elles restent "supervisées" par des humains – un fonctionnement très proche de celui du pilotage automatique sur les avions.

Personne ne sait si ces humains sont de bons conducteurs mais, pour une raison ou pour une autre, cela n'entre pas dans le débat.

Zone de transition pour la voiture sans pilote

L'ère de la véritable voiture sans pilote, sans aucune supervision, appartient encore au futur.

Nous sommes aujourd'hui dans une zone de transition, entre un monde dans lequel les humains étaient les seuls conducteurs possibles pour les voitures et un monde dans lequel nous serons remplacés par l'intelligence artificielle et des robots – du moins en ce qui concerne la conduite.

Cette zone grise convient bien à des entreprises comme Uber et Volvo, même si leurs motivations sont très différentes.

Pour Uber, c'est comme une période d'immunisation. Les voitures sans conducteurs sont sur les routes, mais elles sont supervisées par des humains. Cela laisse le temps aux gens de s'habituer. Je suis sûr qu'il sera clairement indiqué que ces voitures sont "sans pilote" – cela fait partie du principe. Les rendre visibles, faire en sorte que les gens s'y habituent. Ne pas les forcez à accepter le changement d'un seul coup.

Pour une entreprise comme Volvo, les objectifs sont différents. Ce partenariat lui permet de se positionner comme une entreprise "de pointe" plutôt que comme un fabricant de voitures traditionnel. Ce qui pourrait valoir beaucoup. Etant donné que l'industrie automobile a été mise à l'épreuve par les entreprises technologiques (comme Apple, Google et Tesla), se positionner en tant que révolutionnaire plutôt que comme porteur de tradition pourrait bien être une décision stratégique.

Pour revenir à mon premier point : l'annonce d'Uber prouve vraiment à quel point la situation change rapidement. Un monde où les voitures sans conducteur sont omniprésentes est inévitable à terme. Mais la vitesse à laquelle nous nous dirigeons vers cet avenir devrait nous surprendre.

Un changement à grande vitesse

11 Janvier 2022.

Selon Elon Musk, c'est à cette date que les voitures sans pilotes finiront par être complètement autorisées à circuler sur la voie publique, avec les réglementations idoines.

Et c'est effectivement une date très crédible. Dans un post de blog publié un peu plus tôt cet été, Musk écrivait que les voitures sans pilotes devraient parcourir une petite dizaine de milliards de kilomètres sur les routes avant que les autorités ne les considèrent comme sûres.

Actuellement, ces véhicules parcourent cinq millions de kilomètres par jour.

Si l'on poursuit cette tendance jusqu'à sa conclusion logique, en partant de la date à laquelle Musk a écrit cet article, on devrait atteindre les 10 milliards de kilomètres d'ici début 2022.

Nous sommes donc bien dans une zone de transition, pendant laquelle le grand public commence à s'habituer à l'idée de partager la route avec des véhicules autonomes. D'ici 2022, nous devrions nous être fait à cette idée.

Mais on peut aussi envisager les choses d'une autre manière. Et si les kilomètres parcourus pendant la période d'apprentissage augmentaient de manière exponentielle ? Et si, au lieu d'augmenter à un rythme constant de cinq millions de kilomètres par jour, le rythme doublait chaque année ? Cinq millions de km par jour deviennent 10 millions l'année suivante, 20 l'année d'après etc. ? Quand atteindrions-nous alors cette étape clé des 10 milliards ?

Un rapide calcul et l'on obtient la date approximative de Noël 2018. J'aurai été le premier à vous l'annoncer, souvenez-vous en !

Mais tout cela ne sert qu'à répéter à nouveau le même argument. Il est évident que les voitures sans pilote et la technologie qu'elles utilisent – qui est en fait une forme d'intelligence artificielle hautement spécialisée –ne tarderont pas à changer le monde de manière très concrète.

Mais le point le plus important, pour moi, c'est que lorsqu'il est question de croissance exponentielle, on n'a que rarement le luxe de passer beaucoup de temps à regarder les choses progresser. Le rythme du changement s'accélère – tout comme les bénéfices que vous pouvez en tirer.
[NDLR : Pour profiter sans plus attendre de l'arrivée en trombe des voitures sans pilote, rendez-vous dans NewTech Insider. Ray a sélectionné quatre valeurs qui profitent déjà de cette nouvelle tendance et, comme vous pourrez le constater, les gains sont en effet exponentiels. A découvrir ici...]

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Tesla mérite-t-il votre investissement ? http://quotidienne-agora.fr/tesla-merite-investissement/ http://quotidienne-agora.fr/tesla-merite-investissement/#respond Wed, 20 Jul 2016 09:30:56 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68281 Tesla

Si je vous dis avenir et automobile, quels noms d'entreprises vous viennent à l'esprit ? Probablement Tesla pour sa voiture 100% électrique, Google pour son projet de voiture autonome, ou Apple si vous pensez, comme de nombreux analystes, que le californien travaille en secret sur un véhicule maison.

Ces sociétés américaines ont réussi à se placer dans l'opinion publique comme des faiseurs de tendances incontestables.

Dans cette Quotidienne, nous allons prendre un peu de recul par rapport à ce consensus médiatique et vérifier si Tesla est un bon investissement pour qui veut se positionner sur ce secteur.

Tesla, la start-up de l'automobile

Inutile de vous présenter Tesla, le constructeur américain de voitures totalement électriques. Avec son fameux Roadster, sorti en 2009, la firme d'Elon Musk a dépoussiéré l'image du véhicule électrique.

Tesla Roadster
Tesla Roadster
Source: Wikipedia

Fini l'image de bon père de famille soucieux de l'environnement qu'avait apportée la Toyota Prius : la caractéristique première du Tesla Roadster était de passer de 0 à 100 km/h en 3,7 secondes.

Les modèles suivants, Model S et Model X, ont démocratisé la marque en s'attaquant au marché des voitures familiales.

Tesla Model X
Tesla Model X
Source : www.tesla.com

Tesla est l'archétype de la start-up californienne. Ses produits sont à la pointe de la technologie, bourrés d'électronique et de services pour rendre leur utilisation la plus agréable possible.

Sa communication frôle la perfection, et la société a su se créer une communauté de fans digne de celle d'Apple.

Un exemple ? Lors de l'annonce de son futur véhicule, le Model 3, des pré-commandes ont été proposées au grand public. Bilan : plus de 300 000 véhicules ont été réservés en moins d'une semaine, soit un chiffre d'affaires potentiel de 10 milliards de dollars !

Fragilité industrielle et financière

Revers de la médaille : la société est particulièrement fragile sur le plan financier et industriel.

Côté industriel tout d'abord : les chaînes de production des Roadster, Model S et Model X fonctionnent à flux tendu. Les clients attendent de longs mois leur véhicule après avoir passé commande.

Autre point de vigilance : les évolutions sont quasi-permanentes sur ces modèles. Si recevoir régulièrement des mises à jour a un côté ludique pour les clients technophiles, cela n'est toutefois pas un gage de maturité du produit.

Un pilote pas si automatique que cela

La fonction de pilote automatique a beaucoup fait parler d'elle ces dernières semaines. Proposée comme une option pour les Model S, elle permet de confier à la voiture le respect des distances de sécurité en lui laissant la main sur l'accélération et le freinage.

Si le pilote automatique a été conçu pour être une simple aide à la conduite, les utilisateurs ont progressivement pris confiance en lui.

En juin, le premier accident fatal impliquant une voiture Tesla avec le pilote automatique activé a eu lieu. La presse spécialisée regorge d'articles discutant des responsabilités respectives des deux conducteurs impliqués et du constructeur.

Sans entrer dans ce débat (la justice américaine s'est déjà saisie du dossier et tranchera), cet accident est symptomatique des limites du modèle start-up appliqué à l'automobile. Les voitures Tesla ne sont en aucun cas des voitures autonomes. Par rapport aux prototypes de Google, les Tesla n'embarquent qu'un très petit nombre de capteurs et n'ont pas de supercalculateur intégré pour pouvoir rouler en toute autonomie. Le pilote automatique est donc un formidable assistant à la conduite, mais reste un gadget logiciel qui doit être utilisé comme tel.
[NDLR : L'émergence de la voiture autonome est au coeur de notre pari sur l'avenir de la voiture de demain. Dans NewTech Insider, Ray Blanco vous a proposé une valeur qui développe des aides à la conduite et des logiciels indispensable à des conduites de plus en plus autonomes.

Dans quelques mois, ces aides à la conduite seront obligatoires pour obtenir les meilleures notations en matière de sécurité aux Etats-Unis. Ray vous propose de prendre cette évolution en amont... et d'investir sur cette valeur qui sait déjà comment rendre votre voiture plus sûre, et plus autonome. Nous gagnons déjà près de 30% sur cette valeuril est plus que temps que vous la mettiez en portefeuille ! ]

En maintenant l'ambiguïté sur les capacités de ses véhicules, Tesla a une part de responsabilité dans la confusion qui règne quant à l'usage de cette fonction.

Dans un récent communiqué de presse, le constructeur a d'ailleurs indiqué qu'il n'avait souscrit à aucune assurance pour couvrir les éventuels dommages liés à l'utilisation du pilote automatique.

Google, qui possède pourtant un véhicule autonome particulièrement fiable, n'a pas osé franchir le pas de la mise en circulation pour ces mêmes questions de responsabilité juridique.

Tesla a pris le parti de laisser les choses se faire d'elles-mêmes en proposant cette fonction à ses clients ; l'avenir dira si cette décision audacieuse, dont sont friandes les start-ups californiennes, était la bonne.

Rien ne garantit aujourd'hui que le constructeur aura la capacité financière d'indemniser les victimes des accidents impliquant son pilote automatique. Même si la responsabilité du constructeur n'est pas retenue pour ces accidents, il reste une épée de Damoclès pécuniaire.

Tesla face au défi de la production

Comme je vous le disais précédemment, les pré-commandes du Model 3 ont été un franc succès. Près de 400 000 véhicules sont aujourd'hui attendus par leur propriétaire d'ici 2017. Tesla devra donc mettre en place un outil industriel adapté. A titre de comparaison, le groupe Peugeot a vendu 1 800 000 voitures en 2015 sur toute la planète.

Faire sortir de terre une usine capable de produire 20% de ce volume en moins d'un an relèvera du miracle industriel.

Jusqu'ici, la culture d'entreprise de Tesla était à l'image de SpaceX : des employés poussés au maximum de leurs capacités avec un rythme de production soutenu. Si ce mode de fonctionnement donne d'excellents résultats pour une start-up, l'expérience californienne des 40 dernières années a montré qu'il est difficile à conserver lorsque l'entreprise grossit.

Une valorisation boursière stratosphérique

Dernier point de vigilance : la valorisation de l'entreprise. La capitalisation boursière de Tesla Motors est de plus de 33 milliards de dollars, soit celles de Peugeot et Renault réunies.

Une valorisation bien élevée pour un constructeur dont le chiffre d'affaires cumulé n'est même pas de 10 milliards de dollars.

Si les véhicules de Tesla sont uniques en leur genre et représentent un dépoussiérage bienvenu dans cette industrie vieillissante, il n'en reste pas moins que l'entreprise est aujourd'hui un investissement risqué.

Les incertitudes sont nombreuses et le marché semble très (voire trop) confiant en l'avenir du constructeur.

L'automobile, j'en suis convaincu, est un secteur qui pourra créer énormément de valeur dans les vingt prochaines années.

Dans la Quotidienne de demain, nous verrons une opportunité d'investissement qui offre un potentiel de gains bien plus important pour un risque modéré.

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