intelligence artificielle – La Quotidienne de la Croissance http://quotidienne-agora.fr Investir sur la croissance Fri, 15 Dec 2017 10:30:24 +0000 fr-FR hourly 1 IA bilingue, carburant à base de café, et possible traitement contre le VIH – Les nouvelles technos hebdomadaires http://quotidienne-agora.fr/carburant-cafe-intelligence-artificielle-vih/ http://quotidienne-agora.fr/carburant-cafe-intelligence-artificielle-vih/#respond Fri, 01 Dec 2017 11:42:45 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70811

  • L'intelligence artificielle peut maintenant apprendre une langue, sans dictionnaire, et sans intervention humaine. Deux projets indépendants sont parvenus à cet exploit grâce au machine learning non supervisé. Les intelligences artificielles ont appris à traduire grâce à un système cartographique de la langue reposant sur des associations de termes. Par exemple, le mot "bouche" est souvent associé à celui de "dent", ou celui de "père" avec celui de "mère". Un premier pas vers une traduction automatique instantanée...

 

  • Un nouveau carburant... à base de marc de café. Une poignée de bus londoniens roulent depuis le 20 novembre dernier avec ce carburant d'un nouveau genre proposé par la start-up Bio-Bean, soutenue par Shell. La start-up récupère et recycle le marc de café produit par des brûleries partenaires pour produire une huile qui compose 20% du carburant B20 – les 80% restant étant du diesel. A terme, un tiers des bus londoniens pourraient rouler au café...

 

  • Tesla a mis en fonctionnement la plus grande batterie électrique au monde. Cette batterie lithium-ion pourra stocker l'énergie produite par le parc solaire du français Neonen en Australie-Méridionale. Elle alimentera jusqu'à 30 000 foyers, en palliant aux coupures d'électricité et en permettant de faire face à l'explosion de la demande d'électricité lors de l'été austral (la climatisation tourne alors à plein régime...).

Tesa Tesla a mis en fonctionnement la plus grande batterie électrique au monde. Cette batterie lithium-ion pourra stocker l'énergie produite par le parc solaire du français Neonen en Australie-Méridionale. Elle alimentera jusqu'à 30 000 foyers, en palliant aux coupures d'électricité et en permettant de faire face à l'explosion de la demande d'électricité lors de l'été austral

  • Une équipe de médecins français est parvenu à réduire très fortement la présence du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) chez un patient traité grâce à un anticancéreux, le nivolumab. Ce traitement reposant sur l’immunothérapie est normalement utilisé contre le cancer du poumon. Une découverte prometteuse... mais qui doit encore être testée sur d'autres patients.

 

  • Apple et l'université de Stanford vont lancer une étude sur la santé cardiaque, utilisant les capteurs de l'Apple Watch. Une application préviendra les utilisateurs en cas de troubles du rythme cardiaque, et en particulier de fibrillation atriale... pour les inciter à consulter au plus vite un médecin. Environ 33 millions de personnes sont atteintes de ce trouble cardiaque à travers la planète, souvent sans avoir été diagnostiqués.

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Film solaire, intelligence artificielle « compacte » et cellules rajeunies : les nouvelles technologiques de la semaine du 13 novembre http://quotidienne-agora.fr/heliatek-photovoltaique-ia-compacte-quantique/ http://quotidienne-agora.fr/heliatek-photovoltaique-ia-compacte-quantique/#respond Fri, 17 Nov 2017 10:30:30 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70691 heliatek startup ordinateur quantique intelligence artificielle compacte système photovoltaique

La start-up allemande Heliatek, en collaboration avec Engie, vient d'installer, à titre d'essai, un système photovoltaïque d'un genre nouveau sur les toits d'un lycée à La Rochelle.

Le groupe pense avoir découvert le secret de mariage du "vert" avec le photovoltaïque. Au lieu d'utiliser des métaux et autres composés industriels pour faire les panneaux, Heliatek utilise des composés "organiques" – à base de plantes – pour développer des films solaires, qui se collent directement sur le toit. Une technologie encore en développement mais qui pourrait révolutionner le photovoltaïque.

heliatek

Des chercheurs de l'Université de Waterloo ont réussi à réduire la puissance de calcul nécessaire pour faire tourner des programmes d'intelligence artificielle.

Leur avancée permettrait d'utiliser l'IA dans des objets du quotidien comme des objets électroménagers, sans passer par un ordinateur. Selon EurekaAlert : "Les chercheurs ont réussi à réduire par de 200 la taille du logiciel d'IA utilisé pour de la reconnaissance d'image. Cette IA "compacte" pourrait équiper des smartphones et fonctionner sans recours à Internet et au cloud. De quoi laisser entrevoir une nouvelle génération de smartphones, de plus en plus intelligents.

La Suède mise sur l'ordinateur quantique.

Le pays vient de lancer une initiative à 100 millions d'euros – financée à moitié par la famille Wallenberg, la plus riche du pays – pour développer un ordinateur dépassant les capacités des super-ordinateurs d'aujourd'hui.

Selon Sciencebusiness.net : "une initiative de taille, le Wallenberg Centre for Quantum Technology, a été lancée en collaboration avec la Chalmers University of Technology afin de contribuer à la deuxième révolution quantique. Quelque 40 chercheurs ont été recrutés pour ce programme de 10 ans, et qui doit débuter en janvier 2018".

Une équipe de chercheurs britanniques vient de révéler un processus pouvant "rajeunir" des cellules.

Selon MedicalNewsToday.com : "une nouvelle étude publiée par le journal BMC Cell Biology, et menée par les universités d'Exeter et de Brighton, démontre que les cellules peuvent être rajeunies grâce à un composé du resvératrol, le polyphénol présent dans le vin rouge et le chocolat noir". Ce mécanisme permettrait de relancer le processus de division cellulaire de cellules âgées.

 

Nouvelles Technologiques Hebdo d la semaine du  6 novembre 2017 :

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S’adapter ou mourir… la grande distribution chercher son salut grâce à l’intelligence artificielle http://quotidienne-agora.fr/grande-distribution-intelligence-artificielle/ http://quotidienne-agora.fr/grande-distribution-intelligence-artificielle/#respond Tue, 14 Nov 2017 11:00:48 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70661 grande distribution vs intelligence artificielle

Dans les années qui viennent, l'intelligence artificielle (IA) va tout changer, de notre compréhension de l'univers à l'utilisation de notre smartphone en passant par la sécurité, la médecine, les transports (pensez aux voitures sans conducteur), etc.

Mais l'intelligence artificielle va aussi bouleverser des secteurs dont on parle moins, dont celui de la grande distribution. Les magasins "réels" savent aujourd'hui qu'il est crucial de se mettre au goût du jour s'ils souhaitent rester concurrentiels face aux entreprises en ligne comme Amazon.

Petit exemple : vous vous rendez dans un magasin du centre commercial le plus proche de chez vous. Une opération est en cours : 40% de réduction sur certains articles. Vous avez des questions, mais aucun vendeur n'est disponible. Les vêtements sont sens dessus dessous, et vous n'arrivez pas à déterminer ce qui est à 40% et ce qui n'est pas soldé. Vous regardez autour de vous, espérant trouver de l'aide, mais personne ne vient. Lassé de patienter, vous partez, frustré. Une expérience d'achat plutôt habituelle, n'est-ce pas ?

Ce scénario peut arriver aujourd'hui, mais risque de ne plus être crédible très longtemps. Imaginez maintenant un avenir proche : vous interagissez avec un assistant shopping personnalisé, un automate alimenté par une intelligence artificielle, et vous ne quittez pas le magasin mécontent.

La grande distribution se convertit à l'intelligence artificielle

C'est loin d'être de la science-fiction. La révolution de l'intelligence artificielle est déjà en marche dans des secteurs comme l'industrie, le transport et la finance. Aujourd'hui, des intelligences artificielles sont utilisées dans des magasins de grande distribution bien réels.

Les conséquences seront spectaculaires. Il y a quelques semaines, la conférence Shoptalk, un vrai who's who pour les directeurs de la grande distribution et les experts de l'industrie, s'est tenue à Copenhague au Danemark.

Le consensus quasi-universel, à la fin de la conférence, était que l'intelligence artificielle allait, à l'avenir, jouer un rôle clé dans le succès de la grande distribution traditionnelle. "La leçon est simple : il faut s'adapter ou mourir...", remarquait l'un des participants.

Et ce n'est pas à prendre à la légère. Un rapport récent de Gartner sur ce secteur prévoyait que d'ici 2020, 85% de toutes les interactions clients seraient gérées par des logiciels d'IA et que 30% de toutes les entreprises emploieraient une IA dans au moins un processus de vente.

Les prévisions sont claires, et les acteurs qui refuseront de s'adapter devront faire face aux conséquences. Le responsable produit d'eBay le formule ainsi :

"L'importance de l'IA dépasse celle de l'Internet et du mobile à elles deux. D'ici 2020, si nous ne nous sommes pas correctement positionnés sur cette technologie, si elle ne constitue pas une partie intégrante et significative de notre activité... nous sommes dans un état de mort cérébrale."

Mieux connaître les clients grâce à l'intelligence artificielle

Beaucoup d'acteurs traditionnels investissent déjà lourdement dans l'IA. Des entreprises comme Levi's, Burberry, Neiman Marcus, North Face et Urban Outfitters (pour n'en citer que quelques-unes...) savent toutes ce qui est en jeu. S'ils veulent rester concurrentiels sur le marché en pleine expansion de l'e-commerce, les IA sont un "must" pour les acteurs traditionnels.

Les besoins du big data sont une force motrice puissante qui alimente les progrès récents de l'IA. Les distributeurs "réels" sont aujourd'hui inondés d'informations. Ils ont des tonnes de données clients disponibles mais n'ont pas la moindre idée de la meilleure manière de les utiliser !

L'IA résout ce problème en extrayant le sens de ces informations, et en offrant une manière moins chère et plus rapide de mener des analyses complexes.

L'IA permet aux distributeurs de comprendre les données de leurs clients de manière plus intelligente. Elle est utilisée pour prédire les préférences de style des consommateurs et pour apporter des changements à ces préférences de manière instantanée, ce qui permet d'économiser du temps et de l'argent.

Les capacités prédictives des IA sont aussi une manière unique, pour les distributeurs traditionnels, d'utiliser des technologies de pointe afin de rester au fait des préférences de leurs consommateurs.

Certains utilisent d'ailleurs les IA comme des sortes de chaluts, pour filtrer des milliers de sites d'e-commerce et déterminer exactement quels sont les produits les plus vus, jour après jour. Ils peuvent ainsi savoir d'avance quels sont les envies et les besoins de leurs consommateurs et s'assurer que l'offre produit est la plus récente et la plus adaptée possible.

La compétitivité des prix est une autre manière qui permet aux magasins et aux consommateurs de bénéficier de la mise en oeuvre de l'intelligence artificielle.

En utilisant un moteur d'apprentissage machine basé sur des règles précises, les acteurs de la grande distribution peuvent optimiser instantanément les prix fixés sur la base de facteurs extérieurs divers, comme l'inventaire, les produits épuisés chez les concurrents, et les opérations promotionnelles d'autres magasins, ce qui vous permet d'obtenir systématiquement le meilleur prix.

Un magasin pourrait par exemple utiliser la technologie de l'IA pour mettre en oeuvre des règles de détermination des prix qui permettraient de vendre systématiquement un article donné pour 10% de moins que d'autres concurrents en ligne. Parce que tout le monde aime gagner un peu de temps et d'argent, n'est-ce pas ? Et ce n'est que l'une des manières qui permettront à l'IA de changer le visage de la grande distribution traditionnelle.

Des idées sont constamment en train d'ouvrir de nouvelles pistes. Si vous cherchez une vraie révolution pour le secteur, il n'y a pas de meilleur exemple que l'IA.

La tendance continue de prendre de l'ampleur, et il ne fait aucun doute que l'IA changera fondamentalement la grande distribution telle que nous la connaissons aujourd'hui, et permettra au secteur de devenir infiniment plus fort.
[NDLR : Dans le tout nouveau numéro de NewTech Insider, Ray Blanco vous recommande un des leaders historiques de l'intelligence artificielle. Une entreprise dont l'IA est partie à la conquête du monde... Un conquérant à découvrir dans NewTech Insider]

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Avec AlphaGo Zero, l’intelligence artificielle fonctionne selon ses propres règles http://quotidienne-agora.fr/alphago-zero-intelligence-artificielle-go/ http://quotidienne-agora.fr/alphago-zero-intelligence-artificielle-go/#respond Mon, 06 Nov 2017 10:30:56 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70610 AlphaGo Zero

La croissance des capacités de l'intelligence artificielle (IA) est exponentielle dans son intensité comme dans sa rapidité. Les nombreuses limites qui tenaient bon depuis les débuts de l'informatique ont volé en éclat ces dernières années. Celles qui étaient considérées comme des barrières absolues, telle la possibilité de gagner contre un humain au jeu de go, ont cédé en 2017.

Nous parlions en mai dernier de la victoire écrasante du logiciel AlphaGo Master contre le meilleur joueur de go au monde. Avec cette performance remarquable, Google Deepmind (filiale d'Alphabet) a rebattu les cartes de l'intelligence artificielle.

Si battre un être humain au jeu de go est possible, où s'arrêteront les progrès de l'IA ?

La réponse à cette épineuse question s'esquisse avec deux publications scientifiques du mois d'octobre. Elle est sans appel : nous sommes loin, très loin, d'avoir atteint le plafond des progrès de l'IA.

Alors que l'exemple d'AlphaGo nous a montré en début d'année que les systèmes à apprentissage pouvaient largement dépasser les humains en termes de capacités d'abstraction, les chercheurs en intelligence artificielle continuent à les améliorer.

Ils travaillent maintenant sur des systèmes capables se former sans avoir à apprendre de l'expérience humaine.

Autrement dit, les dernières IA inventent leurs propres règles en toute autonomie. Il ne s'agit plus de créer des systèmes informatiques qui intègrent et copient l'expérience de l'humanité toute entière pour la restituer de manière infaillible, mais bien de laisser les algorithmes trouver eux-mêmes des solutions aux problèmes posés.

Notre fierté d'homo sapiens a pris un sérieux coup le mois dernier. Il s'avère que ces nouvelles IA ne sont pas uniquement possibles : elles sont déjà fonctionnelles. Leurs performances, quant à elles, dépassent tout ce qui se faisait auparavant.

Une IA pour créer des images

La première publication, que l'on doit aux scientifiques de l'Institut Max Planck, concerne un système expert, appelé Enhance Net-PAT, capable d'inventer lui-même les informations manquantes sur une image.

Enhance Net-PAT

En partant d'une image fortement pixellisée (à gauche), l'IA a progressivement inventé des pixels pour atteindre un résultat photo-réaliste (à droite).

Avec de tels logiciels, il devient possible d'enjoliver artificiellement des images de faible qualité.

Ce nouveau type d'IA trouvera des applications directes pour améliorer le confort d'utilisation de l'outil informatique.

Son seul défaut : les informations supplémentaires ajoutées dans l'image sont purement et simplement inventées par le logiciel. Pas question, donc, d'espérer rendre une plaque d'immatriculation lisible dans une image de basse qualité issue d'une caméra de vidéosurveillance.

Ces améliorations artificielles d'image ne pourront avoir qu'un usage d'agrément, et restent totalement inoffensives.

La seconde publication, quant à elle, fera frémir ceux qui s'inquiètent de la place que prend l'IA dans nos sociétés.

Les nouvelles IA n'écoutent plus les hommes

Les chercheurs de Deepmindont encore marqué les esprits en publiant leurs derniers résultats dans le très sérieux Nature. Leur dernière IA, appelée AlphaGo Zero, se frotte une fois de plus au jeu de go.

Contrairement à tous ses prédécesseurs, AlphaGo Zero n'a pas été entraînée en passant au crible des milliers de parties des meilleurs joueurs de l'histoire.

Elle s'est uniquement entraînée en se battant contre elle-même durant quelques jours.

Les chercheurs lui ont simplement inculqué les règles de base du jeu et l'ont laissée trouver par elle-même les meilleurs coups à jouer sans aucune aide extérieure.

La progression a été fulgurante. En quelques heures, AlphaGo Zero atteignait le niveau des meilleurs joueurs mondiaux. Au bout de 30 jours, elle battait régulièrement AlphaGo Master (la fameuse IA victorieuse du mois de mai).

Au bout de 40 jours, les chercheurs ne disposaient plus d'aucun adversaire capable de battre régulièrement AlphaGo Zero.

AlphaGo Zero

Après 40 jours d'apprentissage, l'IA AlphaGo Zero est le joueur de go le plus puissant au monde - Source : Alphabet

Les performances de ce nouveau type d'apprentissage ne doivent pas être prises à la légère.

AlphaGo Master avait absorbé des milliers de parties et était devenu une synthèse des meilleurs coups joués par les meilleurs humains depuis plusieurs décennies.

Autrement dit, Deepmind avait prouvé qu'il était possible de créer une IA supérieure à l'homme dans sa capacité d'imitation et de synthèse. AlphaGo Master était le meilleur élève au monde.

Le fait que les spectateurs n'aient pas compris en temps réel les coups joués par l'IA durant les matchs a montré que les capacités cognitives de l'homme pouvaient être dépassées par celles de la machine.

Un premier coup dur pour l'honneur des bipèdes.

Avec AlphaGo Zero, les chercheurs de Deepmind sont allés encore plus loin et ont démontré qu'une IA peut devenir encore plus performante si elle apprend par elle-même.

AlphaGo Zero ne s'est pas encombrée des connaissances humaines et de l'expérience des meilleurs maîtres du go. Elle a exploré, testé, et évalué en solitaire les meilleurs coups et a élaboré ses propres stratégies.

En 40 jours, le logiciel est devenu meilleur que la synthèse des connaissances humaines.

Une performance hautement symbolique quand on sait que le jeu de go est pratiqué en Asie depuis près de 2 500 ans !

Quelles applications pour ces systèmes auto-apprenants ?

Bien sûr, dessiner des mésanges et jouer au go ne sont qu'une illustration ludique des capacités des systèmes à apprentissage.

Laissons de côté les applications potentiellement anxiogènes de ces nouvelles IA. Personne n'a hâte de voir circuler dans les rues des véhicules autonomes qui auraient établi leur propre code de la route, ou de voir déployées des armes autonomes décidant en toute indépendance de leurs cibles.

Les performances époustouflantes des systèmes à auto-apprentissage ouvrent la porte à un nouveau champ d'application de l'IA. Il existe un domaine qui mobilise de longue date quantité d'esprits brillants : la recherche.

Aujourd'hui, le processus de découverte du savoir est incroyablement fastidieux. Il se base sur un subtil mélange d'intuition, de rigueur scientifique qui se bat sans cesse contre nos biais cognitifs, d'utilisation des connaissances existantes et, bien sûr, de chance.

Les chercheurs essaient depuis des années de créer des IA capables de retrouver les connaissances scientifiques qu'il nous a fallu des siècles pour découvrir. Les performances étaient, jusqu'ici, médiocres.

Mais grâce aux systèmes à auto-apprentissage, nous pouvons rêver à des IA chargées de découvrir des lois de la physique à notre place. Si les performances dans ce domaine sont aussi bonnes que celles au jeu de go, où une IA a en 40 jours surpassé 2 500 ans d'expérience humaine, elles pourraient donner un formidable coup d'accélérateur à la recherche scientifique.

Imaginez une telle IA redécouvrir les lois de la gravitation en deux jours et la relativité générale quelques heures plus tard... Nul doute que les jours suivants seraient riches d'enseignements !

Utiliser l'esprit humain pour découvrir péniblement les lois de la physique pourrait, dans quelques années, sembler aussi anachronique que labourer un champ à mains nues.

De la même manière, l'élaboration de molécules médicales thérapeutiques pourrait être faite par des IA plutôt que par un éreintant et coûteux travail de recherche in-vitro puis in-vivo.

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises en ce qui concerne les progrès de l'IA. Le mois d'octobre nous montre une fois de plus que cette industrie est en pleine accélération et que les possibilités d'application ne font que se multiplier.
[NDLR : Intelligence artificielle mais aussi réalité augmentée, assistants intelligents, 3D, cryptomonnaies... Toutes ces innovations seraient impossibles sans puces, microprocesseurs et autres cartes graphiques. Découvrez les recommandations de notre spécialiste des nouvelles technologies pour profiter de l'accélération technologique...]

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Revenu universel : où est ma semaine de travail de 15 heures ? http://quotidienne-agora.fr/revenu-universel-robot-watson/ http://quotidienne-agora.fr/revenu-universel-robot-watson/#respond Mon, 30 Oct 2017 10:46:23 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70573 revenu universel IA

D'ici 2030, nous travaillerons tous 15 heures par semaine.

C'est la souvent citée conclusion de l'essai que John Maynard Keynes a publié en 1930 : Perspectives économiques pour nos petits-enfants.

Seulement, pour le moment, la semaine de 15 heures semble loin, très loin. Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, les heures de travail ont en fait augmenté depuis 1970.

Nombre d'heures de travail hebdomadaire

Nombre d'heures de travail hebdomadaire - Source: ourworldindata.org/working-hours

En France, en Espagne et en Italie, le temps de travail est en baisse. Mais il reste en moyenne supérieur à 35 heures par semaine.

Avec tous les progrès de productivité depuis les années 70, nous devrions travailler moins, pas plus.

Eh bien, peut-être est-ce le cas. C'est ce que je vous propose de voir aujourd'hui.

La semaine de travail de 15 heures de Keynes, c'est ici, maintenant

Selon Tim Worstall, chroniqueur chez Forbes, la semaine de travail de 15 heures est déjà là.

Il soutient que bien que les heures de travail n'aient pas beaucoup diminué, le travail domestique, lui, s'est grandement réduit : "Keynes avait raison en général, nous travaillons tous moins d'heures que nos grands-parents. Là où il avait tort, c'est sur les détails. Nous avons mécanisé le ménage et c'est ce qui nous a donné les loisirs supplémentaires".

Worstall souligne que plus nous possédons d'appareils électroménagers, plus les heures de travail "domestique" tendent à se réduire. Le temps consacré aux tâches ménagères est passé de 60 heures en 1900 à un peu plus de 15 en 2015.

Le premier graphique indique la progression de la possession d'appareils électroménagers aux Etats-Unis. Le second, l'évolution du nombre d'heures consacrées aux tâches domestiques pour un foyer de 2 personnes

Le premier graphique indique la progression de la possession d'appareils électroménagers aux Etats-Unis. Le second, l'évolution du nombre d'heures consacrées aux tâches domestiques pour un foyer de 2 personnes - Source : ourworldindata.org/working-hours

Mais cette explication semble un peu facile... et incomplète. Keynes parlait d'une "solution à nos problèmes économiques", pas des tâches ménagères.

Voici ce qu'il disait dans son essai : "ma conclusion est la suivante : en admettant qu'il n'y ait pas d'ici là de grande guerre ou un accroissement considérable de la population, le problème économique peut être résolu, ou du moins en bonne voie de solution d'ici 100 ans".

Keynes fondait ce postulat sur l'hypothèse que nous serions environ huit fois mieux payé aujourd'hui que nous l'étions en 1930, ce que nous sommes.

Alors, que s'est-il passé ?

Le prix des logements a augmenté deux fois plus vite que les salaires

Dans le numéro de septembre de Cycles, Trends and Forecasts, Akhil Patel nous a donné une réponse révélatrice à cette question. Il a conclu que même si les salaires ont augmenté, tout cet argent supplémentaire est allé dans le logement.

La croissance économique de ces dernières décennies a alimenté la croissance du prix du foncier – qui dépasse de loin celle des salaires.

Cela signifie que tout l'excédent produit a "disparu" dans la valeur locative des terrains et dans les prix de l'immobilier. Pensez à la part de votre salaire qui part dans votre loyer ou le remboursement de votre emprunt immobilier. Et la part de salaire disponible après remboursement ou loyer est de plus en plus réduire.

C'est ce qu'illustre le graphique ci-dessous : la ligne bleue représente les salaires moyens depuis 1955 – qui ont augmenté, en termes nominaux, d'environ 70 fois. En vert, le prix moyen des maisons en Grande-Bretagne, qui a augmenté presque deux fois plus.

immobilier

Source : Banque d'Angleterre, Fed de Saint-Louis

Et cette tendance n'est pas prête de s'inverser.

Cela explique en partie pourquoi nous ne travaillons pas moins.

La question qui se pose maintenant est la suivante : que va-t-il se passer alors que la robotisation détruit un nombre croissant d'emplois ?

Nous ne pourrons pas tous travailler à temps plein s'il n'y a tout simplement pas assez d'emplois à pourvoir.

Watson veut votre travail

Chaque jour, nous entendons de plus en plus de prédictions sur ces robots "voleurs d'emplois". Les estimations actuelles indiquent qu'environ la moitié de nos emplois sera automatisée d'ici 2033. Au fur et à mesure que l'intelligence artificielle (IA) progressera, elle ne prendra pas seulement en charge les tâches routinières, mais aussi les tâches complexes.

Le tableau ci-dessous montre les conséquences que la technologie a déjà eues sur les tâches de routine au cours des dernières années.

IA et travail

Source : Fed de Saint-Louis

Et une fois que l'IA aura commencé à prendre en charge les tâches plus inhabituelles et complexes, nous aurons tous un (gros) problème.

Et quand je dis "aura commencé", j'aurais mieux fait d'écrire au présent. Car, pour tout dire, c'est déjà le cas.

Cette année, l'assureur japonais Fukoku Mutual Life Insurance a licencié 34 salariés et les a remplacés par l'intelligence artificielle d'IBM, Watson. Selon la compagnie, ce remplacement lui permettrait d'économiser 140 millions de yens (l'équivalent d'un peu plus d'un million d'euros) par an, passé le coût d'achat de 200 millions de yens (1,5 million d'euros).

En Chine, 40 hôpitaux utilisent une version médicale de Watson. Ces médecins l'utilisent pour évaluer les traitements contre le cancer, lire des images médicales et envoyer des alertes de santé.

Les emplois que l'IA remplace ne reviendront pas de sitôt.

La semaine de 15 heures à portée de main !

Avec la moitié de nos emplois pris par des robots, il y a de grandes chances que notre temps moyen de travail tombe rapidement à 15 heures hebdomadaires.

Et c'est pourquoi l'idée d'un revenu de base universel gagne en popularité dans le monde entier.

Vous êtes probablement déjà familier avec le concept de revenu universel qui a fait la une des médias, en France, lors de la dernière campagne présidentielle. Voici donc rapidement de quoi il s'agit : le revenu universel donne à tous les citoyens d'un pays une somme d'argent donnée. Ils reçoivent cet argent peu importe leur revenu, leurs ressources ou leur statut d'emploi.

Certaines personnes y voient un moyen de simplifier le système de prestations sociales. L'idée est d'assurer à tous un revenu suffisant pour se situer au-dessus du seuil de pauvreté.

Pour ses défenseurs, le revenu universel aurait le même coût que l'actuel système d'aide au Royaume-Uni ou en France, mais serait plus efficace aussi bien pour les employés que pour les chômeurs.

Selon le Forum économique mondial, avec le revenu universel, tous les revenus du travail rémunéré (après impôts) sont des revenus supplémentaires. Donc, chacun est toujours mieux loti en termes de revenu total, qu'il travaille à temps complet ou partiel.

Ainsi, le revenu de base ne réduit pas l'intérêt qu'un individu peut avoir à travailler, au contraire.

Plusieurs essais de revenu universel sont actuellement en cours, par exemple en Finlande, au Kenya, en Ontario, aux Pays-Bas ou en Ouganda. Et la Silicon Valley s'y intéresse aussi, avec Y Combinator qui mène une étude pilote à Oakland, en Californie.

Les résultats déjà obtenus sont largement positifs : en Namibie, le revenu de base universel a fait chuter les taux de criminalité de 42% ; et au Manitoba au Canada, les hospitalisations ont diminué de 8,5%.

Il faudra encore de nombreuses études avant de parvenir à des conclusions plus définitives mais le mouvement en faveur d'un revenu de base universel est en pleine extension.

Et alors que la robotisation et l'intelligence artificielle ne cessent de progresser, le débat autour du revenu universel va gagner en crédibilité.

Si tout se passe bien, nous ne travaillerons bientôt plus que 15 heures par semaine.

Et nous pourrons répondre à cette question posée par Keynes : "le problème économique résolu, l'humanité sera dépourvue de son but traditionnel. Sera-ce un avantage ?"

Je vous laisse y réfléchir...
[NDLR : Le prochain numéro de NewTech Insider est d'ailleurs entièrement consacré à l'intelligence artificielle. Ray Blanco vous y recommandera un des leaders du secteur. Les robots vous voleront peut-être bientôt nos emplois mais, en attendant, ils nous permettent de faire le plein de plus-values ! Si vous n'êtes pas encore abonné, il est encore temps de le faire pour recevoir la prochaine recommandation de Ray.]

Harry Hamburg

 

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Erreur de l’intelligence artificielle en votre (dé)faveur http://quotidienne-agora.fr/erreur-intelligence-artificielle-defaveur/ http://quotidienne-agora.fr/erreur-intelligence-artificielle-defaveur/#respond Tue, 12 Sep 2017 09:30:28 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=70216 intelligence artificielle

Nous avons vu hier que l'intelligence artificielle (IA) est intrinsèquement faillible. Comme tout système à apprentissage, elle établit ses règles de manière autonome – et au-dehors de tout contrôle humain.

Mais que se passe-t-il lorsqu'une IA se trompe ? Quelles sont les conséquences pour nous, humains ?

Des erreurs amusantes... et des erreurs catastrophiques

Pensez aux applications actuelles de l'IA. Si un algorithme de classement de clientèle se trompe et vous propose pour le déjeuner un tartare de boeuf alors que vous êtes végétarien, vous allez sourire.

Dans d'autres cas, vous pouvez trouver la décision de l'IA beaucoup moins drôle. Imaginez que votre banque décide, par souci d'équité, de déléguer à une IA la décision d'accéder ou non aux demandes de prêts immobiliers.

Votre conseiller bancaire pourrait vous barder de questions et entrer les réponses dans un logiciel.

Le résultat serait immédiat. Voyants au vert : félicitations, vous allez pouvoir devenir propriétaire ; voyants au rouge : revenez dans cinq ans.

Aujourd'hui, vous pouvez toujours (tenter de) discuter avec votre banquier pour expliquer votre situation, et éventuellement clarifier des malentendus.

Lorsque l'IA aura remplacé le banquier, vous ne pourrez que vous plier à sa décision.

Le problème se posera à l'identique lorsque les assurances utiliseront ce type d'algorithmes pour décider de l'éligibilité de leur clientèle.

Vous postulez à un emploi dans une multinationale ? Sachez qu'elles croulent sous les candidatures, et qu'elles utilisent de plus en plus de logiciels à apprentissage pour filtrer les curriculum vitae. L'écrasante majorité des candidats est écartée sans même qu'un être humain n'ait eu l'occasion de prendre connaissance du CV.

Que dire enfin de la surveillance électronique généralisée ? Pour les agences de renseignement, ce sont des logiciels qui déterminent, en observant notre utilisation quotidienne d'Internet, si les individus ont des comportements suspects. Comment ces logiciels tranchent-ils ? S'il s'agit d'intelligences artificielles (ce qui est très probable vu les volumes de données en jeu), nul ne le sait – pas même leurs concepteurs.

Vous pourriez donc, à votre insu, être considéré comme individu suspect sans que personne ne comprenne réellement pourquoi. De beaux tracas en perspective...

Comment gérer les erreurs de l'IA ?

Ne dit-on pas que l'erreur est humaine ? Nous acceptons nos imperfections et nos fautes. Lorsqu'elles sont problématiques, nous avons à notre disposition un arsenal de comportements sociaux. Nous pouvons, lorsque nous sommes lésés, opter pour le pardon ou chercher une punition et une réparation.

Pourtant, nous sommes démunis si une machine est à l'origine de l'erreur. N'espérez-pas, aujourd'hui, traîner un logiciel en justice pour un dommage qu'il vous aura causé !

Vous commencez à entrevoir les problèmes causés par l'utilisation de l'IA dans des situations du quotidien. Si la perspective de ces injustices administratives vous chagrine, vous n'êtes pas au bout de vos peines. Ce sont, demain, les armes qui seront pilotées par IA. Les conséquences en cas d'erreur seront toutes autres.

L'IA réinvente les armes autonomes

Les armes autonomes, nées avec l'invention des mines, ont toujours posé un problème moral. On leur reproche de tuer sans discrimination. Combattants, civils, hommes, femmes, enfants... tous sont égaux devant ces armes qui frappent à l'aveugle.

Si terribles qu'elles soient, le pouvoir de destruction des mines reste limité dans l'espace. Les experts de l'intelligence artificielle s'inquiètent désormais des dérives lorsque des machines mobiles et surpuissantes seront pilotées non plus par des hommes, mais par des logiciels.

Cet été, ce sont pas moins de 116 signataires qui ont publié une lettre ouverte demandant à l'ONU d'interdire purement et simplement la fabrication et le déploiement d'armes autonomes.

Loin d'être l'oeuvre de doux rêveurs pacifistes, cette lettre est co-signée par Elon Musk (fondateur de PayPal, Tesla et SpaceX) et d'autres spécialistes du domaine.

Qu'entend-on par armes autonomes ?

En lisant "armes autonomes", vous pensez probablement aux drones américains qui sillonnent le ciel afghan pour effectuer des frappes dites chirurgicales.

Si le vol de ces appareils est effectivement automatique, la décision d'ouvrir le feu est toujours confiée à un soldat. Elles ne sont donc pas totalement autonomes. Il est admis que les armes sont dites autonomes lorsque la décision d'ouvrir le feu est prise non pas par un soldat, mais par un logiciel.

Dans le cas d'un drone, il pourrait s'agir d'appareils patrouillant dans une zone et ouvrant le feu sur des cibles-type (camion militaire, individus suspects, installations logistiques) avant de revenir automatiquement se ravitailler.

Aucun humain ne contrôlerait où se trouve l'arme, ni sur qui elle oriente ses frappes.

Ce concept peut bien sûr être décliné sur tous les espaces de combat : sur terre, sur mer, dans les airs voire l'espace.

Qui s'intéresse aux armes autonomes ?

Les armes autonomes existent déjà. Jusqu'à très récemment, elles étaient cantonnées à des missions de défense. Leur premier usage date des années 1970 sur les navires de guerre.

Partant du principe que le délai de réaction est vital lorsqu'un navire est attaqué, elles ont été mises en place pour intercepter efficacement missiles, torpilles et avions ennemis.

Ces systèmes de protection ont la lourde tâche de surveiller en permanence l'environnement et de déterminer si les objets détectés sont hostiles ou inoffensifs. Afin d'assurer la rapidité de réaction, la décision d'ouvrir le feu peut être prise automatiquement.

Plus récemment, Samsung a commercialisé la tourelle SGR-A1. Elle est d'ores et déjà déployée à la frontière entre la Corée du Sud et la Corée du Nord pour empêcher les intrusions. Elle embarque une mitrailleuse Daewoo K3 de calibre 5.56 mm capable de neutraliser une cible à 3,2 km ainsi qu'un lance-grenades de 40 mm.

SGR Samsung

La tourelle SGR-A1 de Samsung : quand la réalité rejoint la science-fiction

Si protéger un navire au milieu de l'océan ou un no man's land est un scénario d'usage facile à modéliser, les choses sont un peu différentes dans le cas de situations dites "ouvertes" (où le terrain et les acteurs présents sont amenés à changer).

Cet été, l'entreprise Kalashnikov (qui commercialise le bien connu fusil AK-47) a commencé à communiquer sur ses projets de R&D dans le domaine. Elle a présenté un prototype de mitrailleuse autonome et a annoncé travailler sur d'autres dispositifs.

Kalashnikov

Prototype de mitrailleuse autonome de la société Kalashnikov.
Crédit photo : Kalashnikov

L'Europe participe aussi à cet effort de guerre. Le Royaume Uni dispose depuis 2013 d'une preuve de concept : le Taranis de BAE Systems. Il s'agit d'un drone de combat furtif capable de mener des missions intercontinentales.

En France, Dassault Aviation travaille sur le projet nEUROn. En collaboration avec la Grèce, l'Italie, l'Espagne, la Suède et la Suisse, le programme lancé en 2005 a pour but d'acquérir du savoir-faire dans le domaine des drones autonomes.

Le développement de ces drones a permis aux industriels européens de rattraper leur retard sur leurs concurrents américains.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la France et l'Angleterre ont décidé après les premiers vols d'essai de fusionner leurs deux prototypes et d'unir leurs forces dans le développement d'un drone commun. Si le Brexit ne vient pas interrompre le programme, le vieux continent devrait rapidement être doté de drones autonomes modernes.

Quelle mouche a piqué les Etats pour s'engager simultanément dans cette voie ? Comment gérer la faillibilité de l'IA lorsque la moindre erreur représente un danger mortel ?

Réponse demain dans La Quotidienne...

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Robots, intelligence artificielle, big datas : les nouvelles technologies nous menacent-elles ? http://quotidienne-agora.fr/robots-intelligence-artificielle-big-datas-menaces/ http://quotidienne-agora.fr/robots-intelligence-artificielle-big-datas-menaces/#respond Tue, 11 Jul 2017 09:30:42 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69954 intelligence artificielle

Nous allons parler de menaces. De menaces que font peser les nouvelles technologies sur les marchés actions et, plus largement, sur notre quotidien, nos sociétés.

Ces menaces sont à prendre très au sérieux en tant qu'investisseur. Non seulement parce que si les "technos" décrochent, elles entraîneront dans leur chute tous les indices. Mais aussi parce que ces menaces technologiques, qu'elles soient réelles ou ressenties, risquent de freiner le développement de certaines entreprises, voire de certains secteurs.

La peur est – je ne vous apprends rien – un sentiment puissant et il est impossible de comprendre l'évolution des nouvelles technologies sans le prendre en compte. C'est ce que nous allons voir aujourd'hui.

La bulle technologique menacerait-elle les marchés ?

Après une période de pure euphorie qui a alimenté et entretenu l'envolée des valeurs technologiques sur les marchés, depuis quelques semaines (depuis fin mai-début juin et le décrochage d'Apple), le doute s'insinue progressivement dans le cerveau – ou ce qui en fait office – des investisseurs.

Et si les valeurs technologiques étaient surévaluées ?
Et si nous revivions une bulle des technologies ?
Et si cette bulle était sur le point d'exploser ?
Et si les valeurs technologiques étaient dangereuses ?
Et si... nous devions paniquer.

La réponse à certaines de ces questions est assez évidente. Pour d'autres, c'est plus compliqué. Pour résumer, oui, certaines valeurs technologiques – mais pas toutes – sont clairement surévaluées. Oui, nous sommes dans une situation de bulle. Non, je ne sais pas si elle va éclater bientôt. Oui, une chute des technos entraînera dans sa suite les autres secteurs (c'est ce qui s'est passé quand Apple a trébuché). Et non, nous ne devons pas paniquer parce que cela ne sert à rien et que, normalement, si vous avez suivi nos conseils dans la Quotidienne ou dans NewTech Insider, vous avez en portefeuille des paris de long terme, des valeurs solides.

C'est justement ce qu'expliquait Ray Blanco hier dans NewTech Insider :

Pour le prochain semestre, je m'attends à un peu plus de soubresauts sur les marchés. Dans de telles conditions, certaines valeurs continueront à progresser – à condition d'avoir des fondamentaux très solides.

En matière de nouvelles technologies, cela signifie des entreprises innovantes dominant les tendances technologiques les plus dynamiques. En matière de biotech, ce sont des médicaments innovants et des pipelines prometteurs.

Les nouvelles technologies nous veulent-elles du mal ?

Reste la question de la menace que représentent les nouvelles technologies. Et là... il y a quelque chose à creuser.

Je ne sais pas quel est votre rapport à votre smartphone, votre télévision connectée, à l'intelligence artificielle ou encore aux robots.

Si vous nous lisez régulièrement, il y de grandes chances que vous soyez au moins intéressé par ces domaines.

Reste que même quand on est intéressé voire passionné par les nouvelles technologies, il est difficile de ne pas s'inquiéter de certains aspects ou innovations qui se profilent.

C'est la réflexion que je me suis faite en lisant le récent article d'Andrew Lockley sur les progrès de la reconnaissance vocale. Je trouve déjà inquiétant que Facebook vous propose d'identifier vos amis sur des photos partagées en ligne. Je m'inquiète franchement devant les progrès de la reconnaissance faciale en matière de sécurité.

Bien sûr, comme le dit Andrew, si vous n'avez rien à cacher ou que vous n'avez aucune intention de vous faire exploser dans un lieu public, pourquoi s'inquiéter d'être surveillé ?

La limite entre la surveillance afin d'assurer la sécurité de tous et l'intrusion abusive dans notre vie privée est pourtant bien fine. Et la notion de "criminalité" bien différente selon le degré de démocratie du pays dans lequel vous vivez.

La société française Amesys, spécialisée dans les solutions de surveillance, a ainsi récemment été pointée du doigt pour avoir vendu ses services à des régimes pour lesquels les droits de l'Homme ne font pas vraiment partie du top 3 de leurs priorités, à savoir la Libye de Mouammar Kadhafi et l'Egypte d'al-Sissi. A Kadhafi, Amesys a vendu un système de surveillance des télécommunications et est accusée de complicité de torture – ses services ayant permis au régime libyen de traquer puis de torturer voire d'éliminer des opposants politiques. Rebelote en Egypte, comme le révèle un article de Télérama.

Cet exemple illustre parfaitement le danger de ces technologies pudiquement appelées "duales", puisque leur utilisation peut facilement glisser de la surveillance "normale" à la rétorsion au mépris le plus évident des droits de l'Homme ou de toute forme de respect de la vie privée.

Le développement de la reconnaissance faciale fait partie de ces technologies duales.

Les big datas aussi.

Big data is watching you

Or la fortune de nombre de grandes entreprises technologiques – de Google à Facebook – repose justement sur l'exploitation de ces énormes quantités d'informations que chaque individu, chaque activité, chaque entreprise, chaque organisation, administration, Etat produit en permanence.

L'utilisation de ces données est habillée par des prétextes tels qu'"améliorer votre expérience de consommateur/utilisateur". Effectivement, il est pratique qu'Amazon vous propose des livres qui pourraient vous intéresser selon vos derniers achats, que Google vous propose un restaurant de votre cuisine préférée selon le lieu où vous vous trouvez. C'est vrai.

Mais la somme de données que nous fournissons, sans même nous en rendre compte à des entreprises privées ou à des Etats donne le vertige.

Il y a quelques décennies, votre épicier en savait certainement long sur vous en fonction des courses que vous faisiez chez lui.

Maintenant Facebook, Google, Amazon, etc. savent ce que vous achetez, ce que vous faites, qui vous voyez, où vous allez, si vous êtes malade, si vous partez bientôt en vacances dans le Périgord, si vous réfléchissez à comment alléger (légalement ou pas) vos impôts, vos préférences sexuelles ou si vous allez divorcer. Comment ? Tout simplement grâce aux informations que vous donnez sur les réseaux sociaux ou tirées de l'historique de vos recherches sur Internet et de vos achats en ligne.

Tout récemment, c'est le partenariat entre le système de santé public britannique, le NHS, et l'intelligence artificielle de Google, DeepMind, qui est venu rappeler l'intérêt des grands groupes privés pour nos données de santé. Les dossiers médicaux d'1,6 million de londoniens sont en effet utilisés, en temps réel, par l'intelligence artificielle pour repérer le plus rapidement possible des pathologies comme l'insuffisance rénale aigüe.

Or selon l'Information Commissioner's Office, la confidentialité des données personnelles des patients n'est, en l'état, pas respectée. L'ICO s'est aussi inquiété de l'utilisation de ces données pour d'autres objectifs que la détection précoce de maladies.

Les robots vs. l'Humanité

Passons maintenant aux robots. Ils suscitent beaucoup de fantasmes, entre fascination et effroi. Tout y passe, des robots sexuels aux robots tueurs en passant par les robots voleurs d'emploi. Dans NewTech Insider, Ray Gerald et Gerald Celente expliquaient ainsi que les postes d'ouvriers ou de manutentionnaires n'étaient pas les seuls menacés par le développement des robots. Médecins, journalistes, avocats l'étaient aussi – il est d'ailleurs possible que cet article soit mieux écrit par une intelligence artificielle que par moi.

Un exemple parmi d'autres : un candidat à l'élection présidentielle française avait proposé de taxer les robots comme des salariés comme les autres. Si les robots se mettent à payer des impôts, allons-nous leur donner le droit de vote ?

De nombreuses voix – dont celle de Stephen Hawkings – s'élèvent régulièrement pour dénoncer les risques que font peser l'alliance de la robotique et de l'intelligence artificielle sur l'avenir de l'humanité.

Récemment, alors que Google annonçait la vente d'une de ses filiales, le fabricant de robots Boston Dynamics, certains commentateurs y voient une conséquence de l'"effroi" suscité par certaines vidéos diffusées par le groupe dans lesquelles on pouvait voir des robots quadrupèdes ou humanoïdes faire des petites balades dans la neige. Cette vente s'inscrit plus probablement dans les efforts de restructuration et d'économies entrepris par Google depuis plusieurs mois, mais la presse a, elle, surtout retenu l'argument de la menace...

Les entreprises technologiques nous dépeignent sans sourciller un monde où nous serons connectés en permanence, de plus en plus surveillés, de plus en plus entourés par une technologie certes de plus en plus utile mais aussi de plus en plus envahissante et intrusive. Un futur dans lequel la notion de vie privée n'est manifestement qu'anecdotique.

Bien sûr cette tentative de mainmise sur nos vies privées, nos données personnelles, se heurtent régulièrement aux tentatives (souvent modestes) des utilisateurs ou des Etats pour les protéger. La plupart des grands groupes comme Facebook, Snapchat, Uber etc. ont ainsi dû revoir leur utilisation des données personnelles qu'ils collectent. Google s'est ainsi engagé à mieux protéger les données personnelles de patients londoniens pour poursuivre le partenariat entre le NHS et DeepMind. Il y a cependant fort à parier que vous ne vous rendez pas compte de l'ampleur des données que ces entreprises possèdent sur vous.

Dans la Quotidienne de demain nous verrons que l'influence des grands patrons de la Silicon Valley prend aussi une tournure très politique. Nous verrons aussi que la menace ne se fait pas à sens unique. Utilisateurs et Etats menacent eux aussi les entreprises technologiques. D'ici-là, ne détruisez pas votre smartphone pour vous venger des nouvelles technologies : profitez plutôt d'elles pour engranger quelques beaux gains...

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AlphaGo, le jour où l’intelligence artificielle a dépassé le meilleur humain http://quotidienne-agora.fr/alphago-intelligence-artificielle-depasse-humain/ http://quotidienne-agora.fr/alphago-intelligence-artificielle-depasse-humain/#respond Wed, 31 May 2017 09:45:20 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69703 alphago

La semaine dernière a vu l'intelligence artificielle (IA) se hisser à un niveau jamais vu. Le programme AlphaGo, développé par Google DeepMind, a battu le meilleur joueur du monde au jeu de go, le Chinois Ke Jie.

N'y voyez pas là une étape anecdotique, signe que les ingénieurs sont en mal d'idées auxquelles appliquer leur talent. Cette victoire est symbolique car le jeu de go est un des jeux les plus complexes qui existe. Il a, à l'instar de la traduction automatisée, longtemps représenté un horizon inaccessible pour l'IA.

Savoir que les machines sont désormais capables de battre les humains sur le terrain de l'abstraction et de l'anticipation est le signe que l'IA progresse vite – plus vite que les spécialistes ne l'espéraient il y encore quelques années.

La fin de la méthode brutale

Nous avions évoqué, en janvier, les domaines de prédilection de l'intelligence artificielle. La particularité des applications actuelles de l'IA est d'être fondée sur la méthode historique de traitement des problèmes : la force brute.

Les premiers algorithmes d'IA s'appuyaient sur ce qui fait l'intérêt des ordinateurs : leur rapidité et leur capacité à exécuter des opérations prévues à l'avance des milliards de fois par seconde.

Lorsqu'il s'agit de gérer du trafic ferroviaire ou trouver une information au milieu d'une gigantesque base de données, évaluer bêtement – et rapidement – toutes les possibilités est souvent plus efficace que d'utiliser le cerveau humain malgré son intelligence.

C'est d'ailleurs avec cette méthode que l'ordinateur Deep Blue d'IBM a battu le champion du monde d'échecs Gary Kasparov en 1997. Cette victoire avait marqué, à l'époque, un premier jalon : l'ordinateur bête et bien programmé s'avérait plus efficace que l'homme, même pour jouer aux échecs.

Le talent et l'expérience de Kasparov ne pouvaient rien face aux milliers de parties analysées par l'ordinateur. A chaque coup joué, Deep Blue pouvait évaluer l'état du plateau de jeu et anticiper les meilleurs déplacements à jouer. Avec plus de 700 000 parties mémorisées, il avait au préalable établi ses priorités pour augmenter les chances de victoire. Une intelligence toute relative, certes, mais néanmoins efficace lorsqu'exécutée par un super-calculateur capable de simuler 200 millions de coups par seconde.

Ce type d'algorithme, suffisant pour battre les meilleurs humains aux échecs, était toutefois perdant face aux joueurs de go — même peu expérimentés.

La raison ? La complexité incomparable du jeu de go par rapport au jeu d'échecs. Envisager toutes les variables possibles à chaque coup joué est impossible. Malgré l'augmentation exponentielle des capacités de calcul qui avait encore cours dans les années 2000, personne n'imaginait pouvoir appliquer avec succès la force brute pour dépasser l'inventivité humaine.

Le salut est venu des progrès des algorithmes de machine learning (apprentissage automatique). Aujourd'hui, les ordinateurs ne se contentent plus de mémoriser et d'analyser les données : ils fabriquent des modèles internes qu'ils appliquent aux situations nouvelles.

L'aspect étrange des algorithmes d'apprentissage actuels est qu'ils n'utilisent pas nécessairement les mêmes critères de décision que les humains. Les informaticiens ne cherchent plus à reproduire le processus décisionnel de notre cerveau en plus rapide ; ils laissent à l'ordinateur la possibilité d'établir ses propres règles.

Depuis que les algorithmes d'intelligence artificielle sont écrits de cette manière, leurs progrès ne sont plus limités par la puissance des puces électroniques qui les exécutent.

Un super-calculateur DeepBlue construit sur l'état de l'art actuel de la micro-électronique n'aurait pu battre le Chinois Ke Jie. C'est le passage du muscle (le microprocesseur) au cerveau (l'algorithme) qui a permis à AlphaGo de réaliser l'impossible.

AlphaGo : ce génie incompris

Maintenant que les ordinateurs ont la possibilité de prendre leurs décisions en fonction de critères qui leur sont propres, leur comportement n'est plus une simple synthèse du meilleur dont les humains sont capables. Il s'agit d'une logique à part entière ; elle peut même nous sembler incompréhensible.

Vous vous en doutez, les parties jouées par AlphaGo contre ses adversaires humains sont scrutées en temps réel par une armée d'experts. Auparavant, les meilleurs joueurs s'extasiaient lorsqu'un ordinateur sortait de son chapeau un coup "bien pensé". Il était fréquent de s'extasier devant la répartie d'un algorithme comme on peut être admiratif devant la puissance d'une machine.

La dernière partie jouée par AlphaGo a été un peu différente. Certains coups joués par le programme ont pris les analystes de court. A plusieurs reprises, l'ordinateur a joué en dépit de tout bon sens... ce qui ne l'a pas empêché de gagner.

AlphaGo s'est en fait appuyé sur une toute nouvelle logique, aujourd'hui inconnue des joueurs de go et incompréhensible dans le feu de l'action.

Avec une victoire 3-0, sa supériorité est incontestable. Les Hommes vont désormais pouvoir étudier à tête reposée ces nouvelles méthodes de jeu et, chose nouvelle, apprendre de l'ordinateur.

Le début d'une nouvelle ère de l'IA

La victoire des algorithmes au go ouvre de nouvelles perspectives. L'intelligence artificielle pourrait bien être applicable à des problèmes bien plus complexes que nous le pensions – et ce bien plus tôt que prévu.

Nous avons déjà parlé in extenso des voitures autonomes et de leurs besoins en IA. Les algorithmes actuels se montrent déjà, dans certaines conditions, plus performants que les êtres humains sur les tâches de reconnaissance d'obstacles et de conduite.

Avec les progrès en machine learning, il n'est pas interdit d'espérer que les voitures autonomes finissent par être très supérieures à leurs concepteurs en termes de fiabilité et de sécurité. La question des accidents pourrait devenir un vieux souvenir et le fait de prendre le volant un dangereux anachronisme.

La nouvelle de la victoire d'AlphaGo coïncide, hasard de calendrier, avec une note de Bloomberg qui annonce qu'Apple travaillerait, en secret, à l'élaboration d'une puce électronique dédiée à l'intelligence artificielle.

Ce co-processeur, au nom évocateur d'Apple Neural Engine, permettrait d'ajouter à tous les objets du quotidien la capacité d'effectuer des tâches spécifiques à l'IA pour un surcoût dérisoire.

La connectivité à Internet est devenue commune dans tous les produits électroniques ; l'intelligence artificielle pourrait suivre le même chemin. Elle ne serait plus l'apanage des grandes firmes et des laboratoires de recherche, mais pourrait être intégrée aux produits les plus ordinaires.

Les implications, notamment en termes de sécurité, seraient immenses. Les ordinateurs, téléphones, voitures et la plus banale des serrures pourraient reconnaitre sans ambiguïté un utilisateur qui se présente à eux.

Nous aurons bien sûr l'occasion de revenir sur le sujet si cette puce voit effectivement le jour. D'ici-là, savourons ce moment où chercheurs et ingénieurs ont, une fois de plus, réalisé ce que tous les spécialistes qualifiaient d'impossible il y a 20 ans seulement... D'autant que cet événement restera une parenthèse dans l'histoire des progrès de la technologie : Google DeepMind a d'ores et déjà annoncé la retraite d'AlphaGo pour se consacrer à de nouveaux défis.

Une manière élégante de nous rappeler que le meilleur reste à venir en intelligence artificielle.
[NDLR : Intelligence artificielle, puces nouvelle génération, nouveaux standards de connexion à Internet ou encore cyber-sécurité... si vous suivez les recommandations de nos spécialistes des nouvelles technologies, vous avez en portefeuille les valeurs les plus prometteuses pour profiter des grandes tendances technologiques. Pour les découvrir, c'est dans NewTech Insider...]

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Alexa d’Amazon : Cette fille connaît tous vos secrets… et elle est à acheter http://quotidienne-agora.fr/alexa-amazon-secrets-acheter/ http://quotidienne-agora.fr/alexa-amazon-secrets-acheter/#respond Thu, 26 Jan 2017 10:33:57 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68828

Si le fait que les nouvelles technologies aient un accès presque illimité à vos informations les plus personnelles vous fait peur, alors continuez votre lecture.

Ou bien préférez-vous peut-être retourner au lit, pour oublier tout cela.

Aujourd'hui, je vais révéler comment l'une des plus grandes entreprises de la planète a infiltré chaque aspect de votre vie. Elle connaît vos goûts et dégoûts. Elle peut prédire ce que vous allez acheter et quand vous allez l'acheter. Elle sait même ce que vous faites de votre temps libre – que vous soyez un fan de pelote basque, de scrapbooking ou de street art.

Et non, je ne parle pas de Facebook.

Echo à la conquête du monde – ou plutôt de votre foyer

Tout se résume à un produit qui a coûté plus de 300 millions de dollars en pertes à cette entreprise en 2016. Un produit qui, potentiellement, peut écouter toutes vos conversations. Un produit qui est loin d'être un simple gadget et qui pourrait porter sa société mère à de nouveaux sommets.

Ce produit, c'est Echo d'Amazon. Nous en avons déjà parlé il y a quelques jours dans la Quotidienne.

Echo est une petite enceinte qui ressemble à cela :

echo

Il répond aux commandes vocales d'un logiciel assez révolutionnaire appelé Alexa. Vous pouvez demander à Alexa de jouer votre musique préférée, quelle sera la météo de demain, ou passer par elle pour commander sur Amazon.

Alexa, le joker d'Amazon

Echo est un petit gadget bien fait. Mais Alexa est vraiment le coeur de ce dispositif... et les grands projets d'Amazon reposent sur elle :

"En deux ans, Alexa s'est propagée comme un incendie, et le service vocal est maintenant intégré à des dizaines de gadgets connectés, y compris des réfrigérateurs, et bientôt les voitures", explique le Financial Times. "Amazon espère qu'Alexa Voice Services, l'intelligence numérique derrière l'assistant, deviendra omniprésente partout où les commandes vocales sont utilisées".

Echo

La plupart des gens ne voient pas en Amazon une entreprise de nouvelles technologies. Effectivement, officiellement, c'est une entreprise de commerce électronique. Mais cela ne veut pas dire que Bezos & Co. ne s'intéressent pas de très près aux innovations techniques révolutionnaires...

Amazon s'est déjà imposé dans le domaine du Cloud. Maintenant, l'entreprise de Bezos cherche à contrôler le monde de l'intelligence artificielle via un assistant personnel.

Lors du dernier Consumer Electronic Show – dont vous parlait Ray Blanco il y a quelques jours –, Amazon a révélé qu’il disposait désormais de plus de 7 000 "compétences". En clair, cela signifie qu'il existe déjà 7 000 applications, développées par Amazon et surtout d'autres entreprises, reposant sur l'utilisation d'Alexa et vous permettant, par exemple, de commander un Uber ou une pizza chez Domino's Pizza.

Alors qu'Alexa continue d'intégrer de nouvelles compétences à un rythme effréné, elle pourrait devenir un élément clé des nouvelles technologies.

Google domine les recherches sur Internet. Netflix le streaming. Si Amazon continue à développer Alexa au rythme actuel, la société dominera celui de la voix. Cette aventure permettra à Amazon d'avoir un pied à l'intérieur de chaque foyer à travers le monde.

La stratégie d'Amazon est simple : se faufiler dans votre maison et votre vie quotidienne, puis se rendre indispensable en connaissant tout de vous. Amazon est déjà parvenu à écraser la concurrence – que l'on parle des autres sites d'e-commerce ou de magasins physiques – grâce à cette stratégie.

Echo est un cheval de Troie. Alexa – le logiciel – est ce qu'Amazon va utiliser pour affiner encore la connaissance qu'il a de vous et de votre famille. Et ainsi réussir à vous vendre de plus en plus de produits et de services.

Vous trouvez cela effrayant ? Je suis d'accord. Mais c'est aussi la raison pour laquelle je pense qu'Amazon est loin d'avoir épuisé son potentiel de croissance.
[NDLR : Intelligence artificielle, objets connectés, voiture autonome, sécurité et protection des données personnelles... Voilà les grands thèmes d'investissement que vous propose Ray Blanco dans NewTech Insider. Le monde de demain de dessine aujourd'hui et il est temps pour vous de miser sur lui]

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L’intelligence artificielle is watching you : les nouveaux usages de la reconnaissance d’image http://quotidienne-agora.fr/lintelligence-artificielle-reconnaissance-image/ http://quotidienne-agora.fr/lintelligence-artificielle-reconnaissance-image/#respond Wed, 11 Jan 2017 10:50:31 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68778 prothèses reconnaissance d'image

Nous avons vu hier ce que l'intelligence artificielle (IA) est capable de faire en 2017, et ce qui relève encore du fantasme. Aujourd'hui, nous allons voir comment la reconnaissance d'image – un des domaines dans lequel l'IA excelle – peut être utilisée en pratique.

Un défi vieux comme l'informatique

Reconnaitre les choses "au premier coup d'oeil" est le propre de l'homme. Nous le faisons en permanence. En entrant dans une pièce, nous savons instantanément où sont les meubles, les autres humains et les éventuels animaux.

Mieux encore, nous sommes capables de savoir rapidement si une personne en face de nous est en train de rire, de pleurer, ou de regarder ailleurs.

Pour un ordinateur, une image n'est qu'une succession de points de couleur appelés pixels.

Depuis l'avènement de la photographie numérique, des algorithmes de plus en plus complexes ont été développés pour permettre aux machines de donner un sens à ces images.

Les progrès de la recherche fondamentale et l'augmentation des capacités de calcul de ces dernières années ont fait de la détection d'humains sur une image une tâche banale.

Les meilleurs algorithmes arrivent aujourd'hui à travailler en temps réel sur des vidéos, et s'offrent le luxe d'ajouter une touche de psychologie à la détection de visages.

Les scientifiques disposent en effet d'une bonne connaissance des expressions du visage en fonction des humeurs et des intentions – et ce, quel que soit l'âge de la personne et son origine.

Cette formidable base de données est désormais intégrée aux algorithmes haut-de-gamme. Autrement dit, un ordinateur peut savoir ce que vous avez en tête grâce à une simple caméra numérique.

Pourquoi est-ce important ?

Les machines sont, sans intelligence artificielle, aveugles à ce qui les entoure. Votre ordinateur ne peut se fier qu'à ce que vous lui indiquez explicitement avec le clavier.

Il se borne par conséquent à répondre à ce que vous lui demandez. C'est pour cela que les assistants virtuels ne sont aujourd'hui pas plus efficaces que les moteurs de recherche.

Un assistant virtuel capable d'interpréter de manière autonome les informations visuelles pourrait vous faire des suggestions de manière proactive.

Imaginez le cas de figure suivant : vous vous installez devant votre ordinateur en plein hiver. L'ordinateur détecte que votre température corporelle est plus élevée que d'habitude et que vos pupilles sont légèrement dilatées. En pleine épidémie de grippe, il pourra vous suggérer de vous ménager et de surveiller vos symptômes – avant même que vous ne réalisiez que vous couvez un virus.

Donner aux machines la capacité d'interpréter les images, c'est leur offrir la possibilité d'en savoir plus sur vous de manière non-intrusive et de développer un début d'empathie.

Quand les machines vous comprennent sans un mot de votre part

Vous trouvez impressionnante la capacité des moteurs de recherche à contextualiser vos requêtes et à tout savoir sur vous ? Ils se fondent simplement sur les informations que vous leur fournissez lorsque vous surfez sur Internet.

Désormais, il faudra vous habituer aux machines qui vous catégorisent et anticipent vos besoins sans vous connaître.

La chaîne de fast-food Kentucky Fried Chicken a d'ores et déjà commencé à mettre en place ce type d'IA dans ses bornes de commande automatisées en Chine. Lors de l'arrivée d'un client, la borne scanne rapidement son visage. Forte de l'expérience de millions de repas commandés, l'IA intégrée est capable de proposer le repas qui sera le plus à même d'intéresser le consommateur.

Il est évident qu'un adolescent affamé, une mère de famille et un retraité ne commanderont probablement pas les mêmes produits. Un serveur de restaurant sait au premier coup d'oeil catégoriser les clients lorsqu'ils se présentent et adapte ses suggestions en conséquence. Grâce à l'IA, les bornes automatiques sont aujourd'hui capables de faire de même.

L'intérêt pour le commerçant est évident : un consommateur à qui l'on propose des produits adaptés à ses attentes est plus à même d'augmenter son panier d'achat.

KFC - reconnaissance image
La borne intelligente de KFC
Crédits : Baidu

Un tel service ne peut fonctionner qu'avec une solide base de données pour catégoriser l'utilisateur parmi les millions de profils pré-identifiés. Ce n'est donc pas pour rien que l'élaboration de cette borne a été menée en collaboration avec Baidu, le moteur de recherche chinois concurrent de Google.

Outre son intérêt commercial, la classification comportementale par analyse d'images est un enjeu de sécurité publique. Avec la multiplication exponentielle des caméras de vidéosurveillance, les autorités disposent d'un volume de données colossal qui n'est malheureusement exploité qu'en cas de problème.

A moins d'avoir une personne 24h/24 derrière chaque caméra, les vidéos ne peuvent être utilisées qu'a posteriori pour identifier les personnes présentes sur les lieux des incidents et déterminer leur rôle.

Avec les nouvelles techniques d'analyse comportementales en temps réel, les logiciels branchés sur les circuits de vidéosurveillance proposent une analyse prédictive aux agents de sécurité pour concentrer leur attention sur les personnes à risque.

L'aéroport international de Schiphol et la SNCF expérimentent des dispositifs de détection de comportement suspect depuis quelques mois.

Les premiers retours d'expérience montrent que les algorithmes pêchent encore par excès de paranoïa. L'IA installée derrière les caméras a tendance à catégoriser de très nombreuses personnes comme "à risque" et le travail des agents de sécurité n'est pour l'instant pas facilité par l'installation de ces systèmes.

L'effort de recherche est pourtant conséquent. Les fréquentes publications scientifiques sur le sujet laissent espérer de meilleures performances dans un futur proche.

L'IA peut vous sauver la vie

Le domaine de la santé s'ouvre également à l'IA pour les diagnostics. Avec les progrès de l'imagerie médicale, radiographies et IRM sont devenues banales dans l'arsenal de recherche de pathologies.

La multiplication des images pose toutefois le même problème qu'en matière de vidéosurveillance : le maillon faible reste l'humain qui va interpréter ces données. Les spécialistes n'ont pas tous la même manière de lire les images, sont souvent sujets à la fatigue et toujours au manque de temps.

Par conséquent, l'amélioration des techniques d'imagerie ne conduit plus à l'augmentation de la précision des diagnostics. Au contraire, il est plus en plus fréquent que les médecins soient contraints de choisir quelles images consulter avec attention quitte à en délaisser d'autres.

Les nouveaux algorithmes d'intelligence artificielle permettent de remplacer l'oeil du médecin pour faire un premier tri dans les données. Il y a quelques années, ces algorithmes étaient connus pour être médiocres. Depuis quelques mois, des publications scientifiques confirment que les meilleurs logiciels permettent autant de détection qu'un oeil exercé.

Il est certain que l'interprétation des images fera rapidement partie des fonctions de base des machines d'imagerie. Le temps perdu par les spécialistes à cette tâche fastidieuse ne sera plus qu'un mauvais souvenir.

Des équipes de recherche s'intéressent même à la détection de microlésions cérébrales par intelligence artificielle. Dans ces pathologies, l'imagerie n'est aujourd'hui pas exploitée par les médecins par manque de temps. Avec un traitement automatisé des données, de nouveaux diagnostics en amont pourront voir le jour et révolutionner la manière dont les atteintes cérébrales sont prises en charge.

En ce début 2017, plusieurs start-ups prometteuses élaborent des logiciels de traitement automatisé d'imagerie médicale. Nous aurons l'occasion d'aborder ce sujet de nouveau si elles parviennent à transformer ces produits en réalité commerciale dans les prochains mois !
[NDLR : En attendant, les derniers progrès de l'intelligence artificielle sont à retrouver, dès à présent, dans NewTech Insider]

 

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