cannabis – La Quotidienne de la Croissance http://quotidienne-agora.fr Investir sur la croissance Fri, 15 Dec 2017 10:30:24 +0000 fr-FR hourly 1 Faites face à l’épidémie d’opioïdes ! http://quotidienne-agora.fr/epidemie-dopioides/ http://quotidienne-agora.fr/epidemie-dopioides/#respond Thu, 22 Jun 2017 12:05:46 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69859 Opioïdes

Les Etats-Unis sont victimes d'une nouvelle épidémie d'addiction et d'overdose due à une drogue tout à fait légale, prescrite par les médecins : les opioïdes, ces antalgiques qui imitent le fonctionnement de l'opium sur notre organisme.

Dans la Quotidienne d'hier, nous avons essentiellement évoqué le cas américain – le plus emblématique – mais l'épidémie d'opioïdes touche le monde entier. Selon les chiffres de l'OMS, 69 000 décès sont imputables chaque année à ces substances à travers le monde et 15 millions de personnes y sont dépendantes. "La majorité d'entre elles utilise de l'héroïne cultivée et fabriquée de manière illicite, mais une proportion croissante consomme des opioïdes délivrés sur ordonnance", note l'OMS.

En France, peu ou pas de chiffres officiels sur le nombre de décès dû à ces médicaments, mais on observe une forte augmentation des hospitalisations liées à une overdose d'opioïdes. Comme aux Etats-Unis, le profil type des "addicts" est très éloigné des clichés habituels sur les consommateurs de drogue : "en plus de ces augmentations de cas, ce qui nous préoccupe est que ce sont majoritairement des femmes, d'âge médian 60 ans, sans notion d'addiction ni de cancer ou de soins palliatifs", soulignait Nicolas Authier, chef du service de pharmacologie médicale du CHU de Clermont-Ferrand, et cité par Le Monde.

La réaction des pouvoirs publics

Face à l'augmentation du risque de décès, les pouvoirs publics ont commencé à réagir. Les Etats-Unis sont pionniers dans le domaine. Je vous disais hier que l'Ohio a intenté un procès contre des laboratoires pharmaceutiques. D'autres Etats s'en sont quant à eux pris – toujours par la voie judiciaire – aux distributeurs.

La réponse s'organise : financement de programmes de désintoxication et de substitution (le maire de New York a décidé en mars 2017 d'y consacrer 38 millions de dollars), interdiction de prescription de plus sept jours (au Massachussetts), mise en place d'un système de centralisation des prescriptions afin d'éviter les abus, etc.

Au niveau fédéral, Barack Obama avait proposé en 2016 un grand plan national doté d'un milliard de dollars pour lutter contre ces addictions... Plan qui n'a jamais été mis en place.

La FDA, l'autorité en charge de l'autorisation des médicaments aux Etats-Unis, ainsi que le Center for Disease Control and Prevention (CDC) participent eux-aussi à la lutte contre l'addiction aux opioïdes. Le CDC s'est par exemple lancé dans de grandes campagnes d'information sur les risques auprès des praticiens, les incitant à fortement réduire les durées de prescription.

Depuis 2014, le renouvellement des prescriptions ne peut en outre plus se faire par téléphone mais nécessite un nouveau passage chez le médecin (une mesure de bon sens...).

Enfin, la FDA a, en mars dernier, renforcé l'avertissement des risques et effets secondaires sur les boites des médicaments concernés.

Ces efforts, même si encore limités, ont eu quelques effets. Depuis 2013, le nombre de prescriptions est en légère baisse, ce qui ne signifie pourtant pas que l'épidémie régresse. En effet, de plus en plus d'utilisateurs se tournent vers le marché noir ou l'héroïne quand ils ne peuvent plus obtenir d'ordonnances officielles.

Quelles conséquences pour l'industrie pharmaceutique ?

Procès et recul des prescriptions ont, pour l'instant, peu de conséquences sur les grands groupes pharmaceutiques, dont les sources de revenus ne dépendent pas uniquement des ventes d'antalgiques. La situation est plus compliquée pour les laboratoires spécialisés dans cette classe de médicaments. Face aux attaques légales et au recul des ventes, ces laboratoires cherchent à se diversifier. Un des cas les plus emblématiques est celui de Purdue Pharma, le laboratoire derrière l'OxyContin. Régulièrement attaqué devant les tribunaux (le laboratoire a par exemple été condamné en mai dernier à payer 20 millions de dollars au Canada pour défaut d'information sur les risques de dépendance), il a vu ses ventes d'OxyContin baisser de 40% entre 2010 et 2016 sur le marché américain.

Face à la baisse de ses ventes, le laboratoire aurait – selon des procès en cours – fermé les yeux sur le marché noir qui s'est développé et a, cette fois les yeux grands ouverts, mis en place une stratégie de conquête de nouveaux marchés en Amérique latine, en Asie, ou encore au Proche et Moyen Orient, et en prônant l'utilisation d'opioïdes dans le cas de douleurs chroniques.

D'autres voies sont aussi explorées – et ce sont celles qui nous intéressent le plus en tant qu'investisseurs. Premièrement, les laboratoires développent de nouvelles formes d'opioïdes qui limitent leur détournement. C'est le cas par exemple d'une biotech que vous a recommandé Ray Blanco dans FDA Biotech Trader. Pour accentuer les effets des opioïdes, certains usagers dépendants les réduisent en poudre pour les inhaler ou se les injecter. Une des solutions consiste donc à créer des comprimés qui se dissolvent mal ou qui sont difficilement réductibles en poudre.

Autre possibilité, développer des antalgiques présentant des risques moindres de dépendance. Un exemple parmi d'autres, celui de l'oliceridine développé par la petite biotech américaine Trevena. Cet antalgique reproduit les effets des opioïdes mais avec des effets secondaires (en particulier sur la dépression respiratoire). Ce médicament pourrait être utilisé sur les douleurs modérées à sévères, du moins s'il est accepté par la FDA qui vient de lui accorder le statut de " Breakthrough Therapy", réservé aux traitements particulièrement innovants.

D'autres biotech s'intéressent au potentiel thérapeutique du cannabis – malgré l'important débat de société que la plante suscite –, soit en utilisant des extraits de la plante soit en imitant synthétiquement les effets – de préférence en éliminant les substances psychoactives (avec des faibles niveaux de THC) et en réduisant le risque de dépendance. Ces médicaments pourraient s'avérer efficaces pour accompagner les patients souffrants de douleurs chroniques et afin de limiter l'usage des opioïdes forts aux douleurs les plus aigües.

Plusieurs médicaments ont déjà été autorisés aux Etats-Unis et dans le reste de l'Europe. En France, le seul médicament autorisé (depuis 2014), le Sativex, attend toujours un accord sur son prix pour être officiellement commercialisé. Ce médicament à inhaler pourrait être prescrit à des patients souffrant de sclérose en plaques afin de réduire les douleurs liées aux spasmes musculaires qui accompagnent la maladie.

La recherche dans le domaine n'en est qu'à ses débuts et pourrait, à terme, être une alternative aux opioïdes. Le Time rapportait que dans les Etats américains qui ont légalisé les usages thérapeutiques du cannabis, les prescriptions d'opioïdes avaient sensiblement chuté.

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

Face au risque que représente la dépendance aux opioïdes, pouvoirs publics, médecins mais aussi l'industrie pharmaceutique doivent donc s'adapter, non seulement pour réduire les usages abusifs de ces médicaments (une démarche pédagogique qui est proche de celle qui est mise en place pour réduire les prescriptions d'antibiotiques) mais aussi pour trouver d'autres moyens de gérer la douleur.

Lors de sa campagne présidentielle en 2016, Donald Trump avait déclaré vouloir mettre fin à l'épidémie d'opioïdes qui frappe les Etats-Unis. Elu président, il a effectivement mis en place une commission chargée d'étudier le problème et les solutions possibles. Le budget 2018 – et les fonds consacrés à cette lutte – seront particulièrement scrutés. Sans financement public et engagement politique fort, cette épidémie ne pourra en effet pas être combattue

Quoi qu'il en soit, la FDA semble bien décidée à favoriser les nouvelles générations d'antalgiques, en facilitant le processus d'essais cliniques ou en accélérant celui d'autorisation et de mise sur les marchés. Une excellente nouvelle pour les biotech qui oeuvrent dans le secteur.
[NDLR : Nouveaux opioïdes, antalgiques dérivés du cannabis... de nouveaux champs de recherche s'ouvrent aux biotech, et Ray Blanco a sélectionné les meilleures d'entre elles pour en profiter. A découvrir dans FDA Biotech Trader]

 

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Misez sur le cannabis made in Canada http://quotidienne-agora.fr/misez-cannabis-canada/ http://quotidienne-agora.fr/misez-cannabis-canada/#respond Fri, 02 Jun 2017 10:39:13 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69743 cannabis

Depuis les élections de novembre dernier, les valeurs cannabis ont les faveurs des investisseurs.

Le plus étonnant dans tout cela, c'est que le secteur s'envole alors que les usages récréatifs du cannabis n'ont été légalisés que dans huit Etats américains.

Alors comment pensez-vous que les marchés réagiront quand la légalisation gagnera encore plus de terrain, et que la plupart des Etats auront autorisés les usages médicaux et récréatifs du cannabis ?

Nous allons bientôt en avoir un petit aperçu.

En effet, le 1er juillet 2018, une loi pourrait entrer en application, une loi qui va encore relancer l'intérêt pour les valeurs cannabis.

Cette loi autorisera toute personne âgée de plus de 18 ans à posséder de petites quantités de cannabis. Elle autorisera aussi des entreprises à commercialiser du cannabis et des produits dérivés.

Cette législation est canadienne. Et les entreprises qui en bénéficieront seront essentiellement canadiennes.

Du cannabis venu du froid

Comme vous le savez peut-être, le cannabis a été interdit aux États-Unis en octobre 1937. Près de 80 ans plus tard, le gouvernement fédéral considère toujours qu'il s'agit d'une substance contrôlée dangereuse. Et même si de plus en plus d’États dépénalisent – voire même légalisent – les différents usages du cannabis, du côté du Congrès, aucun changement n'est prévu.

De l'autre côté de la frontière entre les États-Unis et le Canada, les choses sont toutes différentes. En 2001, les défenseurs de la légalisation du cannabis ont remporté une première victoire à l'échelle nationale lorsque Santé Canada – l'équivalent de la FDA aux États-Unis et de l'Agence européenne des médicaments en Europe – a autorisé les médecins à prescrire du cannabis (à usage thérapeutique) à leurs patients qui en avaient besoin.

Au passage, l'Allemagne vient de faire de même. En début d'année, elle a autorisé les usages thérapeutiques du cannabis en les limitant aux maladies pour lesquels aucun traitement n'existe ou n'est vraiment efficace.

Mais revenons au Canada. Cette autorisation a été une première victoire... qui s'est rapidement heurtée à une réalité. Si les usages (encadrés) du cannabis étaient autorisés, il n'en était pas de même pour la vente. Ce qui signifiait que les malades devaient cultiver leurs propres plans ou bien passer dans l'illégalité en achetant sur le marché noir.

En 2014, Santé Canada a révisé ses règles, permettant aux entreprises de demander des licences afin d'être autorisées à commercialiser du cannabis médical. La course au "cannabis blanc" (c'est ainsi que j'appelle le cannabis cultivé au Canada) était lancée !

En 2012, le Parti libéral du Canada a décidé de faire de la légalisation du cannabis un des éléments phare pour remporter les élections de 2015. Son chef, Justin Trudeau, en a fait un argument de campagne.

Début 2017, Trudeau a annoncé son intention de tenir ses promesses. Le 13 avril 2017, il a ainsi révélé son projet de loi.

Comme je vous le disais, ce projet de loi prévoit la légalisation de la possession de petites quantités (jusqu'à 1 once, soit 28 grammes environ) de cannabis par les adultes. La culture à domicile sera aussi autorisée (jusqu'à quatre plants), de même que l'achat auprès de producteurs ou revendeurs agréés.

La loi prévoit un encadrement très strict de la production (avec des critères de qualité) et de la commercialisation puisque le gouvernement Trudeau a officiellement pour objectif de "sortir le crime organisé du marché, protéger la jeunesse et la santé des Canadiens", selon les mots de la ministre de la santé, Jane Philpott.

En parallèle, la loi prévoit donc de durcir les peines contre ceux qui vendent du cannabis aux mineurs. Et d'interdire la conduite automobile deux heures après avoir consommé du cannabis.

Si la loi passe – et elle a de grandes chances de l'être –, les vannes du cannabis canadien vont s'ouvrir le 1er juillet 2018.

Un indéniable intérêt économique

Outre l'argument de la lutte contre le trafic illégal et le contrôle de la qualité du cannabis en circulation, l'autre argument qui sous-tend le projet de loi canadien est économique.

Aux Etats-Unis, la progressive légalisation a eu des effets économiques notables – ce qui incite de plus en plus d'Etats à revoir leur position face au cannabis.

Pour rappel, en 2016, les ventes de cannabis ont dépassé le milliard de dollars au Colorado, soit 186 $ par habitant. En appliquant (à la louche) ce chiffre à la population canadienne, on peut estimer leur marché du cannabis récréatif à 6,66 milliards de dollars. Et leur marché total du cannabis (avec les usages thérapeutiques) à 22,6 milliards de dollars.

Selon différentes études, les taxes sur la vente de cannabis pourraient rapporter entre trois à 10 milliards de dollars par an au gouvernement canadien et aux provinces...

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

Une telle légalisation va évidemment profiter aux entreprises canadiennes spécialisées dans le cannabis. Du moins à certaines d'entre elles.

Une légalisation canadienne entraînera à la fois une véritable effervescence boursière sur les sociétés cotées mais aussi un bouillonnement de création de petites entreprises. Certaines d'entre elles vont prospérer, d'autres être rachetées par des grands groupes, d'autres enfin vont tout simplement disparaître.

En effet, parmi les sociétés cotées, peu nombreuses sont celles qui disposent d'une réelle activité, d'un business model confirmé, d'un marché solide et de réelles perspectives. Beaucoup ne sont rien d'autres qu'une parfaite illustration de ce qu'est une bulle. Il faudra donc être particulièrement vigilant et être plus exigeant que jamais.

Si le marché canadien du cannabis est donc une excellente occasion d'investir, il est aussi un véritable piège pour les investisseurs mal préparés.

Les producteurs – ceux qui seront capables de cultiver des plants correspondant aux normes de qualité imposées par la loi – feront partie des bénéficiaires. Une des sociétés canadiennes les plus solides sur le marché du cannabis est Canopy Growth (WEED : TSX). Principal producteur de cannabis (pour l'instant thérapeutique) autorisé, il bénéficiera de l'extension de son marché avec l'autorisation du cannabis récréatif. Attention, cependant, après un emballement avec son introduction en Bourse qui a porté l'action à près de 13 dollars canadiens, elle n'en vaut plus 7,57 $.

Enfin, et vous vous en doutez, l'expérience canadienne sera suivie de près par tous les Etats qui réfléchissent sur l'attitude à adopter face au cannabis. Alors que le tout répressif montre ses limites, l'exemple canadien pourrait accélérer le mouvement de légalisation aux Etats-Unis, mais aussi en Europe.
[NDLR : Dans NewTech Insider, Ray Blanco suit de près ce qui se fait sur le marché canadien du cannabis pour vous proposer les meilleures opportunités d'investissement. Il vous recommande déjà 3 valeurs américaines pour profiter du mouvement de légalisation aux Etats-Unis. La révolution verte est en marche...]

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Cannabis : du marché noir au marché haussier http://quotidienne-agora.fr/cannabis-marche-haussier/ http://quotidienne-agora.fr/cannabis-marche-haussier/#respond Wed, 22 Mar 2017 11:24:24 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=69197 cannabis

Il y a eu plus d'un vote important aux Etats-Unis en novembre dernier. Le jour même de l'élection de Donald Trump, la Californie a voté pour la légalisation du cannabis.

Le Colorado, l'Oregon, Washington et l'Alaska ont légalisé le cannabis pour un usage récréatif. Ce sont des Etats faiblement peuplés, et les coffres des gouvernements locaux se remplissent à vue d'oeil. La Californie est, de loin, l'Etat le plus peuplé des Etats-Unis (avec 38,8 millions d'habitants) et a grand besoin de cet argent. Par exemple, le coût des retraites des fonctionnaires a bondi de 3 000% depuis 2000 suite à des décisions prises à la légère pour plaire aux électeurs à la fin des années 1990, qui comptaient sur une hausse permanente et éternelle des marchés.

La Californie, en réalité, a été le premier Etat à légaliser l'utilisation médicale du cannabis. Depuis, l'Arizona, le Connecticut, Washington DC, le Delaware, Hawaii, l'Illinois, le Maine, le Maryland, le Massachussetts, le Michigan, le Minnesota, le Montana, le Nevada, le New Hampshire, le New Jersey, le Nouveau Mexique, l'Etat de New York, l'Ohio, la Pennsylvanie, Rhode Island et le Vermont ont voté des mesures similaires.

L'émergence d'un nouveau marché

Ce "oui" a été une révolution. Il a créé un marché pour le cannabis qui fait pâlir d'envie tous ses voisins. Il est également susceptible de marquer le début d'une tendance : la plupart des autres Etats pourraient se ranger rapidement derrière les premiers.

Avec la légalisation vient la possibilité d'investir, la mise à l'échelle et l'industrialisation des cultures. Certains cherchent à créer un système d'appellation similaire à celui en vigueur pour le vin, pour permettre aux petits cultivateurs de se maintenir dans un domaine de niche. Mais pour être honnête, rien de tout cela ne changera le fait que marché de masse est toujours synonyme de production de masse.

Les prix vont baisser. C'est une bonne chose : un marché plus développé permet des volumes plus élevés, plus de concurrence, des prix plus faibles et moins de volatilité. L'expérience du Colorado en matière de prix illustre clairement cette hypothèse. Les prix du cannabis y ont brièvement été notés immédiatement après la légalisation avant que les nouvelles récoltes ne mûrissent et n'arrivent sur le marché. Depuis, le prix de gros a baissé de manière substantielle, même si les tarifs au détail sont moins susceptibles de connaître des fluctuations énormes.

Local contre fédéral

Ce nouveau marché se heurte cependant à plusieurs obstacles. Si l'opinion publique américaine est de plus en plus favorable à une légalisation du cannabis, le gouvernement fédéral demeure très conservateur sur le sujet. Et ceci peut freiner le développement du secteur du cannabis. Il leur est par exemple difficile d'obtenir des services bancaires, ce qui rend nécessaire le stockage de grandes quantités d'argent liquide. Les banques sont réglementées au niveau fédéral, et ont donc du mal à offrir des services aux entreprises qui obéissent au droit local, mais sont dans une zone de flou lorsqu'il s'agit des lois fédérales.

Voilà pourquoi la Drug Enforcement Administration (DEA) est si importante. Elle classe le cannabis comme un narcotique de "classe 1", sans "aucune utilisation médicale acceptée actuellement et [avec] un fort potentiel d'abus". Bien qu'une vingtaine d'Etats aient conclu que ses usages médicaux étaient bien réels, l'agence gouvernementale en charge de la classification des dangers des narcotiques n'est donc toujours pas convaincue.

Mais n'oublions pas que les agences gouvernementales sont sujettes aux caprices de la politique, et les bureaucrates le savent mieux que personne.

Frémissements du côté de la recherche médicale

La DEA semble cependant vouloir entrouvrir la porte au changement tout en évitant de perdre la face. L'an dernier, il a été décidé que davantage de licences seraient accordées aux groupes qui cherchent à cultiver du cannabis pour la recherche.
[NDLR : Cette petite ouverture n'a pas échappé à Ray Blanco qui vous recommande dans NewTech Insider une des seules grandes entreprises pharmaceutiques de la planète qui s'intéresse au potentiel thérapeutique du cannabis. A découvrir dans NewTech Insider ]

Jusque-là, l'Université du Mississippi était le seul centre du pays doté d'une licence pour la culture du cannabis à des fin de recherches. Mais l'objectif du programme concerné (le National Institute on Drug Abuse, ou NIDA), était de prouver les dangers de cette drogue et non sa valeur médicinale. Comme l'offre est contrôlée, l'accès au cannabis par des laboratoires faisant d'autres types de recherches a été limité. Obtenir la capacité de cultiver différentes espèces en grande quantité est une victoire pour les chercheurs qui souhaitent prouver que le cannabis peut jouer un rôle légitime dans la médecine moderne.

Des centaines de milliers de personnes prennent du cannabis pour traiter toute une quantité de symptômes, comme le stress post-traumatique ou les migraines. Leur expérience n'a pas été, jusqu'ici, vraiment prise en compte.

Pourtant, les usages thérapeutiques du cannabis sont prometteurs : les traitements conventionnels ne fonctionnent pas particulièrement bien sur ces types de troubles pathologiques. Le cannabis a donc une place à se faire dans l'arsenal thérapeutique.

GW Pharmaceuticals, cotée aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, est peut-être la plus connue des entreprises de développement de traitements à base de cannabis. Elle s'est attaquée à l'épilepsie, à l'oncologie, à la spasticité liée à la sclérose en plaques, au diabète de type 2, à la schizophrénie et à l'inflammation.

Elle a développé deux produits en interne, pour lesquels les essais de Phase 3 sont en cours, et deux autres essais de phase 3 également sont en cours pour des partenariats avec d'autres entreprises. Il n'y a rien d'étonnant, avec un tel portefeuille de projet, à ce qu'elle devienne une cible d'acquisition. Si elle n'a exprimé aucun désir d'être rachetée, elle a annoncé, le 7 septembre dernier, avoir fait appel à Morgan Stanley pour l'aider à recevoir les demandes.

La ruée vers l'herbe

Les usages médicaux du cannabis sont aussi une étape importante dans le processus plus global de légalisation : un phénomène que certains appellent la "ruée vers l'herbe" dans les Etats où celle-ci a été pleinement légalisée. C'est un produit dont le taux de marge est élevé, et les profits générés sont trop importants pour être ignorés.

Etant donné la publicité que ce marché a obtenue suite à la légalisation complète au Colorado, les investisseurs se positionnent rapidement, car c'est une occasion de croissance encore à ses débuts.

Certains de mes clients, des fonds de placement, vantent ouvertement leurs investissements dans des opérations de culture du cannabis. Je connais des gens qui ont donné des terrains de première qualité en leasing, en Californie, à des agriculteurs en devenir, prêts à payer une année de loyer d'avance.

La culture du cannabis est un domaine extrêmement compétitif. Comme pour n'importe quel autre type de culture, ce sont ceux dont les coûts de production sont les plus faibles qui finiront par dominer le marché.

Pour l'instant, le marché du cannabis voit émerger des milliers de petites entreprises et de petits producteurs. Mais alors que le marché ne cesse de croître, et que la légalisation gagne du terrain, les grandes entreprises de tabac ou d'alcool s'y intéressent de près, y voyant une source non négligeable de profits.

Tout ceci me pousse à croire qu'il y a là une belle occasion. Il y a divers moyens de jouer ce marché. Le plus sûr, à mon avis, est de miser sur le pan médical de cette nouvelle aventure. Non seulement les risques sont moindres d'un point de vue légal, mais les bénéfices à long terme sont phénoménaux. Imaginez le succès d'un potentiel nouvel antidouleur ne créant aucune dépendance. Ou encore d'un traitement qui réduirait les crises d'épilepsie. Ou d'un médicament qui réduirait les nausées engendrées par la chimiothérapie.

Dans tous ces domaines, le cannabis médical et les médicaments qui en dérivent ont un rôle à jouer. Et c'est justement le genre d'investissements que je souhaite vous recommander : utiliser à la fois le potentiel explosif à court terme de ce type de situation et nous concentrer sur les rendements à long terme.

Dans NewTech Insider, mon collègue Ray Blanco a sélectionné plusieurs biotech oeuvrant dans le domaine du cannabis médical et dont les traitements sont en cours d'essais cliniques. Des entreprises innovantes qui vont vous permettre de profiter, en toute légalité, du potentiel du cannabis. Ray vous en dit plus ici...

Eoin Treacy

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Quand le cannabis devient médical http://quotidienne-agora.fr/cannabis-devient-medical/ http://quotidienne-agora.fr/cannabis-devient-medical/#respond Thu, 23 Feb 2017 14:10:05 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68993 cannabis

Hier, j'évoquais avec vous la longue marche vers la légalisation du cannabis aux Etats-Unis aussi bien pour usages médicaux que récréatifs. Je vous mettais aussi en garde contre les fausses promesses et les mirages de l'investissement dans ce secteur.

Oui, bien sûr, la légalisation de cette substance va créer de formidables opportunités de croissance et d'investissement, mais tout ce qui est estampillé "cannabis" ne mérite pas votre argent.

Un des secteurs économiques qui va le plus profiter de sa légalisation est le secteur médical.

Le potentiel thérapeutique du cannabis, nouvel enjeu de la recherche

Depuis des générations, les défenseurs du cannabis vantent ses effets médicinaux et curatifs. De manière généralement assez peu subtile. Chez les amateurs d'herbe, le consensus mondial est que le cannabis est une panacée capable de traiter efficacement les troubles neurologiques, ou encore de guérir le cancer et la dépression. Certains médecins conventionnels sont d'accord.

Ces mêmes voix soulignent son efficacité pour traiter un des effets secondaires des chimiothérapies : les nausées. L'herbe aiderait aussi à traiter la douleur en général et à atténuer les symptômes de la sclérose en plaques et d'autres maladies similaires.

Mais les données scientifiques sur lesquelles ces affirmations se fondent ne sont pas toujours bien solides ni vraiment concluantes.

Aux Etats-Unis, elles sont surtout quasi-inexistantes en raison des restrictions imposées par les lois fédérales sur les recherches liées au cannabis en dehors de circonstances extrêmement spécifiques.

Mais l'intérêt croissant – et les succès mesurés – d'une légalisation sont évidents, et alimentent un intérêt renouvelé pour la recherche sur ses avantages et ses inconvénients.

La National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine a donc produit en janvier un énorme rapport, qui analyse les résultats de 10 000 études individuelles. Les avantages, les désavantages et les inconnues liés à l'utilisation du cannabis y sont méticuleusement détaillés.

Le rapport n'apporte pas de preuves concluantes de la capacité du cannabis à guérir le cancer et d'autres maladies. Mais beaucoup de ces affirmations n'ont pas non plus été clairement réfutées. Le rapport confirme par contre qu'il traite efficacement la douleur, la nausée (en tant que symptôme de la chimiothérapie) et la sclérose en plaques. Des thèses que ses défenseurs  défendaient depuis longtemps.

Le rapport a également identifié plusieurs effets négatifs, comme le risque accru d'accidents de la route ou de bronchites, même si aucune preuve n'a pu être avancée indiquant que l'usage du cannabis augmenterait le risque de cancer du poumon.

Le principal résultat de l'étude est clair : il reste énormément d'inconnues sur les effets du cannabis médical.

Des biotech à la pointe... de la feuille

Il faudra faire bien plus de recherches encore pour bien comprendre les capacités médicinales ou thérapeutiques du cannabis.

Malheureusement, la plupart des grandes entreprises pharmaceutiques (les big pharma) sont peu intéressées par le secteur. La plupart d'entre elles ont même pris position contre le mouvement de légalisation en cours aux Etats-Unis, craignant sa concurrence et son usage comme antidouleur.

Seule une de ces big pharma s'intéresse vraiment au secteur et au potentiel du cannabis – c'est la valeur que vous recommande Ray Blanco ce mois-ci dans NewTech Insider.

Si vous vous intéressez au cannabis médical et aux possibilités thérapeutiques qui en découlent, mieux vaut regarder ce qui se passe du côté des biotech. Bien plus innovantes que les big pharma, plusieurs d'entre elles développent des médicaments utilisant ou imitant les propriétés du cannabis – sans les effets secondaires. Certains de ces traitements sont sur le point d'être autorisés par la FDA ou encore l'Agence européenne des médicaments. Ray a ainsi repéré trois biotech "cannabis" au potentiel explosif.

Les promesses de l'économie du cannabis

Le secteur médical et pharmaceutique ne sera pas le seul à profiter de sa légalisation.

Le marché du cannabis légal représente aujourd'hui environ sept milliards de dollars, selon les données de New Frontier et d'ArcView Market. Mais le marché réel de la distribution aux Etats-Unis est sept fois supérieur à cela. Le marché illégal, que l'on estime prudemment à 50 milliards de dollars, doit lui aussi être pris en compte. C'est la ruée vers l'herbe.

Toute une quantité de produits à base de cannabis seront créés et mis sur le marché. Les huiles, les aliments et les boissons seront particulièrement populaires. Il y aura aussi d'autres types d'activités accessoires, des boutiques haut de gamme ou des petits magasins de cadeaux à base de chanvre, qui alimenteront les secteurs des loisirs et du tourisme dans les Etats où l'herbe est légale.

La croissance de la production et de la distribution alimentera le besoin d'équipement et de formation pour produire le cannabis et ses dérivés. C'est un domaine d'investissement particulièrement prometteur.

Avec Ray nous pensons aussi que qualité et innovation seront les maîtres-mots de ce tout jeune secteur. De la qualité des plantes cultivées dépendra l'efficacité et le juste dosage des produits dérivés.

Quant à l'innovation, elle va être indispensable aux entreprises qui désirent se tailler une part dans le juteux marché du cannabis légal – ne serait-ce que parce que la concurrence est rude.

Avec Ray, nous allons suivre de près l'évolution du marché du cannabis légal aux Etats-Unis dans les mois qui viennent mais, dès à présent, Ray vous propose de jeter un oeil sur un pays où ce secteur, et tout particulièrement celui du cannabis médical, est bien plus avancé qu'aux Etats-Unis. Avec à la clé, bien sûr, une recommandation pour profiter du potentiel sans risques inutiles. A retrouver dans NewTech Insider.

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La longue mais profitable route vers la légalisation du cannabis aux Etats-Unis – et comment en profiter http://quotidienne-agora.fr/profiter-legalisation-cannabis-etats-unis/ http://quotidienne-agora.fr/profiter-legalisation-cannabis-etats-unis/#comments Wed, 22 Feb 2017 14:22:21 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68979 cannabis

Il y a bien longtemps, lorsque j'étais étudiant en Virginie-Occidentale, mes amis et moi ne pouvions acheter que de la bière contenant 3,2% d'alcool. Pour acheter de la "vraie bière", il fallait se rendre en Pennsylvanie. Nous y allions donc en voiture une fois par mois environ, empilions autant de cartons de bières que possible dans le coffre, et rentrions en Virginie-Occidentale avec notre magot.

Les réglementations de ce type, qui autorisent la bière à 3,2% (et non à 5% par exemple), sont un souvenir des lois sur l'alcool appliquées par les différents Etats après la fin de la prohibition, en 1933.

2017, si l'on y réfléchit, a beaucoup en commun avec 1933. La prohibition vient tout juste de prendre fin. Sauf que, cette fois-ci, il s'agit de cannabis et non d'alcool.

La fin de la prohibition sur le cannabis

En 1933, les Etats ont progressivement autorisé à nouveau la vente d'alcool, mais le chemin a été semé d'embûches. Certains Etats ont, par exemple, décidé d'interdire la vente de bière à plus de 3,2% d'alcool.

Le même phénomène s'applique au cannabis. Les Etats qui ont voté en faveur d'un usage médical ou récréatif appliqueront ces décisions différemment. Certains trouveront les bonnes solutions rapidement. D'autres tenteront de ralentir le processus.

Mais la tendance est très claire : l'heure du cannabis légal a sonné, et ce n'est que le début. En voici la preuve...

Si le mouvement pour la légalisation du cannabis se poursuit, l'herbe sera un secteur plus lucratif que la Ligue de football américain d'ici à 2020. Ce qui veut dire que les ventes directes de cannabis dépasseront les 10 milliards de dollars par an.

Les élections du 8 novembre 2016 ont marqué un tournant. Aujourd'hui, l'utilisation récréative ou médicale du cannabis est légale dans 28 Etats, soit plus de la moitié des Etats- Unis. Elle reste réglementée au niveau des Etats, mais comme mes amis et moi-même l'avons prouvé pendant nos années de fac, il y a 50 ans, les différences en matière d'accès n'auront bientôt plus une très grande importance.

Ce mouvement de légalisation est d'ailleurs dans l'intérêt des Etats. Nombre d'entre eux ont hâte de pouvoir profiter des revenus supplémentaires que le cannabis pourrait générer. Légaliser l'herbe pourrait créer une manne économique qui me rappelle les premiers jours de la légalisation des jeux d'argent et des casinos dans le pays entier.

Dans notre rapport spécial Les grandes tendances "techno" 2017 que nous avons offert aux abonnés de NewTech Insider, nous avons insisté avec Ray Blanco sur la puissance de cette tendance.

Son influence culturelle et politique ne va pas cesser de croître, de même que son influence économique, comme ce fut le cas pour l'alcool à la fin de la prohibition, en 1933. La légalisation du cannabis, tout comme la fin de la prohibition, va créer des emplois, encourager la création de nouvelles entreprises, permettre le développement de nouveaux réseaux de production et de commercialisation et, au final, participer à la croissance économique américaine.

Mais, il y a d'abord des obstacles légaux, politiques et commerciaux à éviter. Et avant d'investir dans le cannabis, il faut comprendre les obstacles qui se dresseront sur notre route.

La différence clé entre faire passer une loi et la rédiger

Prenons le cas du Massachussetts, un excellent exemple qui illustre à quel point faire passer une loi est différent de la rédiger. Le Massachussetts est l'un des Etats – avec le Nevada, le Maine et la Californie – qui ont voté pour l'autorisation de l'utilisation récréative de l'herbe à une généreuse majorité, le 8 novembre dernier.

Mais, quand l'assemblée législative de l'Etat s'est réunie en décembre, elle a décidé de retarder de six mois la mise en oeuvre de cette loi.

Comme le disait The Boston Globe en décembre :

"Il aura fallu moins d'une heure et une demi-douzaine de législateurs seulement pour faire passer un texte qui revient sur certaines parties cruciales de la loi sur la légalisation du cannabis pour laquelle 1,8 million d'électeurs ont voté le mois dernier seulement. Sans consultation publique ni aucun avertissement officiel, une poignée de législateurs de Beacon Hill ont fait passer mercredi une mesure retardant de six mois la date d'ouverture des magasins de vente de cannabis récréatif au Massachussetts – passée de janvier à juillet 2018."

Je m'y attendais : les législateurs de chaque Etat cherchent à tordre et à manipuler les lois pour lesquelles la majorité a voté afin de les rendre plus conformes à certains intérêts personnels ou privés.

Reste qu'aucun distributeur ne pourra ouvrir dans le Massachussetts avant l'été 2018 au plus tôt. Faire pousser du cannabis ou en avoir en sa possession est légal. Mais il est impossible d'en acheter sans passer du côté obscur de la loi. Les défenseurs du cannabis s'inquiètent de ce délai. Ils craignent que l'Etat du Massachussetts en profite pour l'amender et la vider de sa substance. Peu importe que 1,8 million d'électeurs – 54% – aient voté pour elle, les législateurs contrôlent désormais la manière dont elle sera rédigée et mise en oeuvre.

L'exemple du Massachussetts illustre pourquoi il faut surveiller non seulement les résultats d'un référendum mais aussi la manière dont la loi passe et comment elle est écrite. D'un Etat à l'autre, procédure et climat politique vont peser très différemment sur l'aboutissement du processus de légalisation.

Dans la plupart des Etats qui ont voté pour une légalisation des usages récréatifs du cannabis, les opposants vont certainement imposer des règles d'application extrêmement strictes ou demander des consultations publiques obligatoires. Plus encore, ils peuvent imposer une fiscalité extrêmement lourde, ou soumettre les distributeurs à des processus bureaucratiques longs et coûteux.

C'est toute la différence entre voter une loi et la rédiger. En tant qu'investisseur, c'est une différence que vous devez garder à l'esprit. Ne l'oubliez pas la prochaine fois que vous entendez quelqu'un affirmer qu'investir dans n'importe quelle entreprise "cannabis" peut vous rendre riche.

C'est aussi faux que dangereux. Il est essentiel d'analyser les atouts de chaque entreprise, ainsi que la région où elle est active et les méthodes qu'elle emploie. C'est ce que nous verrons dès demain dans la Quotidienne.

En attendant, Ray Blanco vous recommande dans le NewTech Insider du mois une des rares entreprises pharmaceutiques, une big pharma, qui s'intéresse au potentiel du cannabis médical. Cette valeur, loin des polémiques et des limitations, peut vous faire profiter en toute tranquillité de la légalisation progressive du cannabis aux Etats-Unis mais surtout du développement de nouveaux médicaments. A retrouver dans NewTech Insider.

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Devriez-vous acheter du cannabis ? http://quotidienne-agora.fr/devriez-acheter-cannabis/ http://quotidienne-agora.fr/devriez-acheter-cannabis/#comments Mon, 17 Oct 2016 09:27:25 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=68562 cannabis

Nous avons évoqué vendredi dernier les changements de l'industrie des drogues illégales. Trois forces alimentent ces évolutions : d'une part, l'émergence des sites de vente en ligne du "darknet" et les nouvelles substances psychoactives. Notre dernier article se penchait sur ces deux premières tendances. Aujourd'hui, il est temps de plonger la tête la première dans la dépénalisation.

Pourquoi parler de la dépénalisation plus en détail ? C'est simple : c'est là que se situent toutes les occasions (légales) d'investir.

Nous nous trouvons dans une situation assez étrange en réfléchissant sérieusement à investir dans un marché pourtant illégal au Royaume-Uni [NDLR : tout comme en France]. A l'étranger, et notamment aux Etats-Unis, les start-ups du cannabis prolifèrent et aucun frein juridique ne semble empêcher les investisseurs britanniques et français de soutenir ce type d'entreprises. Après tout, elles ne font rien d'illégal dans les pays dans lesquels elles opèrent.

Dans la Quotidienne du jour, nous allons donc nous concentrer sur une question spécifique : devriez-vous acheter du cannabis ? Et par cannabis, nous n'entendons pas, bien sûr, la drogue en tant que telle, mais bien des actions dans des entreprises créées pour satisfaire aux besoins de ce marché dépénalisé.

Le long chemin vers la dépénalisation du cannabis

Voyons un peu comment nous en sommes arrivés là. Nous avons maintenant l'habitude des "coffee shops" néerlandais – qui ne vendent pas que du café. Optant pour une autre solution, le Portugal a dépénalisé l'utilisation de drogues et souhaite utiliser son système de santé plutôt que son appareil judiciaire pour gérer le problème de la dépendance.

Même la police britannique commence à se rendre compte de la situation ; le festival Secret Garden Party proposait récemment à ses visiteurs un stand permettant de tester la qualité des stupéfiants. Un quart des produits testés ont été mis à la benne parce qu'ils étaient soit contaminés, soit contrefaits. C'est une excellente manière de retirer des drogues dangereuses de la circulation, sans que personne ne se fasse tirer dessus ou enfermer.

Depuis quelques temps, les Etats-Unis progressent vers la médicalisation et la légalisation. Même si je reconnais tout à fait la valeur médicale du cannabis, la dépénalisation de la marijuana récréative aux Etats-Unis a été assez chaotique.

De mon point de vue, confondre les usages médicaux et récréatif n'est ni sage, ni productif. Beaucoup d'amateurs d'herbe américains que je connais se font prescrire du cannabis "médical" et certains d'entre eux ont développé de sérieux problèmes de dépendance.

Une drogue théoriquement prescrite pour que ces personnes aillent mieux les rend en fait plus malades encore... les médecins qui font ce genre de choses sont soit indifférents, soit complices.

Cette approche est mauvaise pour l'intégrité de la profession médicale, et, au final, mauvaise pour les utilisateurs.

Au Royaume-Uni, nous nous engageons peut-être doucement sur la voie de la légalisation. Un groupe parlementaire impliquant l'ensemble des partis sur la réforme de la politique en matière de drogue a publié récemment un rapport recommandant une légalisation complète du cannabis, mais exclusivement pour des usages médicaux.

C'est un petit pas, mais il pourrait être important du point de vue commercial. Même le cannabis médical doit être cultivé, transformé, emballé et distribué... Cela ouvrirait de nombreuses voies d'investissement.

Reste à voir si la légalisation médicale mènerait le Royaume-Uni à la même situation trouble qu'aux Etats-Unis. J'ai évoqué les mauvais côtés de ce genre de confusion entre usages récréatifs et médicaux mais, d'un point de vue purement cynique, cela permettrait le développement d'un très important marché légal. Nous pourrions, nous aussi, voir des millions de fumeurs d'herbe se précipiter chez leur médecin en cherchant des prescriptions pour des insomnies, des douleurs –toutes les excuses seront bonnes.

Les Etats-Unis se dirigent lentement vers une pleine légalisation du cannabis, généralement par le biais de la dépénalisation et d'une utilisation médicale sous licence. Ce processus, qui se fait étape par étape, aboutit à un patchwork légal avec des différences selon les Etats.

La même chose va-t-elle se produire pour d'autres drogues ? L'avenir nous le dira. Mais pour l'heure, il semble raisonnable de penser que le gros du potentiel, pour les investisseurs que nous sommes, se situent plutôt dans le domaine de la marijuana.

C'est un changement politique important, et il va créer une industrie tout aussi importante. Ce à quoi nous assistons est sans doute l'imminente autorisation de commercialisation du cannabis sur le marché américain.

Un champ infini d'investissements dans l'herbe

Alors, dans quels types d'entreprises pouvez-vous investir sur le marché de la drogue ? En réalité, il y en a un certain nombre. Nous ne pouvons pas tous les évoquer ici, mais nous allons vous donner une liste de niches et d'entreprises et quelques pistes sur les possibilités variées disponibles...

Confident Cannabis est un système de gestion de l'information du laboratoire (SIL) centré sur l'industrie du cannabis. Il s'agit de surveiller la qualité des produits de plusieurs cultivateurs, et de rendre les résultats disponibles à l'aide d'une labellisation des produits et d'une base de données en ligne, un service très bénéfique pour les utilisateurs comme pour le marché.

L'un des principaux avantages est de rendre possible le suivi des ingrédients actifs : le CBD et la THC. Les espèces modernes, à haute teneur en THC, sont associées à l'aggravation supposée des conséquences sur la santé mentale des utilisateurs de cannabis (principalement des cas de paranoïa et de psychose). Avec un suivi fiable et une labellisation claire, les utilisateurs savent à quoi s'attendre.

De plus, le processus de contrôle de la qualité permet de maintenir une pureté élevée grâce à la détection de tous les contaminants possibles. Selon certains, Confident Cannabis prévoit à terme d'ouvrir un site de vente en ligne. Amercanex, Cannabis Commodities Exchange et Cannabis Hemp Exchange sont d'autres noms qui souhaitent gagner la bataille sur ce terrain.

Un autre modèle commercial est celui les livraisons rapides. Meadow fait pour l'herbe ce que Deliveroo et Uber Eat proposent pour la nourriture : faire en sorte que le processus de commande et de livraison fonctionne sans accrocs, pour obtenir votre herbe légale quand vous le souhaitez. Il est même possible qu'un médecin en ligne vous fournisse une ordonnance.

Mais la concurrence est rude. HelloMD et Eaze font aussi dans la télémédecine pour amateurs de joints. Personnellement, je m'attends à ce que l'importance des prescriptions en ligne chute à l'avenir, avec l'arrivée des usages récréatifs légaux. La légalisation ne signifie pas que ces entreprises n'ont pas d'avenir : il faudra simplement qu'elles s'adaptent. Plus généralement, la télémédecine est un secteur qui en vaut la peine.

Pour ce qui est des logiciels d'aide à la gestion d'entreprises de vente de cannabis, il existe des produits tout aussi ennuyeux et raisonnables que ceux qui peuvent servir à gérer un garage automobile ou un cabinet comptable. MJ Freeway est l'une des premières marques dans ce domaine. De son côté, Baker offre l'aspect "gestion de clients" du commerce de drogues, et fournit des services de fidélisation clients. Le défi est de rester légal, ce qui signifie que les clients corporate ont peu de liberté pour choisir leur plateforme – en tous cas jusqu'à ce que le marché du logiciel atteigne sa maturité et qu'une large gamme de solutions devienne disponible.

Si vous voulez parier sur les fournisseurs de drogue eux-mêmes, tournez-vous vers Ebbu. Cette entreprise a choisi de vendre des produits hautement contrôlés, dont les résultats sont ciblés avec une grande précision. Vous voulez rire aux éclats sans la moindre raison, ou simplement oublier la mauvaise journée que vous avez passée au bureau ? Ebbu a l'herbe qu'il vous faut.

On peut "vapoter" pour les produits à base de nicotine : la même chose est valable pour le cannabis. Fumer du cannabis est censé être nettement moins nocif que fumer du tabac, mais utiliser un appareil électronique pourrait réduire davantage tout risque résiduel. Les marques les plus populaires chez les fumeurs de cannabis sont Vuber et Ploom entre autres. Beaucoup d'utilisateurs aiment rouler leurs pétards à l'ancienne, et de nombreuses entreprises souhaitent satisfaire ce marché. Il y a notamment Grenco Science, qui fabrique des stylos à combustion similaires à une cigarette électronique. Une approche alternative, en termes de matériel, est la production de bongs spéciaux à l'aide de moules imprimés en 3D et fabriqués par Printabowl.

Plus éloignés encore de la drogue elle-même, les sites d'art de vivre poussent comme des champignons tout autour de cette industrie. Tripping.com est par exemple un service de type Airbnb qui permet aux fumeurs d'herbe de se rencontrer lorsqu'ils voyagent. Il y a actuellement huit millions d'annonces, collectées à partir d'autres sites. Cette plateforme est donc déjà active à une échelle intéressante, en termes d'inventaire. MassRoots, au contraire, est une sorte de réseau social. Ces services périphériques pourraient être considérés comme légaux dans les régions où la drogue elle-même est interdite – mais faites-vous conseiller par un juriste avant d'investir ou de vous positionner en tant qu'entrepreneur dans ce domaine.

La meilleure façon d'investir dans le cannabis

Voilà : j'en ai fini avec ce petit aperçu des secteurs et marques les plus importants de ce marché. Si certains des produits et entreprises les plus nouveaux sont indéniablement attirants, ma préférence personnelle en l'occurrence est de m'en tenir au secteur que j'apprécie habituellement, c'est-à-dire les "entreprises ennuyeuses" : les sites de vente et les logiciels d'entreprise.

Les sites et services de livraison sont intéressants parce qu'ils tendent à obtenir des monopoles naturels – Amazon et eBay sont des exemples évidents. Les entreprises de logiciels sont de bonnes occasions aussi, parce qu'elles peuvent mettre leurs activités à l'échelle plus rapidement, obtenir d'excellents résultats et sont très "collantes" (c'est-à-dire qu'il est très difficile pour des plateformes concurrentes d'attirer les utilisateurs acquis).

Bien entendu, je n'oublierai pas l'aspect grande consommation, même si ce n'est pas ma spécialité. En développant un "joint électronique" incontournable, il est possible de construire une grande marque. L'iPod d'Apple, incontournable il y a quelques années, est un excellent exemple de cette stratégie. Le Graal, de ce point de vue, est sans doute un système intégré, où les utilisateurs achètent le matériel et les consommables chez la même entreprise. A titre de comparaison, pensez à Gillette qui a connu un succès impressionnant avec ses rasoirs et ses lames.

Pour conclure : est-ce, selon moi, un secteur prometteur ? Absolument. Le marché est émergent, fragmenté, et sa taille augmente rapidement. Il est possible de gagner beaucoup d'argent.

Mais que vous soyez un fumeur d'herbe acharné ou un investisseur droit dans ses bottes, les occasions sont claires : l'heure pour acheter du cannabis est venue.
[NDLR : La dernière solution pour investir dans le cannabis – et une de celles que nous préférons – est de miser sur les biotechs qui développent des médicaments reposant sur ses principes thérapeutiques. C'est la voie choisie par Ray Blanco dans FDA Biotech Trader : il a sélectionné deux d'entre elles... Pour profiter des usages médicaux du cannabis sans prendre le risque de l'illégalité. A découvrir ici...]

Je suis sûr que ce thème sera source de controverse. J'attends vos commentaires avec impatience !

Andrew Lockley

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Et si vous vous lanciez dans le business du cannabis ? http://quotidienne-agora.fr/cannabis-investissement-bourse/ http://quotidienne-agora.fr/cannabis-investissement-bourse/#respond Thu, 30 Oct 2014 10:22:33 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=66436

Dans le monde, on estime entre 119 et 224 millions le nombre de consommateurs réguliers de cannabis (chiffre datant de 2010). En 2007, environ 25 millions d'Américains en auraient consommé au cours de l'année. Soit 10% de la population âgée de 12 ans ou plus. Evidemment, ces chiffres sont à prendre avec des pincettes.

De même que celui du chiffre d'affaires estimé d'une telle consommation. Manuel Valls estimait ainsi à 1 milliard d'euros le chiffre d'affaire généré par le trafic de cannabis en France. Aux Etats-Unis, le trafic de drogue (toutes drogues confondues) atteindrait les 63 milliards de dollars.

Le marché américain du cannabis légal représentera 2,5 milliards de dollars cette année, et 9 milliards dans 2 ans

Et selon Arcview, une plateforme d'information sur l'investissement dans l'industrie du cannabis, le marché américain du cannabis légal représentera 2,5 milliards de dollars cette année, et 9 milliards dans 2 ans. Des perspectives qui ont de quoi aiguiser les appétits.

Je vous disais hier qu'environ 250 sociétés américaines s'étaient lancées dans le secteur du cannabis. Parmi elles, bien sûr des producteurs de la plante, mais aussi de divers produits dérivés – parfum, boissons, produits alimentaires... tout est bon pour profiter de l'engouement des consommateurs pour le chanvre.

Entre le 1er janvier et le 5 février 2014, le cours de Hemp s'est envolé de 1 400%, passant de 0,02 $ à 0,3 $

Effervescence boursière autour du cannabis
La ruée vers le secteur s'observe dans les cours des sociétés spécialisées dans le cannabis. Entre le 1er janvier et le 5 février 2014, le cours de Hemp (OTC : HEMP) s'est envolé de 1 400%, passant de 0,02 $ à 0,3 $. Oui, je sais, c'est complètement fou. Depuis, la frénésie s'est largement calmée et la valeur n'en vaut plus que 0,04 $, ce qui fait tout de même 100% de progression.

D'autres valeurs connaissent un parcours plus chaotique tel Medical Marijuana (OTC : MJNA) qui a perdu 361% depuis son introduction en Bourse en 2010 et 15% depuis le début de l'année.

Comment expliquer une volatilité et de tels emballements (à la hausse aussi bien qu'à la baisse) ?

La première raison tient tout d'abord à l'origine de la plupart de ces sociétés ainsi qu'à leurs dirigeants.

Rares sont les entreprises qui peuvent se targuer d'un intérêt de longue date pour le chanvre et ses dérivés

Quand l'opportunisme est roi
Rares sont les entreprises qui peuvent se targuer d'un intérêt de longue date pour le chanvre et ses dérivés. La plupart d'entre elles ont même effectué des reconversions d'activités qui ont vraiment de quoi laisser songeur.

Vapor Group était ainsi auparavant connu sous le nom d'AvWorks Aviation et spécialisait alors dans l'aviation (d'où son nom). Hemp Inc, dont j'évoquais plus haut le parcours boursier, se consacrait au départ à la culture du café – à la limite le lien avec le cannabis est un peu moins tiré par les cheveux. PetroTech Oil and Gas... là encore, comme son nom l'indique était une exploratrice dans le domaine des hydrocarbures et Next Gen Metals dans... l'activité minière. Ce ne sont que quelques exemples que j'ai tiré du Financial Times qui a consacré une enquête à ce sujet mais ils pourraient être multipliés.

Ces sociétés, qui n'avaient manifestement pas particulièrement réussi dans leur premier domaine d'activité, ont soit changé de nom soit tout simplement de raison sociale, transformant ainsi une minière en un producteur de cannabis. La magie des effets du chanvre peut-être...

Du côté des dirigeants et des premiers investisseurs de ce secteur, là encore un rapide tour d'horizon pourrait transformer une simple promenade de santé en une immersion dans "Crime City"

Du côté des dirigeants et des premiers investisseurs de ce secteur, là encore un rapide tour d'horizon pourrait transformer une simple promenade de santé en une immersion dans "Crime City".

Ceux d'entre vous qui auraient envie de se plonger dans le milieu des petits et grands malfrats qui espèrent toucher le jackpot dans le business du cannabis légal, je ne peux que vous conseiller la lecture de l'étonnant portrait que Forbes consacre à Michael Mona Jr., le fondateur de CannaVest, une des sociétés dont le cours s'est littéralement envolé ces derniers mois.

Si après cette édifiante lecture, vous avez encore envie d'y mettre un euro ou un dollar, c'est que vous avez le coeur bien accroché.

Comme le souligne aussi bien Forbes que le Financial Times, nombre de dirigeants et d'investisseurs dans les entreprises du cannabis légal viennent, au mieux, du monde du cannabis illégal voire du crime organisé. Ce n'est évidemment pas le cas pour tous mais comment imaginer que les réseaux de la drogue allaient laisser s'échapper cette poule aux oeufs d'or qu'est la vente de marijuana ?

Ces sociétés pâtissant – à tort ou à raison – de leur sulfureuse réputation, elles ont du mal à accéder aux mêmes réseaux et services que les entreprises plus "traditionnelles". Obtenir un prêt d'une banque s'avère souvent un véritable parcours du combattant pour elles.

Nombre de ces entreprises qui ont poussé comme des champignons après la pluie ont une démarche purement opportuniste qui ne laisse rien présager de bon pour les investisseurs

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?
Vous l'aurez compris, la plupart des entreprises qui se sont spécialisées dans le secteur du cannabis s'avèrent être des investissements particulièrement risqués. Nombre de ces entreprises qui ont poussé comme des champignons après la pluie ont une démarche purement opportuniste qui ne laisse rien présager de bon pour les investisseurs qui seraient tout de même tenter par l'aventure – elles pourraient disparaître aussi vite qu'elles sont apparues.

N'oubliez pas non plus que la plupart d'entre elles étant cotées en OTC, elles ne sont pas soumises aux mêmes obligations de publications de résultats que des entreprises cotées sur des marchés réglementées. Investir sur ces valeurs s'apparente donc à une véritable roulette russe.

Cependant, car je vous sens un peu désappointé, cher lecteur désireux de vous encanailler avec des investisseurs un peu "borderline", voici quelques pistes pour investir avec plus de sagesse dans le domaine :

- Les fournisseurs de matériel nécessaire à la culture de la marijuana : systèmes d'irrigation, fertilisants et engrais, installation de lumière artificielle. Parmi eux, par exemple, le producteur d'engrais POTASH CORP pourrait voir ses ventes de potasse – un des composants essentiels des engrais – stimulées par le développement de la culture de plans de cannabis.

- Les entreprises pharmaceutiques qui mènent des recherches sur le cannabis et ses composants actifs pour proposer de nouveaux médicaments.
[Dans NewTech Insider, Ray Blanco vous propose chaque mois des entreprises pharmaceutiques et des biotechs innovantes qui mènent des essais pour des médicaments révolutionnaires aussi bien contre des maladies chroniques que contre les grandes maladies de notre époque : maladies neuro-dégénératives, hépatites, infections multi-bactériennes ou encore cancer. Rejoignez le rang de ceux qui vont changer notre vision de la maladie en découvrant les recommandations de Ray dans NewTech Insider !]

Une dernière mise en garde qui concerne toutes les valeurs que je viens d'évoquer : leur croissance future dépend énormément de la législation américaine. Les producteurs font le pari que d'autres Etats autoriseront la consommation médicale et/ou récréative de la marijuana dans les années à venir. Comme je le disais, c'est un pari – qui peut être manqué.

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Ruée vers les United States of Cannabis http://quotidienne-agora.fr/cannabis-legalisation-etats-unis/ http://quotidienne-agora.fr/cannabis-legalisation-etats-unis/#comments Wed, 29 Oct 2014 10:29:17 +0000 http://quotidienne-agora.fr/?p=66433

Il y a quelques semaines, un de mes collègues m'a proposé une thématique d'investissement pour Croissance & Opportunités : le vice. Une idée qui m'a au premier abord littéralement fait tomber de ma chaise.

Premièrement parce que j'aime à me croire une investisseuse "raisonnable". Je n'irai pas jusqu'à dire éthique ou morale parce qu'il est quasiment impossible d'investir dans une société pour laquelle, en cherchant un peu, on ne trouve pas des conséquences sociales, écologiques ou politiques douteuses ou du moins discutables. Investir de manière parfaitement éthique est donc un véritable casse-tête.

Investir "éthique" ?
Prenons un exemple, dans le dernier numéro de Croissance & Opportunités, je vous recommande une société que je trouve absolument enthousiasmante et qui est spécialisée dans les drones mais aussi dans des véhicules fonctionnant à l'énergie solaire ou à l'hydrogène.

Le problème, c'est que jusqu'à présent, les drones fabriqués par cette société prenaient la direction... de l'armée américaine. Pour quelqu'un qui ne se sent pas vraiment à l'aise avec l'investissement dans l'armement, c'est un léger hic difficile à oublier.

Alors certes, certes, les drones fabriqués par cette société ne sont pas des drones de combat mais uniquement de surveillance, et certes, certes, sa croissance future devrait reposer de plus en plus sur les usages civils de ces machines volantes, mais tout de même.

Et pourtant, les produits proposés par cette société sont tellement innovants – à tout point de vue – et je suis tellement persuadée que ce constructeur a un brillant avenir devant lui, que je suis passée outre mes réticences initiales et que la valeur a rejoint le portefeuille de Croissance & Opportunités.

Tout cela pour dire qu'il n'est pas toujours évident de faire cohabiter investissement, morale, éthique, doutes, etc.

Il existe une "drogue" considérée comme légale dans de plusieurs Etats et dont l'intérêt thérapeutique a été démontré scientifiquement

Parmi les investissements sur le vice proposé par mon collègue, il y avait la drogue. Vous allez me dire que les questions d'éthique ne se posent pas. La drogue, c'est illégal, point. Sauf qu'il existe une "drogue" considérée comme légale dans de plusieurs Etats et dont l'intérêt thérapeutique a été démontré scientifiquement. Cette substance, vous l'aurez deviné, c'est le cannabis.

De l'illégal au légal...
Sa culture et sa commercialisation ont été autorisées en janvier dernier dans l'état du Colorado et en juillet dans celui de Washington. Seuls les magasins détenant un permis délivré par l'Etat peuvent vendre le fameux produit dérivé du chanvre (aux individus âgés de plus de 21 ans et en respectant certaines doses limites).

Pour l'Etat de Washington, cette légalisation complète doit permettre non seulement de lutter contre le marché noir mais aussi de s'assurer de nouvelles ressources fiscales. En effet, la vente de marijuana est copieusement taxée – à hauteur de 44% – et devrait rapporter 2 milliards de dollars en 5 ans au gouvernement local.

Le Colorado a quant à lui récupéré 3,5 millions de dollars sur le seul mois de janvier 2014

Le Colorado a quant à lui récupéré 3,5 millions de dollars sur le seul mois de janvier 2014. Des ressources qui devraient évidemment se tasser au fur et à mesure que d'autres états légalisent le cannabis.

Attirés par cette manne, l'Oregon mais aussi le Vermont réfléchissent ainsi sauter le pas.

United States of cannabis
La marche vers la légalisation du cannabis – soutenue par plus de 40% d'Américains – ne date pas d'hier. La Californie a été le premier Etat à autoriser les usages thérapeutiques (mais non pas récréatifs) de la marijuana, et ce en 1997. Aujourd'hui, 22 Etats lui ont emboîté le pas.

Et comme il n'est pas vraiment difficile se faire prescrire la fameuse plante (il suffit souvent d'affirmer souffrir de "douleurs chroniques"), la vente légale de cannabis gagne progressivement tous les Etats-Unis. Rien qu'au Colorado, en 2012, ce sont plus de 100 000 personnes qui avaient obtenu une carte leur autorisant le cannabis médical.

En quelques mois, c'est une véritable industrie du cannabis qui s'est mise en place

La très prolifique industrie de la marijuana
Une mutation qui n'a pas échappé aux investisseurs et hommes d'affaires de tous poils. En quelques mois, c'est une véritable industrie du cannabis qui s'est mise en place. On estime ainsi à 100 millions de dollars, le montant des investissements qui se sont rués vers ce paradis (artificiel).

Oubliez donc l'image du hippy cultivant avec amour et passion quelques plans dans une ambiance de patchouli et de chants tantriques ; la culture du cannabis est passée à l'ère industrielle. Les plants sont de plus en plus cultivés dans d'immenses hangars, irrigués et survivant grâce à de la lumière artificielle. On repassera pour le respect de l'environnement...

De nombreuses sociétés se sont aussi créées pour exploiter le phénomène et l'engouement. Les médias financiers se sont jetés dans la bataille soit ventant les mérites – et les bénéfices attendus – de cette nouvelle industrie soit dénonçant une nouvelle bulle.

Quelques 250 sociétés se réclamant du business de la marijuana sont apparues aux Etats-Unis. 60 d'entre elles sont même cotées, soit sur le marché OTC (de gré à gré) soit sur des marchés secondaires.

Signe de l'enthousiasme des investisseurs, qui n'ont manifestement pas eu besoin d'abuser du cannabis pour se sentir pousser des ailes, en février dernier, cet index s'envolait de 125%

Un index regroupant les valeurs du secteur a ainsi été créé, le Marijuana Index (^MJIC). Signe de l'enthousiasme des investisseurs, qui n'ont manifestement pas eu besoin d'abuser du cannabis pour se sentir pousser des ailes, en février dernier, cet index s'envolait de 125%.

Et depuis ? Bonne question, cher lecteur. Voici ce que cela donne en graphique depuis la création de l'indice en 2010...

index Marijuana 1

... Et depuis un an :

index marijuana 2

Je vous laisse méditer sur ces deux graphiques et les "énormes" possibilités du secteur et nous nous retrouvons dès demain pour poursuivre notre plongée dans le monde du pétard...

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