Pourquoi les startups de la Silicon Valley se détournent de la Bourse

Rédigé le 10 juin 2016 par | Indices & Actions Imprimer

Je suis rentré récemment d’un déplacement à San Francisco, au cours duquel j’ai pu m’entretenir avec certains habitants de la Silicon Valley, et en apprendre un peu plus sur le monde vu sous le prisme numérique et des startups. La Silicon Valley est pour cela un lieu à part. Après des dizaines d’années passées à Wall Street, il me faut toujours un petit temps d’adaptation afin de voir ce que la Baie de San Francisco peut apporter.

La grande différence entre Wall Street et la Silicon Valley

Wall Street tourne essentiellement autour de l’argent. San Francisco tourne essentiellement autour des idées. Bien entendu, ces deux mondes se télescopent lorsqu’il s’agit de transformer les idées en argent sonnant et trébuchant. Pourtant, d’un littoral à l’autre, ce processus même n’est pas considéré de la même façon.

A Wall Street, les idées entrent plutôt dans la catégorie « incrémentale » (processus qui se déroule de façon graduelle). Nous étudions un processus et identifions certaines inefficiences. Nous les améliorons et perfectionnons alors le processus de 5%, disons. Du beau boulot !

Dans la Silicon Valley, on s’intéresse peu aux améliorations « incrémentales ». On se concentre sur la rupture, le bouleversement. Une idée ne doit pas se contenter d’améliorer quelque chose, elle doit révolutionner une catégorie ou, mieux encore, en inventer une toute nouvelle. Lorsqu’une technologie révolutionnaire est totalement aboutie, elle doit rendre obsolètes certains business models existants, lesquels ont alors du mal à survivre. La destruction d’un secteur tout entier n’a rien « d’incrémental ».

Dans la région de la Baie de San Francisco, l’argent abonde pour les nouvelles idées. Là-bas, les entrepreneurs n’ont pas besoin de Wall Street pour créer et développer leurs sociétés.

Pourquoi la Silicon Valley boude la Bourse

Des business angels, des family offices appartenant à des milliardaires issus des techs, et des sociétés de capital-risque solidement établies tout le long de Sand Hill Road disposent de tout l’argent nécessaire à la création des nouvelles entreprises technologiques les plus ambitieuses, et à leur développement. On procède via le bouche-à-oreille et par le tremplin habituel des mises de fonds initiales, des tours de table du capital-risque et, enfin, des grandes prises de participation du capital-investissement. Inutile de s’adresser aux marchés boursiers ou bien aux banques de Wall Street.

Le rôle de Wall Street se limite essentiellement à prodiguer des conseils financiers aux entreprises et, parfois, à accorder des facilités de crédit. Bien entendu, cette prodigalité s’effectue dans l’espoir de décrocher de futurs mandats d’introduction en bourse. Mais un grand nombre des entreprises qui réussissent le mieux ne semblent pas pressées de faire plaisir aux banquiers.

Des sociétés telles qu’Uber et SoFi (abréviation de social finance), qui ont levé des milliards de dollars dans le privé afin de se développer puis acquérir compétences et technologies, ne montrent aucun signe d’introduction en bourse imminente. En fait, certains entrepreneurs dédaignent les IPO et les canaux habituels de Wall Street, en raison des contraintes imposées par les lois Sarbanes-Oxley et Dodd-Frank.

Les entreprises technologiques finissent par être cotées en bourse (ou rachetées) car leurs fondateurs et investisseurs initiaux veulent monétiser leur réussite. A ce stade, ils engagent les usual suspects (Goldman Sachs ou Morgan Stanley) et entrent en bourse en espérant une valorisation élevée et une hausse de l’action le jour de l’introduction. Les investisseurs institutionnels et particuliers font la queue pour acheter ces actions convoitées. Des investisseurs particuliers, moins bien placés, achètent au cours du marché en espérant que le mouvement à la hausse du premier jour persistera. C’est une mécanique bien huilée, désormais.

Bien entendu, en tant qu’investisseur, vous devriez vous poser la question suivante : « Pourquoi faire la queue pour acheter une action que tous les initiés, à savoir les mieux informés, tentent de vendre ? »

Bonne question. Pour y répondre, il convient d’observer plus attentivement certaines spécificités.

Parmi les secteurs les plus recherchés, en matière de technologie révolutionnaire et d’intérêt des investisseurs, on trouve les FinTech (abréviation de financial technology : sociétés spécialisées dans les « technologies financières », en français). Voilà qui nous amène à l’entreprise la plus ambitieuse du secteur des FinTech. Une entreprise que je vous recommande dans le dernier numéro de Trades Confidentiels. Un beau trade en perspective !

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

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