Snapchat a-t-il une chance face à Facebook ?

Rédigé le 12 mai 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

Salut à toi, Mark Zuckerberg, roi des médias sociaux !

Son réseau social, Facebook (FB:NASDAQ) vient d’enterrer un prétendant à la couronne du plus grand réseau social au monde.

Le meilleur dans tout cela ? Facebook n’a même pas eu besoin de sortir l’artillerie lourde pour venir à bout de son concurrent. Zuckerberg a simplement repris ses meilleures idées, a fait un pas en arrière et a regardé le nouveau venu perdre pied.

Ce concurrent, c’est Snap Inc. (SNAP:NYSE). L’éditeur de Snapchat s’est introduit en Bourse en mars dernier. Nous vous en avions alors longuement parlé – et conseillé de vous tenir à l’écart de cette IPO qui suscitait un enthousiasme démesuré.

Mais après les résultats trimestriels, publiés mercredi soir, la direction de Snap pourrait être en train de regretter cette IPO.

Je vais revenir dans une minute sur les désastreux trimestriels de Snap mais avant d’entrer dans les détails sordides, intéressons-nous à la manière dont Facebook a écrasé Snapchat.

Tout d’abord, un peu d’histoire …

La stratégie d’imitation de Facebook

En 2013, Zuckerberg a offert trois milliards de dollars au CEO de Snap, Evan Spiegel, pour acheter sa société. Spiegel a refusé. Depuis, Facebook imite très ouvertement les fonctionnalités de Snapchat sur ses différentes plates-formes.

Business Insider en faisait le constat :

« Facebook a remporté un franc succès avec Instagram Stories – une copie flagrante de Snapchat Stories – qui lui a rapporté des centaines de millions d’utilisateurs quotidiens en quelques mois. Il a rapidement étendu le format à ses autres grandes applications – Facebook, Messenger et WhatsApp« .

Les résultats parlent d’eux-mêmes. Facebook a acheté Instagram pour un milliard de dollars en 2012. Grâce à de nouvelles fonctionnalités comme Instagram Stories, l’application dispose maintenant de 200 millions d’utilisateurs actifs quotidiens. Et Instagram écrase Snapchat.

Ce qui nous amène aux désastreux trimestriels de mercredi dernier – et ce malgré l’annonce d’un tas de nouvelles fonctionnalités.

Premier test pour Snap

Les investisseurs misaient sur une croissance rapide. Dans le monde des réseaux sociaux, cela signifie plus d’utilisateurs. Or Snap a spectaculairement échoué à son premier test en tant qu’entreprise cotée.

La croissance du nombre d’utilisateurs ralentit déjà. Au premier trimestre, l’application a gagné huit millions de nouveaux utilisateurs quotidiens, soit 36% sur un an. Mais comme le note Business Insider, il y a un an, Snapchat affichait une progression de 52% de ses utilisateurs quotidiens moyens.

Le cours de Snap a perdu plus de 20% en pré-ouverture.

Ceux qui avaient cédé au délire entourant l’IPO de Snap doivent commencer à se mordre les doigts. Souvenez-vous, après son introduction en Bourse, le cours de Snap s’est envolé passant de 17 $ (prix d’introduction) à près de 25 $.

Peu importait alors qu’un analyste avait fixé 10 $ comme objectif de cours, ou encore que personne de plus de 25 ans ne puisse donner une explication claire de la façon dont Snapchat fonctionne ou pourquoi il est si populaire. Tout le monde voulait avoir l’action en portefeuille.

Après sa première journée de cotation, la capitalisation boursière de Snap était de près de neuf milliards de dollars et son action trois fois plus élevée que celle de Twitter.

Que cela soit Etienne Henri, Cécile Chevré ou moi-même, nous vous avions tous recommandé de vous tenir loin de cette valeur. Les IPO sont, par essence, particulièrement dangereuses pour les investisseurs. Il est souvent tentant de céder à leurs sirènes, surtout sur des valeurs comme Snap. Parfois, le risque est payant, parfois non.

Snap a-t-il encore une chance ?

Pour le moment, je vais donc renouveler ma recommandation : oubliez Snap. L’application de partage de photos et de vidéos est loin d’avoir trouvé son business model et le ralentissement du nombre de nouveaux utilisateurs est préoccupant. Si cela venait à changer et que Snap devenait un investissement intéressant pour vous, je serai le premier à vous le recommander. En attendant, Facebook continue de broyer ses concurrents. [NDLR : Ray Blanco a fait le pari de Facebook, et ce il y a plusieurs mois déjà. Pourquoi se laisser tenter par Facebook ? A quel niveau acheter ? Quel objectif attendre ? Les réponses sont dans NewTech Insider]

Mots clé : - - -

Greg Guenthner
Greg Guenthner
Rédacteur de la lettre américaine The Rude Awakening

Greg Guenthner est rédacteur de la lettre américaine The Rude Awakening, et contribue également à la lettre gratuite The Trend Playbook, pour les investisseurs suivant la tendance et les analystes techniques. Greg est membre de l’Association américaine des techniciens de marché.

Laissez un commentaire