Puces neuronales : quand les smartphones veulent leurs propres neurones

Rédigé le 24 octobre 2017 par | A la une, Nouvelles technologies Imprimer

Êtes-vous prêts, cher lecteur, pour l’alliance des neurones et de l’informatique ? L’idée est de nouveau très à la mode, et pas seulement dans les oeuvres de science-fiction.

En début d’année, on apprenait qu’Elon Musk, le fondateur de SpaceX et de Tesla, avait lancé un nouveau projet : Neuralink. Cette société aurait pour objectif d’implanter des puces dans le cerveau humain, à la fois pour des visées thérapeutiques (contre les maladies neurodégénératives ou contre l’épilepsie) et pour en « améliorer » les capacités.

Selon le Wall Street Journal, Musk envisagerait de créer une véritable interface d’intelligence artificielle à l’intérieur du cerveau humain qui permettrait, par exemple, d’interagir par la pensée avec des machines, ou bien de stocker des pensées sur une forme de disque dur. Il faut bien sûr prendre tout ceci avec moult pincettes mais Musk s’est plusieurs fois inquiété du rapide développement des machines intelligentes et espère, en améliorant notre cerveau, permettre aux humains d’affronter leur concurrence.

Avant d’imaginer un cerveau aux capacités démultipliées par l’apport de l’informatique, c’est la relation inverse – de l’informatique démultipliée grâce aux neurones – qui devient aujourd’hui une réalité.

Et le terrain d’expérimentation de cette nouvelle alliance n’est pas – encore – le cerveau humain mais de simples ordinateurs… voire même de banals smartphones.

Vous l’aurez compris, aujourd’hui, nous allons parler des puces neuronales. La construction de ces puces imite le fonctionnement des neurones et des synapses. D’où leur autre nom de puces neuromorphiques.

D’autres puces vont encore plus loin dans le côté neuronal, puisqu’elles intègrent des neurones vivants. C’est le cas par exemple d’un prototype présenté en 2016 par la start-up Koniku. Un type de puces encore expérimental, contrairement aux puces qui imitent le cerveau humain.

Que les neurones soient artificiels ou biologiques, les avantages de ces puces sont les mêmes : la rapidité et la puissance de calcul, la possibilité d’effectuer des calculs en parallèle, la possibilité d’accéder au machine learning et au deep learning, qui induisent un auto-apprentissage par la machine, en particulier grâce aux capacités de mémoire de ces neurones artificiels. Et des économies d’énergie puisque, tout comme les neurones biologiques, la consommation d’électricité de ces puces est bien inférieure à celle de puces normales.

Pour toutes ces qualités, les puces neuronales intéressent depuis longtemps les constructeurs d’ordinateurs et les spécialistes de l’intelligence artificielle ou de la reconnaissance d’images.

En effet, l’utilisation des processeurs traditionnels, les CPU (Central Processing Unit), et des cartes graphiques qui en sont dérivées (GPU, Graphic Processing Unit) se heurtent à leurs limites de capacités mais aussi à ce qui fit leur succès : leur universalité.

Les spécialistes de l’IA souhaitent maintenant des processeurs spécifiquement pensés et conçus pour l’intelligence artificielle, le deep learning, etc. Et c’est là que les puces neuronales entrent en jeu.

De grands noms comme Google, Intel ou Nvidia travaillent sur des puces neuronales destinées à équiper les serveurs, et à plus long terme nos ordinateurs personnels.

Mi-octobre, Intel dévoilait ainsi ses processeurs Nervana, reposant sur la technologie d’une start-up, Nervana System, rachetée en 2016 par Intel et spécialisée dans l’intelligence artificielle, le deep learning, et les puces neuronales…

Mais c’est dans l’univers des smartphones que la bataille du neurone a pris un nouveau tournant.

Le smartphone veut aussi ses neurones

Si vous suivez l’actualité dans le secteur, vous n’avez pas pu manquer l’arrivée – pas toujours fracassante, il faut bien le dire – de nouvelles fonctionnalités dans les dernières générations de smartphones. Assistance vocale de plus en plus intelligente, reconnaissance faciale en 3D, réalité augmentée sont intégrées dans les nouveautés Samsung ou Apple. C’est un début mais la tendance devrait se poursuivre et s’accélérer dans les années qui viennent.

Leur arrivée vient donner un bon coup de fouet dans le monde des puces pour smartphones. L’émergence, il y a 10 ans, desdits téléphones intelligents et autres tablettes qui a obligé les fabricants à proposer des processeurs plus petits mais aussi moins énergivores (pour que les batteries durent plus longtemps) et moins calorifères.

Ces dernières années, les capacités des processeurs se sont certes améliorées mais sans aucune révolution notable. La course à la puissance a suivi son chemin, assez tranquillement.

Et ceci jusqu’à l’arrivée des puces neuronales et des NPU (Neural Processing Unit ou Neural Network Processig Unit), des processeurs intégrant des neurones artificiels.

Les nouveaux besoins des smartphones nécessitent en effet une bonne dose d’innovation. Contrairement aux serveurs géants de Google ou de Facebook, les fonctionnalités d’intelligence artificielle, de reconnaissance d’images, de réalité augmentée, d’assistant personnel, etc. doivent être permises par un processeur de quelques dizaines de millimètres, capable de se glisser dans un téléphone qui tient, généralement, dans une poche. Et comme nous l’avons vu plus haut, ce processeur doit gérer sa consommation de batterie… et la chaleur qu’il émet. Autant dire une gageure…

Mais une gageure que vient de relever Huawei, le fabricant chinois de smartphones, tablettes, etc.

Et c’est ce que je vous propose de voir demain.

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle s’intéresse à tous les secteurs de l’économie qui sont en mouvement, des nouvelles technologies aux matières premières en passant par les biotech. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance, ainsi que les Marchés en 5 Minutes.

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