Le sept : un chiffre maudit pour les investisseurs et les krachs boursiers ?

Rédigé le 22 septembre 2017 par | Indices & Actions Imprimer

Les marchés ont été un petit peu agités ces dernières semaines. Vous l’aurez sans doute remarqué.

Quelle est l’origine de ces remous ?

Des évaluations trop élevées ? La peur d’une augmentation des taux ? Le climat politique de plus en plus instable ? Peut-être qu’après huit ans de hausse, notre marché haussier finit par s’essouffler ?

A moins que ce ne soit le fait que nous soyons au deuxième semestre d’une année en sept ?

Ce matin, je vous propose une incursion dans le monde obscur de la numérologie…

1907, 1987, 1997, 2007… vous remarquez quelque chose ? Vous avez peut-être déjà entendu la rumeur : en bourse, les années qui finissent en sept sont mauvaises – de la panique de 1907 au début de la Grande Crise Financière de 2007 en passant par le krach de 87 et la crise asiatique de 97.

Ce n’est sans doute qu’une coïncidence, bien sûr… à moins qu’il n’y ait un petit quelque chose de vrai dans la malédiction des années en sept ?

Commençons par 2007. Vous vous souvenez ? Les marchés ont atteint un pic en juillet, avant une méchante baisse en été. Je me souviens encore très bien d’un article de James Harding dans le Times, où il disait que Lords était saisi d’une « crise d’angoisse généralisée ».

Et puis le marché s’est repris. Les plus hauts ont été à nouveau atteints en automne, avant le début d’une baisse qui est ensuite devenue la crise de 2008.

Dans l’ensemble, sur l’indice du Dow Jones, le drawdown (la différence entre le plus haut et le plus bas), n’a été que de 10%, et l’année s’est terminée sur des résultats positifs. Mais 2007 reste néanmoins l’année où les marchés ont atteint leur pic.

Remontons maintenant à 1997. En réalité, le Dow a terminé l’année sur une augmentation de plus de 10%, plus ou moins la routine. Mais le deuxième semestre a été marqué par les légers embêtements liés à… la crise majeure en Asie, avec une méchante baisse de 17%.

Venons-en maintenant à 1987, la Grande, celle dont tout le monde se souvient. Là aussi, croyez-le ou non, le Dow a terminé l’année avec une progression de quelques points malgré le krach historique du mois d’octobre, avec une chute de 40%.

1977 fut une année horrible, avec des baisses cycliques. Le déclin fut d’environ 10%. La baisse, du pic au point le plus bas, fut plutôt de 15%.

Voici, grâce à Nick Laird, chez www.goldchartsrus.com, les graphiques pour cette période :

crise

Pour revenir plus loin dans le temps, 1967 fut une année positive, malgré une baisse de 12% pendant le dernier trimestre.

1957 fut épouvantable, avec une baisse constante à partir de juillet et un déclin de 13%, alors que 1947 fut une année stable, sans baisse majeure (la plus grande était de 7%).

Sans 1929, les historiens de la bourse parleraient encore de 1937 en tremblant : un marché baissier, avec un déclin de 30% et un drawdown de 40%, comme en 1987.

Voici les graphiques :

crise

Remontons plus loin encore : 1927 fut une bonne année, que le marché termina sur un mieux de 20%.

1917, par contre, était nulle : le marché finit sur une baisse de 22%, même si des baisses de plus de 30% purent être constatées pendant l’année.

1907 fut pire encore, avec un déclin de 24% et un drawdown de 35%. Octobre resta dans les annales comme « la panique de 1907 » ou encore « la crise de Knickerbocker » (Knickerbocker était le deuxième plus grand fond fiduciaire américain de l’époque, et sa faillite provoqua une panique bancaire.) Après un pic l’année précédente, le drawdown du Dow fut de plus de 50%. JPMorgan fut pour ainsi dire obligé de financer un plan de sauvetage du système bancaire.

Et puis nous avons enfin 1897, qui fut une année plutôt bonne.

Voici les graphiques :

1897

On peut donc dire dans l’ensemble que les années qui finissent par sept sont généralement médiocres, mais pas toujours. Il y a suffisamment d’exceptions – 1897, 1927, 1967, 1997 (tous les 30 ans ou presque) pour faire mentir cette théorie.

Pour l’instant, 2017 résiste à la tendance (pour autant qu’elle existe). Le Dow a commencé l’année à 19 900, et a augmenté de manière plutôt constante pour atteindre tout récemment de nouveaux records.

S’agit-il d’une coïncidence très étrange ou de quelque chose de plus inquiétant ? C’est justement la raison pour laquelle j’évoque maintenant le sujet des années qui finissent en sept.

Dans un article publié récemment sur son blog, Dana Lyons, partenaire de J. Lyons Fund Management aux Etats-Unis, fait des calculs qui indiquent que c’est en réalité à partir de la seconde moitié des années en sept (à partir de maintenant, donc) que les choses s’enveniment.

Les profits moyens (médians) pour la première moitié des années finissant par sept depuis 1907 sont en fait plutôt bons, nous dit Lyons, avec des augmentations d’environ 3% à 4%. Mais il note aussi qu’avec « -9,29%, la seconde moitié des années en 7 a les pires profits médians de tous les semestres ».

Voici le graphique qu’il a créé pour illustrer ses résultats :

crise

Et les chiffres des drawdowns sont pires encore. Le drawdown moyen pour la deuxième moitié d’une année finissant par sept est de 20%.

Un drawdown moyen nous donnerait un Dow à 17 760 sur la base du pic de 22 200 atteint au début du mois, ce qui est une baisse conséquente.

Pourrions-nous être à la veille de quelques mois de grisaille ? Devrions-nous tout vendre et parier sur une baisse massive ? Ou opter pour une perspective plus mesurée, à plus long terme ?

Les cours sont hauts, les investisseurs angoissés. Et pour des raisons qui m’échappent, il semble que le mois d’octobre soit le mois préféré des krachs boursiers. C’est là que se produisent les plus grandes crises. Le scénario d’une baisse est certainement assez facile à défendre.

Mais un déclin sous prétexte que nous sommes au second semestre d’une année finissant par sept ?

Hmmm… j’ai des doutes. Malgré cette étrange coïncidence, je ne vends rien. Cela étant dit, j’ai malgré tout fait un petit pari sur une baisse du marché sur mon compte spéculatif, au cas où le spectre de la « saison automne/hiver des années en sept » devait se manifester.

Je pourrai vous dire que je vous l’avais bien dit ! [NDLR : Ne vous laissez pas surprendre par les marchés et les autorités en cas de crise financière. Découvrez ici comment vous protéger…]

Dominic Frisby

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