Ce que nous enseigne le sell-off du Bitcoin

Rédigé le 7 février 2018 par | Bitcoin et cryptomonnaies, Nouvelles technologies Imprimer

Je dois vous faire une confidence : j’aime le Bitcoin. En tant que techno-enthousiaste, j’aime le concept de blockchain et la mutualisation des puissances de calcul à l’échelle planétaire. Je rêve de voir, dans le futur, ces milliards de processeurs oeuvrer de concert à la résolution de problèmes réels.

En tant qu’adepte de liberté individuelle, j’aime l’idée qu’une monnaie puisse ne pas être manipulée par une banque centrale. Statistiquement parlant, il n’y a qu’une infime probabilité que les intérêts de la BCE soient les mêmes que les miens… et mon petit doigt me dit que, si nos intérêts ne concordent pas, je ne sortirai pas gagnant. Aussi, une monnaie libre de toute influence est une belle idée.

C’est pourtant en tant qu’investisseur impatient que je chéris le plus le Bitcoin. Vous le savez : j’adore investir sur les anomalies de marché. Rien de plus excitant que de repérer une valeur sous-évaluée (ou surévaluée), de l’étudier sous toutes les coutures, puis de prendre position en attendant que le marché revienne à la raison. Ce qui est dur, c’est l’attente.

Par définition, de telles opportunités se produisent lorsque le marché décide d’ignorer les faits et déforme les prix de manière exagérée.

Une fois les positions prises, il faut s’armer de patience avant que les investisseurs ne reviennent à la raison. Cela peut prendre des semaines, des mois, voire des années. L’attente est longue, mais 99% du temps, le jeu en vaut la chandelle.

Or, sur le Bitcoin, tout se passe en accéléré. Les marchés nous jouent le film bien connu de l’indifférence, de l’euphorie, et de la panique à vitesse rapide. En un an, nous avons vu une technologie sortir de l’anonymat, devenir mainstream et subir un sell-off monstrueux. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les phases d’attente ne se sont pas éternisées !

Nous avons longuement parlé dans La Quotidienne des avantages de la blockchain et de l’intérêt d’avoir à notre disposition une monnaie décentralisée.

Aujourd’hui, je vous propose de revenir sur le récent krach du Bitcoin pour en tirer quelques enseignements.

A la recherche du bon prix

Vous n’ignorez sans doute pas que le Bitcoin a atteint les 20 000 $ en décembre dernier. Vous avez très certainement vu passer nombre d’articles sur la chute du Bitcoin ces dernières semaines.

Mais de quelle chute parlons-nous ?

Le Bitcoin baisse en fait plus ou moins régulièrement depuis son sommet du 19 décembre.

bitcoin

Cours du Bitcoin depuis le 19/12/2017

Le marché a décidé que le Bitcoin était surévalué à 20 000 $. Depuis, il cherche son bon prix. En un peu plus d’un mois, les journées à -10 % se sont multipliées et la perte avoisine désormais les 70 %.

Le Bitcoin n’a encore pas trouvé son prix d’équilibre. Nous savons désormais que les 20 000 $ ont été un plafond, mais où se situe le point bas ? Comme je vous l’indiquais en janvier, le seuil psychologique des 10 000 $ (qui aurait pu faire un multiple intéressant pour une monnaie alternative) n’a absolument pas fait réagir le marché lors de la phase haussière.

Aujourd’hui, alors que le Bitcoin est dans une tendance baissière, les 10 000 $ n’ont pas arrêté les cours plus de 24 heures. A l’heure où j’écris ces lignes, un BTC ne vaut plus que 6 000 $.

Voilà une prédiction rapidement réalisée : le bon prix du Bitcoin n’est pas 10 000 $ comme nombre d’analystes le prédisaient en 2017… Et personne, je dis bien personne, ne peut l’établir aujourd’hui.

Il faut impérativement attendre qu’un support se forme avant de pouvoir déterminer quel prix est considéré comme « peu cher » par le marché.

La tempête est-elle passée ?

La vie du Bitcoin a été une bulle en accéléré. Nous avons eu, durant des années, les technophiles incompris qui accumulaient des Bitcoins et passaient pour des geeks fantasques.

Nous avons eu, en fin 2017, l’euphorie du grand public, la naissance de produits dérivés et les fanfaronnades des derniers entrés qui voyaient le cours du Bitcoin augmenter chaque jour plus vite que le CAC 40 en un an.

Le sell-off actuel, qui a effacé plus de la moitié de la capitalisation du Bitcoin, peut sembler à un éclatement de bulle.

Mais sommes-nous réellement sur une zone d’achat ?

L’analyse technique étant, pour l’instant, inutilisable sur le Bitcoin, reste la psychologie des foules. N’oubliez pas ce grand principe qui peut guider vos investissements sur tous les secteurs et se vérifie sans exception depuis des siècles : « Les bulles meurent dans l’euphorie. Les marchés baissiers s’achèvent dans le dégoût. Les grands marchés haussiers naissent dans l’indifférence ».

L’euphorie était palpable en décembre. Le sell-off n’a donc été une surprise pour personne. La baisse va continuer jusqu’à ce que le grand public soit totalement dégoûté du Bitcoin.

Lorsque Nabila et autres stars de Youtube à la mode viendront conspuer le Bitcoin (et les pertes qu’ils ont subies) sur les réseaux sociaux, nous saurons que M. Tout-le-Monde ne veut plus en entendre parler. Le point bas aura alors été atteint. Le Bitcoin pourra entrer dans une phase d’indifférence.

Les acheteurs de la première heure, l’ayant acheté quelques dollars, ne voudront ni le vendre ni en amasser. Le grand public, échaudé par la bulle, ne voudra plus se laisser duper. Un lent marché haussier, moins excitant qu’une bulle mais durable dans le temps, pourra alors débuter.

Quelles conséquences pour vos investissements ?

Nous constatons que le Bitcoin est dans une tendance baissière. Contrairement à la hausse maniaque de début décembre, cette baisse se fait sans exagération ni relai médiatique. Le grand public n’est pas encore dégoûté du Bitcoin. Il est encore fréquent d’entendre, dans les conversations de comptoir, des gens conseiller de profiter de la baisse pour acheter. Cela signifie que l’excès baissier n’a pas encore eu lieu.

Prudence, donc : non seulement la baisse peut continuer, mais les mouvements violents peuvent encore survenir.

Ces dernières semaines nous enseignent autre chose : les crypto-monnaies sont corrélées au Bitcoin en phase de baisse. Ethereum, Ripple, Litecoin : aucune autre monnaie virtuelle n’échappe à la purge. Cela signifie qu’acheter différentes crypto-monnaies « à l’aveugle » dans une optique de diversification n’a pas d’intérêt. Lorsque le Bitcoin s’effondre, tout s’effondre.

Un portefeuille constitué de 5 lignes de crypto-monnaies de valeur équivalente n’est pas un portefeuille équilibré : c’est tout simplement un gros portefeuille.

Ce qui est vrai pour les grosses capitalisations du CAC 40 l’est aussi sur les cryptos : considérez votre exposition dans son ensemble et non pas ligne par ligne. Quand le marché bouge, tout bouge de concert.

Avec ces nouvelles informations sur la psychologie des opérateurs que nous découvrons au jour le jour, le marché des crypto-devises se révèle de plus en plus passionnant.

Le Bitcoin va peut-être même jouer le rôle de précurseur alors que les marchés actions ont pris, avec quelques semaines de retard, la même tendance baissière.

Bons investissements !

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Etienne Henri
Etienne Henri
Il sélectionne les dossiers d’investissement en financement participatif du service Profits Réels.

Etienne Henri est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l’industrie pétrolière, puis l’électronique grand public. Aujourd’hui dirigeant d’entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l’intérieur les opportunités d’investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

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