Sécurité routière : et si la solution passait par les voitures autonomes ?

Rédigé le 15 janvier 2018 par | Nouvelles technologies Imprimer

Trop de gens meurent encore chaque année sur les routes. Aux Etats-Unis, avec plus de 40 000 décès par an, une personne meurt au volant toutes les 13 minutes. Et ce chiffre ne concerne que les morts ; plus de 2,5 millions de blessés sont aussi traités chaque année par les services d’urgence suite à un accident de voiture.

Les conséquences économiques des soins et de la perte de productivité s’élèvent à plus de 80 milliards de dollars. Au total, l’administration américaine de la sécurité routière estime que le coût économique global des accidents de la route avoisine le millier de milliards de dollars.

Selon le National Safety Council, les décès liés aux véhicules motorisés ont augmenté de 6% en 2016. C’est le chiffre le plus élevé depuis 2007. En France, le nombre de décès sur la route s’élevait à 3 500 en 2016, et a encore progressé en 2017, pour la quatrième année de suite…

Dans l’ensemble, cependant, la conduite n’a jamais été aussi sûre. Nous sommes simplement davantage au volant. Les Américains (est-ce à cause du faible coût du carburant ?) ont parcouru plus de kilomètres en voiture l’an dernier qu’aucune autre année dans l’Histoire… mais le nombre de décès par kilomètre a baissé, de 77%, au cours des cinquante dernières années.

Sommes-nous devenus des conducteurs plus attentifs ? Peut-être.

Beaucoup de ces améliorations sont en fait liées à la technologie. Dans les années 1950, les fabricants automobiles ont commencé à utiliser des mannequins conçus scientifiquement lors de leurs tests pour évaluer la survivabilité de leurs véhicules.

Des décennies d’amélioration de la sécurité ont suivi. Les voitures sont bien plus sûres qu’elles ne l’étaient.

Les véhicules des décennies passées, si appréciés des collectionneurs, seraient considérés comme des pièges mortels si on leur appliquait les normes actuelles.

Pour commencer, ils n’avaient pas d’airbags. L’intérieur, le volant et le tableau de bord étaient pleins d’angles aigus, faits de métaux très durs, les volants ne se rétractaient pas… mieux vaut éviter que votre tête heurte ce genre de montage si votre voiture en percute une autre, surtout dans un véhicule qui n’est pas équipé de ceintures de sécurité.

Les constructeurs ont réfléchi aux lois physiques qui régissent les collisions entre véhicules pour les rendre plus sûrs. Les anciennes voitures n’avaient pas de zones de déformation soigneusement étudiées, capables d’absorber les chocs, les taux de décélération transférés aux passagers étaient donc plus écrasants encore.

Les voitures n’avaient pas de système antiblocage des freins pour éviter les glissades et, bien souvent, les freins dont elles étaient effectivement équipées n’étaient pas de bonne qualité. Les freins à disque étaient rares, et les freins à tambour, moins efficaces, allongeaient la distance de freinage.

L’amélioration des freins et des pneus, des moteurs plus puissants, de meilleures suspensions et des carrosseries plus rigides permettent aussi aux voitures de mieux s’arrêter, d’être plus maniables et d’accélérer plus efficacement que par le passé.

Des systèmes de stabilité électroniques ont même permis de rendre les « SUV », ces véhicules tout-terrain urbains dotés de centres de gravité plus élevés, plus sûrs que jamais.

L’autonomie pour améliorer la sécurité

Mais, nos véhicules devraient devenir plus sûrs encore grâce à la conduite autonome. La conduite autonome « light » est déjà en train d’améliorer notre sécurité. Allez chez votre concessionnaire, vous verrez de nombreux modèles capables de vous prévenir en cas de collision imminente, ou même d’opérer seuls un freinage d’urgence. S’ils détectent un danger sur la route, ils peuvent stopper votre véhicule si vous ne le faites pas vous-même.

Une voiture peut aujourd’hui vous éviter de changer de voie par inadvertance, et vous prévenir s’il y a quelque chose dans votre angle mort. Certaines ont la possibilité de se garer seules ou de ralentir si le véhicule devant vous est plus lent lorsqu’elles sont en mode régulateur de vitesse.

Mais ce n’est que le début. Pensez un peu à la quantité de temps que nous passons au volant. Tout ce temps que nous pourrions utiliser pour autre chose. Un Américain passe en moyenne 17 600 minutes derrière un volant chaque année. Soit douze jours de travail qu’il pourrait consacrer à d’autres activités – ou plus de sept semaines de 40 heures de travail ! Une quantité immense de productivité perdue.

Personnellement, même si j’adore conduire, je préférerais pouvoir choisir d’utiliser mon temps autrement. Le progrès technologique qui a amélioré la sécurité de nos voitures les rendra plus sûres encore et nous aidera à passer moins de temps derrière un volant. Nous pourrons ainsi tous – y compris les personnes âgées ou handicapées – profiter de la liberté offerte par la mobilité.

Tout le monde ne conduit pas. Les personnes qui ne savent pas conduire, ou qui ne le peuvent pas, sont gravement désavantagées par ce manque de mobilité. Les zones très peuplées sont dotées de systèmes de transports publics, le problème y est donc moins grave.

Mais beaucoup d’entre nous vivons dans les banlieues ou dans des zones rurales où il n’est pas facile de trouver des manières alternatives de se déplacer.

Les voitures autonomes : l’émergence d’un nouveau secteur de l’économie

La mobilité pour tous fait partie des raisons de l’apparition de « licornes » financées par du capital-risque telles qu’Uber ou Lyft. Le P-DG de SoftBank (une de mes entreprises préférées dans NewTech Insider, Masayoshi Son, est convaincu que ces services d’autopartage deviendront immensément profitables à l’avenir. Il a déjà investi dans des start-ups du monde entier, et cherche à obtenir une part de plusieurs milliards de dollars chez Uber.

Mais il ne prête guère attention aux technologies actuelles, à savoir les véhicules pilotés par un conducteur humain. Il s’intéresse plutôt vers ce qui constitue l’avenir, selon lui, à savoir les véhicules sans conducteur que vous pouvez appeler depuis votre appareil mobile.

Il se concentre sur l’intelligence artificielle et les domaines économiques que celle-ci va transformer. Peu de domaines seront transformés de manière aussi visible pour un observateur moyen que les déplacements motorisés sans conducteur.

A la rédaction de NewTech Insider, nous suivons cette tendance technologique depuis quelques années déjà. Elle s’est révélée énormément profitable pour nous, avec de beaux bénéfices sur Mobileye (clôturée après l’acquisition par Intel sur un gain de 63%) ou Nvidia (qui nous a offert des gains de 44% et 39%).

Les profits générés par l’autonomie seront impressionnants. La tendance émergente des véhicules sans conducteur sera excellente pour une entreprise récemment restructurée dont je vous ai parlé dans le dernier numéro de NewTech Insider. Je suis personnellement convaincu qu’il s’agit du meilleur pure player du marché en matière de véhicules sans conducteur. La course à la voiture autonome est lancée

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Ray Blanco
Ray Blanco
Rédacteur en Chef de NewTech Insider et FDA Biotech Trader

Ray Blanco était le genre d’enfant qui reste des heures dans sa chambre tous les soirs, programmant des codes dans son ordinateur Timex Sinclair 1000.

Au collège, alors que la plupart des autres gamins étaient dehors à jouer au ballon, Ray était dans sa cave, tentant de construire ce qu’on appelle une « Chambre de Wilson » — un appareil ultra-refroidissant permettant de détecter les particules de radiations ionisantes.Puis il s’est mis à explorer les domaines de la robotique… de l’avionique… de la génomique… de la biotechnologie… Devenir plus intelligent, c’est ainsi que Ray s’amusait.

Et aujourd’hui, il combine sa passion de la technologie avec ses connaissances et son savoir-faire dans les domaines de la finance et des marchés boursiers au sein de la lettre NewTech Insider, dont il est co-rédacteur.

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