Voici les 6 secteurs qui vous permettront de profiter de Trump au pouvoir

Rédigé le 4 janvier 2017 par | Macro éco et perspectives Imprimer

Le 8 novembre, après la plus longue et harassante période électorale de l’histoire des Etats-Unis, Donald Trump a été élu 45e président. Le 20 janvier, il prêtera serment de faire respecter la Constitution des Etats-Unis. Nous entrerons alors officiellement dans l’Amérique de Trump, ou comme j’aime bien l’appeler, Trumperica. La gueule de bois générée par tout ce spectacle politique a nécessité de grosses doses de café très serré.

Plutôt que de ressasser l’élection, je vais aller droit au but. Dans cette nouvelle ère, il existe tout un faisceau d’opportunités de gains financiers qu’il convient d’examiner.

Aujourd’hui et demain, je vais vous présenter certaines stratégies dans les secteurs de la défense, de la finance, de la santé, des médias et de l’énergie, ainsi qu’une façon spécifique de générer des gains réguliers au cours de la présidence de Trump.

1. Le secteur de la Défense

Le secteur de la Défense était gagnant dès le départ, quel que soit le candidat remportant la Maison Blanche. Mais Trump en particulier a évoqué longuement le fait de renforcer l’armement des forces navales américaines.

Il a dit qu’il « poursuivrait énergiquement les opérations conjointes menées par la coalition militaire en vue d’éradiquer Daesh ». Cela engloberait « une coopération internationale visant à couper ses financements, l’extension du partage de l’information et une cyberguerre à la pointe des technologies, visant à perturber et désactiver sa propagande et ses actions de recrutement ».

Selon son programme de campagne, sa vision politique consiste à « travailler avec le Congrès afin de révoquer le ‘séquestre’ auquel est soumis le budget de la Défense et de proposer un nouveau budget afin de reconstruire notre armée diminuée ».

Selon cette proposition, il viserait « la reconstruction de l’US Navy en se fixant un objectif de 350 navires, tel que le Comité bipartite de la Défense Nationale l’a recommandé ».

Il a également proposé d’investir dans un « système de défense anti-missile sérieux… En modernisant les croiseurs de la marine et en fournissant des destroyers plus modernes afin de lutter contre la menace de missiles balistiques provenant d’Iran et de Corée du Nord ».

NOTRE AVIS > Vous pouvez être sûr que de grands prestataires de la Défense vont se réjouir d’aller à la pêche aux contrats, sous le mandat de Trump.

2. Le secteur financier

Wall Street a parié sur Hillary Clinton. En fait, le secteur de la Bourse et de l’investissement a plus contribué à sa campagne que tout autre secteur. Ils l’ont fait essentiellement via des Comités d’action politique [NDR : les PACs, Political Action Committees] afin de pouvoir donner des montants plus importants.

Les titans de la finance pensaient qu’elle les aiderait en cas de besoin. Hillary Clinton n’aurait jamais milité pour le rétablissement de la Loi Glass-Steagall et, par conséquent, on est parti du principe qu’elle représentait le secteur bancaire.

Elle a défendu l’idée que la crise financière n’avait pas été provoquée par la révocation en 1999, à l’initiative de son mari, de la Loi Glass-Steagall, puisque les banques telles que Lehman Brothers, AIG et Bear Sterns n’étaient pas affectées par cette révocation.

Mais ce n’est pas vrai. Ces établissements ont travaillé avec les grandes banques afin de renforcer leurs positions en dérivés et actifs toxiques. Le morcellement des banques et la résurrection de la Loi Glass-Steagall étaient le mantra des sénateurs démocrates progressistes : Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

Cependant, ce sont les conservateurs qui ont inséré cette mesure dans la plateforme républicaine, en précisant spécifiquement la chose suivante : « Nous soutenons le rétablissement de la Loi Glass-Steagall de 1933, interdisant aux banques commerciales de s’engager dans des investissements à haut risque ».

En octobre, alors qu’il présentait son « New Deal pour l’Amérique noire », devant une foule rassemblée à Charlotte (Caroline du Nord), Trump a déclaré : « La loi Dodd-Frank est un désastre, elle permet difficilement aux petites entreprises d’obtenir les crédits dont elles ont besoin. Les politiques des Clinton nous ont entraînés dans une récession financière – via la révocation de la Loi Glass-Steagall, en encourageant les prêts dits « subprimes » et en bloquant les réformes de Fannie et Freddie. Il est temps de mettre en place une Loi Glass-Steagall du XXI e siècle et, dans cette démarche, il est prioritaire d’aider les entreprises afro-américaines à obtenir les crédits dont elles ont besoin. »

Ce sont des mots provocateurs. Cela pénaliserait les grandes banques et donnerait un coup de pouce à la communauté plus modeste des banques locales situées dans des zones rurales d’Amérique, majoritairement pro-Trump. Wilbur Ross, l’un des membres du cercle rapproché de Trump (qui compte 14 conseillers milliardaires), plaide pour le rétablissement de la Loi Glass-Steagall depuis 2012. Bien qu’il ait été célèbre, dans les années 1980 et 1990, pour ses accords de fusion/acquisition et de démembrement d’actifs, Ross a déclaré qu’il fallait revenir aux anciennes méthodes bancaires et, qu’en morcelant les grandes banques, on y parviendrait.

A contrario de ce qui aurait été une évolution de la réglementation du point de vue des grandes banques, Trump a déclaré que la loi Dodd-Franck était trop coûteuse pour les petites banques. Les associations des banques locales sont pro-Trump, et font partie de la « coalition » qui exercera de l’influence sur l’élaboration des mesures politiques de Trump.

Ces nouvelles mesures pourraient profiter aux banques de dimension modeste et donner lieu au morcellement des grandes banques. Au sein du secteur financier, des banques de taille modeste ou intermédiaire devraient enregistrer de meilleures performances que les banques de plus grande envergure.

Cela dit, les Républicains, au Congrès, ne se sont pas manifestés en faveur du rétablissement de la Loi Glass-Steagall.

NOTRE AVIS > Bien que cela ait été mis en avant pendant la campagne, il se pourrait bien qu’en fin de compte ce ne soit qu’une promesse électorale. Je vais surveiller étroitement tout le secteur bancaire, à la recherche d’opportunités, à mesure que Trump renforcera ses positions.

3. Secteur de la santé

La Loi Affordable Care, ou Obamacare, a été providentielle pour les fusions entre assureurs et entreprises pharmaceutiques. Par l’application de cette loi, les principaux assureurs nationaux ont récupéré davantage de clients captifs.

L’Obamacare a été une manne pour les assureurs. Elle leur a permis de réduire les indemnités et d’augmenter les primes régulièrement. Avec ces primes supplémentaires, ils ont racheté la concurrence (ce qui explique, entre autres, pourquoi les primes ont tant augmenté depuis que la loi est passée). Les primes ont augmenté d’environ 22% depuis son entrée en vigueur. Les Américains sont effrayés à l’idée de découvrir le montant de leur prime, chaque mois.

Si l’inflation se trouve quelque part, c’est bien dans le secteur de l’assurance-santé. Trump a juré de se débarrasser de l’Obamacare. Une semaine avant l’élection, voici ce qu’il a promis : « Je demanderai au Congrès de convoquer une session spéciale afin que nous puissions procéder à sa révocation et à son remplacement ».

Il a ajouté : « Et ce sera un tel honneur, pour moi, pour vous et pour tout le monde dans ce pays, car l’Obamacare doit être remplacée. Et c’est ce que nous allons faire très rapidement. [Ce texte] est une catastrophe. »

Selon des articles parus dans Politico, le porte-parole de la Chambre, Paul Ryan, a communiqué un projet de plan de substitution mais les Républicains sont divisés en ce qui concerne les détails de la réforme du système de santé.

Depuis que l’Obamacare est entré en vigueur en mars 2010, l’ETF Health Care Select Sector (XLV-Nyse) – qui comprend les principales sociétés spécialisées dans le médicament, les biotechnologies et le matériel médical, ainsi que les principaux assureurs – a gagné près de 120%.

En effet, la loi a permis aux compagnies d’assurances de mettre la main sur une plus grande base de clients percevant des subventions d’état plus importantes, sans pour autant les contraindre à plafonner leurs primes de façon significative.

La révocation de l’Obamacare ne s’opérera pas du jour au lendemain. Washington est un univers très complexe. En outre, il faudra la remplacer par une autre loi.

NOTRE AVIS > Si Trump mène à bien ses plans visant à révoquer l’Obamacare, les actions des compagnies d’assurances baisseront car on craindra qu’elles perdent ces clients captifs récupérés grâce à cette loi.

Je vous propose d’examiner les trois autres secteurs qui pourraient profiter de l’élection de Trump dès demain demain, dans la Quotidienne.

Nomi Prins, chroniqueuse spécialisée pour Intelligence Stratégique

Mots clé : - - -

Laissez un commentaire