La Seconde Guerre froide… est cyber

Rédigé le 2 février 2017 par | Nouvelles technologies Imprimer

Hier, nous avons vu que la menace de la cyber-criminalité ne cessait de grandir –parce que nous vivons dans un monde de plus en plus numérisé, de plus en plus connecté et donc de plus en plus vulnérable.

Aujourd’hui, je vais m’intéresser un peu plus à l’histoire de ces attaques – un indispensable préalable pour investir dans ce secteur.

Le virus informatique le plus sophistiqué de l’histoire du monde

Les cyberattaques très médiatisées sur l’infrastructure politique – je pense par exemple au piratage des mails de l’équipe de campagne d’Hillary Clinton ou encore de la messagerie de la candidate démocrate – ne sont que le dernier exemple de l’escalade massive de la cyberguerre mondiale : soutenues par les gouvernements, elles bouillonnent pourtant sous la surface depuis bien longtemps.

« Stuxnet » est l’une des attaques militaires les plus importantes du XXe siècle. Cette « cyberarme » a été capable de désamorcer à elle seule la menace nucléaire provenant d’une nation toute entière. Elle est aussi généralement considérée comme le virus informatique le plus sophistiqué jamais mis au point.

Ce ver informatique – qui aurait été programmé en collaboration par des agents américains et israéliens – a été utilisé en 2009 pour faire en sorte que l’Iran perde le contrôle de ses centrifugeuses nucléaires et ainsi les rendre inutilisables.

Ce ver a également réussi à infiltrer avec succès l’infrastructure iranienne, notamment les systèmes de communication, de transport et d’électricité.

En 2013, l’Iran a répliqué en prenant le contrôle d’un petit barrage à 40 km au nord de New York. L’idée était de libérer un torrent d’eau stockée derrière le barrage. Les conséquences auraient pu être catastrophiques, mais les vannes avaient été déconnectées manuellement pour des opérations de maintenance au moment de l’attaque.

Les répercussions des cyber-guerres sont donc loin d’être uniquement virtuelles. Elles pourraient menacer nos infrastructures, nos centrales électriques et nucléaires, nos réseaux de transport, de communication…

Aujourd’hui, c’est une véritable guerre mondiale non-déclarée qui fait rage, et toutes les superpuissances y participent. C’est la Deuxième Guerre froide. Elle est cachée, mais elle se déroule 24h/24, 7j/7, 365 jours par an. C’est la nouvelle norme. Et à l’avenir, la cyberguerre deviendra un mode de vie.

Le chaos récent autour de l’élection américaine n’a fait que mettre ce conflit sous les projecteurs.

Que l’assaut organisé par la Russie sur le Comité national du parti démocrate ait été crucial pour l’élection de Trump est une question accessoire.

Ce qui est certain, c’est que ces attaques ont bieneu une influence sur l’élection de la personne la plus puissante de la scène politique mondiale.

Si les élections américaines ont été compromises, cela signifie que plus aucune élection ne sera jamais complètement à l’abri du cyber-espionnage à l’avenir. Vous trouvez cela effrayant ? C’est pourtant la nouvelle réalité.

« La capacité à lancer des cyber-attaques paralysantes »

Tout ceci illustre le besoin urgent pour les grands Etats-Nations de développer des cyber-forces efficaces.

L’élection de Trump a allumé la mèche aux Etats-Unis ; la lutte contre la cyber-criminalité est passée à la vitesse supérieure.

Dans l’un de ses discours de campagne fin 2016, Trump déclarait : « pour décourager les attaques sur nos ressources les plus cruciales, les Etats-Unis doivent se doter de la capacité incontestable de lancer des cyber-contre-attaques paralysantes. » Avant d’ajouter : « La domination de l’Amérique dans ce domaine doit être indéniable. »

Le Congrès le soutient dans ce projet. Un cyber-rapport récemment déclassifié a dévoilé le lancement d’un sous-comité de l’armée dédié aux questions cybernétiques.

Le Sénateur Lindsey Graham a quant à lui annoncé : « je pense qu’Obama a lancé un caillou. Je veux lancer une pierre. Poutine n’a pas de bonnes intentions, et il doit être stoppé. »

Trump a déjà effectué une analyse urgente des faiblesses du Département américain de la défense et espère pouvoir les éliminer immédiatement afin de « développer les capacités nécessaires pour décourager les cyber-attaques conduites par des acteurs gouvernementaux ou non-gouvernementaux. »

Il a demandé à son nouveau gouvernement de mettre au point un plan pour « combattre agressivement et mettre un terme aux cyber-attaques, » dès le début de son mandat.

John Brennan, directeur sortant de la CIA, a pour sa part clairement déclaré que cette question devait être une priorité pour Trump. « Il aura la responsabilité énorme de s’assurer que les intérêts des Etats-Unis et de la sécurité nationale soient protégés. »

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Le secteur de la cyber-sécurité n’avait pas besoin des gouvernements pour s’afficher en forte hausse ces dernières années mais la meilleure prise en compte de ce risque par les Etats ne pourra que le favoriser un peu plus.

Dès demain, je poursuivrai mon enquête sur les champs de bataille de cette nouvelle forme guerre mais en attendant, je vous recommande vivement de jeter un oeil aux valeurs cyber-sécurité sélectionnées par mon collègue Ray Blanco. Le secteur fait partie de ses grands favoris – je comprends pourquoi – et les valeurs qu’il a recommandées dans NewTech Insider gagnent déjà 30% et 15%. Il ne tient qu’à vous de profiter du boom de la lutte contre les cyber-guerres

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Nick O'Connor
Nick O'Connor

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