Roulez plus vert grâce à la Chine !

Rédigé le 2 août 2012 par | Macro éco et perspectives Imprimer

Il y a quelques jours, je regardais la liste des candidats présumés au poste de membre permanent du comité central chinois. Comme vous le savez, en octobre prochain, le 18e congrès du Parti communiste chinois (PCC) doit permettre d’élire un président et un Premier ministre. Le Congrès permettra également de composer le bureau politique, véritable antichambre du pouvoir.

A la lecture des noms et des biographies, un candidat a suscité immédiatement mon antipathie, Zhang Dejiang. Outre le fait que ce candidat a obtenu ses diplômes en Corée du Nord, et que la joie de vivre ne semble pas être le sentiment qui le caractérise, cet ancien dirigeant du PCC de la région du Guangdong s’est surtout fait connaître pour avoir dissimulé l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003.

Le souvenir de la panique qui avait envahi, ou plutôt vidé, les rues chinoise m’est revenu. Après quelques recherches, j’ai constaté que cette épidémie avait eu des effets inattendus : le décollage du marché des vélos électriques !

Photo d'un vélo électrique en Chine

Alors que la population s’est affolée devant les risques d’une contagion éclair du SRAS, les lieux publics et les transports en communs se sont vidés. Le marché du vélo électrique a alors doublé en à peine deux ans.

Aujourd’hui, je vous propose d’enfourcher les profits en ciblant ce marché unique qu’est le marché du vélo électrique !

Le vélo électrique, qu’est-ce que c’est ?
Le vélo électrique est constitué d’une batterie qui fait tourner un petit moteur. L’énergie fournie par le moteur s’apparente plus à une aide au pédalage, apportant simplement un complément à l’effort.

Il est normal que le vélo connaisse une nouvelle jeunesse dans le pays qui l’a pratiquement érigé en symbole, au côté de la Grande Muraille et du col Mao.

Toutefois, l’histoire du développement du vélo électrique n’est pas le fait d’une success story à la Steve Job. Le vélo électrique s’est d’abord imposé en Chine parce que l’Etat a interdit les motos à essence. Alors que de nombreuses villes des pays émergents sont paralysées par des hordes de scooters pétaradant, la toute puissance de l’Etat a permis d’éviter ces congestions et atténuer la pollution des villes.

Depuis lors, le marché ne cesse de décoller.

Un marché qui va plus que doubler d’ici 2018
Le succès du vélo électrique a été fulgurant. Après l’interdiction des motos dans certaines villes dans les années 1990, les ventes de vélos électriques sont passées de 56 000 en 1998 à 1 million en 2000.

L’épisode du SRAS a fait à nouveau bondir les ventes, celles-ci passant de 1,5 à 4 millions entre 2002 et 2003. Et en 2010, on atteignait déjà les 31 millions. Selon le groupe de recherche Pike Research, en 2018, en ajoutant les scooters et les motos électriques, 60 millions de vélos électriques pourraient être en circulation en Chine !

Représentant encore plus de 90% du marché, la Chine règne en maître sur ce secteur. Avec les évolutions actuelles sur le marché de l’énergie, il est probable que la Chine va faire monter en gamme cette industrie.

Le vélo électrique montera en gamme…
L’intérêt de ce marché, c’est qu’il correspond complètement à son époque. D’abord, c’est un instrument parfait pour réduire les émissions de CO2 du secteur du transport. Il faut rappeler que la Chine s’est engagée sur un objectif de réduction de 40 à 45% par unité de PIB à l’horizon 2020. Ensuite, c’est une solution idéale pour répondre à l’urbanisation rapide de la société chinoise, et des problèmes de transport qui sont engendrés. Pourtant, l’empire du Milieu fait régulièrement les gros titres avec ses embouteillages gigantesques, malgré sa mobilité électrique à deux roues.

Surtout, le produit va se perfectionner, et devenir plus attractif à l’étranger. Pour l’instant, ces vélos sont dotés d’une batterie au plomb, faible et peu autonome. Seulement 3-4% de ces vélos sont équipés de batteries au lithium. Pourtant la recherche sur les batteries est un des axes majeurs de la politique industrielle chinoise.

Ainsi cette R&D devrait permettre à termes de réduire les coûts, d’améliorer les performances et de faire baisser les prix. Ces vélos deviendraient alors un marché potentiel de plusieurs milliards. Selon l’étude de Pike Research, ce secteur pourrait représenter 13,2 milliards en 2018. Disposant de l’industrie déjà en place, et de faibles coûts de production, il probable que la Chine se lance à l’assaut de nouveaux marchés rapidement.

…et inondera bientôt nos pays développés
Le marché que les vélos électriques pourraient conquérir n’est ni plus ni moins que celui les marchés développés.

Pour l’instant, sans surprise, seuls les Pays-Bas connaissent un marché réellement développés. Avec une hausse probable des prix du pétrole à long terme, des réglementations environnementales de plus en plus sévères, et de meilleures performances, le vélo et le scooter électrique pourraient se répandre en Europe.

Ventes de vélos électriques par région, 2012-2018

Ventes de vélos électriques par région, 2012-2018

Pourtant la culture du vélo est en train de répandre en Europe, et particulièrement en France. Selon un sondage réalisé par TNS-Sofres en 2010, 76% des Français considéreraient le vélo comme un mode de transport d’avenir. Alors que les grandes villes commencent de plus en plus à repousser les voitures pour créer des pistes cyclables, ce mode est effectivement promis à un grand avenir.

Mon conseil
La clef du vélo électrique est bien évidemment sa batterie. Une kyrielle de petites compagnies chinoises sont installées sur ce marché des petites batteries au plomb.

Toutefois, si vous visez à plus long terme le développement des batteries au lithium, mieux vaut regarder du côté des pays développés. Les choses bougent également ici. En février dernier, Peugeot a sorti son premier modèle de scooter électrique.

Je me suis penché en juillet dans Matières à Profits sur le marché des batteries, en Asie et dans le monde. J’ai repéré pour vous une compagnie extrêmement diversifiée sur ce marché, qui a réussi à acquérir des positions de leaders sur une quantité impressionnante de niches. Les industries les plus exigeantes s’arrachent ses batteries. Pour en profiter vous aussi, abonnez-vous dès maintenant !

Bon investissement.

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Un commentaire pour “Roulez plus vert grâce à la Chine !”

  1. Il y a quand même quelques “approximations” dans votre article !
    – les motos à essence n’ont pas été totalement interdites; on a interdit les grosses cylindrées pour cause d’insécurité (on ferait bien de le faire ici mais enfin…) vu que les Chinois, n’ayant pas appris à conduire du temps de Mao se tuaient massivement avec…
    Ce qu’ils ont aussi beaucoup fait c’est mettre les petites motos et scooters au LPG dans des villes comme Shanghai; vous oubliez de dire qu’il y a d’abord beaucoup de scooters (électriques et LPG) car les chinois transportent de lourdes charges avec leur deux roues, ce n’est pas pour faire du tourisme comme ici !
    – les vélos électriques sont de vrais vélos mus par l’électricité, pas du tout comme vous le dites un aide au pédalage comme la règlementation européenne l’impose stupidement en Europe; les Chinois ne pédalent que quand la batterie est vide !
    – le marché européen aurait pu décoller s’il n’y avait pas eu des stupides règlementations pour homologuer des vélos électriques qui évoluent sans nécessairement pédaler; à cause de cela les importateurs et fabriquants européens se sont sucrés en pratiquant des prix exorbitants (voir Solex) comparé à ce qu’on peut acheter en Chine (250 à 300 EUR pour un bon vélo électrique), ce qui a freiné le développement de ces engins.
    – enfin, il faut savoir que le vélo électrique marche bien quand c’est plat (comme Shanghai et d’autres villes similaires). Dès qu’il y a des côtes (comme à Dalian ou Qindao) vous en voyez beaucoup moins ou pas du (tout) et par contre des motos à essence ou au LPG.
    Idem en Europe, ce n’es pas demain que cela percera en Suisse ou dans le Jura; même à bruxelles, ville qui n’est pas plate, son emploi est plus difficile…
    – mais vous avez raison que cela a de l’avenir, pour autant qu’on veille à les vendre à des prix raisonnables, en rapport avec leur bas prix de revient.

    JP

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