Les robots peuvent-ils remplacer les êtres humains ?

Rédigé le 29 mars 2016 par | Nouvelles technologies Imprimer

Votre infirmière sera-t-elle bientôt un robot ? La question n’est pas si farfelue que cela, comme nous l’avons vu vendredi dernier. D’abord parce qu’elle répond à un besoin croissant dans des sociétés vieillissantes.

Le cas du Japon est en la matière emblématique et ce n’est pas un hasard si plusieurs firmes nippones développent des robots capables de prendre en charge des malades ou des personnes âgées.

Le gouvernement japonais soutient l’initiative mais sommes-nous vraiment prêts à laisser des robots s’occuper de nous ?

L’an dernier, nous avons parlé à Colin Angle, P-DG de iRobot — une entreprise de robotique qui vaut 926 millions de dollars, principalement connue pour avoir mis au point le Roomba — un aspirateur robotique.

On pourrait dire que le Roomba est la voiture sans conducteur du monde des aspirateurs, mais soyons honnête : aller en voiture de Manchester à Londres est nettement plus difficile que de réussir à faire le tour du canapé de votre salon.

Angle a malgré tout soulevé des points intéressants.

Et en tant que responsable de la gestion d’une entreprise commerciale impliquée dans la robotique, ses propos sont très pertinents :

« Il est facile d’être visionnaire, dans le monde des robots. Il est très difficile d’être un acteur dans ce même monde pour toutes les raisons que vous comprenez déjà, clairement.

Nous allons en fait trouver une multitude de solutions ponctuelles. Le Roomba aspire votre salon, et a changé le secteur dans son ensemble. L’aspirateur traditionnel est aujourd’hui obsolète, et de plus en plus de gens vont s’acheter un Roomba, avec un aspirateur manuel sur batteries pour les endroits auxquels il ne peut pas accéder. C’est l’avenir des aspirateurs.

Nous allons faire la même chose pour cirer le plancher, tondre le gazon, nettoyer la salle de bain, repasser et faire la vaisselle. Nous allons voir des corvées de ménage classiques être effectuées par des robots capables de trouver des solutions à des problèmes précis.

L’idée que Rosie le Robot sera capable de passer un aspirateur traditionnel n’est tout simplement pas réaliste. Il y a une seconde catégorie de robots, le robot d’interface avec l’être humain : c’est un robot dérivé du RP-Vita ou du robot Ava 500 que nous sommes en train de construire, et qui est plutôt destiné à la collecte d’informations et à la communication.

Pour moi, c’est ce qui nous permet de nous rapprocher le plus d’un robot ‘bon à tout faire’. Il remplira plus d’une tâche dans votre domicile : il sera chargé de la sécurité, constituera une présence à distance pour permettre aux docteurs et aux infirmières de faire leur visite, viendra vous voir pour déterminer les différentes choses à faire dans la maison pour vous rendre service, et vous fera des rapports quant à ce qui s’est passé chez vous aujourd’hui.

Il ne fait aucun doute, selon moi, que la maison du futur hébergera toute une ménagerie de robots : un robot singulier, qui interagira avec vous directement, et puis tous les robots chargés de tâches particulières.

Les robots qui effectuent ces tâches seront soutenus par des non-robots capables de faire d’autres choses, comme des ampoules, des conduits d’aération, etc. Ce que l’on appelle l’Internet des objets jouera aussi un rôle dans nos maisons intelligentes à l’avenir. »

Faut-il remplacer les humains par des robots ?

Ce dernier point — l’idée d’une ménagerie de différents robots, tous conçus pour effectuer des choses différentes — est intéressante. Ses racines remontent au père du capitalisme moderne, Adam Smith, dans La Richesse des Nations.

Comme il le disait : « Les plus grandes améliorations dans la puissance productive du travail, et la plus grande partie de l’habileté, de l’adresse, et de l’intelligence avec laquelle il est dirigé ou appliqué, sont dues, à ce qu’il semble, à la Division du travail. »

C’est ce que nous voyons dans le domaine de la robotique et de l’intelligence artificielle actuellement. Les machines ne peuvent pas concurrencer les êtres humains d’un point de vue général. Aucun robot ne peut pour l’instant utiliser des machines, conduire une voiture et opérer un patient. Mais certains robots peuvent se spécialiser dans chacune de ces trois tâches.

Nous avons parlé de cette idée avec Colin Angle, et je lui ai demandé s’il pensait que concevoir un robot destiné à remplacer l’être humain était une perte de temps :
« C’est une idée séduisante, et un véritable gâchis. L’industrie de la robotique, si elle veut réussir, doit opter pour une approche pragmatique. Quel est le problème ? Comment le résoudre ?

Et l’industrie de la robotique décide bien souvent plutôt de dire : ‘Je devrais construire un androïde pour voir à quoi il peut servir’. Ce qui n’est pas d’une grande aide. »

« Ce robot vient de me sauver la vie »

Donc — hormis les aspirateurs — où allons-nous d’abord remarquer les avancées de la technologie robotique ?

Où suffisamment d’avancées ont-elles été effectuées pour en faire une réalité dans l’industrie ?

Et où investir votre argent pour en profiter au maximum ?

Ce sont de bonnes questions, auxquelles nous répondront, jour après jour, dans la Quotidienne.

[NDLR : Vous voulez prendre un peu d’avance et miser sur la prochaine génération de robots ? Alors rendez-vous avec Ray Blanco dans NewTech Insider]

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Nick O'Connor
Nick O'Connor

Un commentaire pour “Les robots peuvent-ils remplacer les êtres humains ?”

  1. Ceci ne représente qu’une publicité qui ne dit pas son nom!
    Il y a pire que l’aspirateur et la tondeuse à gazon C’est l’immobilité et l’irresponsabilité de l’être humain .
    N’ayant plus rien à faire que d’accepter la tyrannie d’une programmation .
    Et l’amour aussi sera robotisé ?

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