Des robots à la conquête des usines

Rédigé le 3 février 2014 par | La quotidienne Imprimer

L’histoire des robots industriels commence officiellement en 1954 quand George Devol invente ce qui deviendra le robot Unimate, un bras articulé capable de transférer un objet d’un endroit à un autre (en 1956 est créée la société Unimation). Ni plus ni moins un bras articulé donc, qui s’inspirait des téléopérateurs utilisés dans l’industrie nucléaire dans les années 1950 (indispensables pour la manipulation d’éléments radioactifs).

Mais c’est en 1961 que l’Unimate rentre réellement dans les usines grâce d’abord au géant automobile General Motors qui l’installe dans l’une de ses usines, dans laquelle le robot est chargé de saisir des pièces de métal à très haute température, de les déplacer jusqu’à des bains de refroidissement. A partir de 1966 le robot équipe alors progressivement de plus en plus de chaînes de montage de l’industrie automobile – qui reste l’un des principaux débouchés pour les robots industriels.

A partir des années 1970, l’Unimate et ses concurrents sont améliorés, rendus plus autonomes, moins encombrants, plus agiles et, enfin, moins chers. Si bien que les ventes ont explosé depuis le début des années 1980.

Les robots, de super-ouvriers
Au départ, les robots ont principalement été utilisés pour remplacer les humains dans les emplois et les tâches répondant aux critères des 3D – à savoir Dull, Dangerous et Dirty (ennuyeux, dangereux et salissant).

Logiquement donc, les robots se retrouvent essentiellement dans les secteurs automobile, électronique, chimique et métallurgique. La plupart de ces androïdes sont des bras articulés, plus ou moins mobiles, plus ou moins capables de mouvements, de précision et de plus en plus équipés de systèmes de « vision » qui améliorent leur fonctionnement et leur permettent de vérifier la qualité des produits fabriqués.

Ils sont dévolus aux postes répétitifs, dangereux ou toxiques pour la santé humaine, mais aussi à ceux qui nécessitent rigueur et précision. Ainsi, dans les chaînes de montage de l’industrie automobile, ils sont chargés des travaux de peinture, de soudure, d’emboutissage, etc.

Dans les autres secteurs dans lesquels ils sont présents, la liste des tâches qui peuvent être confiées à des robots s’allonge chaque jour : empiler des objets, des palettes, assembler, étiqueter, conditionner, contrôler, etc.

Votre téléphone portable, votre ordinateur, le bureau Ikea sur lequel vous travaillez, la canette de soda que vous allez décapsuler, l’aspirine que vous venez d’avaler… tous ces objets sont passés à un moment ou un autre de leurs étapes de fabrication entre les « mains » d’un robot.

Un marché perméable à la crise
La Fédération Internationale de la Robotique (IFR) estime donc que, depuis la fin des années 1960, ce sont 2,47 millions de robots industriels qui ont été vendus dans le monde et qu’aujourd’hui, entre 1,23 et 1,5 million de ces robots sont en activité. Et même si les ventes ont reculé de 4% en 2012 par rapport à 2011, avec 159 346 ventes, 2012 fut quand même la seconde meilleure année en la matière.

La demande des industries automobile, agroalimentaire, chimique et plasturgique a progressé, contrairement à celle de la métallurgie. L’automobile a encore une fois confirmé son statut de secteur roi pour la robotique industrielle, représentant 40% des ventes (+6% pour ce seul secteur en 2012 avec 63 200 nouveaux robots).

La robotique industrielle à destination de l’automobile s’est donc avérée étonnamment résistante à la crise financière et économique. Si les ventes de robots ont plongé en 2008 et 2009, elles se sont reprises dès 2009 et, depuis, les ventes ont quasi-triplé, passant de 19 300 à 59 700 robots.

Aujourd’hui, c’est un marché de 26 milliards de dollars si l’on inclut, en plus des achats qui représentent 8,7 milliards de dollars, les logiciels et consoles de commandes ainsi que l’entretien des robots. Selon l’IFR, 2013 devrait être une nouvelle année record.

En effet, les chiffres des 3 premiers trimestres montrent une augmentation des ventes de robots par rapport à la même période en 2012 et ce malgré les difficultés économiques auxquelles font face les différents pays ou secteurs industriels.

Cette progression, attendue de 2% par rapport à 2012, est due à différents facteurs. Face à la crise, nombre d’entreprises ont fait le choix de se moderniser pour réduire leurs coûts, mais aussi pour proposer de nouveaux produits plus innovants.

C’est ce qui explique en partie la forte demande provenant des Etats-Unis (+7% en 2012 par rapport à 2011), en pleine phase de modernisation de son industrie automobile. 2014-2016 devrait voir une redistribution des cartes avec la baisse de la demande des secteurs traditionnels (automobile et métallurgie) et l’augmentation de celle de l’électronique (soutenue par l’engouement pour les nouvelles technologies), mais aussi de secteurs comme l’industrie pharmaceutique ou agroalimentaire.

Les ventes de robots sont attendues en progression d’environ 6% par an. Autre bouleversement à attendre : celui de la montée de la demande venue des pays émergents. J’y reviendrai dans une future Quotidienne.
[Au vu du potentiel de la robotique industrielle, dans Défis & Profits ce mois-ci, j’ai donc décidé de vous proposer un des grands noms du secteur. Ce leader historique européen a appuyé sa croissance sur des robots à destination de l’industrie automobile mais pourrait aujourd’hui connaître un nouveau souffle grâce aux nouveaux robots capables de collaborer avec des collègues humains. Quand compétence et savoir-faire reconnus rencontrent technologie et innovation, le potentiel est énorme… Une valeur extrêmement prometteuse à découvrir dans Défis & Profits ce mois-ci…]

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

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