Retour sur la Russie

Rédigé le 3 juin 2016 par | Pays émergents Imprimer

Que s’est-il passé sur les marchés actions depuis hier ? C’est ce que nous allons voir avec Mathieu Lebrun qui revenait sur la séance dans Agora Trading :

Plus que la réunion de la BCE (d’où aucune « nouveauté » n’est ressortie), c’est surtout le statu quo et l’absence de plafond de production lors de la réunion de l’OPEP qui a un peu affecté les marchés en début d’après-midi. Mais sur l’or noir, comme on le constate dernièrement, « ça va, ça vient ».

La publication du stock hebdomadaires de brut, en baisse moins marquée que prévu (-1,4 million de barils contre -2,5 millions attendu par le consensus Bloomberg), a fait remonter les cours à proximité des 49 $.

Aujourd’hui, le CAC 40, en hausse, tente de repartit à l’assaut des 4 500 points. Brave petit soldat !

Après l’article de Karim Rahemtulla sur la Russie, j’ai été submergée d’un tombereau de mails d’insultes. Je m’y attendais, cela ne m’a pas surprise mais, comme à chaque fois, je suis étonnée par la verdeur des propos de certains lecteurs.

Je me permets de vous en livrer un exemple significatif (et sans retouches) :

La petite propagande de monsieur Karim Rahemtulla, qu’en Russie en 1982 les gens faisaient la file pour un bout de pain, c’est ma main dans sa gueule que je vais mettre, quel connard celui-là, pour qui se prend-t-il, qu’il va aux Etats-Unis la il y en a 100 millions de crève la faim, en Russie si tu meurs de faim c’est que tu le veux bien, jamais en Russie on ne mourrait de faim en 1982, quel imbécile celui-là, arrêter votre propagande antirusse et anti-Poutine, car Poutine est un exemple c’est le seul en sept ans qui relever la Russie au premier rang mondiale (car après la chute de l’URSS les amerloques ne donnaient pas cher pour la Russie et pensaient y entrer, mais bien dans le troufion) et surtout maintenant avec leurs nouvelles technologie même les Etats-Unis essaye de mettre le monde entier contre la Russie, mais c’est fini se temps là, point de vue armements les Russes ont dépasser les amerloques car plus sophistiquer et là il a des preuves que les médias occidentaux ne parlent pas, c’est mieux de parler du mal de la Russie !

Le débat contradictoire est plus que bienvenu mais je préférerais vraiment qu’il s’accompagne d’une certaine courtoisie dans les propos.

L’ampleur des réactions et des accusations a été telle que je n’ai pas pu m’empêcher d’en faire le sujet des Marchés en 5 Minutes d’hier soir.

Et tout d’abord pour insister sur un point : c’est mal nous connaître – et ne pas nous lire – que de nous accuser de complaisance envers les Etats-Unis. Pas un jour, pas une analyse, sans que Bill Bonner ou Jim Rickards n’éreintent les dirigeants américains, leurs choix, leurs décisions, leur incompétence ou ne pointent du doigt l’état de l’économie américaine. De la complaisance envers leur pays ? Vraiment ?

Ensuite, les avis des rédacteurs des Publications Agora sont loin d’être unanimes sur l’avenir de la Russie.

Si, de mon côté, je penche plutôt du côté des arguments de Karim (tant que la Russie ne sera pas parvenue à plus fortement diversifier son économie, y investir me semble aléatoire), Jim est plus optimiste, comme il l’explique dans Trades Confidentiels :

Actuellement tout indique que les relations russo-américaines entrent dans une nouvelle phase de dégel après deux années glaciales. Cette nouvelle ère de coopération entre les Etats-Unis et la Russie s’articule essentiellement autour des efforts conjoints des Présidents Obama et Poutine pour mettre un terme aux hostilités en Syrie et faire en sorte que le président syrien Bashar el-Assad quitte le pouvoir.

Quels autres facteurs entrent dans cette équation et nous permettent de prévoir, avec un indice de confiance élevé, l’orientation que l’économie russe et le rouble vont prendre ?

Une liste déjà conséquente de facteurs tangibles s’allonge de jour en jour :

– Les prix du pétrole enregistrent un rebond. Ils sont passés d’un plus bas à 29 $ le baril à près de 50 $ le baril à l’heure actuelle. C’est une bouffée d’air frais considérable pour la Russie.

L’Iran est à nouveau en mesure de faire du commerce, après avoir conclu avec les Etats-Unis un accord portant sur le nucléaire. De nombreuses sociétés américaines et européennes sont réticentes à revenir sur le marché iranien car il demeure une ambiguïté concernant le champ de cet assouplissement des sanctions. La Russie n’a pas ce genre de réticence. Elle avance sur des accords portant sur l’énergie nucléaire, l’armement, le raffinage et d’autres infrastructures.

– En fait, la faiblesse du rouble a aidé les entreprises russes à maîtriser leurs dépenses, dans la mesure où la conversion de leurs recettes réalisées en dollars a généré plus de roubles, et a permis de couvrir leurs coûts d’exploitation sur le territoire national. Cela a boosté les résultats de la plupart des principales sociétés russes.

[…]

– Comme le dollar a perdu de sa vigueur, les prix d’autres matières premières commencent à augmenter. La Russie est un grand exportateur de nickel, de palladium, de fer et de bois.

– Les alliés des Etats-Unis, notamment l’Allemagne et la France, sont las du régime des sanctions et cherchent des opportunités afin de reprendre leurs relations habituelles avec la Russie.

En bref, tous les facteurs qui étaient défavorables à la Russie entre 2014 et 2016 (le pétrole à bas prix, le dollar fort, les sanctions et le faible prix des matières premières) jouent désormais en sa faveur.

D’ailleurs, Jim vous a recommandé un moyen pour investir sur la reprise russe à long terme. A découvrir dans Trades Confidentiels.

Ceci précisé, intéressons-nous au programme de la Quotidienne du jour, à savoir les voitures électriques. Mais aussi les batteries. Les sous-marins… et…

… Eh bien, je vous laisse découvrir tout cela.

Bonne nouvelle, le sujet est suffisamment consensuel pour m’éviter une nouvelle bordée de mails insultants. Je vous avoue avoir eu ma dose après l’article de Karim ou celui sur le réchauffement climatique.

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Cécile Chevré
Cécile Chevré
Rédactrice en Chef de La Quotidienne Pro

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’EPHE et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne de la Croissance, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

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